L’idée de sa propre importance

Dans son ouvrage The Fire from Within (Le Feu du dedans), l’anthropologue états-unien Carlos Castaneda (1925/1998) rapporte les paroles d'un maître sorcier rencontré au cours de ses périples : " L'homme n'a pas de plus grand ennemi que l'idée de sa propre importance. Le fait d'être offensé par les actions et les méfaits de ses semblables l'affaiblit. En étant suffisant, nous nous condamnons à être continuellement offensé par quelqu'un ou quelque chose. "

 

L’Homme apparaît dans son incarnation terrestre comme un être singulier, à nul autre comparable. Les spécificités de son corps physique, de son tempérament, ses prédispositions caractérielles et comportementales, ses dons, talents et habiletés… tout à la base contribue à lui donner le sentiment d'unicité, l'idée de sa propre importance. D’autant plus si la réussite dans ses entreprises et les sirènes de la gloire sociale sont au rendez-vous.

Il est naturellement essentiel d’avoir une bonne image de soi-même et le sentiment d’être unique pour s’épanouir, rayonner et offrir en partage sa spécificité à la communauté. Toutefois, cela pose problème lorsque nous nous trompons sur ce que nous sommes vraiment en nous identifiant exclusivement à notre corps, nos succès, notre profession, notre statut social, notre patrimoine...

Cette erreur d'identification est à la source de la plupart de nos problèmes, comme elle est à la source de la plupart des problèmes de l'humanité. Le fait d'avoir le sentiment d'être spécial nous rend tout simplement suffisant.

En se concentrant sur notre « moi », soit l’ego-mental, nous entretenons l'illusion que nous sommes seulement ce corps, une entité complètement séparée des autres. Par ce sentiment d'être coupé anthropologiquement des autres, nous favorisons davantage la compétition que la coopération. Au final, cette idée ne peut s'accorder avec l'unité de l’Univers, ce grand champ de conscience supérieur qui fait le Tout, dont nous sommes issus, et par extension la manifestation dans notre vécu terrestre.

Aussi cette idée devient rapidement un énorme obstacle à notre réalisation harmonieuse, avec nous-même, avec les autres, avec tous les aspects de notre environnement, de l’univers.

Renoncer à l'idée de sa propre importance, c’est prendre conscience de son imprégnation dans notre vie, l’ego-mental n'étant qu'une idée représentant ce que nous pensons être, mais qui n’est pas Ce que Nous Sommes.

Le docteur Wayne Dyer, célèbre psychologue états-unien (1940/2015), a déterminé sept étapes permettant de se défaire de l'emprise de l’ego-mental.


Cesser de se sentir constamment offensé

En étant offensé, nous créons la même énergie destructrice qui nous a offensé en premier lieu, et cette énergie ne peut que mener à de nouvelles attaques, à des contre-attaques et finalement à la guerre, au propre comme au figuré.

En s’accordant à l'Esprit universel de la Création, nous ne pouvons vivre autrement que dans la paix et l’harmonie.

 


Cesser de toujours vouloir gagner

L'ego-mental adore nous diviser en gagnants et en perdants du jeu de la vie. Nous ne sommes pourtant ni nos succès ni nos victoires. Il ne peut y avoir de perdants dans un monde où nous partageons tous la même énergie vitale. Perdre n’est pas le contraire de gagner. Ce n’est que la vision d’une conscience encore imparfaite de son état d’unité.

Ironie du sort, même si nous risquons de ne pas le remarquer, les victoires s'accumuleront d'autant plus que nous ne les rechercherons plus.

 


Cesser de toujours vouloir avoir raison

En se libérant du besoin d'avoir toujours raison dans nos relations avec des amis ou nos partenaires de vie personnelle comme professionnelle, nous donnons à toutes ces personnes la chance de se sentir mieux. Nous les remercions ainsi de nous avoir montré où pouvait se trouver la vérité, dont nous ne sommes pas les propriétaires exclusifs.

 

Se libérer de notre besoin de supériorité

L'idée d'unicité ramenée à notre petit moi nous amène à faire constamment des comparaisons. Elle se fonde sur les manques observés chez les autres, et se maintient en les recherchant et les mettant constamment en évidence. Se libérer de ce besoin de se sentir supérieur, c’est reconnaître que nous ne faisons qu’Un, par-delà nos caractéristiques singulières qui permettent à la vie de se manifester dans toute sa diversité.

 

Se libérer du besoin d'en avoir toujours plus

En appréciant tout ce qui se présente, nous assimilons cette extraordinaire leçon de vie enseignée par saint François d'Assise : " Donner, c'est recevoir. " Nous laissons en confiance la vie apporter l'abondance dont nous avons besoin, en évitant la peur de manquer ou de perdre. C’est souvent lorsque nous arrêtons d'en vouloir toujours plus que nous obtenons ce que nous désirons. En n'étant plus esclave de ce besoin, il nous sera beaucoup plus facile d'en faire profiter les autres.

 

Cesser de s’identifier à nos accomplissements

Nous ne sommes ni notre corps, ni la somme de nos réussites. Nous sommes l'observateur attentif de notre vie, en nous montrant reconnaissant pour les dons et talents qui nous ont été accordés, pour la force d’entrain et d’allant qui nous permet de réussir ce que nous entreprenons, et pour tout ce que nous avons acquis au fil du temps. Tout le mérite revient au pouvoir de l'intention universelle, ce pouvoir qui nous a donné la vie et dont nous sommes la matérialisation. Nous ne faisons qu’un avec Lui.

 

Se libérer de notre réputation

Notre réputation ne réside pas en nous. Elle réside dans l'esprit des gens qui nous entourent. Si la façon dont les autres nous perçoivent nous inquiète plus que de raison, C’est que nous acceptons d'être guidé par ces opinions. Seule notre voix intérieure nous guide à bon port. En gardant le cap sans se préoccuper des résultats, nous prenons la responsabilité de la force ce qui réside en nous.

 

La qualité des pensées entretenues détermine les événements et les relations que nous attirons dans notre vie. Non seulement le pouvoir de notre pensée détermine quelles personnes entrent dans notre vie, mais il détermine leur manière de se conduire lorsqu’elles y sont. Là se situe l’importance de ce que nous sommes, de puissants créateurs du jeu sans cesse renouvelé de la vie.

 

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