La pratique de l’Auto-observation

Le chemin de l’ouverture de conscience à une relation épanouie à la vie passe par une discipline comparable à l’athlète de haut niveau, soucieux chaque jour d’identifier ce qu’il peut améliorer, renforcer, optimiser, corriger en lui, pour atteindre la performance la plus élevée. Il s’exerce tant au niveau de la gestuelle liée à sa discipline que du mental et de la maîtrise émotionnelle.

Souvent ingrat car répétitif et fastidieux, y compris pour celles et ceux possédant un don naturel, ce travail est celui qui fait la différence le jour venu mais également dans la durée.

S’il est souvent accompagné d’un coach, mentor, entraîneur, sa propre perspicacité à repérer des manques et dysfonctionnements procure bien plus d’efficience à sa volonté de correction.

 

L’être humain en quête de réalisation harmonieuse pratique de même sur la structure présente de son « moi » identitaire, dirigé par l’ego-mental, source et cause de ses dévoiements, et qui nourrissent peurs, souffrances et réactions attentatoires à son bien-être comme à celui d’autrui. Aussi, bien plus qu’un catalogue d’outils et de pratiques estampillées, sa vigilance personnelle est déterminante quant aux schémas discordants d’un mental non maîtrisé.

 


Discernement

Tout repose sur sa compréhension en l’état de ses trois états de conscience nourriciers : l’apparent conscient, somme de ses savoirs, connaissances, expériences, désirs et déplaisirs… ; le subconscient ou infra conscient, composé de conditionnements automatiques, de croyances transmises et non réinterrogées, de blessures émotionnelles et traumatismes psychiques refoulés…, générateur de réflexes et réactions à l’insu de leur auteur ; le supra conscient, soit la version la plus élevée de son appartenance au « grand Tout », sans séparation ou division, autrement dit le « Soi », ou l’ego-spirituel.

À partir de cette compréhension préalable, l’observation intérieure consiste à la vigilance de l’instant présent, qui dans l’état de l’action comme de l’inaction, permet de constater avec intégrité, objectivité et sincérité les fissures provoquées par l’ego-mental à partir des pensées émises, des paroles prononcées et des actions ou omissions liées.

 

Engagement

Cette attitude de veille active n’est pas une tâche facile ni agréable, loin s’en faut. Elle est cependant indispensable pour la prise de conscience et le travail de correction qui en découle. Elle implique de faire front à tous les aspects de sa vie qui reposent sur une infinité de peurs, toutes étant basées sur la “Peur de s’Affronter soi-Même”. L’ego-mental est si subtil et intelligent qu’il connaît parfaitement nos faiblesses et nos points de vulnérabilité, si bien que c’est tout un défi de détecter sa manipulation et son influence. Alors il convient avec patience et douceur de dénouer un à un tous les fils de ces schémas toxiques, de déraciner une à une toutes ces mauvaises herbes parasites. C’est un travail de jardinier exigeant, décidé à chaque instant de retourner le terreau pour y extirper la nuisance prédatrice.

Cet engagement personnel repose sur notre libre choix, le désir profond de nous transformer alors qu’il est si facile de rester dans son état du moment avec de temps à autre, comme les résolutions de la nouvelle année, un petit moment de bonne conscience à peu de frais.

 

Mode opératoire

Pendant la journée, nous portons notre observation sur différents niveaux, tout particulièrement sur nos relations conflictuelles avec les autres, à titre personnel (familial, amical) comme professionnels. Si nous établissions une évaluation du temps dédiée à l’observation et à la résolution de ces problèmes, nous constaterions qu’elle absorbe une partie conséquente de notre temps et de notre énergie. Il s’agit typiquement d’une stratégie de l’ego-mental pour détourner notre attention de l’origine de tous ces conflits, souffrances et problèmes, qui n’est rien d’autre que … lui !

Il n’est qu’un reflet, le miroir des ombres qu’il y a dans notre intérieur, et que nous fuyons habituellement. C’est pourquoi l’auto-observation doit être abordée dans l’état de présence, avec la compréhension du mode opératoire de nos structures mentales, émotionnelles, de nos pensées et désirs. Tout étant inter relié dans l’univers, une crise en quelqu'endroit en nous affecte par projection, par effet boomerang, les autres.

Il s’agit ni de se juger, de se flageller, de se culpabiliser. Simplement de comprendre le mécanisme, et d’identifier ce qui en nous est la cause : le caractère ? le comportement ? nos habitudes ? nos principes ? nos valeurs ? nos croyances ? Cette observation lucide permet d’évaluer la nature de notre mode de fonctionnement, et d’établir le plan de correction adéquat.

Des indicateurs tels les réactions perçues du corps physique, du corps mental, du corps émotionnel et du corps énergétique sont précieux pour nous faire comprendre que nous sommes en « mode dégradé ». À partir de là, les actions de correction préventives comme curatives sont plus aisées, notre sensibilité de vigilance étant aiguisée.

L’auto-observation implique aussi l’acceptation des observations que les autres peuvent nous faire et qui contribuent à éradiquer les aspects-ombre de l’ego-mental.

 

Le piège de notre dimension d’appartenance

Le plan terrestre en trois dimensions sur lequel nous vivons est conçu de telle façon qu’il ne cesse de disperser notre attention vers l’agitation extérieure, à partir des sollicitations issues du vaste réseau d’activités et de relations nous entourant. Autant de stimuli qui n’ont rien à voir avec la réalité de notre Être Essentiel et de son évolution. Cette apparente réalité n’est pourtant que virtuelle. C’est nous seul qui décidons de lui donner chair, et de la renforcer constamment par nos différents choix comportementaux, tous nourris de l’état de nos pensées. Notre ego identitaire, que nous croyons séparé des autres, s’y sent naturellement à l’aise et croit contrôler les circonstances. En réalité, il ne fait preuve que de désirs désespérés dans son impuissance !

C’est pourquoi l’auto-observation est l’outil que notre Être Essentiel, Authentique, utilise pour que nous percevions l’imposture de l’ego-mental, et que nous nous en déconnections pour nous relier à la sensibilité spirituelle de notre Être Essentiel, gage de notre unité avec l’Univers.

 

La voie du retour à l’unité

En décidant de transformer le mécanisme habituel de l’ego-mental conduisant à la séparation, à la peur, à la souffrance, nous élevons notre état de « reliance » avec les autres. Nous passons dans une dimension dite de la compassion, d’abord envers les fautes et les erreurs attribuées jusqu’alors aux autres, ensuite de l’acceptation bienveillante de nos propres limitations et de notre état d’inconscience manifesté en certaines circonstances.

Nous entrons alors dans cette conduite bienveillante et désintéressée de notre vie, celle qui contribue au bien-être, à la paix et à l’harmonie dans le vécu avec les autres et avec la Nature dans toutes ses composantes. Nous devenons responsables à part entière de cet état, sans le déléguer à autrui en constatant toujours et encore par ce biais notre propre impuissance.

 

Le travail d’une vie

 La méthodologie de l’observation est un mécanisme de travail personnel, qui prend appui sur une volonté délibérée, la force d’agir, la détermination, la persévérance et la ténacité, à partir du désir intense de créer davantage d’harmonie, de quiétude et de sagesse dans son intérieur. Aussi est-il important chaque jour de reprogrammer cette nécessité dans son mental, de façon consciente, aux fins de se garder de projeter quelques jugements que ce soient sur les activités et la conduite d’autrui, ou d’établir quelques suppositions que ce soient à leur encontre.

Si nous avons conscience que la malbouffe industrielle nuit à notre santé, nous nous gardons d’une nutrition dénaturée. Il en est de même pour notre nutrition mentale et sa nuisance quant au renforcement de notre égocentrisme. Aussi l’honnêteté, la sincérité d’intention et l’humilité patiente constituent la clé pour que la méthodologie de l’auto-observation puisse avoir des effets positifs dans notre vie.

 

S’observer est le pouvoir sacré qui nous permet de surmonter les défis que la vie et l’univers placent sur notre chemin, destinés à notre seule expansion de conscience. Nous sommes l’unique responsable et artisan de notre évolution, et de ce fait, nous en sommes le bénéficiaire. Comme tout est inter relié, nous décidons de notre relation à la vie. La voie de la lumière ou celle de l’obscurité. Il n’y a pas de demi-mesure, celle-ci confinant à une inévitable position de déséquilibre. Quel choix en toute conscience faisons-nous ?

 

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