La formulation de ces clés n'engage que leur auteur, qui puise tant dans ses recherches et sources d'information que dans son imaginaire leurs révélation et libre mise à disposition suivant la forme et la rédaction retenues.

Il n'y a de ce fait rien à prendre pour argent comptant, seulement à laisser faire en soi le processus d'ouverture de conscience par le discernement, soit le juste équilibre entre cœur et raison. Celui-ci conduira à les invalider, à les valider, à les compléter par d'autres ajouts et compléments.

C'est ainsi que procède le chercheur de vérité.

 

 

Le mythe du péché, ou la mise sous tutelle de l'humain

Il y a en Occident comme dans le bassin méditerranéen une grande différence d'interprétation entre l'enseignement sur nos origines dispensé par la science rationnelle, les religions exotériques dites du Livre - la Bible puis le Coran -, et l'enseignement de la Tradition, à caractère ésotérique, c'est-à-dire s'attachant à décrypter la Vérité dissimulée sous les mythes et les symboles. Cette différence est bien entendu source de nombre de malentendus et de désaccords entre ces approches, qui généralement s'opposent sinon s'ignorent. Il en découle que l'histoire de la Genèse biblique telle que racontée par ses rédacteurs et interprètes, tout comme nombre d'enseignements à caractère ésotérique - par exemple ceux de la Franc-maçonnerie -, sont des récits et explications à caractère subjectif sur la façon dont l'humanité a évolué depuis ce qui est nommé la Création. Quant à la science moderne, même avec son explicatif purement astrophysique, elle ne peut pas plus satisfaire notre ressenti profond, notre résonance intérieure non mentale, lorsque nous permettons à nos mémoires de s'extirper de l'inconscient.

Cf. Évolution de civilisation (1) Le mécanisme de l'Univers.

 

L'histoire ancrée dans la psyché humaine

L'enseignement religieux

Charles-Joseph NATOIRE, peintre et graveur français
Charles-Joseph NATOIRE, peintre et graveur français

Dans l'inconscient collectif est ancrée la dramaturgie biblique, qui présente Adam et Ève comme chassés du Paradis, le Jardin de l’Éden, pour avoir désobéi à l’interdiction faîte par le Créateur de s’approcher de l’Arbre de la Connaissance. Victime du désir de transgression d’une Ève - le féminin - sensible au tentateur serpent venant se traîner à ses pieds et la séduire pour lui permettre de devenir l’égale du Créateur Tout Puissant, Adam - le masculin - est alors chassé sans ménagement avec sa compagne pour expier leur faute sur Terre, le péché originel, en espérant pour toute leur lignée de descendance une éventuelle rédemption à l’heure du Jugement dernier, à condition que ses membres respectent les " Commandements " de bonne conduite édictés, qui ne seront révélés que bien plus tard par Moïse, et l’expiation constante de leur statut de pécheurs éternels à travers le Christ, cet être souffrant sur la Croix d'expiation venu à travers Jésus (Jeshua) prendre les péchés de l'Homme en Son Nom.

Inoculée à grande échelle depuis des siècles par le carcan répressif de la théologie de l’Occident religieux, cette fable allégorique de la Chute de l'humain dans la matière terrestre est un cocktail délétère de rébellion, de culpabilité, de châtiment, de souffrance et de rachat. Il correspond à une vision exclusivement patriarcale, masculine, du Vivant. Par le judaïsme d'abord, puis le christianisme - et tout particulièrement l’Église catholique romaine - suivi de l'islam, cette conception du vivant s’est inscrite en arrière-plan de la conscience d’une grande partie de l’humanité, et tout particulièrement les classes défavorisées car non instruites. Pendant deux millénaires, le carcan autoritaire monothéiste religieux a formaté la psyché, avec les conséquences que l’on peut imaginer pour l’être humain dans sa relation à la vie, à lui-même et aux autres : soumission, culpabilité, répression intérieure. L'intention de ses maîtres artificiers, prêtrise comme autorités institutionnelles politiques, était sans équivoque : constituer un gigantesque troupeau de brebis égarées et entretenues dans les méandres de l’ignorance, pour être dirigées par leurs bergers prédateurs asservisseurs. Si en parallèle d'aucuns connaissaient et contestaient l'imposture enseignée, ou plutôt éduquée, ils étaient marginalisés, tancés et opprimés, condamnés à œuvrer dissimulés et cachés.

Les Patriarches bibliques

Le judaïsme s'appuie quant à ses fondements sur l'histoire transmise par les Patriarches, soit les trois pères fondateurs du peuple Juif qui sont présentés dans le Livre de la Genèse : Abraham, Isaac et Jacob (entre 1.900 et 1.500 avant Jésus-Christ). Il convient de rajouter Joseph, fils de Jacob, considéré également comme un prophète d'importance, notamment dans le Coran, le livre saint de l'islam. Ils sont pour les juifs et les chrétiens les pères de leur civilisation.Leur première fonction est de peupler la terre avec leur descendance respective. Ils sont membres d'une famille avec laquelle Dieu a scellé l'alliance par la circoncision en vue d'engendrer une grande nation, les Hébreux.

Au sens large, ce terme désigne tous les personnages bibliques de la Genèse à partir d'Adam. On les désigne comme " patriarches antédiluviens ", même si ce mot n'est pas utilisé dans la Bible. Il vient du latin patriarcha repris dans la chrétienté, dérivé du grec patriarkhês, " chef de famille ". Son utilisation a épousé les diverses traductions de la Torah juive dans la Bible chrétienne. Parmi eux, certains ont des caractères prophétiques plus spécifiques, comme Hénoch ou Moïse.

Cf. Prophétie du changement.

L'évolution de la conscience humaine, par son inévitable éveil même lent et chaotique, amena de même le système à récupérer l'enseignement caché que recherchaient inlassablement les chercheurs de vérité sous forme de sociétés secrètes, occultes. Si celles-ci n'étaient pas spécifiquement dédiées au culte satanique et démoniaque, elles avaient pour objectif apparent de transmettre la connaissance dépouillée de ses oripeaux mensongers. Ladite révolution des Lumières à partir du XVII° siècle vit leur développement exponentiel auprès d'une frange instruite des populations, notamment les loges maçonniques spéculatives héritières du compagnonnage opératif initié par les Templiers à travers les Francs-métiers *. En les infiltrant et en détournant pour partie la nature de l'enseignement symbolique dispensé, le système prédateur continuait à contrôler à ses fins exclusives tout risque d'éveil collectif de la conscience, menace à sa survie *².

* Cf. La nouvelle religion universelle.

Cf. Comprendre et apprivoiser la prédation.

 

L'enseignement ésotérique

L'Archange Lucifer
L'Archange Lucifer

Prenant le contre-pied de l'enseignement religieux et sa diabolisation du péché par les figures de Lucifer, le tentateur déguisé en serpent, et de Satan, le diviseur démoniaque, la Tradition restitue à Lucifer, étymologiquement le " porteur de lumière " * (étymologie latine : lux, " lumière ", et ferre, " porter), sa raison d'être, celle consistant à éclairer les ténèbres afin de permettre à l'être humain de retrouver son chemin vers Son Créateur. Lucifer est un archange, le plus magnifique jamais engendré, et porteur d’attributs majestueux. Mais en éclairant les ténèbres, sa mission, il dote la matière d'un éclat qui aveugle l'humanité, l'empêchant ainsi d'accéder aux vérités supérieures. Aussi est-il un " mal " nécessaire au fonctionnement de la Création, au Jeu de la Vie *², signifiant que la créature humaine a la faculté, par rapport à celles caractérisant les autres mondes vivants (minéral, végétal et animal), d’être responsable à part entière d’elle-même. Cela lui est permis par le libre arbitre qui lui est octroyée, soit le principe de responsabilité, et par le choix qui en découle, celui de faire une expérience de désirs dans la densité, celle de la matière et du corps. Sans son intervention, la proto humanité n'aurait pas dépassé le stade végétal, celui de la 2ème dimension de réalité.

Cependant, le désir, le paradoxe et l'illusion sont dangereusement associés en elle. Quand elle est consumée par le feu ardent, le soufre primitif qui coule dans le sang (hémo), porteur des émotions, il lui est difficile de faire le choix de l'évolution tant elle se fourvoie dans les attraits magnétiques de la matière. C'est pourquoi l’équilibre entre l’" ombre ", la fausse lumière de Lucifer qui éclaire seulement le monde visible, et la Lumière originelle, symbolisée par le Christ, est de la responsabilité de l'Archange Michaël, étymologiquement " qui est comme Dieu ", porteur d'une épée flamboyante dont le rayonnement délimite la frontière infranchissable pour les entités inférieures. Autrement dit la frontière avec le Soi supérieur, l’Âme.

* À l'origine, c'est l'un des noms que les Romains donnaient à l'" étoile du matin ", autrement dit la planète Vénus (qui était appelée Vesper quand elle devenait " étoile du soir "), les Grecs la nommant Aphrodite. C'est aussi un personnage des mythologies romaine et grecque, dieu de Lumière et de Connaissance, et symbolisant le désir animal et la sexualité. Dans la Bible, Isaïe 14,12 dit : " Comment es-tu tombé du ciel, ô Lucifer (" étoile du matin "), fils de l'aurore ? ".

* Cf. Le Jeu de la Vie.

L’explication symbolique est ainsi d'une toute autre nature, expliquant le risque majeur pour l’Église en l'enseignant de perdre la servilité, entre autre économique, des individus dans leur relation à une institution se voulant pourtant dans sa raison d’être affichée libératrice. Adam - Adamah en hébreu signifie la terre rouge - représente l’Ego *, le mental, le principe mâle fécondant, la conscience active limitée. Il porte en lui le soufre, soit l'agitation, l'électricité. Il symbolise la terre et le feu. L'animal le représentant est le phénix, oiseau légendaire caractérisé par son pouvoir de renaître après s'être consumé dans les flammes. Ève, la blancheur virginale, est l’intuition, le principe femelle réceptif et magnétique, la volonté. Elle est de nature " mercurielle ", volatile. Elle symbolise l'air et l'eau. L'animal la représentant est le pélican, qui nourrit ses petits de son sang.

Ce sont deux archétypes, qui expriment la naissance à la vie de l’esprit humain conscient, dans sa double polarité masculine et féminine. Ils accompagnent le passage du mouvement de haut en bas du cosmos, d’un état parfait immanent, le Tout-ce-qui-est, à une création manifestée et vivante extérieure à Lui-même. En se sachant nus, Adam et Ève prennent conscience qu'ils ont un corps. C'est le passage du monde végétal du jardin de l’Éden au monde animal sur la Terre, caractérisé par la naissance du désir et de ce qui en découle, la potentialité du " péché " par la convoitise et la concupiscence, la souffrance, soit la confrontation de l'homme au danger de se tromper de chemin et de perdre le contrôle, d'autant plus par le " voile de l'oubli " de la Connaissance originelle. Tous deux sont conduits à " consommer " leur union dans la matière, soit par la putréfaction finale du corps de chair, soit par sa sublimation afin d'atteindre la double couronne de la perfection, l'imputrescible esprit, l'or spirituel *². C'est bien à l'homme de parachever ce que lui donne la nature, car elle ne le fait pas elle-même.

* Cf. Décryptage de l'égo.

Dans la mythologie égyptienne, c'est vers le couchant que l'on situait la demeure des morts, soit l’Amenti (l'Occident). L'Amenti apparaît comme la demeure des justes, de ce qui est sans péché pour avoir su équilibrer les deux pôles de l’expérience terrestre, le corps et l’esprit.

Le Caducée
Le Caducée

Le Bien, la Sophia - la sagesse grecque - et le Mal, Satan, représentent simplement l’imposition du choix de la vie dans la matière, à partir des pulsions du corps générées par les désirs, les émotions et les sentiments. Ce sont les deux aspects opposés du serpent tels que figurés dans le bâton de Mercure (Hermès chez les grecs), le caducée. C’est le principe binaire du " J’aime, je n’aime pas ", soit la fin de l’Amour unifié. L’être humain dans sa double polarité a goûté les fruits spirituels de l’Arbre de la Connaissance, et accédé ainsi à l’Intelligence. La Création est désormais actionnée, en mouvement, pouvant désormais s’expérimenter concrètement, dans toute Sa diversité.

À partir de là, le processus créateur opère, dans toute sa rigueur géométrique. La Conscience se divise, se sépare en deux, avec un état nouveau correspondant à une autre façon de voir la Création depuis son centre originel. Cette différence géométrique est d’importance : là où le centre impulse tout le déroulement de la Création originelle à partir de l’Amour, le nouveau positionnement crée en parallèle un deuxième point d’impulsion par l’Intelligence. C’est ce que matérialisent les polarités des lobes droit (Amour) et gauche (Intelligence) de notre cerveau. La séparation est actée par l’émergence d’une autre réalité, dont la Terre est au centre. Lucifer est le messager de lumière qui vient éclairer l’ombre, en déversant Feu, Lumière, Vie, Lutte, Effort, Pensée, Conscience, Progrès, Civilisation, Indépendance, Liberté. Le diable, Satan *, n’est rien d’autre que la totalité des formes-pensées de cette expérience luciférienne émises par des âmes encore séparées, ignorantes car manipulées, nourries de pulsions primaires faites de haine, de méchanceté et de bêtise.

* Les couleurs représentatives de Satan, le Prince des Ténèbres, sont le noir, celle du magma créatif (la terre), terreau de la pureté bien qu’encore dans l’obscurité, et le rouge, celle du Feu actif qui éclaire. Jean de la Croix disait dans " Nuit obscure " que pour arriver à Dieu, il faut aller là où l’on n’est pas.

La douleur, le chagrin, la souffrance du corps comme de l'esprit, traduisent le sentiment d'être coupé de son véritable Moi, le Tout-ce-qui-est. Ils sont inhérents au processus d'apprentissage dans la densité de la matière, de sa dualité qui nous attaque de deux côtés, par la tentation (Vénus) et par le Mal (Saturne). Ils permettent à un moment de décider par son libre arbitre de ne plus les éprouver, une fois la compréhension du mécanisme des polarités acquise. Autrement dit, nous devons faire l'expérience des ténèbres pour comprendre que la lumière existe, que c'est notre état naturel, que nous sommes profondément et inconditionnellement aimé et soutenu. La leçon de la séparation et de la souffrance apprise, nous pouvons faire l'expérience du retour à l'union de manière intégrée.

Ainsi le Péché originel est à l’échelle humaine la conséquence de la Chute de l’être humain à l’échelle cosmique. Celle d’un choix, l’affaiblissement de l’Esprit, l’oubli de l’Origine, la mémoire qui s’embrouille pour éprouver la Création, et d’un perfectionnement, d'une épuration de la matière, pour retrouver Sa Dimension d’origine. Il n’est rien d’autre que la déchéance de l’âme et du corps pour vivre une expérience et renaître. Nous vivons depuis dans un monde déchu, où il existe autant d'esprits qui nous aident à grandir et à évoluer que d'esprits qui travaillent à notre perte.

Dans le mouvement de balancier alterné de l’Univers, une chose à polarité " négative " porte toujours en elle une polarité " positive ", en l’occurrence une leçon, un enseignement. L’Homme est désormais devenu le gardien des fruits de la Connaissance avec pour dessein d’universaliser l’Intelligence au moyen de l’Amour - le courant d'énergie faible de l'Univers -, en passant des béatitudes puériles et ignorantes de l’inconscient collectif anesthésié à la conscience individualisée. Devenu extension physique de Ce qui est non-physique, il est le fer de lance de la pensée délibérée qui expérimente à partir de son inspiration la création dans son contraste espace-temps, ce qui nécessite effort, courage, persévérance et obstination. Seule une conscience éclairée, par des idées de fréquence supérieure, de niveau supérieur, lui permet d’en assurer la digne protection, ce qui suppose qu’il accède à sa nouvelle naissance, à l’élévation nécessaire qui lui est liée, et au suivi de la Voie de l'Amour qu'enseigna le Christ.

Toutefois, aussi pertinent parait cet enseignement, il ne répond pas à la question de la nature véritable du " mal " dans l'esprit de l'homme. Il laisse à penser qu'il lui revient par l'accès à la Connaissance - soit par l'intelligence -, de comprendre l'explication exacte de ses origines, afin de le transcender et de le sublimer par l'Amour pour retrouver ainsi sa véritable nature. Autant dire que l'explication du mécanisme libératoire est un peu courte pour, en une vie, réussir à s'assurer la promesse d'éternité dans les Cieux ...

 

Le serpent, symbole du péché

Pour tenter de découvrir nos véritables origines, il convient de s'écarter de tout l'enseignement inculqué. Bien qu'épousant des circuits explicatifs différents - Big bang scientifique, Églises, cénacles spirituels ésotériques - mais crédibles pour leurs adeptes, elles pourraient avoir des racines totalement autres. Leur plausibilité heurtera inévitablement la raison selon la croyance établie, nécessitant alors pour les accueillir l'arrêt temporaire - sinon définitive - de son logiciel cervical tel que formaté. L'intérêt d'accueillir l'inimaginable, même s'il bouscule sérieusement les représentations et croyances établies, est de réveiller, peut-être, les mémoires profondément endormies, et de présenter une alternative finalement tout aussi crédible que les explications avancées, elles-mêmes ne restant que des hypothèses... Parce que justement elles vont à contre-courant du consensus établi par les diverses institutions de tutelle dominantes, elles bénéficient d'une présomption de véracité, notamment à l'heure où les mensonges jusqu'alors dissimulés ne cessent d'être révélés...

 

Un autre enseignement des origines que la Genèse biblique

Enki
Enki

L’étude * des tablettes mésopotamiennes retrouvées au milieu du XIX° siècle en Irak indique que le fils d'Anu (le Ciel) nommé Enki, " Ea ", est le Seigneur ou Prince " extra-terrestre " de la Terre, créateur de l'Homo sapiens. Il appartient de ce fait à une autre dimension de réalité, supérieure à la 3ème dimension propre à l'humanité, soit la 4ème dimension.

D'après cette étude, les " Anunnakiens " ou " Anunnaki " des mythes sumériens, signifiant " ceux qui descendaient du ciel sur la Terre", étaient des entités extra-terrestres évoluées sur un plan technologique, venant d'une planète encore inconnue de notre système solaire il y a environ 450.000 ans. Elles se mirent à extraire de l'or et d'autres matières premières dont elles avaient besoin, et créèrent l’Homo Sapiens comme esclave relais il y a 300.000 ans environ, en faisant des manipulations génétiques sur des femelles d'hominiens. La Mésopotamie fut leur première colonie. Bien que certains spécialistes soient sceptiques face à ces " dieux astronautes ", le monde scientifique doit de plus en plus reconnaître que les conclusions de l'étude semblent justes, d’autant plus que les sondes spatiales américaines " Voyager " ont photographié Uranus et Neptune, et prouvé que la description des Sumériens dans les tablettes, d'après laquelle les deux planètes étaient jumelles avec une végétation marécageuse bleu/ vert, était exacte. Uranus et Neptune ne furent, pourtant, découvertes officiellement que récemment.

N'acceptant pas les cruautés que ses congénères infligeaient aux hommes, parmi lesquels son frère Enlil, le Seigneur de l'Air, Enki se rebella et fonda la " Confrérie du Serpent ". En effet, parmi tous les animaux vénérés par les hommes des temps dits antiques, aucun ne l'était de façon aussi marquante et significative que le serpent. Cette confrérie était ainsi appelée à être le symbole d'un groupe humain ayant pour mission de répandre les connaissances spirituelles permettant d'atteindre la liberté, soit l'émancipation de sa condition terrestre grâce à l'esprit. Elle combat de ce fait l'esclavage des êtres humains, essayant de libérer l'humanité de sa servitude sous la coupe d'entités extra-terrestres venant d'autres planètes ou galaxies. Et c'est précisément ce savoir qui aurait été symbolisé, plus tard, dans l'histoire biblique d'Adam et Eve, qui montre un serpent qui s'enroule autour d'un tronc d'arbre (le symbole actuel du caducée) au jardin d’Éden, soit l'union des forces végétales et animales au bénéfice de l'être humain.

On ne peut comprendre ce récit que si notre conception du Temps abandonne la traditionnelle linéarité passé-présent-futur et intègre la notion de cyclicité multi-dimensionnelle, soit des boucles cycliques selon un calendrier zodiacal propre à notre dimension d'appartenance au sein de la galaxie solaire. Autrement dit, l'histoire humaine ne serait qu'un éternel recommencement qui se joue en même temps dans différentes fenêtres temporelles, selon une cyclicité déterminée par des tranches de temps (ou ères), correspondant à l'évolution de la conscience humaine. Tant que celle-ci reste prisonnière des illusions de la matière, elle s'inscrit dans un processus involutif répétitif. Lorsqu'elle accède enfin par la Connaissance et la transformation de conscience à s'en extirper, elle peut évoluer et passer dans d'autres dimensions de conscience *².

* Cf. Zecharia Sitchin, auteur de " Au début était le progrès " et de " La douzième planète ", spécialiste des anciennes mythologies et des légendes des Grecs, des Hittites, des anciens Cananéens et Babyloniens et des textes sumériens. Il les traduisit et en conclut une genèse sur l'Homo Sapiens qui, si elle est en contradiction complète avec les conceptions des grandes religions du monde, est parallèle à celle des Tibétains, Hawaiens, aborigènes d'Australie, Indiens d'Amérique du Nord (Apaches, Hopis et Sioux), Mayas, et les dalles de pierre de l'île de Pâques dont le Vatican garde sous clé les restes de celles qui n'ont pas été détruites. C’est ce que démontrent également William Bramley dans son livre " Les dieux de l’Eden " (1989) et Charles Hoy Fort (1874/1932), écrivain états-unien qui publia au début du 20ème siècle " Le Livre des Damnés " et " New Lands ".

Cf. Évolution de civilisation (2) Les synchronicités de l'Histoire ; Fin de cycle : la guidance éclairée de sa vie.

 L'Arbre de la Connaissance

Dans la représentation mésopotamienne (Cf. 4ème tablette sumérienne de Kharsağ), deux fruits sont accrochés à l'arbre : à droite de l'arbre se trouve le symbole d'Enki, la demi-lune (le savoir), et à gauche, une planète, symbole d'Anu (la vie). Enki aurait envoyé un homme vers cet arbre pour qu'il accède à la connaissance. C'est la raison pour laquelle il est présenté par la fausse prêtrise comme assimilé au serpent tentateur (Samaël) dans la version de la Genèse biblique, comme le soi-disant coupable qui a essayé de montrer au premier homme le chemin de la liberté spirituelle *.

* Une autre figure déchue de la littérature judaïque est Asa’el (Azazel), tenu pour responsable de la compréhension de l’humanité, le Livre d’Enoch lui attribuant la transmission du savoir : celui du fer, des armes, des miroirs et des arts. Ce " délit " attribué au serpent instructeur Enki se retrouve dans son double égyptien Osiris, le civilisateur, puis plus tard dans la mythologie gréco-romaine à travers les figures de Prométhée, Aesclépios et Lucifer.

 

Enki se serait révolté non pas contre Dieu, ainsi qu'il est écrit dans la Bible, mais contre les actes cruels des soi-disant dieux usurpateurs de la 4ème dimension, se faisant passer pour Le Créateur. Toutefois malgré leurs intentions louables, Enki le légendaire - il est une grande conscience comme Jésus (Jeshoua) le fut sur Terre - et la Confrérie du Serpent ne réussirent pas à libérer les hommes. Vaincu par d'autres groupes d’entités extra-terrestres régnantes, prédatrices et dénuées de sensibilité, Enki fut banni et chassé de sa présence terrestre, calomnié par ses adversaires qui voulaient s'assurer qu'il ne retrouverait plus jamais d'adeptes parmi les hommes. De " Prince de la Terre " il passa à celui de " Prince des ténèbres ", et fut affublé de surnoms tels que prince de l'enfer, incarnation du mal, diable… par les relais humains inféodés à ces entités. Il était présenté comme le pire ennemi du plus grand Être de l'univers, et comme le gardien de l'enfer. La prêtrise dévoyée enseigna aux hommes que tout le mal de la Terre était de sa faute, et qu'il voulait que les hommes deviennent des esclaves. On exhorta les hommes à le démasquer chaque fois qu'il se réincarnerait et à l'anéantir avec ses créatures s'ils les rencontraient. C'est ainsi que la " Confrérie du Serpent ", malgré les efforts jusqu'à nos jours de beaucoup d'hommes dévoués et loyaux voulant instituer une véritable réforme spirituelle à l'aide de la fraternité, devint une arme redoutable d'oppression spirituelle et de trahison spirituelle. Il est alors facile de comprendre pourquoi le Vatican empêche par tous les moyens non seulement la publication des inscriptions des dalles de pierre de l'île de Pâques qui relatent la genèse de l'homme, mais aussi celle des rouleaux de papyrus de Qumran de la mer Morte. Ces dalles et ces manuscrits de la mer Morte apporteraient la preuve que la Bible actuelle a été falsifiée dans des points essentiels pour satisfaire les intérêts égoïstes de quelques puissants personnages…

 

Une prédation reptilienne issue de nos véritables géniteurs

L’archétype du reptile - serpent ou dragon - contient le processus de transformation/création détenu par les entités reptiliennes de 4ème dimension créatrices de vie humaine, dites Amasutum, processus auquel elles ont initié Enki, le dieu sumérien. Elles sont de nature matriarcale. Ainsi Enki est l'entité reptilienne bénéfique, qui désire livrer à l'humain le secret de cette science initiatique. Pourchassé lui-même par ses pairs prédateurs de nature patriarcale, il ne pourra cependant parfaire l’initiation et le réveil des gènes Christiques (le Kiristos) dont il nous a dotés via l'ADN, et qui sont destinés à nous rendre réceptifs à l’initiation. Enki, ce sauveur inaccompli, a dû ainsi laisser l'humanité livrée à la prédation.

Celle-ci va s'établir et s'amplifier via l'enseignement dévoyé des grandes religions du Livre et celui, incomplet car manipulé, d'une partie de la Tradition ésotérique. La technique de manipulation consiste à imiter l'enseignement par reflet inverse, de la manière la plus complète possible, afin de nourrir le plus naturellement les structures humaines (Églises, sociétés initiatiques) qui s'y greffent et donner aux enseignés le sentiment de sa justesse par l'effet de résonance intérieur produit par les mémoires présentes dans l'ADN et dans l'inconscient (subconscient). Ce procédé est qualifié de " contre-initiation ". Prenant jusqu'à un certain point les apparences extérieures, il conduit à donner l’illusion de la " spiritualité à rebours ". Il n’y a ainsi pas lieu de s’étonner si ces centres psychiques d'imitation et certaines des organisations qui leur sont subordonnées plus ou moins directement se retrouvent dans bien des cas en lutte les uns avec les autres. Toutes les oppositions se donnent en effet libre cours lorsqu’elles ne sont pas harmonisées et conciliées par l’action directe d’un principe supérieur commun incontestable en Vérité, qui ici fait nécessairement défaut *.

* Cf. Travaux de René Guénon, " Le Règne de la Quantité et les Signes des Temps ", chapitre XXXVIII - De l’anti-tradition à la contre-tradition.

Les généticiennes créatrices de la vie humaine

Les Amasutum sont les " prêtresses " généticiennes créatrices d'une vie évolutive sur Terre, avant que les représentants patriarcaux ne s'en mêlent, et ce dans des domaines différents selon leurs affinités et compétences : humain, animal ou végétal. Elles veillent sur l'équilibre, leur rôle consistant autant à créer la vie que la reprendre si la " créature " n'est pas viable. Ce n'est pas par plaisir qu'elles procèdent ainsi mais bien par devoir puisqu'elles sont responsables du devenir de ces races. Même si elles ont des écailles et un tempérament tranchant, meneur et téméraire, ce sont aussi des êtres dotés d'une grande sensibilité.

Cf. Travaux d'Anton Parks, écrivain franco-allemand.

C'est pourquoi depuis les origines, soit la colonisation de la Terre par l'homo sapiens, la psyché humaine manipulée est accaparée par le théâtre des événements extérieurs qui voit l’affrontement de deux polarités indispensables au fonctionnement du Vivant.

La première est qualifiée de négative. Elle est représentée par Enlil, le frère d'Enki, et leur père Anu, dieu des Anunnakiens ou Anunnaki. Ils personnifient la prédation, soit le mal et l’ostracisme, manifestant l’attitude de rejet de la psyché pour sa capacité à se souvenir en s'élevant par la conscience.

La seconde est qualifiée de positive, correspondant à l’attitude de l'ange déchu - l'humain -, qui a le choix de considérer la vie comme une initiation ou de sombrer dans le déni de Ce qu'il EST véritablement.

Notre matrice d'appartenance de 3ème densité est ainsi le terrain d'un perpétuel combat entre le " Démon" ou " Diable " et " Lucifer ", entre celui qui divise et celui qui apporte la lumière-information. Malgré le choix qui est proposé à l’ange qui a chuté, nous assistons rarement au déploiement de ses ailes pour prendre la direction de l'initiation. Et pour cause, tout est fait pour l'en écarter ou la lui présenter de manière dévoyée.

Participant à définir le cadre de cette expérimentation, l’Éden, la représentation du paradis, le lieu de La Source originelle, de l'UN, est incrusté dans notre psyché pour y prendre lui-aussi la forme d'un fantasme. La mise-en-scène contenue dans ce " souvenir hypnotique " est la carotte créée de toutes pièces par les maîtres de l'illusion, débouchant sur la croyance d'un endroit pur, où la bienveillance de Dieu le Créateur Tout-Puissant est exempte de distorsion. L’espoir d’un retour à "cet état premier " par l'obéissance aux principes/commandements édictés hante ainsi une grande partie de l’humanité, tout particulièrement pour le moment dit du Jugement dernier, là où devrait s'opérer le tri entre les bonnes et les mauvaises âmes. Il est d'ailleurs intéressant de noter que si la notion d'âme a disparu depuis belle lurette de l'enseignement religieux dispensé, il refait en l'occurrence son apparition.

L’accès à l’Éden est ainsi vu comme la rétribution des pieux efforts fournis, dans la crainte et la culpabilité, par celles et ceux qui ne succomberont pas aux tentations d’un monde infernal, que l’on nous amène pourtant sournoisement à créer par la division, le jugement et l'accusation, ne serait-ce que par les guerres entre les religions.

C'est bel et " bien " l'organisation d'un manège machiavélique et hypocrite par le système prédateur, à même de le nourrir sur le plan énergétique par les égrégores collectifs constitués, au-delà de la souffrance psycho-émotionnelle individuelle. Dans ce théâtre grotesque de la vie terrestre qui lui est servi, et qu’il alimente inconsciemment par sa soumission inconsciente à son propre démon intérieur, l’humain ballotté entre châtiments et gratifications, est bien trop occupé à départager le bien du mal extérieurement pour pouvoir se libérer intérieurement. Faute de mode d'emploi approprié, sauf à ce que les circonstances de sa vie finissent par lui ouvrir les sens ...

 

Le jeu mortifère de l'involution

Cette trame mythologique de la prédation de nos origines se retrouve dans la dichotomie victime/bourreau dont l’humanité a hérité par l'enseignement des relais terrestres contrôlés par le corpus prédateur de 4ème dimension, et de nature patriarcale à son image. Elle ne cesse de la reproduire inlassablement depuis.

Derrière l’expulsion du Paradis, la Chute de l'Ange pour expérimenter la Création dans sa densité la plus établie - la 3ème dimension- se cache le fait que les seigneurs de l’entropie ont dévié par manipulation d'enseignement la flamme de la Connaissance allumée au sein de notre conscience par le serpent, que l'on peut associer à Enki ou Lucifer, et dont le rôle est de délivrer la lumière, l'information auprès de l’arbre mythique qui la représente. Ils en changèrent le sens de l’allégorie initiatique dans laquelle Enki prend la place du Soi, la supraconscience, qui nous livre les secrets de la vie.

L’homme et la femme prétendaient accéder par eux-mêmes à la Connaissance, par la synergie de leurs polarités respectives et leur alchimie intérieure. Il était alors facile, devant l’innocence et l’ignorance de ces nouveau-nés dans la Matrice – qui étaient porteurs de la puissance du savoir à travers leur corps et leur âme – de les faire sombrer dans l’avidité d'un pouvoir de nature matérialiste, dans un fantasme mystico-spirituel, et dans la peur de perdre ce pouvoir pourtant illusoire. Qui plus est après avoir subi une manipulation génétique consistant à les amputer d'une partie de leurs brins d'ADN (considérés par le corps scientifique comme l'ADN poubelle) afin de les priver de leurs mémoires.

On servit ainsi à ces novices des imitations tronquées et inversées de la Connaissance et de son application. Le syndrome de puissance et de possession qui en découla est celui qui domine nos croyances matérialistes, et qui entraîne les pulsions qui contaminent l’humanité par leurs effets délétères. Poussé désormais à son paroxysme en cette fin de cycle, ce syndrome est aujourd’hui le ciment des soubassements déjà visibles des cultes sataniques et de la science transhumaniste, les deux piliers de la nouvelle religion mondiale *.

* Cf. La nouvelle religion universelle.

Le dieu mésopotamien Anu, précurseur du Jéhovah biblique, et qui se désigna d’office comme tel, trouva là le moyen de faire porter le poids de la responsabilité de la Chute aux humains, les accusant de manière colérique et mettant en exergue le péché pour les enchaîner à la culpabilité jusqu'à la fin des temps. Les ayant coupés de l'accès à la vérité, il engendrait inévitablement le dévoiement de leurs actes, et n'avait plus qu'à laisser les humains à la constatation de ce mal naturel en eux et par là-même à se condamner mutuellement, en se rejetant à la face la présumée faute originelle. Par le jeu de cette calomnie, les prédateurs reptiliens avaient particulièrement en ligne de mire la sexualité, source d'émancipation, avec l'objectif de la contrôler en la dénaturant.

La femme fut bien sûr la principale visée, accusée d'avoir " comploté " la première avec le serpent et incité son alter ego masculin à la suivre. Il ne pouvait en être autrement, car Enki et les Amasutum généticiennes, vecteurs de l'information supraconsciente - celle de l’Âme, du Soi supérieur -, s’étaient adressés prioritairement à la femme dans la mesure où sa génétique et sa capacité alchimique émotionnelle lui permettaient d'initier le réveil de la conscience par la compréhension cellulaire - lieu des mémoires - du message rédempteur. Étant celle qui enclenche le retour à l’androgynie de la conscience, elle ne pouvait qu'être " naturellement " la première cible du mécanisme prédateur, ce que les persécutions religieuses confirmèrent par la suite *. 

* Cf. L’Église romaine décodée.

Programmation mentale

" Depuis l'enfance, la plupart des petites filles du monde occidental s'entendent raconter l'histoire d'Adam et Ève : Ève fut créée à partir d'une côte d'Adam, pour être sa compagne et sa servante parce qu'il était solitaire. Puis on leur enseigne qu'Ève était naïve jusqu'à la stupidité et fut une proie "facile " pathétique pour les ruses du serpent. Elle désobéit à Dieu Tout Puissant, mena Adam à la perdition et, depuis lors et à jamais, toutes les femmes portent le blâme de cette perfidie. […]

Sans cesse, la légende de la perte du paradis a été utilisée pour imprimer en nous l'infériorité naturelle des femmes. Seul l'homme a été créé à l'image de Dieu…"

Laura Knight, auteure états-unienne, " L'Onde "

 

Le dévoiement du mythe

L'inversion étant un des leviers d’action principaux de la prédation en troisième densité, les rôles des protagonistes légendaires et mythiques - les héros - servant à enseigner sont redistribués dans une vision beaucoup plus figée, beaucoup plus cloisonnée, et surtout marquée par l’antagonisme. C'est ainsi que la vision patriarcale sous-jacente conduit à insister sur la lutte à laquelle doit se livrer le héros, toujours masculin (Ulysse, Hercule, Jason, Énée...), qui doit affronter les dangers du monde et dont l’ultime épreuve est le combat avec le Dragon ou l'artefact assimilé (hydre, minotaure...). Ces mythes, conçus et perçus à travers les lunettes distribuées par la société patriarcale, nous incitent – par la volonté de maquiller et d’écarter le danger que représente le pouvoir féminin androgyne – à refuser de nous abandonner réellement au processus alchimique. En effet, dans ce scénario qui valorise la loi du plus fort et du plus malin, les notions extérieures de punition et de récompense mises en avant réduisent la puissance et la vertu transformatrice du processus intérieur.

Toutefois, puisque la force profonde du symbole est vouée inexorablement à être détournée, nous sommes invité par notre Soi supérieur, la plupart du temps à notre insu, de manière inconsciente, à exercer notre discernement, à nous tenir éveillé pour déjouer les manipulations de syntaxe qui peuvent nous confondre. Nous devons pour y parvenir débusquer la glorification du redresseur de tort et du sauveur tant prisé (Zorro, Robin des Bois, Thierry la Fronde, le shérif, ...), et être vigilant quant à la morale insidieusement ajoutée qui risque de nous rendormir. Cette présentation manipulée s’adapte en fonction des besoins de l’asservissement, déformant de nombreux mythes anciens évoquant serpents et dragons, dévoyant le langage mythologique, qui dans sa forme dynamique, relie la psyché humaine aux origines de la Connaissance.

Elle ferme ainsi l’horizon de l’initiation, en masquant l’issue proposée par le symbole quand il est pris dans son sens le plus large. Pour cela elle crée subtilement des peurs, ou en renforce d’autres qui utiliseront les figures du dragon et du serpent comme support.

Au mieux dans la métaphore du héros décapitant, terrassant ou domptant le dragon, l'hydre et autre méduse, nous pouvons voir la phase d’approche de l’initiation réelle, consistant à surmonter ses peurs pour quitter le connu et effectivement se confronter au prédateur. Également, à travers la décapitation, nous entrevoyons le symbole de la coupure avec le mental, celle d’un univers psychophysique qui se coupe d’un égo qui fuit l’opportunité de grandir, afin de demeurer à rationaliser à tire-larigot, à tourner en rond dans ses préjugés, et être en proie à l'obsession.

En nous arrêtant au stade de la confrontation avec le dragon, le minotaure, ce à quoi renvoie l’iconographie ayant trait aux victoires du héros, nous n'atteignons pas la réelle teneur de l’initiation. Croyant avoir reçu l’initiation, nous n’en recevons qu’une pantomime, un simulacre, qui cache le signe de notre recul pris paradoxalement comme un exemple de bravoure. Avec cette tactique, l'individu est privé d'un accès aux mondes spirituels. Il illustre la fameuse " contre-initiation ", ce demi-tour effectué par notre conscience limitée - le mode " Service de Soi " - au seuil de sa véritable transformation en " Service d'Autrui ", celle du Soi supérieur. Mais comme tout acte de prédation est potentiellement source de réveil, une telle situation peut donner lieu à un approfondissement de l’expérimentation afin de passer un cap, et revenir se présenter devant le dragon, en d'autres termes reculer pour mieux sauter ...

Transposition initiatique du féminin Eve et du masculin Adam (1)

Appliqué à notre réalité, " Ève " est ce féminin dans son travail de salariée, sous la tutelle d'un patron qui, usant de son autorité sur autrui, abuse de sa gentillesse, de sa peur de perdre son emploi, de sa soumission, et même du conditionnement " de coucher sous le joug du chantage ".  Elle vit un vrai harcèlement. Au-delà d'un certain seuil d'accumulation, son instinct de survie prend le pas sur la situation, et chose qu'elle n'avait jamais osé faire, elle démissionne et porte plainte. Elle prend conscience qu'elle vient de franchir une étape cruciale dans sa vie et, croyant qu'elle a triomphé du dragon prédateur, se jure que plus jamais cela ne se reproduira… L'initiation est certes bien présente, mais récupérée par son prédateur attitré qui lui fait miroiter que la situation est résolue et qu'il ne faut surtout pas chercher plus loin, sous peine de " remuer la merde " et de faire surgir des mémoires douloureuses enfouies. L'initiation se transforme alors en contre-initiation, l'injustice, la rancune voire la haine l'emportant sur l'acceptation de ses émotions et sur un regard plus objectif qui pouvait en découler.

Continuant à vibrer pleinement de ses programmes de victime, elle ne tarde pas à revivre le même genre de situation qu'elle s'est pourtant promise de ne pas réitérer, cette fois-ci dans le contexte du couple avec Adam son époux, qu'elle a aimé pourtant profondément les premiers temps... Les années ayant passé, et poussée à bout par la situation qu'elle revit de façon étrangement similaire à celle décrite précédemment, elle en arrive à la phase du "reculer pour mieux sauter ", à la transformation de la contre-initiation en initiation. Cela ne peut se produire que si elle plonge en elle-même et visite les programmes qu'activent son prédateur.

La lutte héroïque contre le Dragon est certes satisfaisante pour notre désir d'absolu. Pourtant, rester sur son apparent triomphe ne règle rien tant que nous ne prenons conscience de notre état émotionnel et des pulsions au travers desquels le prédateur gouverne notre monde psychophysique. Le stratagème utilisé vise à nous cantonner entre la peur initiale présumée indépassable et son franchissement donnant le sentiment de la victoire. Si nous en restons là, la ruse nous maintient dans la prédation, une autre peur étant amenée à se représenter pour continuer à alimenter son canal nourricier.

Le dragon initiatique se voit ainsi paré des peurs du futur initié, lui offrant la possibilité de les voir, de comprendre. Il faut parfois atteindre un certain seuil de " craquement " pour permettre à la Conscience de se faufiler. Le dragon intérieur, réceptacle et dispensateur du processus de changement, accompagne la prise de conscience. Et, finalement, de la tempête finit par émerger le calme.

C'est pourquoi il ne s’agit pas de dompter le dragon, mais plutôt de dompter la terreur avec laquelle nous le regardons, c’est à dire avec laquelle nous regardons l’inconnu, la mort des identités égotiques. Ou, plus précisément, il s'agit de dompter le prédateur qui, pour passer inaperçu, profite de nous terroriser en diffusant l'image, le ressenti, la pensée qui paralyse notre discernement (l'image terrifiante du reptile).

Transposition initiatique du féminin Eve et du masculin Adam (2)

Cette fois-ci Ève est effondrée. Elle a conscience de la répétition de la situation, mais se sent dans une impasse. Elle fait crise de nerf sur crise de nerf et, plusieurs fois, a songé au suicide… Un jour de grand désespoir, alors qu'elle n'a plus aucune force pour lutter, elle demande de l'aide. Elle est instantanément frappée par un flash de conscience qui, vu l'état de son égo, peut facilement atteindre son centre cognitif. Elle prend profondément conscience à ce moment-là, et pour le reste de sa vie, qu'elle n'est pas maître de son vaisseau. Son corps et son psychisme sont gouvernés par " autre chose "… Elle comprend enfin qu'il y a un sens à tout ce marasme existentiel. Les jours suivants, motivée par une quête de Vérité, elle fait des recherches et découvre la réalité prédatrice hyper-dimensionnelle. Elle sent alors l'énergie affluer à nouveau. Elle est en train de sortir de son déni, et déterre alors ses facultés de discernement qui lui permettent de dévoiler les capacités d'intrusion du prédateur au sein de ses corps émotionnel, intellectuel et physique.

Les peurs qui occultent l’ascension de conscience vers le Soi supérieur ne sont que la conséquence de notre attachement à une forme connue que nous avons expérimentée. Si cet attachement et ces peurs manifestées par ce penchant étouffent le processus trop longtemps, le danger de stagner dans cette phase et celui de s’y perdre prend de l'ampleur. En même temps, ces peurs signalent aussi que certaines conditions sont requises pour l’initiation. Le nouveau grand défi qui se présente alors est de nous assurer et d’assurer notre maître prédateur que nous avons bien reçu son enseignement, et que nous sommes prêt à franchir avec lui le voile de l’illusion dans laquelle il se maintenait autant qu’il nous y maintenait.

Transposition initiatique du féminin Eve et du masculin Adam (3)

En bénéficiant de la fonction initiatique du dragon, Ève a fini par démasquer la fausse image plaquée sur celui-ci. Elle a perçu l'alchimie intérieure favorisant la mutation du prédateur par notamment la synergie de ses deux polarités, le mode " Service de Soi " et le mode " Service d'Autrui ". Pour que ce déroulement ne se transforme pas à nouveau en contre-initiation, elle a pris conscience de la nécessité de rester en contact profond avec le dragon qu'elle venait de découvrir. Autrement dit, elle s'est dégagée de la tentation de demeurer enfermée dans une dualité figée, qui met en scène les deux visions opposées falsifiées de l'ombre et de la lumière, la poussant à chercher par divers rituels à ce que " l'amour triomphe du mal ". Elle a pris conscience que le véritable chemin consistait à cesser de remettre son pouvoir entre les mains d'un " super thérapeute " ou d'un " super maître éveillé ", et de vivre à 100 % les expériences conjugales ou professionnelles du quotidien comme initiatiques, tout en continuant ses recherches sur la réalité de son monde de 3ème dimension. En actant cette prise de conscience, elle a créé une nouvelle réalité dans laquelle son prédateur est consciemment inclus. Elle a enfin rejoint son dragon intérieur initiateur.

Par un travail acharné à marier les informations qu'elle découvrait sur son monde extérieur et son monde intérieur avec les épreuves du quotidien, Ève a également senti que le fonctionnement de son couple qu'elle nourrissait devait changer radicalement. Capable désormais de voir les prises énergétiques qui entravaient son cheminement vers la conscience supérieure, elle a offert à Adam une opportunité de grand changement : soit de cheminer également vers sa conscience supérieure, en faisant face à son propre prédateur entretenant ses programmes psychopathiques, soit à continuer à se nourrir des autres, mais ailleurs. Mis au pied du mur, il dut prendre une décision grave, son prédateur se débattant et se rebellant. Il choisit toutefois de passer le seuil de la porte que lui ouvrait la polarité féminine. Si les crises n'étaient pas finies pour autant, le message du dragon était à chaque épreuve pris avec davantage de considération et de compréhension. Une véritable complémentarité put s'établir alors…

 

Le serpent, voie initiatique de libération

En comprenant que les jeux de dominant bourreau et de dominé victime, avec leur complément respectif sauveur, nous conduisent à l'involution, nous pouvons passer à une autre étape du cycle initiatique de la conscience tel que traditionnellement enseigné. Il s'agit de trouver une position tierce, médiane. Elle consiste à nous rendre compte qu’en réalité, dans la position de victime comme dans celle du bourreau, nous sommes surtout victime d’ignorer leur utilité dans l'apprentissage du Moi destiné à évoluer vers le Soi. Autrement dit, l'apprentissage d'un mode en " Service de Soi " est destiné à nous permettre d'évoluer vers un mode en " Service d'Autrui ". En jouant et rejouant alternativement les deux rôles, nous permettons à la conscience son évolution. En effet, lorsque la douleur et la souffrance sont devenues extrêmes, elles conduisent à la prise de conscience de l'indispensable changement d'un fonctionnement qui nous enferme dans les boucles du temps propres à la 3ème dimension de conscience. Ainsi le nécessite le cheminement de notre Âme dans son retour à la Source originelle *.

* Cf. Le cheminement de l’Âme.

Le culte du serpent en Afrique occidentale et méridionale

Depuis les temps les plus reculés, les noirs d’Afrique rendent au serpent des cultes divers dont ils ne sont pas encore affranchis. Les Dinkas, dans l’Afrique centrale, recueillent et soignent comme des parents certains serpents souvent fort bien apprivoisés, notamment les pythons. Ils voient en eux des êtres surnaturels vivant en ce monde, et en qui se sont transformés les esprits de leurs aïeux défunts, croyance qui existait aussi, quelque peu différente, chez les anciens Égyptiens *.

On retrouve des idées analogues, et parfois un culte qui exigeait, récemment encore, de sanglants sacrifices, dans le haut bassin du Zambèze, dans celui du Chari, aux Monts de la Lune, dans la vallée moyenne du Niger. Au Dahomey, actuel Bénin, les missionnaires se plaignaient de la place prépondérante que le serpent occupe dans la religion et le fétichisme des noirs, et de la crainte révérencielle dont il est honoré par eux : ils se prosternent devant ces reptiles comme devant des dieux intelligents et dangereux qu’ils n’aiment pas mais qu’ils redoutent. Les documents produits à l’Exposition Coloniale de 1931 ont confirmé ces données ethnologiques.

* Cf. André Demaison, " Les rois du Dahomey ".

Le passage où nous prenons conscience de la fonction initiatique de la dimension en mode " Service de Soi " est un moment charnière extrêmement précieux. En apprenant à le garder en mémoire, nous " apprenons à apprendre " et développons une confiance en son intérêt au fil des initiations.

 

Le double visage du dragon

Certains enseignements évoquent deux dragons (ou deux loups), l’un malveillant qui est rattaché à une vision négative de l’obscurité, et l’autre bienveillant présenté comme un allié dans la quête des secrets de la nature. Ce qu'ils oublient, sans doute volontairement pour maintenir leurs adeptes dans le piège de la division, c’est que dans la source des traditions primordiales, ancrée dans le savoir intime de l’humanité, il n’y a qu’un seul dragon qui possède deux visages. Il nous invite à regarder la dualité d’un endroit plus élevé.

Ses deux visages correspondent aux deux facettes interreliées de la réalité : l’expérience brute de la Materia Prima sur laquelle nous devons œuvrer, et la révélation initiatique pour pouvoir évoluer. L’une ne va pas sans l’autre, car pour accéder à l’initiation, nous devons retrouver la Connaissance au travers du vécu et de la compréhension des polarités dans leurs raison d'être et complémentarité. L'accès au mode " Service d'Autrui ", qui embrasse le principe initiatique dans son entier, n’a de sens que si nous envisageons sa relation inséparable d'avec le mode " Service de Soi ".

La clé réside dans l’acceptation d’un dialogue, d’une synergie entre les deux modes. Le double regard donné par le dragon assume la coexistence de la version ésotérique et de la version exotérique de la réalité, de la vision de l’initié et de celle du profane, du monde du vécu brut et de l'éther. La propriété qui lie les deux regards est de nature inversive, permettant de retrouver le monde de l’initiation à partir de l’expérimentation de l’œuvre du démon qui se présente comme son contraire. Ces deux mondes sont intimement reliés par le centre de conscience qui les observe et qui alimente le mouvement qui les joint. Cette mise en relation par l’opposition du sens est la manière fondamentale de créer une dynamique au sein de la Création.

Si le dragon a deux visages, l'initié sait que l'un des visages, le premier, n'est pas le vrai visage du dragon, et qu'il est là pour le tester et à défaut pour le tromper. Chacune des deux facettes du dragon correspond à la partie de nous qui le perçoit, traduisant le moment où nous en sommes dans l’initiation quand nous le regardons. L’un des visages correspond à l’étape précédant l’entrée dans la phase de transformation proprement dite : nous quittons l’expérimentation, et l’égo est effrayé à l’idée de sa mort prochaine. L’autre visage, l'autre pendant de l'initiation, est la dimension de profondeur qui se dévoile quand nous pénétrons la phase de métamorphose du recyclage de notre identité.

La caverne comme l’antre du Dragon (ou son corps) figurent les tréfonds de la psyché, et également les entrailles physiques, l’utérus, l’abdomen, la poitrine ou le crâne (et finalement le cœur de nos cellules et des atomes qui nous constituent) qui servent de supports concrets et résonnants à la métamorphose interne de l'esprit. Ces symboles du contenant sont aussi ceux du contenu en pleine ébullition, c’est à dire de la combinaison de toutes les données en train de créer l’embryon de la nouvelle personnalité. C’est dans la liaison des deux, dans le chevauchement de leurs fonctions à la fois opposées et complémentaires, que croît la dimension créatrice.

Dans différentes cultures à la surface du globe, le dragon et le serpent sont des symboles proches qui ont trait à une dualité sublimée, c’est à dire à la gémellité. Ces animaux mythologiques sont associés généralement à un jumeau ou à une jumelle *. De ce fait, par sa puissance, le dragon investit la totalité du principe duel. Il invoque la coopération de tous les atouts dont la conscience et l’âme humaine auront besoin pour accomplir les cycles alchimiques et retrouver une aisance dans cet art. Le rassemblement de ces capacités est signalé par la synergie effective du principe masculin et du principe féminin qui président alors à nos choix et à notre développement.

C’est à cette étape que le symbole acquiert ses ailes, que de terrien il devient aérien, en tout cas qu’il marie air, feu, eau et terre, dévoilant la force du cinquième élément, les secrets de la quintessence, le 5ème élément gisant au fond de notre inconscient dont il peut nous livrer les clefs. Il symbolise par conséquent l’âme ailée qui est libre de naviguer au travers de ses expérimentations puisqu’elle sait comment pénétrer leurs significations et qu’elle va les utiliser pour s’adapter et évoluer.

Cette conscience aux ailes déployées a retrouvé la nature androgyne du Soi. Elle est capable de voler car elle est aussi capable d’accepter sa chute pour apprendre. Notre nature humaine oscille donc entre deux pôles : l’ange déchu et le créateur ailé. Mais plus l'énergie du service d'autrui se développe, plus l'oscillation tend vers la créativité.

* Cf. Travaux de Jeremy Narby, anthropologue canadien, " Le serpent cosmique ".

 

Le principe féminin androgyne universel

Sous son visage initiatique, le reptile - dragon ou serpent - transporte l’essence de la Connaissance, celle du principe féminin androgyne qui est le point d’allumage de la quête de l'autonomie de l'âme. Il irrigue d’informations primordiales la Terre de ses veines serpentines, mais aussi l’air et tout ce qui existe. C'est pourquoi nombre de cultures le considèrent comme le courant de l'Esprit universel tapi en arrière-plan, qui articule le monde visible pour y remettre de l'ordre et nous permettre la lucidité de regarder les choses telles qu’elles sont. Il est la fissure dans le voile de l’illusion et du mensonge.

Il symbolise le contenu et le contenant qui nous réaniment, le premier par les forces vitales que sont le masculin et le féminin, le second par leur association dans les profondeurs de la conscience, où peuvent avoir lieu la gestation et la renaissance, la régénération de l’individu.

Passer par le dragon, être menacé ou prêt à être avalé par le serpent, et ressortir de leurs corps renouvelé par un nouveau compost, illustrent les rituels de passage effectués dans les mondes souterrains, dans la grotte utérine des cultures animistes (Cf. images). Plonger dans la gueule du dragon, c’est sauter dans le feu alchimique où masculin et féminin se fécondent mutuellement, le feu de la Connaissance dans lequel les parties coopèrent de manière synergique. La couleur noire propre à cette plongée dans la Caverne intérieure prend un sens profond, car elle désigne l’endroit où s’assemble la Connaissance, où se recompose la personnalité sur des bases plus vastes et plus actives, puisant au-delà des apparences et du visible, puisant dans la synthèse vivante de toute forme de dualité. Assistée de son regard androgyne, dont la qualité renvoie à la nature intrinsèque du cosmos, la conscience peut alors construire des échanges sur le mode gagnant/gagnant, promouvant de cette manière " l’apprenti-sage ".

Nous pouvons ainsi comprendre pourquoi le monothéisme patriarcal et les égrégores des centres de conscience institutionnels n'aient cessé de comploter contre tous les détenteurs du secret de la Création ...

 

L'indispensable transmutation de l'énergie sexuelle

Si le serpent est la figure féminine du prédateur involutif contrôlant notre égo mental, il est également et surtout celle de l’énergie de vie qui circule en nous. Ainsi l'histoire du serpent s'enroulant autour de l'arbre n'est qu'une image de la formation de la colonne vertébrale, canal de circulation, et du système nerveux central dit animal, canal d'expression. L'expérimentation de la matière sous domination du prédateur peut alors devenir une véritable initiation à notre libération et à notre évolution si nous comprenons que le serpent initiatique est en nous, reflet bénéfique du monstre prédateur extérieur. C'est tout l'enjeu de notre transformation intérieure, à travers le cheminement dans ce labyrinthe de la Vie, extérieur comme intérieur. En aiguisant notre discernement, nous fortifions nos prises de conscience et nous nous dégageons de l'emprise de l'illusion de la matière.

Par la fusion de nos polarités masculine et féminine, nous comprenons que la Connaissance ainsi que la conscience sont de nature androgyne. Étant la synthèse de tous les principes, elles reposent toutes deux sur la synergie des deux principes fondamentaux que sont le féminin et le masculin. De ce fait la transformation de l'énergie sexuelle est une porte potentielle vers la Connaissance et l'évolution de la conscience. Aussi la sexualité transcendant la sexualité mécanique propre à la 3ème dimension contient la clé vers l’autonomie.

Le labyrinthe de la voie sexuelle fut complexifié et perverti de différentes manières, afin de pousser les humains à un plaisir de plus en plus exempt de conscience. Il permit aux maîtres de l'entropie de les éloigner efficacement de la porte de sortie libératoire, tout en prélevant au passage l'énergie de souffrance en découlant (mélange de culpabilité, de refoulement et de frustration, de domination et d'asservissement). Il fut d'autant plus aisé de corrompre les humains sur cet aspect, que les corps de la femme et de l’homme avaient été, par leur scission originelle, formatés génétiquement en vue d'un asservissement. Leurs corps ne rappelaient plus l’androgynie de la conscience et de ce fait de la réalité de leur pouvoir profond.

Ce fut d'abord au moyen d'une montagne de tabous destinés à les dissuader de mener l'enquête introspective au sujet de la sexualité. Puis par son opposé, une libération des sens autorisant la quête frénétique de ses pulsions et fantasmes, exacerbés par différentes techniques d'incitation (exemple : la pornographie) ou de suggestion subliminale *.

* Cf. Contrôle mental.

Isis et Osiris
Isis et Osiris

Le mythe d'Osiris, clé libératoire de notre sexualité

Les éléments qui construisent un mythe, en dépit de l’inversion du sens dont il est porteur, jouent un rôle important dans l’acquisition de la Connaissance. Ainsi le mythe d'Osiris, dont la vocation pédagogique découle du schéma qu'il imprime à l’envers dans la psyché humaine, et qui se réactive à chaque fois que celle-ci plonge dans l’expérience.

Nous avons comme Osiris à expérimenter la Chute dans la matière, en étant " démembré " jusqu'à en perdre notre attribut sexuel. Cette perte évoque le dépassement possible de notre sexualité programmée, en effectuant tout le processus de régénération, nous " re-générer ", afin d'être capables par la transmutation alchimique de nos polarités masculine et féminine de ré-enfanter un nouveau " nous-même " doté d'une nouvelle conscience. Elle conduit à être cet individu, ce Moi, qui parvient à voir sa filiation avec le péché originel sans cesse reconduite par la procréation biologique et à s'en détacher. Elle permet de mettre un terme à l'un des programmes-illusions le plus efficace de la Matrice asservissante, qui consiste à faire des humains au lieu de réaliser l'Humain.

Ce mythe osirien rappelle une phase importante du principe initiatique que Enki et d'autres incarnent également. La symbolique du démembrement du corps se retrouve dans l’histoire de nombreux avatars et divinités, nos maîtres prédateurs s’ingéniant à en détourner sa puissante signification au profit de la version patriarcale, à savoir une punition comme résultat d'une rivalité. 

 

Le processus alchimique libératoire

Le vécu de la prédation, visant à nous empêcher de nous tourner vers notre Soi supérieur, fait partie intégrante du mécanisme de la Création. Nos deux polarités - le Moi, autrement dit le mode " Service de Soi ", et le Soi, le mode " Service d'Autrui " - s'associent pour produire un mouvement spiralé au travers duquel le principe créatif universel se manifeste. Toute la question posée à l'être humain consiste à savoir avec quelle dose de déni et/ou quelle dose de reconnaissance il envisage sa relation avec l'expérience d'un vécu sous mode asservi. De la réponse qu'il apporte découle sa progression sur le chemin de la conscience, son retour actif et créateur dans le Jeu de la Vie. Par son libre arbitre, il choisit ou non de récupérer l’énergie volée à son détriment par le système et les informations investies dans l’expérimentation.

Le moment de ce choix est déterminant, car il enclenche le processus alchimique interne et ses différentes étapes : " l’Œuvre au Noir", qui correspond au démembrement de notre identité liée au Moi et au compostage de l’expérience, puis " l’Œuvre au Blanc ", qui est la purification des différents membres et la mise en évidence des composants compostés, et enfin " l’Œuvre au Rouge ", conclusion de l’initiation, qui est la recomposition de la personnalité nous apprêtant au nouveau. C'est au sein de l'Œuvre au Rouge, au fur et à mesure de nos passages à ce point culminant, que l’étoile du Soi révélé peut prendre les commandes des cycles initiatiques.

Cf. Processus de transformation de conscience.

Entre lutte et immobilité

Dans le démembrement du Moi individu, la violence peut nous aider à dépasser une situation où nos attachements nous retiennent, si nous la laissons exulter en la " canalisant " par la conscience d’être traversé par son torrent. Elle peut ainsi déjouer et dissoudre des programmes bien ancrés, permettant la déprogrammation en nous contraignant à sortir de nos jugements sclérosants et de notre culpabilité. Elle est une force pour les besoins d’une expérience, dont l’explosion ou le bouillonnement signale à notre esprit faisant la sourde oreille qu’il est temps d’aller vers d’autres horizons. Elle est la mèche de la dynamite, qui une fois allumée vient disloquer par son explosion les pré-requis rigides de cette sphère électro-magnétique qu'est l’ego. Elle offre par cet éclat de programmes la possibilité de se frayer un nouveau chemin au milieu des débris de croyances.

En d'autres occasions, l’ampleur de la prédation est si dévastatrice que nous n’avons d’autre choix que de nous tenir " immobile " au milieu de l’effervescence de la cocotte-minute, jusqu’à ce que nous émergions de ces circonstances en ayant acquis une leçon mémorable et fait peau neuve.  Tout se passe comme si, après un temps de stagnation, l’énergie qui a baigné dans la marmite était conduite à se transformer par sa propre force et à se fondre à nouveau avec son essence dynamique originelle. Les forces en mode " Service de Soi " opèrent un démantèlement de leur nature lorsque la conscience expérimentant accède à nouveau à la sphère de la supraconscience. Cette transition correspond au passage du cycle initiatique où l’esprit du Moi comprend et collabore avec l’esprit du Soi, établissant ainsi sa métamorphose.

C'est bien notre conscience en mode " Service de Soi " qui constitue le creuset de la transmutation et en allume le feu lorsque, par l'ouverture de conscience, nous voyons le prédateur à sa juste place et dans une dynamique évolutive. Elle nous compresse et active le bouillonnement des énergies.

Dans le ventre du dragon, au sein du processus initiatique, chaque force - masculine et féminine - a son rôle et participe au développement créatif, à la naissance de nouvelles perspectives et conditions d’expérimentation. Leur alchimie est guidée par un principe de cohérence, une intelligence androgyne omnisciente sous-tendant chaque réalité, et qui est révélée par l’entrée dans la phase d’intériorisation et de gestation.  Grâce à elle et par elle, la conscience de l’individu accède à la partie motrice de l’inconscient collectif connecté à l’éther, ce réservoir infini d'informations concernant toutes les expériences vécues et toute la Connaissance qui sous-tend le multivers * (les multiples univers y compris notre réalité). Aucune hiérarchie n’existe entre ces forces mêlées par l'alchimie intérieure. Simplement, certaines d’entre elles sont affublées de pensées, d'informations non encore digérées, constitutives d'inertie dans la non-intégration des expériences précédentes. Ces forces ont par conséquent en l'état une " incapacité" à se marier l'une avec l'autre, et c'est pourquoi elles doivent être transmutées. Et c’est au cœur même de la contraction qu’a produit la prédation, au cœur de notre attachement à l’ancien, que nous allons trouver la force de faire cette mise à nu, de réaliser " l'Œuvre au Noir ".

Au fur et à mesure des expériences accompagnées du changement total de vision sur le monde du dragon, son emprise pourra se relâcher progressivement. Les aller-retours entre expérience et éther seront de plus en plus rapides, permettant à la conscience de la profondeur de devenir de plus en plus accessible, et demeurer la toile de fond de notre évolution.

* Cf. Univers en partage.

Barbe-Bleue de Charles Perrault
Barbe-Bleue de Charles Perrault

Barbe-Bleue, ou la transformation du prédateur

Dans son livre " Femmes qui courent avec les loups ", la psychologue et écrivaine états-unienne Clarissa Pinkola Estés rend compte de ce changement de l’énergie du Moi sous l’effet de sa propre force. Parce qu'un profond travail de conscientisation est réalisé, l'initié récolte les fruits de son labeur et peut aller plus loin dans la compréhension de la transformation alchimique. La figure de Barbe-Bleue y incarne autant le prédateur interne qu’externe, dont les restes à la fin du conte sont livrés aux charognards. C'est le résultat de la transformation du prédateur, l'ultime tâche du féminin ayant consisté à permettre à la nature de dépecer le prédateur et de l'emporter afin qu'il soit incubé, transformé, et remis dans le circuit de la vie.

" Lorsque nous refusons de distraire le prédateur, sa force s’enfuit hors de lui et il est incapable d’agir sans nous. Nous le conduisons vers la strate profonde de la psyché où tout ce qui est créé n'a pas encore pris forme et nous le laissons mijoter doucement dans cette soupe éthérique jusqu'à ce que nous lui ayons trouvé une meilleure forme à revêtir. Quand l’energum psychique du prédateur est restitué, on peut lui donner une forme, dans un but autre. Et dans ce cas, nous sommes des créatrices ; une fois la substance brute réduite à l'essentiel, elle devient le matériau de notre propre création.

En triomphant du prédateur, en lui prenant ce qui est utile et en laissant le reste, les femmes sont emplies d'une intense vitalité, d'un élan formidable. Elles lui font restituer ce qui leur a été volé, de la vigueur, de la substance, en quelque sorte elles le " clarifient ". On peut concevoir ainsi cette transformation de l'énergie du prédateur en quelque chose d'utile : avec la fureur du prédateur, on alimente le feu de l’âme et cette flamme va permettre d’accomplir de grands desseins. La ruse du prédateur va servir à mieux voir, à mieux prendre ses distances. Sa nature meurtrière va servir à anéantir ce qui doit mourir dans une vie de femme, ou à quoi celle-ci doit mourir dans sa vie quotidienne, ce qui n'est pas la même chose et ne se fait pas en même temps. Généralement la femme sait pertinemment ce dont il s’agit.

" Extraire la substantifique moelle " de Barbe-Bleue, c’est comme prendre à l’ombre mortelle de la nuit sa part de remède, ou à la belladone empoisonnée ses éléments curatifs [références à l’action du remède homéopathique qui fonctionne sur le principe des contraires]. Des cendres du prédateur, de ce qu'il en reste, renaîtra de fait quelque chose, mais sous une forme plus réduite, plus reconnaissable. Quelque chose qui aura un bien moindre pouvoir de duperie et de destruction - car vous vous serez réappropriée nombre des pouvoirs qu'il utilisait pour détruire et vous en aurez fait de l’utile, de l’adéquat. "

Le processus initiatique ne peut s’enclencher sans la présence du prédateur qui en est un des rouages essentiels. Aussi la rencontre avec lui est décisive pour se sortir des griffes d’une forme de prédation qui s’est immiscée dans l’énergie de " la mère originelle " et engendre l’apparition de la " trop bonne mère ", la mère qui étouffe sa progéniture. Cette dernière condense en elle les peurs que l’entourage et la société peuvent projeter au moment de la transition de l’adolescence, ou de toute autre passage ayant pour but d’accentuer l'autonomie de l'individu.

 

 

La mémoire collective connaît le pouvoir initiatique de l’archétype Dragon/Serpent qui nous mène à la rencontre de la lumière universelle, l’information-énergie, l’éther. Cette rencontre nous rend par conséquent rois et reines de notre destinée, co-créateurs des réalités que nous côtoyons. Le monstre, qui étymologiquement signifie " avertissement céleste ", enseigne à Adam et Ève comment sortir de leurs conditions d'asservissement. Il leur transmet le double regard dynamique avec lequel " l'interaction reptilienne " montre sa véritable dimension, ceci afin qu'il ne soit plus nécessaire pour eux de se perfectionner dans l'art de fuir ou de faire la guerre au dragon, mais en apprenant l'art de danser avec lui. Le serpent-dragon est le médiateur qui guide l'âme vers la porte de sortie de la Matrice, le mode " Service d'Autrui " et la maîtrise du mouvement dimensionnel. Sur l'image, le Roi-Soleil dans la gueule du monstre est le symbole de la fausse lumière, Lucifer, qui sera lui-aussi bientôt englouti, afin que des ténèbres alchimiques, du ventre transformateur, surgisse la vraie lumière, celle du Soi androgyne.

 

 

La vraie thérapie, c'est à tout moment, en toutes conditions, et certainement pas guidée par quelqu'un que nous payons, mais par sa propre guidance supérieure qui place les expériences dont nous avons précisément besoin sur notre chemin.

 

 

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