Le Lâcher-prise

Nous marchons sur la digue, en longeant la mer. Le vent souffle avec une force peu commune. Si nous allons dans le sens du vent, nous nous sentirons transporté et accompagné dans nos mouvements. Nous arriverons alors à l’endroit souhaité sans difficultés, et même plus rapidement qu’en temps normal. Par contre, si nous allons à contre sens, nous serons en résistance. Nous nous sentirons freiné dans nos mouvements et mettrons beaucoup plus de temps pour arriver à bon port...

 

La plupart du temps, les individus engagés à leur initiative ou par encouragement dans une démarche de changement, professionnel comme personnel, sont invités à lâcher-prise. Lâcher-prise de leurs habitudes, de leurs repères, de leurs croyances et préconçus, de leurs craintes et anxiété. Pourtant, cette recommandation judicieuse est rarement à la hauteur de ce qu’elle doit être. Tout simplement parce qu’elle requiert une conception différente de la relation que nous devrions avoir à la vie, rarement enseignée, d’où la difficulté de la mise en œuvre du lâcher-prise.

 

Individus citoyens de l’Univers


La planète Terre connaît depuis quelque temps une accélération de bouleversements et de perturbations, qui se déclinent sous différentes formes : climatiques, géopolitiques, économiques, sociales. Ils donnent parfois l’impression d’un chaos, notamment dans la partie occidentale qui pensait être relativement épargnée de ces affres depuis la fin du second conflit mondial et ses promesses d’un cycle de paix et de prospérité durable. Ceci fait cependant partie de l’ordre naturel des choses, marqué par des cycles alternant croissance et dépression, moments de paix et conflits. Ce qui semble nouveau est que cette période s’accompagne pour beaucoup de personnes par un profond changement dans la nature de leur relation à la vie, pressentant que l’histoire jusqu’alors racontée n’est pas celle qui répond le mieux à leurs aspirations profondes.

Vivre si possible en bonne santé, travailler pour gagner et améliorer sa vie, consommer pour participer du bon fonctionnement sociétal, se divertir et s’épanouir dans l’exercice de ses passions, aimer et pourquoi pas fonder une famille, transmettre ses acquis à la génération suivante, choisir et défendre ses opinions… apparaissaient jusqu’à présent pour beaucoup comme constitutifs du cadre normal des choses, jusqu’au baisser de rideau, fatal une fois pour toutes, espéré le plus éloigné et le moins douloureux possibles. Or, à l’image des croyances politiques et religieuses qui donnent sens à sa vision du monde et de l’ordre dit naturel ou normal des choses, cette "tranche" de vie à la durée incertaine comme aléatoire est la plupart du temps nourrie de l’extérieur, rarement de l’intérieur. Chacun bien sûr pense avoir une vie intérieure, par les pensées qu’il entretient et qui n’appartiennent qu’à lui. Pour autant, cet intérieur se résume la plupart du temps à son identité biologique, à sa singularité anthropologique, bien petite au sein de l’immensité.

C’est cette vision qui empêche le lâcher-prise de se manifester pour transformer radicalement sa relation à l’existence.

Nous sommes certes des individus spécifiques, dans un corps à nul autre comparable. Mais nous sommes des "individus citoyens" de l’Univers, dans sa globalité, au même titre que toutes les autres formes de vie qui s’y trouvent. Être citoyen de l’Univers n’est pas qu’une formule lyrique destinée à amplifier son lien à la vie par l’emploi d’une métaphore grandiloquente. L’illusion est de nous en croire séparés, alors que nous sommes imbriqués et inter reliés au sein du Tout, sans aucune rupture si ce n’est par les impressions de pensées liées à un état de conscience non éveillé, encore endormi, quelle que soit la grandeur des prétendus savoirs académiques dont nous nous prévalons.

 

Tourner le dos à un monde d’illusions

Notre monde est un monde "d’illusions" et d’expérimentation. Depuis des milliers d’années l’être humain en fait l’expérience dans la densité de la matière, en occultant le monde parallèle d’où nous sommes issus. Mêmes si certains peuvent en avoir un aperçu, ils sont rarement crus, tournés en dérision par la pensée rationaliste qui prévaut chez tous les éminents experts qui conditionnent et formatent notre regard. Si le religieux l’autorise, il est lui-même assis sur des dogmes tendancieux qui occultent la compréhension de la Réalité. Reste notre ressenti intime, qui cependant a du mal à s’exprimer tant nous confinons ce monde parallèle au niveau de l’imaginaire et du mental inférieur.

Toutes ces expériences passées comme présentes dans ce monde d’illusions ont été et sont nécessaires à la manifestation de la Création. Elles ne sont là que pour nous éveiller progressivement à cet autre monde parallèle, une fois les limites de la relation à la matière atteintes. Elles semblent en passe de l’être au vu des souffrances que nous y rencontrons, malgré les incontestables progrès techniques et scientifiques réalisés. Mais est-ce bien là l’essentiel ? L’humanité a besoin de passer à un nouveau stade de conscience pour réaliser sa grandeur. Dans notre Univers inter relié, c’est tout le cosmos qui opère cette mutation, entraînant nombre de perturbations.

Le monde énergétique qui caractérise le fonctionnement de l’Univers l’exprime dans ses vibrations, leurs secousses indiquant le sens de notre marche en avant. Celle-ci nous conduit de plus en plus vers "l’essentiel", à partir d’une nouvelle lucidité sur tous les évènements se produisant dans notre vie. Elle va nous permettre de découvrir où se place l’illusion et où se place la vérité. Plus ou moins rapidement, suivant notre travail intérieur. C’est tout notre corps biologique qui s’éveille, à travers nos cellules et notre ADN.

 

Changement de conscience

Toutes les formes de vie, sans exception, sont en mouvement, tout particulièrement dans cette tranche de l’histoire qui se déroule actuellement. Il n’y a pas un vécu humain distinct du reste. Tout fonctionne à l’unisson, le "haut" n’étant que le reflet du "bas" et inversement. Nous avons bien sûr notre entière responsabilité dans la "qualité" de notre vécu terrestre, et ses conséquences expliquent nombre des difficultés que nous y rencontrons. Mais le mouvement évolutif planétaire, constant, connaît une accélération comme à d’autres moments de sa longue histoire. Celle-ci n’est que le reflet de la Conscience universelle, qui expérimente la Création de multiples façons et évolue par cycles et étapes.

Notre planète est un être à part entière, au même titre que l’être humain, qui élève ses vibrations pour accéder à un plan supérieur d’existence. Tout comme nous le faisons, plus ou moins consciemment, dans le déroulé de notre vie. Cette élévation du pouls de la planète passe par une élévation vibratoire de toute forme de vie qui s’y trouve. C’est pourquoi à un niveau personnel chaque être humain est en mouvement, en élévation de sa conscience, à un niveau plus global, donc plus subtil. Il y a un désengagement d’une relation jusqu’alors très autocentrée et très liée à la matière. Ce processus de changement est progressif, agissant au niveau du champ magnétique terrestre comme au niveau cellulaire pour toute forme de vie.

Ce changement est totalement naturel. Toutes les planètes, astres, systèmes comme tous les êtres vivants de quelque forme qu’ils soient sont concernés. Aussi beaucoup d'âmes cherchent une réponse à tout ce chaos, à toute la confusion du monde de notre époque qui jour après jour semblent empirer. Les choses empirent toujours avant de s'améliorer. Un abcès mûrit avant d'éclater, et puis tout le poison est libéré et nettoyé. Les choses doivent mûrir dans le monde afin que les poisons de la haine, de la convoitise, de la jalousie et de l'égoïsme soient libérés et que sa guérison puisse se faire.

 

La redécouverte de l’Amour

Cette inexorable évolution, à travers les siècles et les siècles, les millénaires et les millénaires, c’est la recherche d’une énergie, la seule pouvant nous combler totalement. Nous recherchons l’amour, tout simplement, peu importent les conditions. Nous sommes poussés par la nostalgie inconsciente du véritable amour, l’amour sacré, celui que nous connaissons depuis toujours, puisqu’il est la seule raison d’être du vivant. Nous sommes tellement en quête d’amour que nous le recherchons partout, désespérément, et ce besoin incessant d’être aimé nous conduit dans des situations de souffrances, de peur de perdre, dans des manipulations, des contrôles, des colères allant parfois jusqu’à la violence. C’est la seule façon pour que nous nous rendions compte que ce que nous appelons amour, limité à notre petit moi autocentré, n’est qu’illusion. L’amour véritable se trouve à l’intérieur de notre cœur sacré, et nul, personne, à part nous-même dans notre réveil, ne peut combler ce vide intérieur. En nous aimant totalement, nous pouvons enfin aimer autrement, inconditionnellement. Nous ne serons plus dans l’illusion, mais dans la conscience.

Ce monde de l’expérimentation est un jeu, consistant à comprendre que ses caractéristiques, aussi atroces soient-elles, sont nécessaires et utiles pour notre évolution. Ce qui s’y produit n’est que le reflet de notre conscience limitée, et lorsque nous souffrons, c’est que nous n’avons pas encore guéri en nous les affres de la séparation. Nous pouvons tout créer dans ce monde de la matière, l’amour, la santé, l’harmonie, la prospérité… comme l’inverse. C’est notre droit divin, sacré. Mais nous ne devons nous attacher à rien, car l’attachement va créer en nous des peurs, celles de perdre ce qui fait l’objet de notre attachement. Par la simple loi d’attraction propre à un univers mental, nous attirerons alors à nous les énergies qui concrétisent l’objet de nos peurs…

Le détachement, le lâcher-prise, est le secret qui nous conduit au-delà de l’illusion. Dans cette vibration de neutralité, nous pouvons attirer à nous des énergies plus puissantes, des énergies qui découlent de notre pouvoir de création conscient. Elles nous reviennent amplifiées. Rien ne se produit par hasard. Notre Soi universel nous conduit toujours à l’endroit qui nous convient pour notre évolution. Il ne nous quitte jamais. Il nous guide et nous place dans les situations qui nous permettent d’évoluer. Cette évolution ne peut se produire que dans la conscience de notre présent, aussi dur et révoltant à nos yeux soit-il.

 

Prise de notre véritable pouvoir

Pour la comprendre, l’accueillir et le vivre, nous avons besoin de quitter la dépendance au mental rationnel, objectif, pour développer l’écoute de notre cœur, afin d’équilibrer notre sens du discernement face à toutes les informations et les événements qui se présentent désormais dans notre vie. Les nouvelles énergies nous emmènent vers une nouvelle conscience, plus élargie. Elles nous amènent à nous souvenir quel genre d’être nous sommes vraiment. Nous sommes à l’image de toute la Création, des êtres libres, des êtres aimés de l’Univers. Nous avons le libre arbitre, ce qui nous donne l’exigence de ne laisser personne nous manipuler et contraindre par la peur du lendemain, par la peur de l’insécurité, par la peur d’être soi-même. La peur nous dévie du chemin de la pleine conscience, la peur nous retire tout pouvoir de co-création d’une réalité meilleure. La peur constitue l’état mental et émotionnel le plus compact, l’arme première du pouvoir qui nous manipule.

Nous sommes souverains par ce pouvoir dès lors que nos peurs s’évanouissent. Nous avons la capacité de changer notre réalité de l’intérieur pour que celle-ci prenne forme à l’extérieur. De quoi peut-on avoir peur quand nous sommes la Perception infinie immortelle, lorsque nous savons que ce monde physique que nous prenons tant au sérieux n’est qu’une illusion générée dans les impressions de nos esprits. Les informations et images de peur diffusées continuellement dans notre monde ne font que nous maintenir dans la peur du changement, nous emprisonnent et asservissent dans nos anciens schémas comportementaux. Nous savons pourtant au fond de nous qu’être dans la peur n’est pas un état aligné sur la source de toute vie. Ce n’est pas un état d’équilibre. C’est un état qui bien souvent nous met dans l’illusion d’être séparé du reste du monde, séparés les uns des autres, et cela entraine la violence. La violence n’a jamais réglé aucun conflit dans toute l’histoire de l’humanité, toutes nos guerres témoignant de l’inutilité de tels comportements.

Nous n’avons pas à prendre toutes les informations pour des vérités. Quand une information nous plonge dans un état d’instabilité émotionnelle, ne jugeons pas sur l’emprise de cette émotion. Laissons-la aller et venir en nous puis repartir, et écoutons en priorité notre cœur. Notre ressenti nous guidera instinctivement vers ce qui est vrai et ce qui est juste. Nous sommes invités à lâcher prise sur nos craintes, à laisser tomber les pensées et habitudes routinières désormais obsolètes car basées sur d’anciennes peurs non fondées. Nous avons à repenser notre vie comme nous aimerions qu’elle soit. Ne nous jugeons plus si durement et arrêtons de juger les autres. Ne regardons pas en arrière et allons de l’avant. Ne craignons plus de montrer notre unicité, soyons vrai et confiant.

Plus nous lâchons prise dans ce processus et plus vite les blocages seront nettoyés. Nous découvrirons alors en nous de nouvelles facultés, celles dont profitent les êtres libérés de l’emprise tyrannique de leur égo. Notre vie n’en sera que plus douce.

 

Artisan de notre propre vie


Tous, sans exception, sommes plongés dans ce processus évolutif. Mais chacun est libre de prendre ou ne pas prendre. Certains aussi ne pourront intégrer qu’une partie de ces nouvelles énergies, encore alourdis par tous les encombrements du passé qu’ils refusent de lâcher. Notre pensée est, et sera toujours d’une importance capitale. Elle voyage là où nous la dirigeons. Elle se matérialisera dorénavant de plus en plus rapidement. Aussi est-il capital de faire ses choix sans tergiverser. Des choix en conscience et réfléchis. Nous sommes seul responsable de nos choix. Nous sommes l’artisan de notre vie.

C’est facile de parler de lâcher prise, direz-vous, lorsqu’il nous arrive souffrance, maladie, accident, perte d’emploi, perte d’un être cher… Et bien d’autres choses encore. Dans ces moments, nous ne pouvons plus contrôler notre désespoir et nos pensées compulsives. Comment faire alors ? Encore une fois, c’est suivre le courant. Être révolté ou en colère ne fait qu’entériner la résistance, le refus de ce qui est. Il viendra bien un moment où le calme viendra remplacer ces états. C’est à ce moment que nous pouvons agir, avec les outils dont nous avons besoin ou simplement le lâcher prise à l’Univers. C’est parfois dans la souffrance que nous prenons conscience des vraies valeurs, de ce qui est juste dans notre vie.

Le doute quant à la véracité de ce bonheur absolu que nous recherchons depuis des millénaires est compréhensible. Il est vrai que parfois les détours ou les évènements que nous rencontrons afin d’y parvenir nous semblent déconcertants, et bien souvent sans aucun fondement. Avec recul, en entrant en conscience dans l’analyse de la situation, nous pourrons constater le bien-fondé de l’enseignement ou de l’expérience sous-jacente qui s’en dégage. Si nous décidons de vivre en conscience, et acceptons ce qui se présente à nous journellement, sans aucune résistance, en prenant nos échecs comme des expériences et des apprentissages de vie, en conscientisant que tout ce qui nous arrive est créé par nous, nous entrons dans un espace de paix et de plénitude, un espace sacré où nous n’avons plus rien à prouver. Nous sommes détaché du regard que l’on pourrait porter sur nous, désormais guidé par notre partie sacrée.

Plus nous sommes dans la conscience véritable, plus l’amour dirige nos pas, plus nous plongeons dans cette nouvelle clarté nous amenant à nous débarrasser de toutes ces énergies conflictuelles, basées sur l’accusation, la condamnation, le jugement. Elles ne pourront plus survivre dans ces conditions. Nous allons nous rendre compte du jeu de l’ego. Il joue ses dernières cartes. Le temps de sa mort approche à grands pas. Nous sommes portés irrésistiblement à aller à "l’essentiel", à nous libérer des contraintes du passé qui ne conviennent plus à nos aspirations les plus profondes.

 

La clé se trouve au plus profond de nous-même. Nous sommes appelés à y plonger, à en redécouvrir la magie, à contacter le sage qui s’y trouve. Il connaît toutes les réponses. Il suffit de nous arrêter et de l’écouter.

 

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Commentaires: 1
  • #1

    Olga (dimanche, 11 décembre 2016 16:03)

    Très intéressant. Je suis d'accord