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Des études comme " vrai " investissement

Nombre d'individus pensent que si l'on dépense assez d'argent - le sien ou celui d'autrui (crédit) - pour leur progéniture, elle se transformera au mieux en Einstein, Érasme ou autre prix Nobel mis en avant par le système sociétal, sinon occupera une place confortable et sera à l'abri. De leur côté, les études montrent que les gens plus diplômés gagnent plus d'argent. Pourtant, c'est entièrement trompeur, comme d'habitude au royaume de l'illusion. La question en fait à se poser est celle de l'esclavagisme à la dette, autrement dit le statut d'esclave de la dette, et par-là même du système entropique, et ce pour un diplôme.

Hormis les rejetons de familles élitaires nanties, destinés à garantir à leur tour l'ordre délétère établi par l'appartenance verrouillée aux réseaux de connivence (c’est le vrai sésame d'accès, et c'est pourquoi il vaut cher) commençant par les rallyes et garantissant la cooptation salutaire, celle ou celui désireux de se positionner au plus haut niveau possible, pensant que les grandes écoles sont le sésame qui assure un avenir tout tracé avec de belles rémunérations et des perspectives de carrières - le salariat de luxe -, commencera avec sa dette étudiant, avant que de poursuivre l'engrenage avec un prêt immobilier, un prêt automobile... une fois trouvé l'emploi pour payer ses factures. A mesure qu'il prendra de l'âge, le salaire tendra certes à augmenter, mais les dépenses aussi. Il travaillera minimum 50 à 60 heures par semaine, avec (très) souvent une pression énorme et une exposition aux risques psychosociaux, et portera la dette de son État d'appartenance par la fiscalité confiscatoire (impôts, charges et taxes), qu'il transmettra à sa progéniture à son tour... Ceci signifie qu'il lui est/sera (presque) impossible, hors héritage substantiel ou revenus très confortables, de se désendetter, ayant passé à ses doigt, poignet et cheville l'anneau de servage * !

Bien entendu, dans nombre de cas, aller à l'université constitue le moyen nécessaire et exigé pour exercer un métier (médecin, chirurgien, ingénieur nucléaire, pilote, notaire ...). Toutefois, et quoi que l'illusion vaniteuse de son importance soit tenace, la majeure partie du travail fait par la majorité des gens ne demande pas le moindre diplôme universitaire, un individu intelligent et motivé pouvant s'en sortir très bien s'il possède bien sûr correctement les bases éducatives (il est alors sans commune mesure avec les " parfaits " crétins sans diplôme, sans formation et sans expérience). C'est l'intelligence situationnelle et le bon sens qui rapportent, non les diplômes universitaires dont beaucoup préparent plus à Pôle Emploi qu’à l’emploi tout court, ni ceux des nombreuses (plus de 150) " grandes " écoles privées de notre pays (nombre sont en fait de second rang) qui sont très coûteuses (12 000 euros l’année en moyenne dont frais annexes tels logement et frais courants) et dont le contenu ne sert qu’à formater des esprits dociles sous couvert d'esprits " intellectuels "… Et comme dans la société actuelle le cours de l’intellectuel s’effondre - on ne veut que des exécutants/consommateurs qui ne se posent aucune question -, penser sert-il encore à quelque chose ? La réalité c’est qu’il y a désormais non pas une prime à l’intellectuel mais au manuel - boulangers, électriciens, coiffeurs, plombiers, mécanos, etc. -, ce qui pose la question du retour sur investissement des études supérieures, d'autant plus au moment où le montant mensuel de retraite des cadres va être révisé et le probable arrêt des " retraites chapeau " dont l'affaire " Carlos Ghosn " est le point d'impulsion... Avec la démocratisation de l'enseignement rendu nécessaire par l'accélération du business mondial, être diplômé désormais ne fait plus sortir de la masse, seuls les diplômes véritablement discriminants car pointus faisant la différence en matière de carrière. Pour le reste, ce sont des postes subalternes, conduisant à ce que leurs titulaires soient frustrés une fois les rêves de grandeur ramenés à la réalité du théâtre de marionnettes.

Faut-il à ce point être illusionné pour ne pas voir que le sens emprunté par la société est celui d'une élite richissime, microcosme composé d'esprits dévoyés adoubant le dieu de la matière rutilante Mammon, et  qui continuera à s‘engraisser sur une masse robotisée par les artifices dispensés. Le soubassement de la dispense pédagogique est la sélection de " bien-pensants ". D'une part, ceux qui s'octroient la connaissance et se la réservent à leurs fins exclusives. D'autre part, ceux qui la subissent pour être orientés vers la plus grande médiocrité sans savoir, car penser gêne celui qui veut s’enrichir

* L'anneau de Gollum, le monstre hideux du Seigneur des Anneaux. Cf. Compréhension structurelle de la Matrice asservissante.