Les publications en ligne font l'objet de constantes mises à jour et nouveaux enrichissements. Il va de soi qu'elles n'engagent que leur auteur dans le choix des sources et le fruit de ses imagination et réflexion.

 

 

Le Jeu de la Vie

La vie est un jeu

La partie de cartes

Pour illustrer le jeu de la Vie, imaginons-nous en joueur de cartes, comme au poker ou à la belote par exemple.

Si le joueur devine toutes les cartes de ses partenaires, il connaît le jeu. Il n’y a donc pas de jeu, toutes les possibilités étant connues. Il peut miser, sans risque, mais le jeu, tout en étant joué correctement, ne présente strictement aucun intérêt.

En ne connaissant pas le jeu de ses partenaires, il lui appartient de découvrir ce qui va lui permettre de s’accomplir dans l’harmonie, une fois les victoires et les défaites des différentes parties expérimentées. Ses cartes maîtresses, ses atouts, se nomment amour, haine, joie, tristesse, plaisir, aversion…, c'est-à-dire les émotions ressenties et les clés qu'elles recèlent. Les cartes sont redistribuées à l’infini *, jusqu’à la compréhension du sens profond des atouts que nous avons entre les mains, à savoir que chacun des joueurs est gagnant sur le chemin de l'évolution, quelles que soient les voies empruntées, sauf à demeurer prisonnier du chemin d'involution, celui des boucles cycliques de la 3ème dimension de réalité d'appartenance.

Les seules indications dont nous bénéficions sur le jeu des autres joueurs se trouvent dans leurs yeux et, si nous arrivons à l'entendre, dans le battement de leur cœur, reflets de notre intérieur. Aussi le jeu ne peut être gagné que lorsque nous mettons nos cartes sur la table, à la vue de tous, de la manière la plus authentique. Nous leur offrons alors notre humanité profonde, nos talents comme nos limitations. Le jeu ne peut être gagné que par celles et ceux qui perdent leurs cartes dans la fusion de l’amour, en aimant tous les autres joueurs, quelles que soient leurs cartes ! Autrement dit par la conscience du " Service d'Autrui" ...

* Cf. Le cheminement de l’Âme.

 

La roue de fortune

 

Le monde profane a sa roue de la fortune, qui promet le succès à travers l'essence rutilante de ce bas monde, le dieu argent, vénéré de nos jours comme Mammon autrefois.

 

Le monde sacré a sa Roue de Fortune, double à l'image de notre vie. La vie visible, celle de notre conduite dans le monde apparent, de nos actes, de leur but apparent et de leur réalisation. La vie cachée qui, pour révéler notre véritable fortune, suppose de partir à sa recherche à travers la quête du Soi supérieur, la supra-conscience.

Cf. Le chemin initiatique.

 


Le jeu de lego

Le jeu de la vie est celui de l'assemblage de pièces séparées - l'égo - dans un Tout cohérent. La fragmentation (dispersion, séparation) est inhérente au mécanisme du Vivant *, dans ses différentes dimensions de réalité et de conscience. Une fois l'expérience de la réalité de 3ème dimension terrestre acquise, dans ses différents états (genre sexuel, couleur de peau, bourreau/victime ...), l'être humain poussé par l'appel du Soi supérieur - l’Âme unifiée libératrice de l'Esprit - à poursuivre son évolution doit rassembler ce qui est épars - ses différents alter - et réaliser l'union alchimique de tout ce qui le constitue : le triptyque corps/âme/esprit *² et ses polarités +/-. Il met alors fin au jeu de l'égo pour s'aligner en cohérence et ascensionner *³.

* Cf. La dualité décodée.

Cf. Qu'est-ce que l'Homme ?

*³ Cf. Le chemin de l'Ascension & Le chemin alchimique.

 

Le fondement du Jeu de la Vie

La Création, tout ce qui existe dans le monde physique - Ce Qui Est -, est le résultat du non-manifesté, du non-visible, se transformant en manifesté, en visible. Tout ce que nous percevons vient de l'inconnu, que ce soit notre corps physique comme la réalité matérielle telle que perçue par nos sens physiques comme subtils *.

Aussi la source de toute création se tient dans la " conscience de l’univers ", l’Esprit, le Grand Tout, l'UN, La Source, via la pensée de l'être humain en mouvement suivant un processus spécifique *². Les frontières du cosmos sont toutes créées dans la conscience, et s'estompent dans la conscience. Son résultat est l'univers physique, celui que nous connaissons pour partie. La nature de ce que nous nommons " réalité " a ainsi trois composantes : l'esprit, la pensée, l'observateur, soit la conscience de nous-même. Le processus d'observation et nous-même sont en essence la même chose, à savoir le champ de Conscience universel, celui de la pure potentialité, qui englobe le Tout. En apprenant sa structuration hyper-dimensionnelle, en comprenant le pourquoi des différents champs de réalité et de conscience qui le caractérisent, nous découvrons le pourquoi de notre situation actuelle et le comment du chemin d'évolution que nous avons à emprunter.

Il n'y a pas de hasard dans la vie, seulement un dessein que nous n'avons pas encore compris, le mode d'emploi ayant été volontairement dissimulé. Le Jeu de la Vie, c’est le processus par lequel le non-manifesté se manifeste à nous si nous savons l'accueillir, celui qui nous transforme d'observé en observateur, qui place notre décor quotidien en trame de fond pour que nous le transformions par l'éveil de notre conscience à Qui Nous Sommes vraiment. Cette progression de l’apprentissage de la Vie sous ses différentes facettes s’appelle le " Cercle Atomique de Vie ", en référence à l'atome, base physique explicative d'un univers aux dimensions infinies symbolisé sur un plan géométrique par la figure du cercle.

* Cf. Fonctionnement de l'architecture du Vivant.

Cf. Le processus création décodé.

Le noyau central de ce Cercle Atomique de Vie s’appelle La Source, soit l'essence de Ce qui EST. C’est là que réside le " Sans Nom ", ou Dieu dans sa connotation théologique, soit la substance de Ce qui EST. C’est la conscience de l’Univers en mouvement, initié par les polarités de la dualité (+/-, mâle/femelle, bien/mal), qui s'exprime par les objets, éléments, créatures dans toute leur diversité. Elle est constitutive de situations, d'événements, d'épreuves, de mystères, de dilemmes. Mettre des bâtons dans les roues, présenter de nombreux obstacles à la " démarche solaire " afin que celle-ci trouve sa propre force dans le dépassement même des limites qui lui sont imposées par les contraintes de l'enveloppe charnelle et du système prédateur qui nous manipule par l'égo-mental, voici le travail des croyances et des conditionnements divers dont nous héritons, qu'ils soient culturels, éducatifs ou héréditaires. C'est le chemin par lequel notre rêve, notre aspiration profonde se manifeste, par notre création et notre expérience. Ce sont ces deux courants que nous avons à comprendre et à maîtriser, la construction de l'égo sous influence extérieure, le " Moi " personnalité, et l'appel de l'âme *, le " Soi " supérieur unité avec le Tout, l'UN, La Source. Les lois physiques immuables de l'Univers réalisent le processus complet de la Conscience en mouvement, et par là-même de notre propre conscience en mouvement. Lorsque nous comprenons ces lois et les appliquons à nos vies, tout ce que nous désirons peut être créé *². Ce sont les mêmes lois qui permettent à la Nature de créer une forêt, une galaxie, une étoile ou un corps humain. Ces lois peuvent nous apporter la réalisation de nos plus profonds désirs. Notre véritable nature, notre raison d'Être dans la dimension espace-temps-matière est la créativité, le libre arbitre, l'apprentissage, l'expérience, l’évolution. Nous sommes cocréateurs de l'Univers, nous en sommes des fractales, nous portons en nous une part de ce pouvoir créateur.

* Cf. Clés / Qu'est-ce que l'homme ?  &  Le chemin vibratoire.

Cf. Le processus création décodé.

Du libre arbitre

Et si la vraie liberté n’était que de faire Sa Volonté, celle du principe créateur universel, parce que nous serions conscient(s) d’être limité(s) dans cette existence ? Le libre arbitre est une notion philosophique essentielle de la vie. Elle découle de la Genèse, où le Créateur, ayant vu sa créature nommée Adam (l’originel, l’universel, soit androgyne) satisfaite des vertu, force et puissance conférées et désormais innées en elle, se retire pour la laisser agir, désormais émancipée, selon son libre arbitre afin d’expérimenter par ses propres sens la Création et de prendre conscience de sa Divinité dans sa confrontation au bien et au mal. Ainsi la vie ne peut ainsi exister sans lui. Nous nous déplaçons, évoluons, expérimentons, progressons en fonction de cette possibilité, qui permet de comprendre pourquoi nous faisons les choses. Nous sommes ainsi persuadés, par le voile d’un ego fier de son indépendance et de sa liberté d’agir, de sa réalité. Sur le plan biologique, il est associé à la notion d’action volontaire, qui s’oppose à celle de réflexe. Il fait intervenir à ce titre de nombreuses aires cérébrales. Cependant, plusieurs expériences scientifiques *¹ en neurosciences montrent via procédé IRM (fiable dans 60 % des cas) que plusieurs secondes avant que nous soyons conscient de choisir, le cerveau a déjà décidé. Les processus inconscients joueraient peut-être un plus grand rôle que nous ne le pensons, et la conscience d’une décision serait un phénomène qui se construit au cours du processus de décision, et non à son origine. Notre cerveau préparerait ainsi nos décisions assez en avance par rapport à notre conscience, tout en nous laissant jusqu’au dernier moment un droit de veto.

Ces expériences semblent au moins réfuter le modèle dualiste de Descartes qui sépare le corps de l’esprit, tout comme les croyances véhiculées par les idéologies idéalistes, le cartésianisme comme le Christianisme théologique. Et ceci remet bien sûr en cause toutes nos lois et notre droit qui reposent sur la notion de responsabilité individuelle et d’intention, en tout cas non conscientisée dans le sens profond de notre relation à l’Univers. Nous sommes par celles-ci considéré comme pleinement responsable de nos actes, sauf déficience mentale constatée ou statut civique de mineur, étant libre de les accomplir ou pas. Aussi, si le libre arbitre n’existe pas de la façon dont nous l’imaginons, nous serions non pas irresponsable de nos actes au sens des lois terrestres, mais par notre incapacité à expliquer pourquoi nous agissons au sens existentiel, si ce n’est par la recherche de satisfactions à nos désirs, sous couvert de forces intérieures (énergies, attributs, facultés, pouvoirs) conditionnées et manipulées, nous poussant dans un sens ou dans un autre, souvent de façon contradictoire entre " pulsions angéliques et pulsions démoniaques ".

Cette responsabilité existentielle est le fondement de notre liberté, celle octroyée par la valeur éthique de nos actes. C’est le sens de l’enseignement de Jésus Christ : " Seule la Vérité te fera libre " (Jean VIII 32-37), autrement dit que ce n’est qu’en redécouvrant notre filiation divine, royale, que nous sommes en mesure de reconquérir notre royaume de liberté éternelle. Et ce n'est pas d'en entendre parler ou de lire des articles à son propos. Cette vérité doit vivre, vibrer et avoir son essence en nous, pour nous rendre libre et nous permettre de connaitre la vraie signification de la liberté du cœur, de l'intelligence et de l'esprit.

Dans ce théâtre homérique et tumultueux que constitue notre psychisme et les tentations du vécu terrestre, ceci nous impose un travail fondamental sur nous-même pour nous libérer de nos conditionnements, de nos fausses croyances, de nos dépendances, de nos addictions et de nos illusions qui, sous couvert de libre arbitre, constituent la négation de notre liberté profonde, car nous conduisant par confort et facilité à reporter sur l’autre notre état d’esclave et de victime : le conjoint, la société, la nation, les " grands " du monde... " Connaître les Lois, c’est être libre ". Ce que nous appelons le libre arbitre, comme dans un jeu d’équipes où l’arbitre fait respecter les règles, c’est le respect des règles d’un Arbitre, libre comme nous ne le sommes pas, et qui orchestre Sa Création par les lois de la Nature, du Cosmos, de l’infinie chaîne des causes à effets, à condition d’en comprendre la subtile mécanique. Vu d’En-Haut, il n’y a ni hasard, ni vide, ni indéterminé, ni création ex-nihilo. Seulement la possibilité qui a été donnée à chacun d’entre nous de choisir son mode d'évolution, son rythme et les conditions particulières de son cheminement. À travers nous, la Création fait l’expérience de la limitation. Nous sommes mus par notre inconscient, qui nous relie à l’âme du monde, à une aire de vie sans longueur, sans largeur, sans hauteur, sans surface et sans profondeur, à un univers ni courbe ni sphérique, sans limites, sans les balises du temps. Un espace sans séparation aucune, fait de nuances permettant à toutes les expressions, sous quelque forme que ce soit, de se mouvoir dans l’harmonie.

Cette compréhension doit nous permettre d’agir en toute conscience, dégagé des improbabilités du hasard, concept si peu rationnel dans un monde pourtant s’en prévalant. La réponse alors ne peut être qu’intérieure - son ressenti, son ambiance d’harmonie -, excluant le procès en accusation des autres et/ou de la fatalité. En renonçant à être victime, nous sommes pleinement auteur de nos actes, et nous en prenons la responsabilité. S’il y a toujours une cause à notre choix, la différence se fait dans la conscience que nous lui portons. Être libre de choisir, ce n’est pas " faire ce que je veux quand je veux ", mais c’est prendre conscience de notre liberté de choisir telle ou telle action, en tenant compte totalement des autres, et en étant totalement responsable de ses actes. Notre véritable libre arbitre, c’est d’arbitrer entre jouissance (ce que l’on est dans son authenticité anthropologique, avec ses qualités et ses limitations) et souffrance (refus de ce que l’on est). Entre désir actif, lié à la raison intrinsèque de la vie, ou désir passif, lié à notre imaginaire de la vie, celui qui est forgé par les diverses sources externes.

Il n'existe pas de choses telles que la chance ou le hasard dans cet univers déterminé par les lois naturelles qui ont prévalu à notre existence, et indéterminé suivant la conscience du libre arbitre qui nous est donné. Chaque chose est liée à tout ce qui existe, et nul(le) n'est exclu(e) de ce champ de conscience universel actionné par l'intention. La liberté qui nous est offerte suppose d’être comprise et acceptée, pour jouer notre partition non dans l’illusion, mais en toute connaissance de cause.

Être libre, c’est sortir de sa prison-bulle d’esclave, cet espace-temps qui isole, blesse, alourdit, amène mort et souffrance, et qui fait naître en soi la nécessité de luttes, d’appâts, de victoires et de gains. Être libre, c'est ne pas survivre, en voyant en celui qui est en face un ennemi potentiel qu’il faudra supplanter, abattre, ou en faire un allié. Être libre, c’est accepter en confiance de bifurquer de façon non conventionnelle, pour ne pas et plus agir comme le commun des mortels, et renier son espace de créateur de vie à part entière. Être libre, c'est le résultat de la libération de soi-même par rapport à soi-même, c'est-à-dire accepter les situations que nous devons vivre pour notre ouverture de conscience, en union. Celle qui nous achemine vers notre véritable état d’adulte, de l’Univers et pas simplement de la planète Terre. Pour comprendre cette liberté, il convient de vider la coupe initiale de nos pré-acquis, préjugés et connaissances, puis de la remplir par un vécu terrestre totalement désintéressé, hors de tout égoïsme comme d’orgueil, fait d’expérimentation, de connaissances et d’acquis, dont la teneur crée un ressenti d’harmonie. Face à l’adversité, autrement dit les épreuves sur notre chemin, nous avons notre volonté, notre discernement, notre courage, notre foi ... et nos guides*².

Cf. P. Haggard, " Human volition : towards a neuroscience of will ", Nature Reviews Neuroscience 9, p.934-946 (2008) - B. Libet, " Time of conscious intention to act in relation to onset of cerebral activity ", Brain 106, p.623 – 642 (1983) - C.S. Soon et al., " Unconscious determinants of free decisions in the human brain ", Nature Neuroscience 11, p.543 – 545 (2008) - K. D. Vohs et J. W. Schooler, " The Value of Believing in Free Will : Encouraging a Belief in Determinism Increases Cheating ", Psychological Science 19 (2008) - I. Friet, " Internally Generated Preactivation of Single Neurons in Human Medial Frontal Cortex Predicts Volition ", Neuron 69 3 p. 548-562 (2011).

* ² Dans ses dialogues, Platon montre un Socrate qui entend une voix en lui-même, la voix de la conscience morale. C’est le bon génie, le "Jiminy Cricket" de Pinocchio ou la " Fée Clochette " de Peter Pan, en l’occurrence appelé " Daïmon ", qui lui dit ce qu’il ne doit pas faire. Pour Hegel, philosophe allemand (1770-1831), il signifie que c’est par son propre discernement que l’homme se décide, dans son intériorité. Nous touchons alors au non-conscient, un extérieur à notre conscient qui intervient. C’est son oracle, son " double spirituel ", son Maître intérieur, qui agit à partir de son propre esprit pour se substituer aux oracles extérieurs. Toute culture a sa représentation du Daïmon, cette puissance énergétique supra ou infrapsychique : divinités, esprits, anges gardiens, archanges, génies, démons, démiurges, djinns, fées, gnomes, ondines, sylphes, salamandres, sirènes... C’est à chaque fois une rencontre de l’homme avec son propre chemin de vie, une guidance bienveillante et aimante. Encore faut-il savoir la reconnaître, l’accueillir, et l’écouter.

S’il est vrai que cette puissance peut être bonne ou mauvaise suivant la manière dont l’être humain l’utilise, il est regrettable que l’Église catholique ait fait du Daïmon grec un démon, signifiant que tout ce qui est inférieur à l’homme est démoniaque, entre autres la sexualité.

Cela pose la question de ce que nous voyons en ce monde. Ce que nous percevons, ce sont d'autres consciences, qui nous reflètent nos propres peurs, blessures, croyances, besoins et désirs, jusqu'au moment où nous changeons notre regard et prêtons notre oreille à une autre musique, intérieure. Car en réalité nous sommes tous la même conscience, vivant et expérimentant le même espace-temps. Tout est Conscience, Une et indivisible. Si tout est notre reflet, nous sommes alors le chemin, la vérité de la vie s'écoulant en notre esprit, en notre âme et conscience. Nous avons à libérer notre esprit, notre âme et conscience, de toutes les croyances et conditionnements qui entraînent souffrance et blessures (le rejet, l'abandon, l'humiliation, la trahison et l'injustice). Tout cela n'est que la perception erronée d'une conscience guidée par notre personnalité humaine, l'égo-mental, sous contrôle et influence des maîtres de l'entropie *, et non de notre maître intérieur, le Soi supérieur, l’Âme unifiée. Il n'y a rien à sauver, à changer. La seule chose à faire, c'est de renaître à Qui Nous Sommes vraiment, et de se laisser guider en résonance profonde par le maître intérieur, l'âme, la lumière de l'amour. Pour que tout retrouve sa globalité en l'amour absolu, en l'UN, là où règne la paix éternelle.

* Cf. Comprendre et apprivoiser la prédation.

 Jason et la quête de la Toison d'or

Cette quête alchimique * est l'épreuve imposée par le roi Pélias à Jason, descendant d’Éole et l'un des principaux héros grecs. Elle consiste en un voyage dans un au-delà mystérieux (le Soi supérieur) d'où il doit revenir transformé. Il passe par une descente chez les morts, la vie terrestre, prenant la valeur d'une initiation (l'Œuvre au Noir), afin de pouvoir monter sur le trône (se souvenir Qui Il Est) en rapportant la toison d'un bélier merveilleux, qui possède un éclat d'or ou bien de pourpre (la pourpre est la couleur royale). Il constitue un talisman de puissance, celui de l'immortalité. C'est le cadeau royal accordé par la vie à celui qui sait en comprendre le mystère, enveloppant son possesseur d'un vivant rayonnement.

 

Dans la mythologie grecque, la Toison d'or est la toison de Chrysomallos, bélier pourvu de grandes ailes (l'âme) qui, suspendu à un chêne, est gardé par un dragon et des hommes armés.

 

 

L'initiation de la Toison d’Or est liée au zodiaque décrivant la voie lactée, qui représente la quête par l’homme de son Centre Mystique. C'est ainsi que la constellation dite du Navire Argo se trouve dans l’hémisphère sud, comme voguant sur la voie lactée. L’étoile la plus brillante de cette constellation est Canopus, seconde étoile la plus brillante du ciel après Sirius. Elle était associée à la sagesse par les Perses. Près de cette constellation se trouve les deux petites constellations de la colombe et de la dorade.

Près de la petite Ourse se trouvent les constellations de Céphée et Cassiopée, le roi et la reine. Cassiopée peut être associée à Lucifer/Mars, car elle a été punie pour son arrogance. Sa fille Andromède, enchaînée à un rocher, a été sauvée par Persée, qui fait penser à Perceval. Andromède représente en alchimie l’être androgyne qui doit être sauvé de la matière. En bas de la Voie Lactée se trouve Orion, avec à ses pieds le lièvre. C’est le symbole des illusions, et de l’homme aveugle qui doit retrouver sa vue.

La progression sur la Voie Lactée est semblable à la quête de la Toison d’Or. Le centaure Chiron, professeur de Jason, aurait inventé la constellation du Sagittaire pour aider les Argonautes dans leur voyage en Colchide. Le centre de la galaxie se trouverait – d’un point de vue scientifique – quelque part dans la constellation du Sagittaire.

On trouve près du Sagittaire la constellation de l’Écu de Sobieski. On la connaissait en Chine sous le nom de Tien Pien, le Casque Céleste. Cette constellation représente l’objet de la quête, le Centre Mystique.

La progression en spirale dans la voie lactée se fait comme ceci : La Licorne => Le Cocher => Orion => Le Navire Argo => Persée => Céphée et Cassiopée => le Centaure => le Cygne (symbole alchimique) => l’Autel => l’Aigle (symbole alchimique) => le Sagittaire => L’Ecu de Sobieski (Le Bouclier Doré / Scutum), sommet du cône *².

Près de Sagittaire se trouve la nébuleuse Omega, un nom approprié pour une fin de quête.

* Cf. Le chemin alchimique.

Cf. Travaux de l'auteur Elizabeth van Buren.

L’Énéide

Cette épopée racontée par le poète romain Virgile (70/19 av. J.-C.) narre la descente aux Enfers d’Énée. Il doit trouver un rameau d'or qui pousse et fleurit sur un arbrisseau ressemblant au gui, pour que cette " baguette du destin " lui permette de faire face aux épreuves et dangers qui l'attendent sous terre.

Ce voyage est une initiation. A l'issue, deux chemins se proposent. L'un conduit aux champs élyséens, l'autre aux tourments de l'Enfer.

Perceval et la quête du Graal

La grande quête de Perceval, fils au cœur pur de Guillaume d'Orange, un des paladins de Charlemagne mort aux côtés de Roland, est un voyage intérieur à partir des épreuves de la vie. Le Graal *, principe créateur du cosmos, est la compréhension de sa conscience, la " part royale en soi ", son être intérieur, la dimension végétative de l'être humain, que Perceval appréhende par le questionnement et la compassion. Il découvre alors la voie du cœur, voie de l'humanité.

* C'est le " Soma " des Hindous, le " Homa " des Perses, le chaudron des celtes.

 

Ploutos, Dieu des trésors cachés sous terre

Dans la mythologie grecque, Ploutos, également connu sous le nom romanisé Plutus, est la divinité de la richesse et de l'abondance. Ces trésors sont bien évidemment les trésors spirituels dissimulés sous l'apparence des choses matérielles, selon la formule dite VITRIOL : Visita interiorem terrae, rectificando invenies occultam lapidem (Visite l'intérieur de la terre et en rectifiant ta façon de voir les choses tu trouveras la pierre cachée). La pierre cachée, autrement dite la pierre philosophale des alchimistes, est l'ouverture de conscience de l'être humain à sa réalité divine éternelle.

Hercule et l'Hydre de Lerne

Dans ses douze travaux libérateurs, Hercule affronte un monstre, l'Hydre de Lerne. A chaque fois qu'il lui coupe une tête, deux autres repoussent. Elle nous enseigne sur l'ego, le " Gardien du seuil ", porteur de toutes ces peurs, manques, croyances et conditionnements cachés au plus profond de nous-même, qui ne cessent de surgir, et qu'il nous appartient de terrasser pour entrer dans un univers intérieur de plus grande vastitude, le " Soi ", et nous réconcilier avec l'ego en soi, l'" Âmego ". Alors nous devenons l'être humain accompli.

Héraclès (grec) /Hercule (latin) et Busiris

Busiris est un personnage issu des mythes égyptiens acclimaté par la mythologie grecque et latine avec les douze travaux d'Hercule. C'est un roi inhumain, sacrifiant dans des rites expiatoires les étrangers qui avaient le malheur de pénétrer dans ses États. Héraclès/Hercule, s'étant trouvé dans le nombre des victimes destinées au sacrifice, brise ses liens et tue le roi ainsi que ses deux fils. Busiris représente l'ego, le "grand trompeur ", qui manie l'illusion pour résister à sa transformation par l'âme et l'esprit conscient en Soi. 

Galette des Rois et fève

Qui trouve la fève dans la roue solaire, dorée, qu'est la galette devient " roi ". Il porte la couronne en or, comme souverain(e) éclairé(e) de sa vie, et choisit sa " reine " qui portera la couronne d'argent. C'est l'union sacrée du masculin et du féminin, les deux énergies constitutives de l'être humain. Les deux métaux précieux ouvrent ainsi la troisième voie, celle du milieu, qui fusionne les apparents contraires et conduit à l'unité, au bien commun.

A quoi servent les plus brillants diplômes des plus prestigieuses écoles et universités, à quoi servent la plus grande des fortunes, la plus grande des puissances, si leurs détenteurs n'ont pas su élever, ne serait-ce qu'un peu, leur âme pour pénétrer l'essence des choses ? A ne se croire fait que de substance matérielle, on ne finit par n'être plus que cela...

Histoire de la séparation, ou comment l’Unité a été désagrégée

L’histoire officielle racontée à l'être humain est de nature politico-religieuse, propre au monde tridimensionnel qui voit l’affirmation de l’ego-mental, soit une vision duale, de séparation avec l’unité, essence de la Création. Ce ne sont que des histoires successives de quête et d’exercice du pouvoir de domination qui, même commencées par les idéaux du cœur et de la foi, ont vu le pouvoir érigé créer et dicter ses propres règles. En s’appuyant d’abord sur les croyances religieuses manipulées en place, une contrepartie nommée science fut mise en place pour contrer la foi mystique aveugle des croyants, résumée dans la célèbre formule de St Thomas : " Je ne crois que ce que je vois ". Autrement dit, si je ne vois pas et ne touche pas, ça n’existe pas. Ainsi, au fur et à mesure que la science prenait le pas sur la religion, le pouvoir changea de main.

De manière " habile ", nous sommes passé de la croyance au divin, en l’au-delà, à une croyance basée sur la séparation totale d’avec le Tout unitaire. Grâce à l’explication du phénomène de la gravitation (Cf. Isaac Newton), une théorie de l’univers énonça qu’il y avait la matière d’un côté et l’âme de l’autre. La première s’appuyait sur des règles précises, non équivoques, reproductibles et donc fiables. La seconde était laissée à la croyance des fidèles. Le rationalisme, séparant bien les choses, devint la religion athée officielle, celle faisant la part des choses entre le rationnel et l’irrationnel. Nous n’étions plus que des pièces détachées assemblées, le Tout ne voulant plus rien dire. Le triptyque Corps-Âme-Esprit vola en éclat. Aussi tout ce qui ne se trouve pas dans les lois érigées est dit " paranormal ", c’est-à-dire à côté de ce qui est considéré normal. Les scientifiques n’empruntant pas le verbe pour communiquer mais les équations, la " touche " ou patte du Créateur est observée à travers des concepts écrits établis avec des conventions matheuses. Nul ne s’étonnera alors que l’être humain est conduit à faire le grand écart dans la vie de tous les jours entre le cœur-ego, la religion vue par le mental, et l’ego-mental, la vie vue par la raison scientifique. Lorsque notre petite voix, nos intuitions et ressentis nous parlent, il est difficile de les mettre dans les deux camps proposés.

Nous baignons de ce fait dans la séparation maximale, les règles que nous prenons pour référence étant totalement incompatibles avec la réalité de ce que l’on est vraiment. Les principes-mêmes de notre civilisation actuelle datant de la " préhistoire ", comment espérer régler tous les dysfonctionnements attentatoires à Ce que Nous Sommes vraiment (conflits, tensions, guerres). Nous ne faisons qu’essayer d’éteindre l’entrepôt en feu en jetant de l’huile dessus… Qui plus est lorsque nous brandissons fièrement l’enseignement de Charles Darwin (1809-1882), qui vit le rapport de la vie à la Nature comme une lutte, une survie, où le plus fort mange le plus faible. Nous l’avons pourtant qualifié d’évolution… En d’autres termes, cela signifie que la Vie détermine la loi du plus adapté, suite normale et rationnelle d’un changement environnemental où la règle du hasard et de la survie est indissociable. Point de place pour une essence créatrice ni pour une substance qui la traduit. Dieu n’étant nulle part, il en découle de lourds dommages dans les relations intérieures des individus avec leur propre divinité. L’Âme est passée aux oubliettes, et les hommes sont troublés profondément, naissant sans but précis, une seule fois, livrés au hasard et ayant comme seule finalité de redevenir poussière. Alors autant en profiter un maximum, en jouissant à fond des mirages de la société consumériste proposée par les voleurs de l’énergie sacrée.

Pour les plus avancés, qui aiment se gargariser en plaçant la relativité d’Einstein au pentacle en utilisant le mot quantique à tout va, l’illusion persiste, le grand Albert ayant fait comprendre que, d’après les équations, il fallait relativiser ce que l’on prenait pour absolu… Autrement dit ce que nous prenons pour une vérité inébranlable ne l’est pas vraiment, du fait de la variable du temps et la position d’observation dans laquelle on se trouve. Toute théorie quantique ne serait que suppositions et croyances…

Einstein (1879-1955) fut célébré comme un visionnaire, un génie, son cerveau qualifié de (très) lourd ayant qui plus est entraîné la croyance lourde que sa taille et son poids contribuent à la quantité d’intelligence qui peut en émaner… Il en a découlé que le fait d’écrire " Polytechnique ", "Harvard" ou " MIT  " sur un CV permet d’occuper les meilleures places dans les rouages de l’organisation humaine, même si leurs titulaires sont fréquemment à l’opposé de l’intelligence du cœur où règne l’intuitivité. Et pourtant, même Einstein reconnut que s’il avait été un génie c’est parce que précisément il était en contact avec son Soi supérieur…

L’intelligence du cœur est incomparablement très supérieure à tout ce que nous pouvons imaginer, permettant l’accès à une banque d’informations incomparable dégagées de tout le fatras des croyances scientistes. Ainsi le Big Bang (ou sa variante la théorie des Cordes), théorie basée sur l’expansion linéaire (on veut mesurer le temps), tout en sachant qu’à l’instant t de la Création, tout était là dans rien du tout, débouchant sur les milliards de milliards de galaxies que les télescopes nous montrent. Qu’en est-il de ce que l’on ne veut pas voir et qui pourtant appartient à notre quotidien ? Comment peut-on vouloir écrire en équation un sentiment, une pensée ou un état de conscience ? Seul l’abandon des croyances, religieuses, philosophiques et scientifiques, permet d’y répondre, notre propre lumière intérieure n’ayant besoin d’aucun manuel technique pour être vécue. Apprendre pour comprendre est une illusion, qui plus est avec de l’information datant de la préhistoire. Ce qui peut nous être apporté de l’extérieur n’est en fait que reconnexion avec nos propres banques de données, via l’effet de résonance. C’est ainsi que la véritable connaissance vient à nous. Pas autrement.

Redécouvrir l’état unitaire, c’est d’abord comprendre qu’il faut arrêter de jouer avec des règles de séparation. Nous avons à le ressentir en notre cœur. La réponse sera immédiate, du style " Pourquoi veux-tu continuer à en souffrir, et pour qui ? "…

Cf. La falsification de la réalité en 3-D & Les acteurs de la Matrice falsifiée.

 

Sur le chemin de l’Éveil

Lucy

Le film de Luc Besson (2014) évoque entre autres le processus d'éveil à la conscience. En l'occurrence, l'héroïne (Scarlet Johansson) absorbe une substance toxique apportée à l'humain par le système prédateur, en l'occurrence un groupe criminel. C'est la " fausse lumière " de Lucifer, l'archétype du système, la matrice asservissante * qui veut nous contrôler et asservir, tout en offrant aussi la possibilité de se transformer et de se libérer pour qui sait faire jouer son discernement*². Suite à un incident, cette drogue va se répandre en elle et accélérer le processus d'éveil. Lucy (Lucifer) va développer de nombreux dons et perdre son égo, passant de manière régressive du néocortex au cerveau reptilien avant que de retrouver son essence originelle, La Source. A la fin, Lucy s'est échappée de la Matrice, est repassée dans l'unité en réabsorbant en elle toute l'histoire de l'humanité. Au moment où elle disparaît, elle adresse un message au policier (Pierre del Rio) : " Je suis partout "...

* Cf. Compréhension structurelle de la Matrice asservissante.

L’éveil spirituel, autrement appelé réalisation de soi ou illumination, désigne dans de nombreuses religions et philosophies l’état de conscience de l’homme qui se libère, se perfectionne, et transcende, dans cette école qu'est le vécu terrestre, sa relation à la matière et à la dualité, dominée par l'ego-mental, l'intellect conditionné et manipulé *, source de ses souffrances et de ses illusions. Il réalise ainsi pleinement sa véritable nature, celle d'être dépositaire de toute la puissance de l'univers dans les limites de sa singularité biologique. C'est le passage de l'individualité nommée " Moi ", le centre de la conscience autocentrée, au " Soi " universel, le Dieu intérieur, l'Esprit cosmique indifférencié, tel qu'enseigné dans l'hindouisme ou le christianisme primitif. Il peut ainsi devenir " un véritable collectif ", un seul ensemble qui intègre le tout, soit des éléments disparates, avec amour et compassion. Par le processus de l'Intelligence à l'Amour, il passe ainsi de l'infiniment petit à l'infiniment grand, acquérant la "maîtrise " du monde.

Éveil est l'addition d'" Eve ", le féminin sacré, et de " Il ", le Divin ou le Seigneur en chacun, soit celui qui luit, le soleil intérieur, le masculin sacré. Caché dans nos ténèbres intérieures, au fond de la matrice utérine, c'est le soleil " noir ", dans l'attente de son extériorisation lorsque nous répondons à son appel, celui de notre âme, de notre Soi supérieur. Il peut alors manifester tout son potentiel énergétique informationnel. Nous pouvons alors Être - " JE SUIS " - sur le Chemin de quête, ou d'enquête, ou en quête de ce vers quoi nous pensons être séparé par illusion *². En réalité, tout ceci EST déjà, le Royaume étant à l'intérieur et à l'extérieur. Ce chant d'Amour est réalisé dans le Cantique (quantique) des Cantiques, par l'entrelacement du Féminin et du Masculin.

* Cf. Le modèle pyramidal décodé, Contrôle mental & La nouvelle religion universelle.

Cf. Fabrication de l'illusion et voie de sortie.

Processus d'éveil de la conscience *

Manifestation inconsciente

Contrôle affectif, émotionnel

Faculté de penser, raisonner, comparer

Contrôle de l'environnement

Prise des commandes par l'âme*

* Cf. Qu'est-ce que l'Homme


* Présentation complète du processus avec le lien Processus de transformation de conscience.

La science qui conduit à l’éveil spirituel était jadis réservée à des personnes choisies, formées et initiées dans le plus grand secret des centres des Mystères et des écoles de Sagesse des civilisations antiques, avant qu'elle ne soit dénaturée, manipulée, aux fins d'asservissement des êtres humains *. Aujourd’hui, toute personne désireuse d’évoluer peut désormais acquérir le savoir et le savoir-faire qui lui permettra de dépasser ses souffrances et ses illusions en assumant sa singularité biologique et en la réalisant de manière harmonieuse. En comprenant le leurre de l'enseignement des églises exotériques comme des sociétés initiatiques ésotériques, l’élève véritablement décidé et engagé dans cette voie apprend, par la pratique d’attitudes nobles *² (les vertus), par la méditation et par des exercices spécifiques, à développer ses corps et sens " subtils ". Progressivement, il dépasse toutes les illusions, identifications, croyances limitantes, conditionnements et peurs qui l’animent pour entrer en contact avec son être véritable.

En fait, la plupart des êtres humains ne font un retour à la conscience de leur identité permanente que s'ils y sont forcés par les circonstances, en général douloureuses. C'est la crise existentielle, destinée à nous permettre de sortir de nos conformisme, paresse d'esprit, manque d'élan, peur de l'inconnu. Seuls le prêtre, le mystique, le guerrier, le chaman, le philosophe cherchent réellement à explorer la différence entre le Moi intérieur et le moi extérieur. Le prêtre parce qu'il aime le principe caché derrière la manifestation, le mystique parce qu'il en recherche le contact, le chaman parce qu'il s'intéresse aux énergies efficientes mais cachées, le philosophe parce qu'il sait que l'esprit est souverain par rapport aux objets qu'il saisit, et le guerrier parce qu'il doit nécessairement développer des qualités intrinsèques de connaissance de soi pour faire face aux dangers et survivre. Certains artistes creusent vers le dedans, mais pas tous. Les autres doivent dépasser les satisfactions des identifications (professionnel, mère, épouse, religion, parti politique, équipe sportive ...) pour creuser vraiment vers le moi, et plus généralement se lasser des rôles sociaux auxquels ils/elles se livrent de manière conditionnée pour se confronter au Moi profond, et être moins dupes des architectures mentales, tentés d'établir en permanence une synthèse entre leurs sentiments, leurs actes, et leurs aspirations.

Si nombre d'êtres humains qui recherchent la permanence structurée du Moi le font encore dans une quête supérieure du gratifiant, dans la mesure où toutes les cultures préconisent d'obtenir une compétence susceptible d'apporter le succès et la notoriété, le prestige et la richesse, l’être humain le plus ordinaire peut se mettre sur ce chemin, à condition qu’il veuille changer son comportement, qu’il se décide un jour de devenir pleinement lui-même en dépassant tous les conditionnements qui l’emprisonnent, et qu’il se mette au travail pour s’en libérer réellement. Tant que la reconnaissance soudaine de la souveraineté du Tout ne s'opère pas, le Moi qui se structure dans le premier champ forme un égo plus puissant que celui de la nature, et développe une volonté individuelle efficace, qui va facilement à l'encontre des intérêts et du respect des autres. En le comprenant, il est capable de dépasser les limites de la nature humaine ordinaire et d’atteindre des états de conscience tout à fait différents, ainsi qu’une dimension supérieure, un état de grâce, un tout cohérent et harmonieux. Il devient ainsi par son individuation et son autonomie peu à peu véritablement humain. Il réalise la nature divine qu’il porte en lui-même.

* Cf. La nouvelle religion universelle.

La compréhension des concepts " noblesse des pratiques " et " vertus " s'entend comme distincte de tout référentiel moralisateur type judéo-chrétien ou " New Age " imposé par un système extérieur type religieux ou politique. C'est un travail de découverte par lui-même de ce qui l'élève et le remplit que l'individu en chemin établit tout au long de son expérimentation de la matière.

Envol

 Cet éveil, source d'intensité émotionnelle, évoque l'envol vers les sommets, cette identification à un être humain capable de voler dans les airs avec grâce et légèreté, débarrassé des lourds oripeaux de la matière. Il est inscrit au plus profond de notre psyché, rappel de notre origine et promesse de notre retour vers les cieux


Mercure (latin) / Hermès (grec)

En sa qualité de messager des dieux, Mercure, fils de Jupiter (Zeus en grec), guide et éclaire l'être humain dans son chemin vers les cieux supérieurs. Il est le spiritus, l'esprit, le fidus minister, le fidèle messager, celui qui est au service, qui aide, avec discrétion et efficacité, à la réussite de notre transformation. Il tient à sa main gauche le caducée *, soit les énergies masculine et féminine nécessaires à la qualité de notre harmonie vitale.

* Le caducée est un rayon de soleil que Mercure a échangé avec son frère Apollon, le dieu Soleil, contre sa lyre. Il lui a permis de mettre d'accord deux serpents en train de se battre sur son chemin, l'un représentant l'énergie masculine (mouvement, émotion, extériorisation), l'autre l'énergie féminine (réflexion, esprit, intériorité). Il signifie par cette cohabitation pacifique que le centre, soit l'alignement du corps et de l'esprit, est la clé d'équilibre pour l'être humain, envers lui-même comme envers la nature.

Cibler la connaissance de soi n'est jamais peine perdue, même si la connaissance s'échappe toujours où nous nous imaginons l'avoir atteinte, ne serait-ce que par la force du mouvement des choses et de l'histoire, qui nous fait participer à chaque instant à un monde déjà différent de celui d'hier. Le seul pouvoir vraiment disponible est celui d'une entière attention, panoramique, c'est-à-dire trans-dimensionnelle, notre état de conscience étant déjà dans une dimension supérieure à celle de notre réalité physique. Aussi le chercheur intégral se dirige vers l'inspiration totale, où ne demeure de la volonté personnelle que le but de servir le Divin supérieur, ou, s'il n'en a pas la connaissance, l'intention de parvenir à l'intégrité pure, conforme au plus haut Idéal de vérité et d'amour que nous puissions concevoir. Les buts plus prosaïques que l'individu se forme dans son contexte de vie n'ont pas forcément à être abandonnés, la volonté active pouvant être conservée. Mais ils méritent d'être relativisés, et, parfois, sacrifiés à la consécration...

Cf. L'état de cohérence, voie de sa liberté.

Regarder différemment le Monde

En alchimie, on ne cherche pas l’endroit mais l’envers du Monde, de l'Univers. Le Monde, dans le tarot symbolique, c’est l'arcane 21. Et ce qui est " en vert " est la connaissance des choses cachées. Ainsi le lion vert (ou l’ion vert) de l’alchimie ne désigne pas que l’acide sulfurique, mais aussi le dissolvant universel, le VITRIOL : Visita Interiora Terrae Rectificando Invienes Occultum Lapidem,  " Visite l’intérieur de la terre et en rectifiant tu trouveras la pierre cachée, visite l’intérieur de toi-même et tu trouveras la lumière ".

21 à l’envers donne 12, la position des jambes de la danseuse du Monde donnant Le Pendu à l’envers. Le Pendu, c’est le Monde à l’envers. Ce qui est " en vers " est aussi un corps en décomposition, dévoré et digéré par les vers, soit un corps qui meurt à l'ego, son prédateur. Ce qui est " en vers ", c’est aussi la poésie, qui permet d'enchanter sa vie.

Si quelque chose se cache dans le tarot, c’est Le Pendu qui dira où. Parce qu’on dit que le Monde, le 21, est le symbole de la totalité, mais la totalité sans son envers n’est pas complète. Alors la somme théologique du Pendu, soit 12, c’est : 1+2+3+4+5+6+7+8+9+10+11+12 = 78. Comme il y a 78 arcanes dans le tarot, Le Pendu est donc la totalité cachée du tarot. Et la réduction théologique de 12 est 1+2=3, qui rappelle la trinité du corps/âme/esprit, du sel/mercure/soufre, du minéral/végétal/animal, du père/fils/saint-esprit, de la mère/fille/saint-âme. 78 divisé par 3 est égal à 26, chiffre de Dieu dans la Kabbale. Aussi le tarot est l’expression des 3 monothéismes : judaïsme, christianisme et islam.

 

Le parcours initiatique

Ce parcours est qualifié par la Tradition de voyage du Héros.

Thésée combat le Minotaure - Maître des Cassoni Campana ou Maestro di Tavernelle, peintre anonyme
Thésée combat le Minotaure - Maître des Cassoni Campana ou Maestro di Tavernelle, peintre anonyme

Il constitue le thème d’une descente aux enfers et l’errance dans des grottes ou dans un labyrinthe, en l'occurrence ses propres profondeurs. Illustré par la mythologie à travers des faits extraordinaires de superhéros et des combats aux proportions cosmiques impliquant anges et démons, ou dieux et titans (Ulysse, Hercule...), il est le passage incontournable de l'être humain sur son chemin d'évolution pour trouver et " terrasser ", en fait apprivoiser, le prédateur qui se cache en lui et le condamne à l'involution *. La rencontre avec le feu est incontournable, caricaturée en religion par les flammes de l'enfer. Elle est vécue soit sous sa forme ordinaire, l'identification à des victimes d’immolation, soit sous la forme archétypale, un feu purificateur (pyrocatharsis) paraissant détruire la corruption du sujet et le préparer à sa naissance spirituelle. Dans ce processus alchimique de combustion intérieure, les formes solides, c'est-à-dire les matières organiques rencontrées lors de la traversée physique - sang, urines, sécrétions, parfois excréments - sont converties en énergie. L’expérience du feu, accompagne celle de la mort de l’égo *², la destruction positive de la personnalité, à l’issue de laquelle l’individu s’identifie philosophiquement à des modèles d’énergie plutôt qu’à la matière organique.

* Cf. Comprendre et apprivoiser la prédation.

Cf. Décryptage de l'égo.

Archétypes du prédateur

Si la tradition alchimique associe traditionnellement le dragon (serpent) au prédateur qui contrôle et asservit l'être humain à travers son égo-mental, les symboles et les divinités païennes livrées à l'adoration des foules le représentent dans toute sa puissance mortifère. Ainsi le dieu Baal-Moloch mésopotamien, l'Ouroboros grec ou le Taurus de la religion mithraïque ...


L'initiation par le Feu alchimique

Sans chaleur, sans feu, le procédé alchimique ne peut avoir lieu. C'est pourquoi cet Art Royal est l'initiation reliée au Feu. Elle comporte trois phases principales : la calcination, la transmutation et la sublimation, une quatrième la complétant quant à la compréhension et à l'union des archétypes masculin et féminin sacrés.

Lors de la première, la calcination, l'humain doit offrir son égo en sacrifice. Cette mort mystique peut être qualifiée de putréfaction en référence à la graine qui doit se décomposer dans le sol afin de naître à une autre vie. Il est dit que durant cette phase, l'individu peut entendre la voix de Mercurius (le Soi supérieur) lui disant : " Heureux celui qui meurt pour moi, car avec moi il ressuscitera ". Elle est la plus douloureuse de ces phases.

La deuxième étape de l'initiation, la transmutation, s'accomplit en sortant indemne de la fournaise, de la fosse aux lions. Le lion a de tout temps représenté le Feu Cosmique Universel qui constitue lui-même l'essence de la vie de 3ème densité. Lorsque l'homme commence à contrôler ce Feu, une force incandescente vit en lui et il se met à vivre une existence plus libre des lois qui le rattachaient jusqu'alors à la réalité de troisième densité. Le lion d'or avec une couronne ou des ailes déployées signifie que le disciple est apte à passer au dernier degré de l'initiation reliée au Feu, la sublimation, qui demande souvent plusieurs existences tellement cette phase est difficile à accomplir.

Elle est caractérisée par une transmutation complète de la personnalité s'incorporant alors à l'esprit. L'individu vit dans une réalité toute autre et ne perçoit plus les choses sous l'angle humain mais sous l'angle de l'esprit, de son Soi Supérieur. Le symbole alchimique de cet accomplissement est l'union du lion rouge et du lion blanc.

* Cf. Le chemin alchimique.

Tout chevalier est adoubé à l'épée par la Reine du royaume. Les pointes des épées posées sur ses deux épaules symbolisent la décapitation qui fait exploser les limitations, l'enfermement de l'esprit dans le corps. Quelqu'un d'adoubé signifie qu'il est désormais un cristal de transmission de vérité reconnue, le héros qui délivre l'esprit de ses limitations. Il fait désormais partie de ceux qui présentent une fréquence de résonance vibratoire particulière, d'une force et d'une pureté suffisantes pour parvenir à créer un pont entre l'homme et les dieux, pour ouvrir les portes du temps.

Du perfectionnement

Comment imaginer que la perfection de l'homme, son but dans son expérimentation terrestre, puisse être obtenue en une seule vie ? C'est l'hypothèse très probable des Anciens et de nombre de cultures religieuses orientales ou de spiritualistes émancipés de tout carcan institutionnel. Si le Christ a enseigné à ses disciples de devenir aussi parfaits que le Père, tout esprit avisé conviendra qu'une telle perfection est irréalisable dans le temps très court d'une seule existence, à la durée très variable suivant les individus. Une fois parvenu au summum de cette perfection, l'homme peut choisir librement de rester plongé dans la béatitude divine ou de rester proche de l'humanité ignorante et souffrante.

Sauf à être enseigné très tôt, ce qui est rarement le cas, le jeu de la Vie est un parcours initiatique, d'éveil, à partir de notre propre expérimentation de la matière terrestre et de ce qu'elle entraîne à l'intérieur de nous-même. L'archétype du prédateur présent en nous, représenté par le serpent-dragon, fait plonger notre esprit au cœur de la création cosmique, faisant "remonter" notre conscience très loin dans l'inconscient collectif, jusqu'aux confins du Savoir habité par le Soi supérieur, notre Âme. La pénétration des secrets de l'existence se fait dans toutes les directions à la fois, car le sens qui doit se révéler ne privilégie en réalité aucune direction. Aussi la Connaissance est potentiellement présente dans chaque direction vers laquelle nous regardons. Connaître le Soi de Qui Nous Sommes vraiment constitue l’opportunité de chaque vie, qui nous invite à l'élargissement de cette connaissance. En règle générale, lorsque le degré d'inconfort, d'insatisfaction, d'incompréhension et de souffrance a atteint un niveau qui nous est propre, nous nous mettons en mouvement.

Le jeu de l'Oie, appelé également Jeu de la Mère L’Oie (" l’amère loi " …), considéré comme l'ancêtre des jeux de parcours et de plateau, nous l'enseigne sur un plan symbolique. La première mention de ce jeu est faite dans les années 1580, à la Cour des Médicis, à Florence.

Dans la cosmogonie égyptienne d’Héliopolis, le dieu de la Terre était appelé Geb ou le Grand Caqueteur, sa figure hiéroglyphique étant une oie et une jambe (la patte d’oie). La légende égyptienne fait sortir , le créateur du monde, d’un œuf qu’une oie céleste vint déposer sur l’île du lac sacré d’Hermopolis (ville consacrée au dieu Thoth) après avoir brisé le silence de l’univers par son caquetage...

Ce jeu illustre l’incontournable pèlerinage, celui du périple "alchimique " que doit accomplir tout apprenti désireux d’être initié au mystère de la Vie, de l’Univers, de la Création. C’est la raison d’être, entre autres, du chemin (le Camino) vers Saint-Jacques de Compostelle (signifiant le champ des étoiles) ou La Mecque dans l’Islam, dont la finalité est la purification intérieure * pour renaître à sa lumière libérée de ses troubles psychiques et émotionnels. Sur ce chemin, l'apprenti perd la notion de temps humain pour vivre au rythme du temps solaire, le jour et la nuit.

* Décomposition des habitudes et du carcan des préjugés ; dissolution des certitudes.

 

Le labyrinthe est une image de l'esprit dans la matière, qui se fraye un chemin jusqu'au milieu, au centre, pour accomplir une expérimentation de vie, puis un autre vers la sortie, vers la cité d'airain *...

* Conte des Mille et une Nuits, où la quête de la légendaire Cité d'airain par 3 explorateurs les conduit à comprendre que ce qui se trouve au centre de tout est la mort, pendant indissociable de la vie.

Sur la plan symbolique, l'oie renvoie à un animal qui annonce le danger. Le jeu doit permettre de comprendre le monde : son tracé en forme de spirale rappelle le labyrinthe * à parcourir pour arriver à la Connaissance. Ponts, puits, prison, mort, évoquent l’Ombre qui empêche à l’être humain en son état de conscience d’atteindre la lumière salvatrice, celle qui va le mener à la Vie éternelle. 

* Son étymologie grecque signifie méandre.

 

Le labyrinthe évoque également le serpent, qui symbolise par ses anneaux la totalité du temps et de l'espace, l’ensemble des cycles de la manifestation universelle nécessaires à l’être humain dans l’alternance naissance/mort pour retourner à son Unité première. Sa mue répétitive est celle de la marche du temps, la cyclicité, le mouvement, qui voit une peau neuve, plus souple, se substituer à l'ancienne.

La médecine, qui relève chez les anciens de l’" art sacerdotal ", met en action les forces respectives du yang, principe masculin, et du yin, principe féminin. La double spirale verticale représentée par le serpent enroulé en S autour du bâton d’Esculape exprime que la médecine ne met en principe en œuvre que l’aspect " bénéfique " de la force cosmique.

Enroulé, il symbolise la force universelle cyclique en mouvement : sa tête, bouche ouverte, cherche à avaler sa queue, forme pleine et répulsive, marquant le retour à l'Unité primordiale. Les Grecs l’ont nommé Ouroboros * (les phéniciens l’appelaient Léviathan).

* Ouro signifie en copte roi, et ob serpent en hébreu. Les quatre O correspondent à la cyclicité - ainsi les saisons -, soit la lumière (our) dérobée (robe) à la substance qu'est le futur pour permettre le présent.


L'échelle en spirale

Dans le Livre de la Genèse, le patriarche Jacob qui fuit son frère Ésaü fait un songe, se représentant une échelle montant vers le ciel. L'image de l'échelle de Jacob figurant la porte du Ciel est en fait de nature incurvée, comparable à l'anatomie du conduit auditif de l'oreille. Cette " oreille mystique ", cette ouïe subjective et intérieure, est la condition de prise de contact avec les mondes supérieurs. Elle guide le pèlerin dans un escalier sans fin le menant au dernier ciel.

Chaque individu veut que sa vie ait un sens. Mais il la recherche au mauvais endroit, c'est-à-dire dans le monde extérieur. Au final, il s'agit de comprendre que la vie n'a pas de sens. Rien, aucune situation, aucune circonstance n'a de sens en soi. Tout est neutre, dénué de sens. Le sens que nous lui donnons, de manière consciente ou inconsciente, détermine l'effet que nous en retirons. Toutes les situations sont en essence neutres, et en substance positive ou négative par leur reflet. Cela dépend uniquement de l'énergie, de l'intensité, du système de croyances et de la définition que nous leur attribuons. Si nous donnons à la situation une définition positive, nous en retirerons un effet positif, indépendamment de ce que d'autres pourront ressentir. Et inversement. Dans une même situation, notre expérience n'est pas identique à la leur. Tout individu est sa propre réalité, son propre univers.

Il n'y a pas de secret à découvrir. Le secret n'existe pas. Car ce qui est secret " se crée ". Or, en réalité, rien ne se crée. La Création n'est que la division de ce qui Est. Et quand il y a division, il y a illusion, la division appelant l'illusion. L'illusion étant le jeu de la Création dans ce qui Est, elle nous conduit à en vivre l'expérience par la conscience. Ce qui Est contient la création. Ce que nous créons existe déjà... dans l'âme du monde. C'est pourquoi le sentiment d'être séparé de Sa Source est le seul manque qui ait réellement besoin d'être corrigé.

L'initiation alchimique

El Camino, le " Chemin " de Compostelle * (Cf. image), représente l'âtre dans lequel débute la transmutation, son nom dérivant de Kamin, mot signifiant en allemand et en slovène l'âtre de la cheminée. Il représente ainsi l'âtre dans lequel débute la transmutation. Le creuset, lui, renferme la vile densité de notre Êtreté : symbolisée par le plomb, ainsi que la minuscule particule de lumière qui nous habite : l'or. Le creuset lui, renferme la vile densité de notre Êtreté, symbolisée par le plomb, ainsi que la minuscule particule de lumière qui nous habite, l'or. Lorsque l'alchimiste - nous-même - chauffe le plomb, l'or et l'antimoine dans le creuset, cette combinaison d'éléments se transforme en plomb durci ou bien en or. Le résultat est en fonction du dosage des trois éléments et surtout du savoir-faire, de la persévérance, du centrage et de l'état émotionnel de l'opérateur alchimiste.

Dans l'histoire de l'alchimie, il se dit que seuls quelques individus ont réussi à transformer le plomb en or. Cette " opération alchimique " représente en réalité notre densité intérieure : le plomb (symbolisant les peurs, les croyances, la lourdeur) transmué en or (" l'énergie de lumière ", l'information-vérité, la Connaissance, la fluidité dans la Vie). Transformer le plomb en or ou la densité en lumière, conduit à l'achèvement du processus *² afin de parvenir à changer de densité/réalité. En d'autres termes, il s'agit de passer d'une dimension de Service de Soi à une dimension de Service d'Autrui dans un même monde de 3ème densité, notre matrice d'appartenance.

Les clés secrètes nous en ont été léguées, mais seul(e)s les plus perspicaces d'entre nous peuvent en décrypter le mode d'emploi. Ces clés sont en fait encodées au plus profond de notre ADN et de notre subconscient, qui ne peut se souvenir que par notre propre cheminement de transformation alchimique. Ce cheminement intérieur se révèle lorsque nous parvenons à son terme à faire sauter les verrous de la 4ème dimension de conscience pour atteindre la 5-D.

* L'origine étymologique du nom de Compostelle serait que celui-ci dérive de compositum tellus, soit la " terre remuée " d'une tombe, ou de compostum, " cimetière ", ou en langage des oiseaux " elle ", le féminin qui ressuscite du compost.

Cf. Le chemin de l'Ascension & Processus de transformation de conscience.

Cf. en complément Le chemin alchimique.

L'Omphalos (ombilicus)

Objet sacré à Delphes, l'ombilic, omphalos en grec ancien, représente le centre sacré du monde, son nombril, le roc central, lieu de rencontre de tous les monde, terrestre comme céleste, visible et invisible. Cette pierre est entourée d'un filet * généré mathématiquement par les nombres correspondant aux noms des dieux. Ce filet tissé est l'âme du monde, le symbole de la morale la plus élevée, qui attrape les idées et pensées du grand Esprit universel pour les faire entrer dans le monde matériel. Il est présent dans le corps de l'être humain comme pointe fine de son âme, seule à même de donner accès au sanctuaire souterrain où se trouve la Parole du Maître de l'Univers. Il est également symbolisé par le lapis, pierre cubique à pointe dite " bétyle " en grec (bethel chez les sémites, bothal chez les celtes). Elle a un caractère sacré, car tombée du ciel ou trouvée sur le sol après avoir été frappé par la foudre. Cette pierre, considérée comme l'habitacle du divin et possédant à ce titre l'esprit qui vivifie la matière, a inspiré les pratiques initiatiques de l'Antiquité pour accompagner un apprenti initié dans sa transformation intérieure et sa renaissance à la lumière. C'est cette démarche, de la pierre brute à la pierre cubique, que symbolise l’échelle de Jacob dans le processus initiatique de l'apprenti en loge maçonnique, puis l'escalier incurvé dans celui du compagnon dont on ne sait pas où il commence ni où il prend fin, afin de lui permettre de retrouver le triangle d'or que l'architecte en maître du Temple de Salomon, Hiram Abif, a eu le temps de jeter dans une fosse profonde avant son assassinat par trois compagnons profanes.

* C'est le filet de la pêche miraculeuse des Évangiles, symbolisant le processus par lequel les pensées du champ de conscience universel sont attrapées et tirées dans le monde matériel.

De l'Alpha à l’Oméga

Dans la Bible Dieu est l'Alpha, le point de départ de l'homme, son origine *. Il est aussi l’Oméga, son but, la fin de son parcours. Toutefois pour arriver au bout de la démarche intérieure, pour atteindre ce but, il faut passer par la connaissance de soi, c'est-à-dire par toutes les autres lettres de l'alphabet du Vivant. C'est alors que l'obscurité peut faire place à la lumière, l'inconscient étant devenu conscient.

Tout individu a en effet vocation à être au centre de l’univers, à être " uni vers " ce centre du monde dans toutes ses dimensions, à être au centre de la sphère, au centre de la croix qui le place au centre des quatre directions, des quatre saisons, des quatre éléments desquels son esprit compose le cinquième. L’être humain est au croisement des deux lignes, l’horizontale qui relie l’Alpha et l’Omega, la verticale qui relie le céleste au terrestre. C’est le " corps de gloire " mystique, qui suppose rectification lorsqu’il fait résistance, par sa lourdeur et son trop plein de soufre rance (" souffrance "). Si l’univers n’a pas de bras, de jambes, de mains ou de pieds, l’homme en dispose pour exprimer et servir dans la matière son dessein.

* C’est l’ordre d’origine, dit de Melchizédek, qui possède son propre cycle. Si l’homme créé est situé entre le commencement et la fin (naissance et mort), l’homme créateur se situe entre la fin et le commencement. Car si pour l’un la mesure est le temps, pour l’autre la mesure est l’éternité. C’est le sens de la porte étroite dont parle le Christ, qui ne peut être appréhendée par tous ceux qui vivent dans le temps, dans le corps de chair, au contraire de ceux qui vivent hors du temps, dans l’éternité, par l’Esprit. C’est le sens profond de l’instant, du moment présent, sacré car éternel.

Solve & coagula

La formule alchimique solve et coagula contient d’une certaine façon tout le secret du " Grand Œuvre ", soit le processus de la manifestation universelle à partir de deux phases inverses que l’on peut résumer à expansion (l’expir) et contraction (l’aspir), tel le double mouvement du cœur. Pour ce qui concerne le champ d’application propre à notre dimension d’appartenance - la galaxie de La Voie lactée -, ce processus met en œuvre ce qui est dénommé le Ciel (l’invisible) et son pendant matérialisé, densifié, la Terre. C’est pourquoi le terme solve est parfois représenté par un signe qui montre le Ciel, et le terme coagula par un signe qui montre la Terre. Ils s’assimilent ainsi aux actions du courant ascendant et du courant descendant de l’énergie cosmique, en d’autres termes aux actions respectives du Yang - force d’expansion à caractère masculin - et du Yin - force de contraction à caractère féminin -.

Il en découle que les " condensations " (ou cristallisations) de l’énergie, qui donnent naissance aux composés individuels (choses et créatures), procèdent des influences terrestres, et les " dissipations ", qui ramènent les éléments de ces composés à leurs principes originels, procèdent des influences célestes. L’ordre des deux termes dépend du point de vue comme de départ auquel on se place, les deux phases complémentaires auxquelles ils correspondent étant à la fois alternantes et simultanées.

Toutefois, le passage de l’état de non-manifestation au manifesté voit la matrice réceptive (la Terre), de source magnétique, être engendrée par le principe fécondant du feu solaire, de nature électrique. La " condensation " ou " coagulation " se présente naturellement en premier lieu. Le Yin, de couleur noire, évoquant la gestation dans les ténèbres, précède le Yang, de couleur blanche, son éclosion à la vie, soit la " dissipation " ou " solution ". Autrement dit, la coagulation porte sur la substance du cosmos, l’énergie primordiale (la matière noire en astrophysique), qui retourne par dissipation à l’essence du cosmos, enrichie de l’expérience. C’est de cette façon que la Création, La Source, " joue " à se connaître, faisant semblant d’oublier (le " voile de l’oubli " des êtres humains pendant leur incarnation terrestre) Ce qu’Elle EST. La transmutation alchimique qui est " demandée " * à l’être humain consiste, en toute conscience, à " dissoudre " ce qui est " coagulé " et, simultanément, à " coaguler " ce qui est " dissous ". Ces deux opérations apparemment inverses ne sont en réalité que les deux aspects complémentaires d’une seule et même opération. C’est la clé majeure du Jeu de la Vie.

* Cette demande est dénommée la " Parole perdue ", soit la clé du secret de l’existence dissimulée aux êtres humains par les " voleurs  d'énergie " pour les maintenir prisonniers de la matière, en situation d’esclavage. Cf. La nouvelle religion universelle.

Le trésor, le " Treize-Or " * des Esséniens, Cathares et Templiers, est tout simplement dissimulé dans notre ADN. Celui-ci ne peut être réactivé que chez ceux qui ont dépassé les jeux de l'ego et consenti en leur être à recevoir l'étincelle de la conscience christique *².

* Le trésor, à entendre comme " treize ors ", fait référence à la symbolique des douze apôtres et de Jésus, le treizième maître. Ils traduisent le référent zodiacal, calendrier cosmique explicatif du fonctionnement de l'univers pour les maîtres artificiers de la Matrice falsifiée (la 3ème dimension). Les douze apôtres sont les douze signes du zodiaque, Jésus étant le treizième dissimulé, celui du Serpentaire... On retrouve cette symbolique figurée dans le fameux tableau de la Cène de Léonard de Vinci (Cf. L’Église romaine décodée).

* Cf. Le chemin de l'Ascension.

" Aux fruits, on reconnaît la racine."

 

Le Labyrinthe, représentation du mouvement de la vie

La figure du labyrinthe à sept anneaux*, dit unicursal ou crétois, se retrouve partout dans le monde, de la Chine à l'Angleterre, du Tibet au Pérou, en Égypte et en Scandinavie, sur les sols de beaucoup de cathédrales telle Chartres (diamètre de treize mètres) comme sur les murs de nombre d'édifices.

* Le sentier qu’Énée prend pour descendre aux Enfers dans l'Énéide de Virgile décrit 9 spirales.


Pour parvenir au sommet d'une colline, il est nécessaire de faire des circonvolutions, de changer chaque fois de direction en virant de droite à gauche puis de gauche à droite, alors que l'on monte tout au long de la pente menant à son sommet. C'est en fait un escalier qui monte dans l'esprit. En accomplissant cet acte d'apparence simple, nous passons en fait comme dans une danse par divers états de conscience alternatifs qui permettent de vivre une expérience tout à fait spécifique, celle qui voit l'esprit s'élever dans le monde des esprits et faire l'expérience de la mort tout en restant en vie... Cela oblige à l'énergie vitale qui est en nous de se mouvoir tout à l'intérieur de notre corps, suivant un parcours précis, rythmique, qui nous conduit au diapason de nous-même pour que nous puissions entendre la " musique des sphères ". Plus nous montons, plus nous suivons la queue du serpent qui progresse vers l'Esprit androgyne, et plus la Connaissance initiatique est dévoilée.

Le labyrinthe est basé sur la figure de la spirale, elle-même trouvant son origine dans le cercle, symbole de l'Univers, du Tout-ce-qui-est. La spirale est le symbole de la Connaissance infinie *, chaque cercle s'avérant être une répétition du précédent mais à un échelon supérieur, signifiant une expérience donc une connaissance supplémentaire. Devenue pur symbole mystique, elle est celui du développement spirituel, qui appelle l'Homme à abréger sa course vers l'abîme, l'expérience de la mort, et à diriger son regard vers les hauteurs, celui du monde des esprits supérieurs, l'Empyrée. Dans la dynamique du mouvement de la vie, entre évolution et involution, il décide du chemin à suivre. Seule l'ouverture de sa conscience à son être supérieur pourra le guider à bon port. Il suit alors sa " bonne " étoile, celle de sa fidélité à l'union (Fidelitas moribus unita).

* La spirale est construite d'après une séquence mathématique nommée séquence de Fibonacci, dans laquelle chaque nombre est la somme des deux précédents (1, 1, 2, 3, 5, 8, 13...). Elle se retrouve dans la Nature sous différentes formes : les galaxies, la disposition des feuilles sur une tige, les ammonites (animaux marins fossiles de la classe des mollusques céphalopodes dont la coquille est en général la seule partie fossilisée) ...

L’Étoile polaire (Ursae minoris)

C'est la seule étoile immobile du ciel et de l'hémisphère dans lequel nous nous trouvons. Elle symbolise l'immobilité, soit la juste et harmonieuse place de l'homme au sein de l'univers en corps, âme et esprit. Indiquant le Nord et sa constellation dite de la " grande ourse " par sa forme, elle prend place dans le Septentrion *, composé de 7 étoiles nommées " petite ourse " au sein de laquelle elle se trouve. Porte toujours empruntée pour entrer dans un lieu sacré, elle est la direction à ne pas perdre.

* Le mot Septentrion contient une clé essentielle de la voie initiatique qu'est la vie, qui démarre à un endroit immobile, comme toute création, avant de prendre chair, eau et sang. En l'écoutant nous entendons " le sept en tri ion", pouvant se traduire " de sept en trois tu vas " (ion en grec signifie " qui va "). Sur le chemin du retour à l'unité, nous avons une harmonique de vie calée sur sept (notes musicales, couleurs de l'arc-en-ciel) et un équilibre à trouver en trois (le ternaire).

Dans la géométrie sacrée constitutive de la cathédrale de Chartres, le labyrinthe au sol se reflète dans la grande rosace et ses vitraux extraordinairement luminescents que personne n’a jamais été capable de reproduire à l’identique, leur fabrication ne reposant pas sur des pigments chimiques. La rosace, dont les signes du Zodiaque se déploient sur le pourtour, représente l'énergie de la conscience humaine en feu lorsqu'elle atteint le centre du labyrinthe de la vie et danse enfin sur la musique des sphères... Ce n'est pas un hasard si la cathédrale de Chartres a toujours été considérée comme un haut centre initiatique visant à transformer l'humanité.

 La crosse de l’Évêque

Le mot Évêque provient du grec éphéika, signifiant qui pousse – qui excite, soit la présence de l’énergie par la crosse sacerdotale au pommeau spiralé. Elle évoque la force de l’Esprit sur la matière lorsque celle-ci est correctement préparée. La forme de la crosse figure en effet le geste circulaire indispensable – ou tour de main – réalisé par l’Évêque sur la matière, qui la crucifie puis la ressuscite.

 

Icare

La mythologie grecque met en scène l'architecte Dédale et son fils Icare dans le labyrinthe à une seule entrée et une seule sortie construit par Dédale. Enfermés en son centre ils ne peuvent s'échapper. Dédale, ingénieux, fabrique deux paires d'ailes qu'il colle dans le dos de son fils et le sien. Ils s'échappent en s'envolant. Le Soleil faisant fondre la cire, les ailes se détachent du dos d'Icare, le précipitant dans la mer.

Le labyrinthe représente les tourments de la vie. La tentation peut nous pousser à les fuir, comme Icare qui s'échappe par le haut, refusant de lutter. Pour lui, l'enfer, c'est les autres. Cependant, c'est dans le quotidien et ses affres que nous devons forger notre âme. La lumière que nous cherchons n'est pas extérieure à notre monde. Elle est enclose dans la matière. A force de labours, de tours, de détours et de rebours sur notre matière de vie, notre chemin de vie, la lumière sort par elle-même des ténèbres, grandissant notre âme.                                                        

Cette émergence de la lumière, de notre conscience, est le point central du labyrinthe. C'est le but que nous devons atteindre, au plus tard à notre mort qui voit alors l'esprit quitter le corps et s'élever selon la Tradition en spirale à travers les sphères planétaires, les cieux, pour gagner la septième, le " septième ciel ", pour y être réabsorbé dans l'étreinte de l'Absolu.

 

Le labyrinthe initiatique

Le cercle d’or ou Zodiaque de Dendérah (Cf. image) était à l’origine un labyrinthe initiatique sur deux niveaux. Hérodote en parle dans son livre " Histoire de l’Égypte " en évoquant un labyrinthe de 3300 chambres. En réalité, ce gigantesque édifice circulaire comportait 3240 chambres. Chacune renfermait la connaissance d’une configuration céleste de base. La formation des prêtres de Ptah au Temple d'Héliopolis consistait ainsi en un parcours initiatique dans ces 3240 chambres du labyrinthe, nombre total exact des différents types d’influx célestes imprégnant le cortex humain durant toute une année précessionnelle de 25.920 ans.

Il y a un rapport précis entre deux chiffres, puisque 3 240 x 8 = 25.920. Le 8, symbole d’infini et d’unité, renvoie bien à une adéquation entre le terrestre et le céleste. Telles sont les mathématiques divines qui n’ont rien de subjectif, et qui touchent la réalité des cycles et influx cosmiques qui nous gouvernent.

Si l’on s’en tient aux travaux de Albert Slosman (1925/1981) * sur Dendérah, le cercle d’or initiatique en Égypte n’est que la reproduction à l’identique d’un édifice ayant existé en Atlantide. Ce sont des survivants du cataclysme qui en Égypte ont reconstruit avec leur savoir ce gigantesque labyrinthe, conçu pour durer éternellement afin de transmettre ces connaissances aux humanités futures. Si l’inconscient collectif humain est si imprégné par l’image du labyrinthe, c’est parce qu’il a existé dans notre protohistoire au service d’une science antédiluvienne. Le labyrinthe de la Cathédrale de Chartres est issu nécessairement d’initiés qui avaient gardé ces connaissances ancestrales, et dont l’unique source est l’Atlantide.

* Professeur de mathématiques et expert en analyse informatique a participé aux programmes de la NASA pour le lancement de Pioneer sur Jupiter et Saturne.

 

Le Labyrinthe vu par le mythe de l’Exode

Le mythe biblique de l’exode du peuple hébreu quittant l’Égypte en 1.447 av. J.-C. sous le règne du pharaon Ouadjekhâ successeur de Chenephres (ou Sobékhotep IV) * pour la terre sacrée d’Israël, la Jérusalem céleste, s’appuie sur le labyrinthe.

* Cf. David Rohl, " A Test of Time " (1995).

Le Dieu d’Israël a conduit les Hébreux en terre de servitude - l’Égypte - pour que ceux-ci voient et nomment leurs esclavages. Le labyrinthe symbolise cette terre de servitude, celle que l’être humain expérimente dans sa relation exclusive à la matière, pour qu’il nomme ce qui se passe en lui dans un état d’inconscience, jusqu’à ce qu’il comprenne qu’elle conduit à son esclavage, car coupé de son intérieur sacré, son féminin intérieur. En exil de lui-même, il va devoir rechercher sa lumière salvatrice dans les ténèbres, celles de son inconscient, son propre labyrinthe. Le conscient, soit le côté lumière de l’Arbre de la Connaissance du Jardin d’Éden, doit épouser l’inconscient, soit le côté ténèbres, pour former le noyau de l’Être, la semence formée de l’" image divine ". Cette " femme voilée " à l’intérieur est lourde de l’enfant divin. Notre vocation profonde n’est autre que celle d’épousailles et de maternité : épousailles avec notre côté caché des profondeurs, et enfantement du divin dans une toute autre dimension de nous-même. Parce qu'au départ l’Homme est "coupé de lui-même ", totalement confondu avec son inconscient, un processus de différenciation est à mettre en œuvre pour le mener à sa réunification.

C’est le peuple hébreu, avec Moïse et son bâton pour guide, qui fait le passage vers la lumière, en l’occurrence la terre d’Israël. L’enfantement est la venue au monde du Messie, le Christ, le Fils de l’Homme en tant que fruit promis par la semence de l’Arbre. La sortie du labyrinthe est l’ouverture du chemin qui conduit à la totalité de nous-même, à la dimension que promet notre semence, celle du Christ, l'enfant Roi. Elle est appelée " Pâque ", d’un mot tiré de l’Hébreu, Pessa’h, " qui rend compte du passage".

L’Égypte, Mitsraïm en hébreu, est essentiellement une matrice d’eau (Maïm – les eaux) contenant un fœtus resserré en elle, de consonance Tsr, qui signifie étroit. Oppressé même en elle, le fœtus Israël ne naîtra que dans le souffle de l’Absolu désirant que ce peuple quitte l’Égypte pour le reconnaître. Ainsi la terre d’esclavage est une matrice pour qui se verticalise, ou un tombeau pour qui s’éprend d’elle.

Symbolique du bâton

Le bâton signifie le double caractère de l'homme : être individuel certes, mais participant à une immense œuvre collective ne pouvant se réaliser pleinement que dans la mesure où l'homme fait pénétrer en lui, de façon tâtonnante par le contact du bâton sur le sol où sont ceux qui ne sont plus, le peuple innombrable des morts, tout ce à quoi les générations antérieures ont tendu, leurs but et idéal. Si cela peut pénétrer en lui, en nous, de manière sensible, c'est que nous faisons partie de ces générations qui nous ont précédé. Nous avons été de ceux qui ont œuvré pour accumuler ce trésor qu'est l'expérience du vivant, et il nous appartient d'en éprouver la résonance, pour nous souvenir et continuer notre marche en avant, celle du retour à l’Éternel.

Le bâton qu'utilise Moïse pour châtier les Égyptiens et discipliner son peuple symbolise la conscience animale souterraine du serpent, soit Lucifer, qui a été maîtrisée par sa soumission à la volonté et à la discipline morale, qu'il est très difficile de maintenir. En l'état d'alors de la conscience humaine, seul le sentiment de culpabilité pouvait assurer cette discipline dans la relation de l'homme au divin. Symbole de guide secourable et de guérison d'une vie qui s'apparente à la maladie, se déroulant dans un milieu fait de corruption, de boue des scandales, et du sang des fois meurtrières de l'homme, qui rongent l'âme et attaquent le corps, le serpent est le salut, l’œuvre de notre liberté spirituelle.

Moïse en quittant l’Égypte va vers une terre étrangère où il se marie (avec Sephora). Ce mariage de Moïse avec une femme étrangère annonce ses épousailles intérieures avec un aspect " femelle " de lui qu’il ne connaissait pas auparavant. Dix fois de suite les Hébreux ont connu un hiver, les " dix plaies ", pour aller puiser en eux-mêmes d’étonnantes richesses. Par elles, ils deviennent le laboratoire d’une alchimie intense qui, peu à peu, les construit et les conduit au terme de leur gestation en leur terre promise. L’exode est l’histoire de la naissance, du passage et de l’entrée dans une terre nouvelle, riche d’un nouveau paradigme, une réelle qualité de Verbe l’habitant.

A tout être humain l’Absolu dit : " Va vers toi  ". Aller vers soi, vers le noyau divin de notre être pour le purifier et en libérer l’énergie, c’est prendre le chemin de la " terre promise " et vivre la grande aventure du peuple hébreu, appelé à voir dans le feu du Jugement la nuit noire de Babel se détacher de la lumière éclatante de Jérusalem.

 

Le Labyrinthe des Miroirs de l’Ego

Le Jeu de la Vie, c’est le jeu de l’évolution et de l'involution.

Nous constatons une fois encore dans la grande histoire de l’humanité que nous sommes en train de vivre de grandes convulsions. Elles se font ressentir dans tous les domaines - politique, économique, géophysique, spirituel - de la planète, et ébranlent nos institutions comme nos psychismes. Les débats et colloques autour d’experts de tout poil se succèdent pour livrer explications comme perspectives.

Notre civilisation, nourrie de cartésianisme, tente par ses différents modèles explicatifs de discerner ce vers quoi cette succession de troubles peut mener, et s’en remet à la force des leaders et des institutions en place pour réussir cette sortie de l’ornière. De son côté, le religieux, quand il n’est pas fauteur de troubles par l’aveuglement fanatisé de ses fondamentalistes, peine à livrer une explication métaphysique recevable et entendable au-delà des prédictions apocalyptiques fantasmées et nourricières de peurs.

Pourtant tout, absolument tout ce qui arrive dans l’Univers, a sa raison d’être, le vivant étant le cœur d’une création aux lois physiques incontestables. La vie humaine n’est rien d’autre que le long périple de la conscience vers son unité première, source de paix, de prospérité, d’abondance et d’amour. Il ne peut y avoir deux logiques antagonistes qui s’affrontent, la paix versus la guerre, l’amour versus la haine. Les constants efforts culturels, éducatifs, sociaux, politiques, bien qu’insuffisants au regard de l’état des lieux constaté, s’inscrivent dans un sens unique, l’élévation de la conscience pour la sortie de l’obscurité des conditionnements instillés, des fausses croyances et des illusions.

Thésée combat le Minotaure

L’homme pense en détenir les clés. À juste raison s’il parvient à se débarrasser de toutes les illusions extérieures nourrissant ses désirs et pulsions, et à les rechercher en son for intérieur afin de " tuer " la part de bestialité, le Minotaure, le Dragon, cet héritage de la conscience animale enfermé dans son dédale en lui et qui obscurcit son âme, enfantant en un jour et tuant les êtres vivants par son poison. C’est tout le sens de la mutation en cours : lui permettre par la guidance du fil d'Ariane, notre " bonne étoile ", la sortie du labyrinthe des miroirs de son ego-mental, qui n’engendre que misère et destruction dans son vécu d’humanité. Les crises existentielles que nous traversons ne sont ni plus ni moins que les catalyseurs nécessaires à cette transformation de conscience, à chaque fois adaptés au niveau de conscience prévalant à cet instant de l’histoire des civilisations.

Persée et la Méduse, le sacrifice de l’ego

Persée est le fils de Danaé, fille du roi d’Argos à qui l’oracle a prédit qu’il le tuerait. Il s’est engagé à ramener la tête du monstre " Méduse " au tyran qui l’a recueilli avec sa mère afin de protéger celle-ci de ses ardeurs. Avec l’aide d’Hermès et d’Athéna, Persée parvient à trancher la tête de Méduse et des Gorgones, ses gardiennes. De son corps décapité s’échappent alors un cheval ailé, le célèbre Pégase, ainsi que Chrysaor, mystérieux personnage " à l’épée d’or ". Persée s’enfuit avec le redoutable trophée, doté du fabuleux pouvoir de pétrification du monstre.

Le mythe de Persée représente l’acte de sacrifice nécessaire à l’homme désireux de récupérer sa pleine essence. En tuant le monstre reptile, il incarne le dieu guerrier Soleil qui vainc Saturne tentant d’empêcher la manifestation de la vie sur la Terre au moment de la création. C’est l’indispensable régénération du manifesté par la lumière, qui libère alors la source jaillissante de vie (Chrysaor est l’aube, suivi de Pégase, produit des œuvres de Poséidon, le jour) permettant le cycle de la manifestation, la vibration, le rythme. Le regard pétrifiant du monstre traduit l’indispensable révélation spirituelle pour le héros, qui par la connaissance acquise chasse le " mauvais œil " qui dénature et détruit tout ce qu’il regarde tant qu’il ne l’a pas acquise. La décapitation du monstre est cette indispensable confrontation avec sa part obscure aboutissant au sacrifice de son moi, de l’ego-mental qui empêche de puiser aux sources de la métaphysique les clefs de la compréhension, de sa libération, et de l'accès à sa royauté accomplie.

 

Les Frères Karamazov (Fiodor Dostoïevski)

Les forces obscures, frénétiques, irrationnelles et mystérieuses que renferme la psyché humaine ne peuvent être ni niées ni vaincues par la raison. Il n'est qu'à voir les ravages des tragédies à grande échelle du XX° siècle. D'une manière ou d'une autre, il nous faut embrasser ces forces et les transformer.

Les trésors sont toujours gardés par des gardiens terrifiants * qu’il faut d’abord vaincre pour pouvoir pénétrer dans l'endroit où se trouve le trésor, soit notre Divinité. Pour y arriver, nous disposons d'une épée, la connaissance, et d’une armure, l'intelligence. Les deux découlent d'une force transcendantale qui nous éclaire.

* Ces gardiens sont les illusions de notre ego-mental, soit les " forces de Saturne ", et nos désirs matérialistes, les " forces de Vénus ", dont la non-satisfaction est toujours douloureuse. Parce qu'ils sont reliés à notre nature animale, ils prennent la forme de créatures hybrides mi-homme, mi-animal.

La rencontre de l'ombre

Au départ de la vie, l'ombre n'existe pas. Nous avons bien d'autres choses en tête dans le déroulé de notre vie illusionnée par les artifices extérieurs assénés. En fonction des événements qui surgissent, que nous attirons en fait à nous par notre vibration intérieure, nous activons nos programmes-mémoires pour y répondre associés aux croyances et conditionnements de notre héritage familial, religieux ou culturel. Nous parlons ainsi de mauvais sort, de malchance, de mauvais œil, de fatalité. Nous cherchons à conjurer ce qui nous déstabilise et vient perturber la protection psychologique comme matérialiste jusqu'alors mise en place. Nous en venons aussi à  nous intéresser aux mystères du subtil, voire consulter une personne qui pourra nous défaire de notre problématique. Quelle que soit la forme retenue, nous avons ouvert une porte d'entrée dans la dimension de l'éveil intérieur. Elle vient nous présenter le rôle que joue vraiment l'ombre dans notre démarche de redécouverte de Qui Nous Sommes vraiment.

La voie spirituelle habituelle, exotérique par la religion, ésotérique par les autres voies enseignées - sociétés initiatiques et pratiques New Age - n'accorde aucun crédit à l'existence de l'ombre, si ce n'est comme fruit de nos propres erreurs intérieures. la religion nous lie à la faute originelle d'Adam et Eve dans le jardin de l’Éden et au combat depuis entre les forces de la lumière et celles de l'ombre, quand les voies initiatiques à l'inverse la considèrent comme une invention qui crée la dualité et qu'il nous appartient de transcender. En étant Lumière, l'Ombre ne peut rien contre nous !...

Pourtant, si nous commençons à sortir de notre léthargie hypnotique, nous voyons bien que l'ombre domine l'architecture du modèle sociétal. Il suffit pour ce faire de nous abreuver chaque jour du cortège ininterrompu de l'information, officielle comme libre.

Aussi nous avons un choix à faire. Le premier, comme il nous l'est proposé par les divers acteurs institutionnels, consiste à recourir à des solutions extérieures : aller prier et nous confesser en église, acheter des pierres, cristaux  et autres gris-gris protecteurs, procéder à des rituels purificateurs (un petit coup de flamme violette et beaucoup d'encens sans oublier l'eau spécialement consacrée), faire des méditations individuelles comme collectives, faire des retraites ou des stages de développement énergétique, réciter des mantras, adopter une alimentation végétalienne ou végétarienne, et pourquoi pas creuser un bunker en cas d'événements apocalyptiques. Tout réside dans ce choix dans le fait de repousser le plus loin possible de notre sphère d'existence " ce mal ", l'ombre que l'on a peine à différencier et à définir, et que nous appelons pêle-mêle les gouvernements, les illuminatis, les Francs-Maçons, les barbus islamistes, les banques, les médias, les riches, etc. Cette vision de l'ombre ne repose que sur le fait de fuir et éloigner ce qui voudrait prendre possession de nos énergies nous plongeant dans une quasi schizophrénie paranoïaque.

Le second choix  est la rencontre avec l'Ombre et ce qui la constitue réellement. Ce système prédateur basé sur la peur et les souffrances n'est ni tombé tout seul du Ciel comme punition divine ni le produit inhérent à notre nature humaine première. Il repose sur un système prédateur qui nous asservit depuis toujours, cette connaissance étant volontairement dissimulée par les acteurs du système *. Tant que nous n'acceptons pas l'idée que certaines entités co-existent sur notre planète, qu'elles vivent parmi nous, que nous sommes implanté et pompé énergétiquement, nous dénions à l'Ombre sa raison d'être et la " combattons " de manière totalement improductive. Si nous l'acceptons, alors nous permettons d'appeler par cet éveil de la conscience les rencontres et les informations qui nous manquaient jusqu'alors. Nous comprenons que nous sommes les seuls créateurs des événements de notre vie par effet de résonance vibratoire. Et comme une partie de nous vibre à l'unisson avec ces forces de prédation, nous en récoltons les manifestations qui nous étreignent. Le travail peut alors s'établir, consistant à faire émerger les résidus mémoriels individuels et collectifs qui sont en nous et à éprouver tant nos propres origines galactiques que notre propre programmation génétique *². D'étapes en étapes, nous allons commencer à nous défaire de tout ce qui nous coupe de notre Soi supérieur, de notre Âme, en utilisant l' Ombre comme enseignante. C'est par elle que nous accédons à nos peurs fondamentales, c'est par elle que nous découvrons certains pans des dimensions parallèles, c'est par elle que nous nous voyons. 

Si la connaissance ne permettra jamais d'éviter d'avoir peur ou de souffrir, nous actionnons un processus que nous engageons avec ces parties de nous-même afin d'en libérer les mémoires bloquantes pour notre libération intérieure et notre évolution. L'ombre existera toujours, mais progressivement nous nous en dégagerons et la remercierons pour ce qu'elle nous aura permis de révéler en nous et autour de nous.

* Cf. Compréhension de la Matrice structurelle asservissante, Les acteurs de la Matrice falsifiée, Comprendre et apprivoiser la prédation.

Cf. Le mode de réalisation unifiée, Le chemin de l'Ascension, Processus de transformation de conscience.

Le mouvement dit " transhumaniste " l’a perçu à sa façon dans son rêve d’immortalité de la créature humaine grâce et par le progrès technologique. Si indéniablement ce dernier est facteur de progrès à venir dans la qualité globale de notre vie, il n’est que la traduction du pouvoir intrinsèque de création de l’être humain. Et ce dernier ne s’exprime pas simplement dans la réalité en 3-D que nous connaissons. Dans un cosmos aux dimensions échappant à nos sens limités, nous commençons à comprendre que nous faisons partie d’un " tout organique ", une immense magnitude de micro-univers, dont la circonférence a plusieurs centres et s’expanse à l’infini.

C’est la raison pour laquelle la sortie du labyrinthe des miroirs de notre ego est devenue une nécessité impérative, clé de notre évolution profonde que la course effrénée au progrès technologique ne pourra jamais assurer. Nous sommes chacun et chacune, par nos pensées, paroles et actions, les miroirs reflétant la manière que nous expérimentons. Le divin est à l'intérieur de chacun de nous, "comme les reflets d'un visage en plusieurs miroirs " selon le philosophe gréco-romain et néoplatonicien Plotin. En provoquant souffrance et désagrément à celles et ceux qui viennent s’y mirer, nous perdons la vraie image qui s’y tient derrière, notre être profond, essentiel.

Notre pouvoir créatif est celui qui consiste, par notre ouverture de conscience et par la transformation intérieure de notre mentalité, à générer un environnement extérieur à partir d'une atmosphère de joie, de cordialité, de prospérité, d’amour, de paix. C’est la seule manière d’exprimer notre unité et notre partage avec l’Univers. Tout y étant inter relié et de ce fait interdépendant, cette attitude, fruit de notre responsabilité individuelle, est la seule à même de nous permettre la sortie de l’ornière. La difficulté est qu'il réside dans une autre dimension de réalité, obligeant à passer par une fenêtre temporelle pour nous extirper de la matrice involutive asservissante *. Nous n'avons pas d'autre choix que d'ouvrir la gueule du serpent qui se mord la queue et nous enserre, l'Ourobouros, pour transiter de cycles fermés menant à la destruction vers des cycles spiralés menant vers un futur ouvert. Que nous le voulions ou non, c'est ce vers quoi la vie nous pousse. Certains ou certaines iront simplement plus rapidement que d'autres...

* Cf. Compréhension structurelle de la Matrice asservissante.

Le retour du Fils prodigue

Le Fils prodigue est l'une des paraboles les plus connues de Jésus (Évangile selon Luc 15:11–32), également appelée parabole du Fils perdu ou de l’Enfant prodigue. Elle est l'image du retour de la brebis égarée, et aussi de la repentance.

Elle met en scène trois personnages : le père ; le fils aîné, qui suit les commandements de son père ; et le deuxième, le fils prodigue qui, lassé, part à la découverte du monde.  Après avoir dilapidé sa fortune, il se retrouve sous le joug d'un autre maître, plus dur, qu'il finit par abandonner pour retourner vers son père riche et doux. Celui-ci, heureux du retour de son fils, lui prépare une fête, ce que l'ainé ne comprend pas. La parabole se finit sur l'explication du père : "Il fallait festoyer et se réjouir, parce que ton frère que voici était mort et il est vivant, il était perdu et il est retrouvé ", remarque en parallèle avec la conclusion de la brebis égarée : "Je vous le déclare, c'est ainsi qu'il y aura de la joie dans le ciel, pour un seul pécheur qui se convertit, plus que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n'ont pas besoin de repentance ".

Cette parabole nous enseigne que nous sommes au départ de notre vie terrestre coupé de notre source. Cette coupure constitue une privation qui nous égare sur de faux et vains chemins. Se retrouver sous le joug d'un autre maître, plus dur, constitue l'illusion que nous pouvons trouver à l'extérieur de nous-même une solution. Le retour implique de rentrer en soi-même et de se concentrer sur ses propres leçons de pardon par l'énergie d'amour. Nous pouvons alors célébrer ces retrouvailles à l'essentiel, " le sens du Ciel ".

Les noces de Cana

L'homme sur le sentier de la libération du cycle de vie et de mort doit impérativement abandonner tout désir et tout attachement envers la Mère, soit le côté féminin de la manifestation, la substance originelle faite de matière, de liquide et de gaz. Cette Reine des formes sous l'influence du désir est aussi mâyâ, illusion. Il appartient à l'homme dans son expérimentation terrestre de s'élever en conscience, d'acquérir son indépendance vis-à-vis des formes, de suivre le sentier de l'expression du Soi et, sans se retourner, de se diriger vers la Maison du Père.

C'est ce grand principe qui a été démontré par le maître Jésus, lorsqu'aux noces de Cana il répondit à sa mère qu'il n'avait rien de commun avec elle, et qu'il devait désormais s'occuper des affaires de son Père (Évangile selon Jean 2:11).

 

Les Principes du Jeu/Je de la Vie

1. A partir de son corps qu'il doit accepter, aimer, respecter et faire son allié, chaque être humain est unique, digne d’être, de créer l’expérience qu’il désire et d’en recevoir ce qu’il en attend. Nous pouvons nous débrancher de la conscience de masse pour créer une réalité distincte.

 2. La vie est une création et une expérience permanentes. Nous la créons et vivons en qualité de volontaire et responsable de notre propre réalité. Il n’y a pas de victime du destin, sauf à décider qu’il en est ainsi.

3. Le libre arbitre octroyé est celui de nos propres pensées. Leur nature crée le tableau de notre réalité. Nous avons le choix par nos jugements du sens de notre regard, celui de regarder le côté négatif des choses ou leur côté positif. Le sens donné détermine ce que nous apportons à notre expérience.

4. Le moteur de notre création est nourri par nos émotions, pensées, paroles et actions. Les paroles et actions découlent des pensées émises, consciemment ou non. Celles-ci se nomment croyances, et se révèlent bénéfiques ou limitantes. Il nous appartient de les choisir avec soin.

5. La base de la vie est l’amour, source de bien-être.

6. Tout ce que nous voulons vient à nous, tant que nous le permettons par nos pensées et émotions.

7. Nous sommes porteurs d’un but à réaliser dans la vie, qui participe de notre expansion de conscience. Il est lié aux dons, talents, qualités et habiletés qui nous singularisent. Il nous appartient de le découvrir, en suivant nos intérêts et passions.

8. La peur est le sentiment qui nous empêche de nous réaliser, en nous maintenant éloigné de tout ce que nous désirons. La plus grande partie des peurs est de nature irrationnelle. Il nous appartient de les identifier et de nous en défaire.

9. Notre intuition, notre ressenti intime autrement dit guidance intérieure, permet de sentir la justesse du cap suivi, selon les émotions procurées. Les émotions positives indiquent la bonne direction. Les émotions négatives traduisent la peur et la présence de croyances limitantes. Pour avancer, il est nécessaire de les jeter.

10. Le monde extérieur est simplement un reflet de notre monde intérieur. Le monde extérieur est celui que nous éprouvons avec nos sens physiques. Le monde intérieur est celui que nous éprouvons avec nos pensées, nos émotions, nos désirs. Nous créons toujours de l’intérieur vers l’extérieur.

11. Tout est juste, parfait dans le fonctionnement de l'Univers. Seule notre perspective limitée nous conduit à juger comme mal ou mauvais tel ou tel aspect. En le regardant d’un point de vue plus élevé, nous cessons le jugement et nous nous sentons mieux.

12. La seule chose qui importe vraiment est de savoir comment nous nous sentons dans la vie. Comme nous sommes censé nous sentir bien, nous le décidons à chaque instant. Si nous nous sentons mal, nous choisissons une nouvelle pensée, et nous faisons ce qu'il faut pour nous sentir mieux.

13. L’Univers est " attractif ". Nous y captons le fruit de nos pensées, de notre attention. En se concentrant sur ce qui est désiré, nous l’attirons. Il en est de même si nous nous concentrons sur ce qui n'est pas voulu. Le choix nous appartient. Il est totalement de notre responsabilité.

Du libre arbitre dans le Jeu de la Vie

Notre contrat de vie stipule la discipline que nous sommes venu apprendre en cette vie, la dimension sociale-interactive étant à notre entière discrétion. Autrement dit, nous pouvons tomber amoureux d’un(e) autre élève de la classe, faire partie de l’équipe de sport collectif, participer aux sorties de groupe, ou nous la jouer solo envers et contre tous. Il faut donc faire le distinguo entre suivre le script imposé du scénario et par-là même de l’expérience à acquérir, et comment nous le vivons personnellement. Ainsi une même leçon peut être apprise avec joie ou à contrecœur. C’est nous qui décidons en fonction de nos décisions quotidiennes. Ainsi, si nous pensons que la vie nous en veut et qu’elle veut nous faire souffrir, commençons par regarder par quel bout nous prenons vraiment l’affaire. C’est l’élève qui décide de son attitude envers lui-même et les autres, et non le programme de scolarité. Il est inutile d’accuser le destin, parce qu’en fait il n’y en a point. Il n’y a qu’un programme d’enseignement, identique pour tous, mais totalement vécu différemment selon notre unicité, qui n’est que la conséquence de nos propres choix, et donc de notre propre réalité. En étant à l’école de la dualité, tout et son contraire sont forcément en cohabitation. Ce n’est qu’en sortant totalement du jugement que nous pouvons accepter que " le plus " côtoie " le moins ", en même proportion et surtout en totale synchronie. Ainsi, à chaque fois que nous appuyons sur un côté de toutes nos forces, l’autre côté ne fait que réagir dans les mêmes proportions. Il n’y a qu’avec l’équilibre au centre, là où règne la paix intérieure, que nous pouvons sortir du barnum.

 

La Conscience, fil conducteur du Jeu de la Vie

L'enseignement des mythes et traditions

La mythologie nous enseigne sur l'émergence de la conscience dirigée par la pensée dans l'histoire de l'humanité. Sa description la plus complète provient de la grande épopée indienne, le Râmâyana*.

Râma était un nomade, sans biens, dont le royaume s'étendait sous les mers. Son voyage grandiose, tels ceux d'Alexandre le Grand ou Hercule, s'achève par la conquête de l'Inde. Héros d'action, il renonce pourtant à la couronne lui revenant de droit comme à épouser Sitâ, la femme qu'il aime par-dessus tout.

Son histoire nous encourage à aller au-delà des conventions, à nous imaginer dans l'esprit des autres et, au bout du compte, à penser par nous-mêmes. Elle est un appel à renverser les modes de pensée habituels, conventionnels et mécaniques, et à faire le choix éclairé de la conscience par une pensée libre. C'est l'exercice raffiné du libre arbitre.

Râma, demi-dieu, ne veut pas gouverner le monde. Après lui, on ne trouvera plus jamais de dieux ou de demi-dieux en chair et en os assis sur un trône. Seulement des hommes...

* Cette épopée est racontée également dans l'Avesta, cet ensemble des textes sacrés de la religion mazdéenne (monothéisme au bénéfice du dieu Ahura Mazdâ) qui forme le livre sacré du zoroastrisme. Elle est rédigée en iranien ancien.

Les grands mythes fondateurs enseignant le cheminement de la conscience dans le monde occidental

Civilisation égyptienne

 

Osiris, Isis et Horus

Civilisation mésopotamienne

L'épopée de Gilgamesh

Civilisation grecque

 

L'épopée d'Ulysse

Civilisation gréco-romaine

L'épopée d'Héraclès/Hercule

Civilisation judéo-chrétienne

L'épopée de Jésus-Christ


Le premier grand mythe civilisationnel de l'Occident est celui d'Isis et d'Osiris. Parmi diverses significations (fertilité, cycle annuel des saisons), il évoque surtout le cheminement de l'être humain vers la conscience, afin de donner par le choix de la voie du milieu naissance à Horus (image 1), le Christ solaire, la " lumière originelle " ou parole perdue *. Il informe de notre finitude, celle du corps de chair (démembrement d'Osiris par son double ténébreux, son frère Seth), pour mieux renaître dans un état de conscience supérieur - la supraconscience, celle de son âme - à notre évolution vers la vie éternelle. Il nécessite pour ce faire de réaliser l'union de tout ce qui nous divise, les polarités électriques (masculin, positif, " bien "...) et les polarités magnétiques (féminin, négatif, " mal "). Horus le Christ consacre le cycle alchimique *² de la vie intérieure, de la mort de l'égo-mental et de la renaissance (la résurrection) de Qui Nous Sommes vraiment. Les épreuves rencontrées (confrontation avec Seth, soit Lucifer et Satan), sont pour le bien de notre évolution, pouvant être transcendées par les dons et talents qui nous ont été octroyés. Les forces de la sexualité, de la mort et de la pensée y sont étroitement entremêlées, les deux premières nourrissant la troisième. Celle-ci peut alors les " manipuler " pour atteindre des états de conscience supérieurs.

* C'est ce que symbolise le membre viril d'Osiris englouti dans les flots après que son frère Seth ait démembré son corps et dispersé les morceaux. Retrouver ce membre par notre féminin sacré (Isis), c'est faire se rejoindre le commencement et la fin et réaliser l'unité éternelle.

Cf. Le chemin alchimique.

Le culte païen d'Isis

Isis symbolise l'amour et la guérison par la foi. Elle est la reine du ciel et de la magie. La divinité au féminin Isis a traversé le temps sous différentes appellations et au symbolisme plus ou moins dévoyé selon la place octroyée à la femme dans des sociétés à caractère patriarcal : Aset, Hathor, Hatmehyt (Égypte), Ninkharsag (Sumer), Sémiramis (Babylone), Lilith, Inanna et Mylitta ou Ninlil (Mésopotamie), Vénus et Libertas à Rome, Cybèle en Phrygie, Aphrodite en Grèce, Ishtar ou Rhéa en Assyrie, Astarté chez les Phéniciens, Atargatis en Syrie, Ashtaroth et Asherah chez les Hébreux, Shing Moo en Chine, Kali ou Devaki en Inde, Diane à Éphèse (Ionie ancienne, Turquie contemporaine), Hertha ou Héra en Germanie, et Marie dans l'église moderne, la " reine du ciel ", la médiatrice.

Elle a également donné son nom à Paris, qui découlerait de Bar-ISIS (la barque d'Isis), parce que la première représentation de la Dame en Noir serait arrivée sur un navire remontant la Seine jusqu'à l'île de la Cité. César parle d’un culte rendu à Isis, déesse égyptienne, à l’embouchure de la Loire, c'est à dire non loin de la Seine. Il est possible que des grecs ayant navigué et exploré de nombreuses région aient adopté le culte d'Isis, plutôt que des celtes. Le nom même de Parisii pourrait bien signifier " Temple d'Isis ", car il existait jadis au bord du Nil une cité de ce nom. Une grande statue d’Isis sur sa barque fut longtemps conservée dans l’église Saint-Germain-des-Prés, jusqu’à ce qu’un prêtre la détruise à coup de pioche au XVIII° siècle. La nef ornant les armoiries de la ville de Paris ne serait autre que la barque d’Isis, tandis que la devise de la ville Fluctua Nec Mergitur rappellerait la navigation héroïque des suivants d’Horus, mais aussi celles des initiés circulant dans le secret des temples. On trouve dans une cour de la rue du Cherche-Midi un sphinx verdâtre à tête de femme, vestiges du culte d'Isis pratiqué à Paris.

Le grand initié Léonard de Vinci a peint La Joconde ou Mona Lisa (pour Ma Dona - Madame, simplifié en Mona et son premier prénom Lisa, épouse de son commanditaire). Mona Lisa (image 1) serait en fait une représentation d'Isis, étant l'anagramme de AMON L'ISA, une expression qui révélerait que le dieu égyptien AMON avait pour contrepartie féminine ISA, variante pictographique d'Isis. Le tableau raconterait ainsi par d'ingénieux artifices picturaux le mythe d'Isis et Osiris.

Après la révolution et la prise du pouvoir, Napoléon qui fut initié au culte d'Isis après sa campagne égyptienne modernisa le blason de Paris en 1811 (image 2) de façon très égyptienne : trois abeilles à la place des fleurs de Lys, une abeille stylisée (chez les égyptiens l'abeille protège le Pharaon). La déesse Isis est assise à la proue de la nef avec une étoile dans le ciel. Certainement trop explicite pour le bon peuple, le blason changera en 1817 après décision royale et reprendra sa conception classique avec la fleur de Lys.

Notre Dame Isis, la déesse-mère alchimique secrète - Cliquer pour agrandir
Notre Dame Isis, la déesse-mère alchimique secrète - Cliquer pour agrandir

 

Les armoiries de Paris

Ce blason établi sous l'Empire est porteur de symboles puissants : l'aigle royal, prédateur du ciel et emblème majeur du système élitaire patriarcal *, la couronne royale évoquant la Jérusalem céleste, le Caducée d'Hermès (les énergies masculine et féminine), les abeilles (le miel - l'or - royal), les palmes du vainqueur, et la caravelle (bateau phénicien) avec sur sa proue la déesse Isis assis sur son trône et, au-dessus d'elle, l'étoile (le pentagone) *².

* Cf. Le modèle européen décodé (1) Un ADN impérial païen.

Cf. Symbolisme des figures.

La Voie du Milieu, autrement dit de la conscience

Elle est symbolisée dans la tradition occidentale chrétienne par le " pouvoir des clefs " *, qui correspond dans les traditions hindoue et tibétaine au " pouvoir du vajra " (le mot sanskrit est vajra, le mot tibétain est dorje). Ce symbole (image) est celui de la foudre, et ses deux extrémités, formées de pointes en forme de flamme, correspondent aux deux aspects opposés du pouvoir représenté par la foudre : génération et destruction, vie et mort. Si l’on rapporte le vajra à l’" Axe du Monde " (le caducée de Mercure, le bâton d’Esculape, le marteau de Thor, le maillet du Vénérable Maître maçon), ces deux extrémités correspondent aux deux pôles, ainsi qu’aux solstices (hiver, été) et équinoxes (printemps, automne). C’est pourquoi il est placé verticalement, ce qui s’accorde avec son caractère de symbole masculin, ainsi qu’avec le fait qu’il est essentiellement un attribut sacerdotal. Tenu ainsi dans la position verticale, le vajra représente la " Voie du Milieu ", qui conduit à l’élévation céleste. Le pouvoir du vajra, ou le " pouvoir des clefs ", implique pour l’être humain le maniement et la mise en œuvre des forces cosmiques sous leur double aspect de yin et de yang, ce qui en définitive n’est rien d’autre que le pouvoir même de commander à la vie et à la mort.

* Cf. L’Église romaine décodée.

 

Les Trois Gunas, ou la science des qualités fondamentales

La Théorie hindoue des Trois Gunas, Sattva / Rajas / Tamas, expose la répartition des êtres dans trois mondes selon les tendances qui prédominent en eux. Toutes sont des qualités fondamentales à l’expression de la Vie. Elles sont de ce fait très subtiles, car sans elles il n’y a pas de processus de vie.

Toutes trois découlent des cinq éléments constitutifs de la Création. Elles correspondent aux trois niveaux de matière - une macrophysique, une biologique et une microphysique -, à ses trois qualités. Elles symbolisent la Conscience, l'Ego et le Corps
Les trois qualités coexistent dans les trois sous-niveaux, mais il nous est possible par une hygiène physique et mentale appropriée, de modifier la composition qualitative des niveaux.

Sattva, découlant de l’Éther, est le Principe de l'Intelligence. Il représente la stabilité, l'harmonie, la vertu. Léger et lumineux, il participe de l’éveil, favorise la santé, et permet le développement de l'âme qui apporte la joie. Il a ainsi la propriété de révéler la Conscience, soit l'état idéal de l’Être, la clarté, la perfection.

 

Rajas, découlant du Feu, est le Principe de l'Énergie. Il exprime la turbulence, l'activité, la lutte, le mouvement, la motivation et la passion. Égoïste, il conduit à la désintégration, créant de la douleur et de la souffrance (ainsi les maladies aiguës), et des fluctuations émotionnelles (peur, désir, amour, haine). Il obnubile la Conscience.

Tamas, découlant de la Terre, est le Principe de Matérialisation. Il signifie la lourdeur d'esprit, l'obscurité, la pesanteur, l'inertie. C'est une force passive qui obstrue, entrave, dissimule, conférant l'illusion qui entraîne vers l'ignorance et l’attachement. Il conduit à la dégénérescence, comme les maladies chroniques (accumulation de toxines et de déchets au niveau physique) et la mort.


L'Air vient de Sattva et Rajas, la légèreté et le mouvement. L'Eau vient de Rajas et de Tamas, le mouvement et l'inertie.

Si ces trois forces sont nécessaires dans les activités ordinaires, elles possèdent également des implications spirituelles. Sattva donne naissance au mental, Rajas génère la force vitale et Tamas engendre la forme et la substance à travers lesquelles le corps prend naissance.

Leur maîtrise nécessite de comprendre tout particulièrement deux lois fondamentales qui les gèrent. La loi de l'alternance fait qu’elles sont constamment en interaction dynamique, les trois forces étant liées et s'affectant mutuellement de diverses façons. De son côté, la loi de la continuité fait qu’elles ont tendance à maintenir leur nature spécifique durant un temps déterminé lorsqu'elles sont dominantes. Par exemple Tamas devient Rajas et garde cette qualité un certain temps.

Aussi le mental de l’être humain sera équilibré, clairvoyant si les trois gunas sont en harmonie. C'est toujours le principe d’Intelligence, Sattva, qui gère le tout et permet la pleine conscience de ce qui est, car il est le juste équilibre entre Rajas, l’Énergie, et Tamas, la Matière. Ceci explique qu’il est possible de les contrôler et de les équilibrer par des moyens habiles et subtils, et de parvenir ainsi à la sagesse. Très variés et complémentaires, ils comprennent entre autres le yoga, la méditation, la récitation ou le chant de mantras, la visualisation d’êtres éveillés dits déités (Yidam), la pratique de gestes symboliques permettant de relier les circuits du corps appelés mudrās (la mudrā la plus puissante est celle des mains ouvertes, les extrémités de doigts se touchant), l’élaboration de mandalas, l’utilisation d’objets rituels et de danses sacrées. Ainsi la puissance de la méditation yogique allie la maîtrise du corps par les mudrās, celle de la parole par les mantras, et celle de l’esprit par la visualisation.

Toutes ces techniques ont pour but d'augmenter Sattva, afin de retrouver la paix et l'harmonie du mental et être en union avec la nature. Encore faut-il les pratiquer avec les qualités de sagesse requises, hors manipulation spirituelle du prédateur ... *

* Cf. Prédation spirituelle et voie de sortie.

 

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Le Grand Sens
Texte de SATPREM, de son vrai nom Bernard Enginger (1923/2007), chercheur des mondes à venir, français, fait à Pondichéry le 27 juin 1969.
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