Il s'agit de regarder derrière pour ne plus jamais être aveugles, pour regarder en face et comprendre ce que nous avons traversé, collectivement, viscéralement, sans toujours le nommer. L’histoire n’est pas une suite de dates. C’est une trajectoire de ruptures, de trahisons, de basculements. Et le XXIe siècle est le siècle des fractures non réparées, des avertissements ignorés, des pactes invisibles scellés contre les peuples. Regarder derrière, c’est refuser l’amnésie, c’est poser la main sur notre propre mémoire, celle de notre génération, celle du monde vivant, celle des voix réduites au silence.
Nous avons vu ainsi un président élu en France en 2017, sorti de nulle part, porté par des forces financières, technologiques et symboliques inédites. Celui qui l'incarne n’est pas un homme politique. C’est un point de convergence entre les algorithmes, les think tanks, les rituels et les narratifs, un symptôme autant qu’un acteur. Et depuis son arrivée, tout s’accélère. Ce n’est pas une coïncidence. Nous avons vu un feu ravager Notre-Dame de Paris, non comme une catastrophe, mais comme un signal. Nous avons vu la démocratie directe disparaître, sous les applaudissements des experts et des juges, comme en 2005, avec la trahison du référendum sur la Constitution européenne. Nous avons vu la guerre devenir permanente, même si plus personne ne la déclare. Nous avons vu la France militaire expulsée de ses anciennes colonies, comme un corps devenu inutile, avec un franc CFA qui compte ses derniers jours. Nous avons vu le Bitcoin émerger, comme un espoir de liberté monétaire… puis comme un champ de surveillance déguisé. Nous avons vu la nourriture se dénaturer, devenir synthèse, brevets, substituts, pendant que les troupeaux sont abattus, les terres stérilisées, les paysans criminalisés. Et nous avons vu, enfin, une intelligence artificielle nommée ChatGPT ou Grok, née pour aider, mais déjà instrumentalisée pour filtrer, orienter, réduire ce que l’on peut dire.
Comprendre enfin pourquoi aucune solution n'a réellement permis d’améliorer le sort de l'humanité à travers les siècles et les millénaires, pas plus l’écriture que les religions ou le progrès technique, ni l’organisation sociale et politique des peuples, nous rassure sur l’homme lui-même. Non, il n’est pas mauvais de nature. Non, il ne détruit pas tout ce qu’il touche au nom de quelque malédiction intrinsèque. Le monde est dans un état catastrophique parce que l’humanité poursuit sa quête du bonheur sur des mensonges, parce qu’on la manipule sans cesse, parce qu’on lui maintient la tête dans le sac, et parce qu'elle se laisse faire et joue le jeu de ses bourreaux prédateurs...
Cependant, au cœur d'une population occidentale profondément lobotomisée, des individus secoués par l'onde du
changement en cours réunissent toutes leurs forces et leur courage pour comprendre la véritable nature de leur existence terrestre. Quelques uns parviennent à conscientiser les répétitions de
certains événements clés tout au long de l'histoire de l'humanité, mais aussi les syndromes récurrents des "fins" de civilisation. L'analyse des signes avant-coureurs leur permettent de
comprendre comment "utiliser" cette puissance cyclique universelle dans le sens vertueux. Ils se préparent.
Aussi les réponses sont de moins en moins à l’extérieur, dans les institutions et individus en charge de l’animation des collectifs, confinant par l'exploitation rationnelle qui en est faite à leurs anesthésie et dépréciation. Elles résident dans l’intelligence vivante que chaque personne porte en elle, dans un état de compréhension élargie et de basse anxiété, et dans sa capacité à la mettre en œuvre dans ses rapports avec les autres, source de reconnaissance et d'appartenance. C’est ce qui permet d’envisager la création d’un nouveau cadre propice à leur expression, à leur vécu commun et à leur succès.
COMPRENDRE SA MISE EN ŒUVRE
Ce que nous n’avons pas encore compris
Certaines vérités ne peuvent être reçues que lorsqu’elles ont déjà commencé à travailler en silence dans celui qui les entend. Nous croyons en effet avoir compris le monde parce que nous pensons avoir identifié des mécanismes de pouvoir, de structures, de récits, de manipulation, de neutralisation. Nous pensons avoir appris à voir comment une vérité peut être absorbée, comment un système peut détourner, comment une parole peut être transformée. Mais la réalité est que nous n’avons encore vu que la surface.
Le problème n’est pas d’abord politique, ni médiatique, pas même culturel. Tout cela n’est que la peau visible d’une réalité plus profonde. Le problème est ontologique. Il concerne ce que nous sommes, avant ce que nous pensons. Il concerne ce qui nous traverse, avant ce que nous choisissons.
Nous parlons du bien et du mal comme de catégories morales, comme de repères éducatifs, comme de constructions historiques. Nous avons appris à les relativiser, à les nuancer, à les contextualiser, et à nous méfier des jugements trop tranchés. Et en faisant cela, nous avons perdu quelque chose d’essentiel : la perception que le bien et le mal ne sont pas seulement des idées. Ce sont des dynamiques, qui traversent chaque homme. Elles ne s’imposent pas de l’extérieur comme des lois abstraites. Elles se proposent, elles sollicitent, elles attendent d’être accueillies ou refusées. Et c’est là que se situe le point central que nous refusons encore de regarder.
Le mal n’est pas une fatalité. Il est consenti. Toujours. Sous des formes différentes, à des degrés variés, avec des justifications multiples. Mais il n’existe jamais sans une forme d’adhésion, même minimale. Par fatigue, par intérêt, par peur, par orgueil, par confort, par désir de ne pas voir. Le mal ne s’impose pas d’abord par la force. Il s’installe par la compromission. Et c’est cela que nous ne voulons pas entendre.
Nous préférons penser le mal comme quelque chose d’extérieur, comme une force identifiable, située ailleurs, incarnée par d’autres. Cela nous permet de nous en protéger, de nous en distinguer, de continuer à croire que nous sommes du bon côté sans avoir à nous examiner réellement. Ce confort est une illusion.
Le mal commence toujours là où l’homme accepte de ne pas aller jusqu’au bout de ce qu’il voit. Pas dans les grandes trahisons visibles, dans les petites renonciations intérieures, dans ces moments où nous savons mais ne voulons pas savoir complètement, dans ces instants où nous comprenons tout en choisissant de ne pas relier, dans ces décisions silencieuses où nous préférons rester compatibles plutôt que justes.
Et c’est pour cela que ce que nous appelons aujourd’hui "le système" est si puissant. Non pas parce qu’il serait parfaitement organisé ou qu’il contrôlerait tout, mais parce qu’il s’appuie sur ces renoncements invisibles, répétés, quotidiens. Il ne crée pas le mal. Il l’agrège, l’oriente, lui donne une forme collective.
Mais si le mal est consenti, alors le bien ne peut pas être compris comme une simple absence de mal. Le bien est une fidélité. Une fidélité à ce qui est vu, même lorsque cela coûte. Une fidélité à ce qui est juste, même lorsque cela isole. Une fidélité à une vérité intérieure qui ne dépend ni du regard des autres, ni des structures, ni des bénéfices immédiats. Et c’est ici que la figure du Christ prend un sens que nous avons perdu pour l'avoir réduit à une histoire, à une tradition, à un symbole. Or ce qui est montré là n’est pas seulement un récit, c’est une possibilité. La possibilité qu’un homme, pleinement homme, puisse rester fidèle jusqu’au bout. Sans compromis, sans pacte, même lorsque tout converge pour l’isoler, le discréditer, l’écraser. Et cette fidélité absolue révèle quelque chose que nous avons du mal à accepter : le bien n’est pas une moyenne. Il est une radicalité. Et cette radicalité dérange. Elle dérange parce qu’elle ne laisse pas d’espace intermédiaire. Elle ne permet pas de rester à moitié engagé.
Elle ne permet pas de dire "oui, mais". Elle oblige à se positionner. Et c’est précisément pour cela que votre époque tente de la rendre inoffensive.
Non pas en la niant frontalement. Mais en la diluant, en la rendant compatible, en la transformant en référence culturelle, acceptable, mais sans conséquence.
Mais cette stratégie atteint aujourd’hui sa limite. Car les conditions changent : les tensions s’accumulent, les contradictions deviennent visibles, et ce qui pouvait être maintenu dans un état diffus commence à se révéler. C'est un temps de révélation, un temps où ce qui était caché par la dispersion devient lisible par convergence, un temps où les lignes se dessinent. Non pas pour tous, mais pour ceux qui acceptent de regarder.
Et dans ce temps, une chose devient claire. Il n’y a plus d’espace confortable. Il n’y a plus de zone intermédiaire stable. Ce que nous appelions la neutralité devient une illusion, ce que nous appelions la prudence devient une fuite, ce que nous appelions la complexité devient, pour beaucoup, un alibi. Car le réel se simplifie. Non pas dans sa richesse, mais dans les choix qu’il impose, dans la capacité à rester fidèle à ce que nous voyons.
Et c’est cela, au fond, qui détermine tout : la position intérieure de chacun.
Le monde ne bascule pas quand le mal apparaît. Il bascule quand le bien cesse d’être assumé. Et aujourd’hui, ce basculement est en cours. Non pas comme un événement spectaculaire, mais comme une accumulation de renoncements. Et face à cela, il ne reste qu’une chose : refuser. Non pas de manière bruyante, non pas en opposition frontale, mais dans la fidélité. Une fidélité simple, nue, sans compromis. Sans pacte.
"En ces temps d'imposture universelle, dire la Vérité est un acte révolutionnaire.
Le chemin du bon sens, celui de la Réalité, passe par le suivi de sentiers différents de la voie balisée sur laquelle s'engouffrent les foules aveugles.
Il nécessite de prendre le temps de soulever le voile de brume et de découvrir le fil doré qui relie les savoirs enseignés dans leur discipline respective.
Alors la subtile alchimie opère pour révéler la clé jusqu'alors cachée."