L'art réussi du changement

Fondements

Tout changement génère la peur, l'anxiété, les personnes se sentant menacées, consciemment ou inconsciemment,  par la perspective d'un changement des croyances auxquelles elles avaient cru jusqu'alors. En conséquence  elles ont tendance à contre-attaquer.

Mais lorsque la conscience évolue et progresse, l'Homme n'a plus à lutter pour exister et survivre. Il entre dans le cycle naturel de la vie, l'état de flux, qui permet à son authenticité profonde de s'exprimer en toute confiance, en toute harmonie.

C'est tout l'enjeu de la transformation en cours, au sens individuel comme collectif. Elle suppose de reconnaître la partie " ombre " qui nous contraint et nous détruit. De sa compréhension et de sa mutation renaît une relation différente, à soi et aux autres, débarrassé des affres de la compétition féroce et sauvage pour le bénéfice de la coopération.

 

Le mythe de la souffrance

Le châtiment de Sisyphe par Zeus

Éléments-clés

 Le voyage du Héros

 

Le principe de l'Alpha et de l’Oméga

 

Le pouvoir de l'instant présent

 

Le pouvoir de métamorphose

 

La pratique de l'auto-observation

 


QUELQUES " CLASSIQUES "

La force de l’habitude

Il est courant de rencontrer certaines façons de faire, se perpétuant d’une manière constante sans jamais être remises en question. La force de l’habitude semble être largement plus forte que la force du changement. Une sorte de confiance due principalement à l’ancienneté fait qu’il est tabou de vouloir remettre la chose en cause. Les processus/procédures en vigueur dans les entreprises sont ainsi truffés d’actes quasi sacralisés sous le couvert de la tradition.

Après identification, il convient dans le calme, sans enflammer les passions, de corriger le tir avec douceur afin de provoquer le moins de remous possible.

La tradition est une arme à double tranchant. D’un côté, elle sécurise et, d’un autre, elle est obsolète, pas forcément adaptée au contexte actuel. Dans tous les cas, elle ne doit pas être une excuse pour éviter de la remettre en cause.

 

Face aux rumeurs

Les rumeurs qui courent mélangent informations et désinformations non fondées, ayant un effet sur l’état d’esprit comme sur la productivité. Leur nocivité peut être circonscrite par le questionnement préalable au transmetteur d’information.

L’enseignement transmis par Platon nous en donne le mode d’emploi. Nommé le " test des 3 passoires de Socrate ", il est le suivant.

Quelqu’un vint un jour trouver le grand philosophe et lui dit : " Sais-tu ce que je viens d’apprendre au sujet de ton ami ? ". " Un instant ", répondit Socrate. " Avant que tu ne me racontes, j’aimerais te faire passer un test, celui des trois passoires ". " Les trois passoires ? ". " Oui ", reprit Socrate. " Avant de raconter toutes sortes de choses sur les autres, il est bon de prendre le temps de filtrer ce que l’on aimerait dire. C’est ce que j’appelle le test des trois passoires .

La première passoire est celle de la Vérité. As-tu vérifié si ce que tu veux me dire est vrai ?  " " Non, j’en ai seulement entendu parler … ". " Très bien. Tu ne sais donc pas si c’est la vérité.

Essayons de filtrer autrement en utilisant la seconde passoire, celle de la Bonté. Ce que tu veux m’apprendre sur mon ami, est-ce quelque chose de bien ? " " Ah non ! Au contraire ! " " Donc ", continua Socrate, " tu veux me raconter de mauvaises choses sur mon ami et tu n’es même pas sûr qu’elles soient vraies …

Tu peux peut-être encore passer le test, car il reste une troisième passoire, celle de l’Utilité. Est-il utile que tu m’apprennes ce que mon ami aurait fait ? " " Non, pas vraiment … "

" Alors ", conclut Socrate, " si ce que tu as à me raconter n’est ni vrai, ni bien, ni utile, pourquoi vouloir me le dire ? … ".

La formule VBU pour Vrai, Bon et Utile est le sésame.

Pour répondre à la dernière question de l’histoire " Pourquoi me le dire ", la réponse est sans appel : c’est notre ego qui veut se faire briller. Ceci est une autre manière de voir si l’on est vraiment constructif dans nos relations…

 

Déviant positif

Déviant, sectaire, marginal, révolutionnaire, anormal … le vocabulaire ne manque pas de mots pour qualifier l’attitude de celui ou celle qui sort du rassurant standard commun, qui dévie de la trajectoire supposée normale. Si elle n’est pas liée à une pathologie dangereuse pour autrui, nous devrions pourtant nous en réjouir et l’encourager. Elle est en effet consubstantielle à l’indispensable innovation, à l’ouverture de nouveaux horizons.

Dans notre monde dual et paradoxal, choisir une voie nous amène de toute façon à des ennuis, ceux découlant du renoncement d’être soi ou ceux découlant de son affirmation. Il en est de même pour l’entreprise, ayant nécessité pour préparer son futur de personnalités marchant en dehors des clous tout en s’attachant à normer dans le même moule pour des raisons d’efficacité et de sécurité ses ressources humaines. Le culte rassurant du diplôme, certificat de conformité à la pensée alignée sinon unique, est antinomique avec le besoin de transgresser les habitudes. D’où en permanence un déséquilibre dans les pratiques et les discours, confinant à une schizophrénie coûteuse et attentatoire à la performance d’ensemble.

La réponse réside dans ce que la société a tendance à rejeter majoritairement, le non obéissant. Dit positivement, il (elle) est entrepreneur dans l’âme. Modèle d’adaptation, d’endurance et de volonté, il possède ce petit quelque chose qui lui permet de ne pas être broyé par les mâchoires du normal, du convenu, du politiquement correct. Il est capable de construire avec des ruines, des déchets, des débris, porteur infatigable de l’espoir d’une situation meilleure.

Il est le garant de l’incontournable changement, celui du mouvement incessant de la vie.

 

Déviant oui, rebelle non

Une des fiertés de l’ego-mental consiste dans l’adoption de la posture de rebelle. C’est tout particulièrement le cas à l’adolescence, afin de prouver au monde que nous sommes quelqu’un, différent, et que nous avons besoin de nous affirmer. Quoi de plus normal alors que d’envoyer balader toutes les conventions pour exprimer notre différence. Si pour certains cette expérience sera brève, pour d’autres elle dure toute leur vie.

Être rebelle consiste en fait dans l’art d’afficher son désaccord, et par là-même de bousculer pour tenter d’enrayer une mécanique qui voudrait nous broyer. Si la majorité rentre dans le rang des conventions établies pour mieux les renforcer (Cf. ex trotskystes et soixante-huit ’arts), d’autres continuent à refuser de baisser la garde. Ainsi être un rebelle, c’est d’abord dire non pour majoritairement dire oui, plus tard, à un moment ou à un autre. C’est donc une résistance qui résiste plus ou moins longtemps, et qui s’exprime avec plus ou moins de violence selon les cas. Elle amène inéluctablement des troubles émotionnels qui, eux-mêmes, apportent un déséquilibre, une non-paix, qui passe quasiment par une autodestruction physique plus ou moins rapide, que la cigarette, l’alcool, les drogues et la malbouffe se font une joie d'accompagner.

L’ouverture de conscience correspond à la volonté de vivre sa paix intérieure, ce qui est antinomique avec toute violence intérieure, tout désaccord profond. Or la rébellion est d’abord un mécontentement, celui de ne pouvoir être soi-même, de ne pouvoir suivre ses impulsions plus ou moins créatives, de ne pouvoir être libre de faire ce que l’on veut… Tant que nous sommes animé par cette pulsion, nous ne pouvons accéder à la loi qui supplante toutes celles que l’on pense justes, valables ou acquises de droit. C'est la loi du respect de la différence. Car c’est en jouant à l’unisson comme un seul organisme, en évitant toute fausse note, que nous pouvons atteindre l’harmonie, non sur des visions basées sur nos projections égotiques.

Si la " rébellion " intérieure est inscrite dans notre ADN, c’est que nous sommes séparé de notre unité et illusionné par les polarités de la division. Tout alors ne peut être qu’ego basé sur l’intimidation, la violence, la ruse et la corruption pour dominer, pour survivre le plus longtemps possible au nom, comble du paradoxe, de la liberté, de la justice, de l’amour et du respect de la Vie. En se retirant du jeu de l’ego qui veut s’affirmer, nous désamorçons les pétards du rebelle qui sommeille en nous. La Paix ne peut coexister avec la rébellion, et pour l’obtenir nous avons à pacifier nos volcans intérieurs.

 

Comprendre le fonctionnement du mental

Le mental, d’une certaine manière, est celui qui nous raconte en continu des bobards afin d’avoir sa petite personnalité bien à lui dans le fonctionnement du corps. Il construit sans cesse des programmes pour devenir en toute exclusivité le personnage, l’ego. Il est composé de nombre de croyances profondément ancrées depuis notre naissance qui alimentent ses programmes, conduisant à tous les simulacres, envies et désirs d’être reconnu et par là-même accepté par les autres. C’est ce que veut dire le mot ego : " Est-ce que j’existe ? ".

Inconscient de son mécanisme, nous avons, au fil du temps, courbé la tête et accepté nombre de règles de reconnaissance dont nous ne voulions pas forcément. A coup de " Il faut " et " Il ne faut pas ", nous avons été normé selon le consensus du moment et, par cette uniformisation, nous sommes devenu un autre qui n’est pas fondamentalement nous. Nous avons construit l’ombre de nous-même, l’ombre de notre propre nature. Persona en latin veut dire masque, et notre masque est notre personnalité.

Lorsque nous comprenons que les décors de notre vie ne sont que de l’ombre projetée par nos croyances, nos désirs, nos envies, nous perdons nos repères. Le mental tente alors de recoudre au plus vite les rideaux qui se déchirent. Il nous décentre et nous maintient dans le brouillard par le jeu de la dualité, qui par la confrontation de deux forces opposées nous conduit à faire du surplace…

 

Faire de l’ego son allié, pas son maître

Notre expérimentation terrestre, autrement dit le vécu humain, passe par l’individuation biologique dans un monde de dualités, nécessaires au fonctionnement physique de l’univers. Paradoxe, la dense réalité que nous explorons chaque jour n’est qu’une illusion à laquelle nos sens et nos croyances donnent forme. La difficulté de l’expérience est que nous sommes la plupart du temps dans l’ignorance, privé du mode d’emploi. Toutefois, les circonstances et rencontres de la vie permettent parfois de le (re)découvrir. Pour notre navigation, nous avons deux boussoles : notre mental (polarité masculine), siège de la raison, et nos émotions (polarité féminine), expressions de notre ressenti. Leur juste utilisation, autrement nommée discernement, va permettre l’harmonie de notre relation à la Vie. Dans le cas inverse, nous allons altérer notre moteur biologique et en ressentir les affres, soit la lourdeur versus la légèreté.

La compréhension de la nature de cette expérience humaine permet de se détacher de l’armure de l’ego, cuirasse de notre séparation avec notre véritable origine, par le nettoyage de ses déchets tant psychiques qu’émotionnels. Alors nous ouvrons notre " sixième " sens, qui permet la (re)connexion avec l’autre dimension, l’invisible, l’éthéré. Le cœur, notre véritable cerveau, peut alors prendre le relais et nous assurer de sa guidance bienveillante et toujours judicieuse pour notre bonne évolution. Nous nous détachons de l’illusion extérieure, et retrouvons en notre intériorité les éléments bénéfiques d’information.

Cette cure de désintoxication n’est pas sans difficultés, tant les cellules mémorielles constitutives de notre ADN sont imbibées d’éléments contraires à notre essence première. Comme l’hydrogène et l’oxygène, le dégazage mental fabrique la bulle, tandis que l’émotionnel remplit ladite bulle de son odeur particulière. Elle entraîne d’inévitables remous et désagréments, parfois douloureux, que nous avons à accueillir avec douceur et bienveillance pour préserver notre paix intérieure. Dans notre indispensable lâcher-prise, toute remontée trop rapide à la surface serait en effet préjudiciable.

 

Apprivoiser ses peurs pour grandir

Beaucoup d’individus pensent qu’il suffit de prendre une pilule ou un cachet, de lire un livre ou un article, pour se débarrasser d’un dysfonctionnement qu’ils ont eux-mêmes créé. Mais l’âme humaine et les peurs associées se prêtent mal à la thérapie en vigueur dans la culture scientifique du monde occidental. Faire croire à quelqu’un que, par la puissance de son mental et des recettes appropriées, il deviendra un maître en confiance et en sérénité, revient à le cataloguer comme un robot biologique. Si cette croyance qui nous fait dire que nous devons comprendre pour analyser puis trouver une solution rationnelle vaut bien pour un objet " inanimé ", elle ne s’applique pas du tout, ou quasiment pas, au monde du vivant. C’est pourtant le credo de nombre de psy, de docteurs ou thérapeutes en tout genre, d’experts hyper diplômés, tout à l’exercice de leur business. Sont-ils pour autant des modèles de paix, d’harmonie, de bonne santé physique, mentale ou émotionnelle ?

L’approche occidentale privilégie la " mentalisation " à outrance. Le rationnel doit dominer l’irrationnel, l’homme occidental voulant façonner la Vie selon ses visions et ce qu’il veut seulement voir. Or la Vie n’est pas au service de l’homme. C’est l’homme qui doit lui rendre hommage, d’être à son écoute afin de comprendre qu’il n’est qu’une forme de vie parmi des milliards d’autres. Il n’est pas le sommet de la Création. Il est là pour apprendre et expérimenter. Ses comportements impulsifs et dictatoriaux ne sont que des comportements d’enfant en très bas âge qui voudrait tout ordonner alors qu’il ne sait même pas encore marcher. S’il est remonté contre les éléments, les autres, l’inconnu, le changement, c’est qu’il n’a pas encore compris qu’il est l’auteur de tous ses malheursCes malheurs ne sont que des incompréhensions d’un apprentissage, entre ce qui Est et ce qu’il pense être la vérité, sa vérité.

Chaque peur n’est qu’une énergie d’expérimentation qui a été incomprise, nécessitant de recommencer la leçon. Décoder ses peurs, c’est avant tout les reconnaître afin de pouvoir dialoguer avec elles. Comme elles nous sont uniques, il est difficile de croire qu’il existe un médicament universel pour tous. Si les grandes lignes de résolution restent les mêmes, les temps ne sont pas les mêmes, tout particulièrement pour celles qui sont ancrées au plus profond de notre psyché.

S’attaquer à ses peurs et vouloir les vaincre relève du vocabulaire guerrier dont l’homme est un fier représentant. Nous avons toujours matière à en découdre avec quelqu’un. Mais en l’occurrence, c’est avec nous-même et nos incompréhensions. Aussi notre apprentissage de la vie consiste à nous clarifier, pour nous soulager, pour nous débarrasser de certains poids morts qui, non seulement, nous encombrent mais nous empêchent de vivre la plénitude au quotidien. Vaincre ses peurs revient tout simplement à vouloir faire le ménage en soi, en conscience. La bonne nouvelle est que derrière chaque peur se cache un cadeau…

 

Sortir de l’auto-sabotage

La non connaissance de notre nature profonde nous conduit à la séparation avec nous-même. Comme deux jumeaux, nous sommes tant un esprit ascendant - le Soi – que l’Esprit descendant - le SOI -. Nous sommes la même personne, sauf que l’un n’a pas de corps physique, tandis que l’autre se retrouve incarné dans un corps humain. Afin que le Moi incarné (ou Soi) et l’autre MOI soient toujours en connexion, un fil d’or est établi entre notre esprit pensant et notre âme, notre cœur, intermédiaire indispensable. Ainsi, lorsque nous nous sentons seul et avons besoin d’aide, nous pouvons utiliser cette liaison. Cependant, la règle du jeu – ou mode d’emploi – a volontairement été dissimulée pour nous permettre l’expérimentation terrestre, le Jeu (Je) de la Vie, et nous devons nous débrouiller pour la trouver. Le code " secret " à appliquer n’est pas compliqué. Il se nomme l’amour inconditionnel. Mais nous avons été tellement conditionné dans le sens contraire par certains qui y avaient intérêt, par le jugement, l’accusation et la condamnation de l’autre, de sa différence, que ceci nous apparait totalement irréaliste. D’ailleurs, il suffit de s’engager sur cette voie pour entendre fleurir à notre encontre les vocables moqueurs, condescendants ou dédaigneux de bisounours, idéaliste, mystique, guru, perché…

Pourtant l’amour est l’essence constitutive de l’univers, la marque du vivant, de ce qui EST, unique et incomparable. C’est pourquoi notre MOI (ou SOI) cause sur cette fréquence. Mais n’étant plus connecté à l’unité première, notre ego-mental " inférieur " a les commandes, et tant qu’il ne sort pas des pièges de l’illusion de la séparation, il en découle ce que nous connaissons : haine, violence, tuerie, colère, jalousie, prédation, discrimination, racisme, isolement, frontières, envie de pouvoir démesuré, oppression, corruption, ruse, chantage, etc. Tout ce que l’on connaît aujourd’hui et que les derniers 5.000 ans d’histoire nous racontent. Doté du libre arbitre, le " Mais pourquoi le bon Dieu permet-il tout cela ? " n’est que la marque de notre expérimentation de la division, de la séparation, de l’obscurité. Une fois abreuvé et las de ce jeu primaire, nous pouvons passer en secondaire, au réveil de la conscience et à la quête du " Qui suis-je ? ", en général en rencontrant sur notre chemin un instructeur, un enseignant. Non pas fruit du hasard, mais parce que nous sommes désormais prêt pour passer à autre chose. Et peu importe si notre ou nos petits camarades de jeu préfèrent rester dans le bac à sable. Petit à petit, pour sortir des affres de la souffrance et des peurs qui nous limitent, nous découvrons la petite voix intérieure, qui nous murmure par le cœur le chemin de la sortie de la caverne. Le chemin sera sans doute long, difficile, tant la résistance à l’ancien schéma est tenace et notre ADN endommagé par les différents poisons toxiques ingurgités à haute dose (tabagie, alcool, drogue, médicament, chimie, ondes radio-électriques, nucléaires, pensées délétères, émotions exacerbées…). Mais par la volonté, la force et l’espérance, nous finissons par passer la tête au grand jour et recevoir la luminosité réparatrice.

 

Prendre conscience de l’auto-limitation programmée

Le processus d’auto-sabotage de l’être humain dans la conduite harmonieuse et épanouissante de sa vie n’est pas le fruit du hasard. Il tient dans le fameux dicton " diviser pour mieux régner " (du latin Divide ut regnes ou Divide et impera). Nous savons déjà que pour mieux régner, ceux qui veulent être aux commandes divisent par la circulation des rumeurs. Mais il y plus fort, la division de l’individu lui-même. Rien de plus simple en fait lorsque nous vivons dans un monde de dualité, de polarités opposées. Il suffit de l’amplifier au point que cette dualité, au lieu de coopérer, s’oppose par la confrontation et la compétition sans fin. Il n’est qu’à voir la façon dont la politique ou la religion fonctionne. C’est l’être humain, les représentants institutionnels, qui ont inventé le mal et, par là-même, sa menace, le diable. Celui-ci n’existe que dans l’imaginaire humain, et c’est aussi pourquoi il se présente en premier à travers les pensées insanes et les basses émotions. Alors, lorsque ça sent mauvais, commençons par regarder notre propre " tas de fumier ", aussi bien émotionnel, mental, spirituel que physique pour comprendre d’où viennent les odeurs, et cessons de le considérer comme une fatalité ou du fait des autres. Vu sous un autre angle, notre démon intérieur, la tentation du moins bien, est un ange lumineux qui dit qu’il faut que nous soyons dans la difficulté afin de tester nos capacités à encaisser, à apprendre et surtout à nous relever. C’est un ange qui nous veut du bien !

Dans notre actuelle civilisation, le masculin a pris le pouvoir sur le féminin, et tant que ces deux énergies ne sont pas réconciliées, le déséquilibre perdurera. C’est le règne de l’ego-mental, froid et logique, sur l’intuition, chaude et sensible. Il coupe la voie du cœur, qui permet de se sentir aimé et totalement accepté par l’autre, par les autres. Il n’y a donc rien d’étonnant à ce que l’économie, l’argent, servent d’exutoire à ce monde sans amour partagé. Ils sont constitutifs des châteaux d’Espagne, qui illusionnent alors qu’ils n’ont aucune fondation tangible, celle qui honore le Vivant dans toute sa beauté diverse. L’âge d’or n’est pas l’opulence des biens matériels, mais l’opulence d’une confiance totale en l’autre, en notre opposé, notre complémentaire et notre moitié, au sens intérieur comme extérieur.

Chaque être humain possède aussi bien l’essence masculine que féminine en lui. Un homme reconnaissant et épousant sa partie féminine, son cœur, sera alors aussi épanoui qu’une femme qui se marie avec sa propre essence masculine, son intellect. Un homme a le droit de pleurer pour exprimer son essence féminine, tout comme une femme peut démontrer son côté entrepreneurial en construisant son propre château. Un être équilibré et épanoui attire à lui quelqu’un de similaire. C’est en se faisant confiance que nous construisons notre résidence céleste, celle du Soi lumineux, union de l’ego-mental et du cœur.

 

Dépasser sa résistance au changement

Pourquoi ce qui devrait se faire naturellement et sans effort pour un vécu harmonieux est si difficile ? Là où, muni de nos bonnes intentions, nous nous attendons à une fluidité totale, nous ne trouvons que résistance, au point d’en user les semelles de la patience. C’est tout simplement que l’ego-mental est toujours à l’œuvre, et qu’il joue sur nos peurs. Ce n’est qu’en agissant en conscience, nourri de courage et de la force du discernement, que nous pouvons " taper " dans le tas de noirceur…

Nous sommes en fait conditionné par un besoin vital de projeter une image de nous-même pour exister à nos propres yeux. C’est la nature de notre ego-mental que de vouloir paraître comme ceci ou cela. Aussi il est très difficile de ne plus y porter attention, tout particulièrement vis-à-vis de l’extérieur : " Qu’est-ce que vont penser les autres, les parents, les amis, les enfants, le conjoint, etc ? " Ce qu’il y a de plus difficile à déraciner, ce sont nos propres visions par rapport à nous-même, à notre personnalité, et donc au jugement sans concession que nous nous portons. Notre pire juge se trouve en nous-même. Que faisons-nous alors pour l’attendrir et lui montrer la voie du cœur ? Que faisons-nous pour lui arrondir les angles ? Pas grand-chose, l’ego-mental jouant à fond sur une peur universelle infaillible, la peur de ne plus être quelqu’un, de ne pas avoir une personnalité. Tant que nous penserons être quelqu’un et affirmerons notre personnalité comme référence incontournable de notre identité, nous nourrissons nos illusions…

Toute notre garde-robe identitaire n’est pourtant que de la fioriture mentale. C’est à l’intérieur que nous avons à nous aimer, car notre véritable maître est le cœur. En étant la paix, la douceur, la joie, l’ouverture transparente et l’acceptation de ce qui est, nous sommes forcément dans une légèreté et une joie que les autres ressentent. Aussi nous n’avons pas d’autre solution que de retirer une à une toutes les couches des croyances et des conditionnements inoculés pour devenir plus léger.

 

Laisser tomber ses combats

Tout aspirant au chemin de l’éveil de conscience sait qu’il lui faut nettoyer un minimum sa programmation mentale et émotionnelle, au moins pour voir les motifs originaux de sa parure humaine. Toutefois, vouloir nettoyer à haute dose est un risque de dénaturation tout aussi limitant que rester inconscient. Les nouvelles énergies en cours permettent le changement, la libération, sans passer par un programme pointu et exigeant. Il est simplement requis calme et paix, les " techniques " servant principalement à illusionner encore plus l’impétrant. Ce qui a été juste hier dans les méthodes ne l’est plus forcément aujourd’hui, si ce n’est répéter une routine d’asservissement de type 3-D avec des habits présumés supérieurs.

Aussi l’indispensable lâcher-prise porte sur la totalité de nos vouloir égotiques, tout particulièrement ce que nous pensons juste ou correct de faire. En laissant tout tomber dans nos désidératas, nous voyons ce qui se passe. L’humble ne peut que baigner dans une sorte de paix intérieure, car il fait confiance, il a la foi que tout ira bien pour lui. Comprenant les limites de son mental, il sait que l’intelligence de la Création est des milliards de fois plus intelligente que ce qu’il a sous le capot cervical. En effet, pour se glorifier, cet ego-mental n’arrête pas de projeter à l’extérieur tout ce qu’il est à l’intérieur. C’est l’effet miroir, qui nous conduit à pourfendre à l’extérieur tout ce qui nous pourrit à l’intérieur. Ce guerrier intérieur doit désormais déposer les armes, en sortant de la division et en intégrant exclusivement la loi de l’UN, l’énergie de réconciliation et de rassemblement de ce qui a été séparé. C’est pourquoi il convient de cesser de vouloir se purifier, cela entretenant la séparation entre bon et pas bon. Vouloir se faire justice, même pour une noble cause, indique que l’on est toujours dans la dualité. Seule la vision unitaire doit nous occuper l’esprit, le cœur prenant le pas sur le mental.

Ceci va à rebours de toute la structuration de notre civilisation moderne, qui glorifie les engagements et combats contre la pauvreté, l’exclusion, la faim, l’oppression, l’injustice, la guerre, les pouvoirs en place… Notre bonne conscience comme la bienpensance sociétale pensent qu’ils sont nobles, au nom de la paix, la justice, l’amour, mais ils conduisent toujours et encore au final à la guerre, à la séparation. La loi de l’UN signifie leur arrêt, car c’est une loi d’Être et non de Faire. Elle nous dit simplement d’accepter tout ce qui est comme il est. C’est ainsi que nous aiderons plus efficacement l’humanité à sortir du cercle de la dualité, la réaction ne faisant que continuer à jeter de l’huile sur le feu de la séparation. Elle est basée sur la loi de l’équilibre, ce que nous appuyons d’un côté prenant l’exacte contre-mesure. A ce jeu, nous ne pouvons en aucun cas améliorer les choses. En en étant justement à ce point d’équilibre, en son centre de gravité, nous cessons de donner force à la dualité, nous cessons de monter dans le manège qui nous déstabilise.

 

Sortir de l’affect

L’affect découle de l’émotion. Elle en est la branche sensible, à laquelle nous tenons puisque nous nous aimons quand nous sommes dans l’affectif, à tel point que cela peut nous rendre aveugle. On pense d’ailleurs que quelqu’un qui n’a pas d’affection est un être insensible, qui n’a pas de cœur… On ne veut donc surtout pas abandonner cette branche si sensible de l’émotionnel. Pourtant, en ne le faisant pas, nous ne pouvons trouver la paix, être centré, être en amour avec nous-même. C’est pourquoi il vaut mieux tranquillement scier la branche de l’affectif, en comprenant que l’amour véritable ne fait surtout pas dans l’affectif.

Le véritable amour est celui qui est inconditionnel. Or, quand nous sommes affecté(e), c’est tout sauf de l’inconditionnel, sinon nous ne serions pas affecté. L’affectif n’est qu’une excroissance émotionnelle due à un regard déformé et fragmenté de notre mental. En lâchant prise sur cette encombrante valise affective, nous découvrons une autre forme d’amour beaucoup respectueuse de notre paix intérieure, et par là-même de la paix du monde.

 

Se faire confiance

Notre plus grand ennemi se cache en nous. Subtil, invisible et pourtant bien présent, il est la source de nos anxiétés et de ces ramollissements qui font que nous perdons confiance en nous, en nos capacités et souvent en nos objectifs et rêves. Les téméraires et battants connaissent bien cet ennemi de l’ombre qui n’ose montrer sa face que lorsque nous sommes sur le point de gagner une victoire sur nous-même. Cette énergie de peur est celle que nous alimentons depuis des millénaires. Elle est issue de notre séparation avec notre Source, notre Origine, afin d’expérimenter Sa Création. Elle explique tous nos désirs : de devenir meilleur, plus fort, plus beau, plus intelligent, plus … Mais, parce que séparé, nous pensons que nous ne sommes pas assez bon, pas assez fort, pas assez beau, pas assez intelligent, pas assez … et nous courons, jamais rassasié, vers ces objectifs qui nous semblent inatteignables.

Nous parlons à Dieu parce que nous pensons que nous ne sommes pas Dieu. Nous parlons aux anges et archanges parce que nous pensons que nous n’en sommes pas un. Nous aimerions vivre au paradis parce nous pensons qu’il est impossible d’y vivre pendant notre vivant. Derrière tous nos actes héroïques, tous nos combats quotidiens pour devenir " plus " quelque chose, nous ne faisons qu’affirmer que nous ne le sommes pas. Alors, plus on est proche du miracle, et plus notre programme de sabotage interne se révèle à nous. C’est aussi simple que cela. C’est nous-même qui nous empêchons d’atteindre nos buts, tenaillé par la peur de perdre notre identité…

Nous disons avoir confiance en nous et vouloir le meilleur, mais au fond nous couvons tout le contraire, la tête pensant une chose et le cœur en racontant une autre. Aussi cessons la confiance en nous du mental, et choisissons celle du cœur. Elle ne peut être ôtée, séparée, déclinée ou absente, n’ayant pas la volatilité de la pensée. En la ressentant en nous par la foi intense, nous cessons toutes les agitations mentales qui essaient de nous faire changer d’avis au dernier moment. La foi, c’est avant tout une fermeté qui s’appuie sur une volonté sans faille. La confiance implicite est l’arme principale des leaders, car là où il n’y a pas de doute, il y a toujours des gens qui les suivent. Sur le plan de l’amour universel, la Vie privilégie inévitablement ceux qui auront déminé leur programme de sabotage intérieur.

Notre mental-ego se sert de la dualité pour nous faire voir la lumière quand nous sommes dans l’ombre et réciproquement. Tant que nous jouons ce jeu avec lui, nous sommes balloté d’un côté ou de l’autre et ne sommes jamais en paix. La paix intérieure, la véritable, ne s’acquiert pas avec le mental, car ce n’est pas quelque chose qui appartient à la dualité. Ce n’est pas non plus au-delà, car la véritable victoire est dans l’association des pôles de la dualité, le masculin et le féminin. En faisant confiance à notre enfant intérieur, nous sommes sûr que nous obtenons l’Être le plus attentionné et protecteur de notre vie

 

Trouver l’équilibre

Dans un monde polarisé +/-, qui voit la dualité énergétique masculin/féminin s’affronter, le point d’équilibre est le point zéro, point neutre. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a rien, mais qu’il existe un endroit vide de toute confrontation. C’est le fondement de la trinité divine (exemple : Père, Mère, Fils ou Père, Fils, Saint Esprit) comme physique (au niveau atomique : électron, proton et neutron). Le triangle est à ce titre la première géométrie qui possède une forme spatiale, pouvant être remplie par quelque chose.

Ce travail de maîtrise d’équilibre par la conscience entraîne une répercussion sur notre composition biologique, soit l’ADN moléculaire, lieu de stockage de l’information. C’est tout l’enjeu de notre transformation intérieure, passant par le lâcher-prise de notre ego-mental, générateur des turbulences issues de la division, de la séparation, et source de peurs comme de souffrances.

Dans la configuration classique de la dualité, personne ne gagne jamais vraiment, sauf les coups et les douleurs/souffrances allant avec, qui contribuent à la dégradation du corps biologique. Chacun veut rester dans son propre centre sans faire de concession, sous dépendance de l’ego-mental qui veut bloquer tout mouvement pour continuer à gouverner. Aussi, en décidant de mettre de l’eau dans son vin, chaque protagoniste peut, en conservant l’énergie initiale de son ego-mental, convenir d’un commun accord d’un nouveau centre, celui de leur association harmonieuse. Les forces, au lieu de s’annuler, vont ainsi devenir complémentaires dans leur mouvement, tournant autour de ce centre appelé point zéro.

Il s’agit pour ce faire de prendre conscience de sa propre dualité, de ses polarités masculine et féminine, et de les réunir. C’est alors l’alliance intérieure du mental et du cœur qui, parce qu’équilibrée, va permettre l’alliance extérieure. Autant dire que ce travail concerne davantage les hommes que les femmes, tant l’énergie masculine de l’ego-mental est prédominante dans notre civilisation actuelle. En travaillant notre sens du discernement, nous parvenons à découvrir la clarté qui n’est que la reconnaissance de la dualité. Par la prise de recul nous en voyons le jeu, ressentons plus de paix, et pouvons prendre de bien meilleures décisions.

Appliqué à la physique, ce passage de la dualité à la trinité ouvre un champ magnétique puissant, celui de la force d’attraction de l’amour, différent du champ électrique propre à la dualité, celui des châtaignes et des frictions. L’amour (prédominance du cœur) est d’essence magnétique, alors que l’intelligence (prédominance de l’esprit) est d’essence électrique. Le féminin et le masculin une fois associés peuvent ainsi être lumineux, la lumière n’étant qu’une onde électromagnétique.

C’est tout le sens de l’enseignement de Jésus-Christ : " Là où deux ou trois se trouvent réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux  " (Mt 18, 20).

 

Calmer l’impatience

L’impatience n’est rien d’autre que l’expression de l’agacement de l’ego qui voudrait que tout réagisse selon son timing. Il n’aime pas vraiment le temps, ayant tout fait pour le rendre linéaire afin de mieux l’exploiter et par-là même de nous exploiter. Comble de l’ironie, sa propre vision du temps vient à le déranger quelquefois, parce que cela contrarie ses plans.

Nous avons à lui faire comprendre que le véritable temps n’est pas celui du mouvement des planètes, ce temps extérieur répétitif à souhait qui permet la projection dans le futur tout en permettant d’écrire un passé modulable selon la vérité historique du moment. Le temps est une notion intérieure basée sur une autre horloge, celle de l’instant présent. C’est pourquoi lorsque nous faisons quelque chose qui nous plait le temps extérieur passe si vite. Ainsi la notion de temps linéaire n’a aucun rapport avec notre temps intérieur, avec notre perception des choses. De prise de conscience en prise de conscience, nous nous éloignons du temps linéaire vers un temps élastique qui ne peut plus rentrer dans des cases temporelles imposées. C’est pourquoi le temps cadencé imposé à une majorité d’individus se traduit par autant d’ennuis physiques que psychologiques (fatigues importantes, maladies, insomnies, etc.).

L’impatience est une spécificité de l’ego, qui va à contre-courant de la philosophie de vie hors contrainte décidée par l’organisation de l’économie, épicentre de notre civilisation actuelle. Elle est contraire aux lois divines, car si quelqu’un vit selon son cœur, tout sera forcément synchrone et donc parfait. Ceci veut dire que chaque fois que nous manifestons de l’impatience, nous ne pouvons être en paix, ne possédant momentanément qu'une vision partielle de la réalité. Nous ne pouvons être centré, l’impatience par définition nous rendant nerveux et agacé, confinant au jugement, à l'accusation et à la condamnation d'éléments comme d'autrui. Nous sommes inévitablement en souffrance. Alors que lorsque nous sommes en paix dans notre cœur, nous ressentons que tout se déroule selon un plan défini qui sera optimal dans tous les cas. Nous avons pleinement confiance dans notre Soi. Nous savons intimement que tout sera parfait. Nous sommes " UN-patience ", tout en joie d’être tout simplement ce que l’on est.

 

Rester serein

Le changement en cours de la conscience humaine est source de tensions et de violences. Les nouvelles énergies planétaires conduisent au pétage de plombs de nombre d’individus, et ce n’est pas terminé. La restructuration du système actuel, dans ses principes de fonctionnement, ne peut venir de l’intérieur, tant les résistances sont profondes. Elle passera par une forme de chaos, dont nous percevons de plus en plus les manifestations. Chacun va jouer de sa partition en commençant par des comportements peu sociables, l’ego-mental pouvant s’en donner à cœur joie pour se défouler, d’abord en privé, puis ensuite en public ou inversement. Les codes de bonne conduite vont sauter allègrement pour laisser place à du primitif, à de l’animal, à de la barbarie sociale, émotionnelle et affective.

La seule réponse adaptée est de les éviter au mieux, de s’éloigner de la lave du volcan. Ce n’est pas de la lâcheté mais de la sagesse, tout le contraire de l’ego-mental qui nous pousse à combattre et à choisir (symboliquement) la mort. Pour lui, la pire des crasses c’est notre paix intérieure due à notre lâcher prise. Complètement désemparé s'il ne nous convainc pas qu'il s'agit de la lâcheté, il ne peut absolument plus rien faire, se voyant conduire au cimetière de l’illusion du pouvoir. Si nous ne pouvons pas fuir la situation, restons alors nous-même en ressentant la transparence de l’homme invisible et attendons que ça se passe, tranquillement, centré sur notre objectif majeur.

" L’autre " comprendra alors que nous ne voulons pas nous battre et lui prouver que nous sommes quelqu’un. En fait, par notre humilité et notre force de caractère à refuser le combat, nous le soumettons. Certes, sur le moment, l’autre se pavanera et croira avoir gagné la partie. Pourtant il a été battu à plate couture. Ce n’est que plus tard qu’il le comprendra et cherchera notre pardon. Seul l’amour inconditionnel est la clé de notre salut. ÊTRE ne peut se faire en passant par le mental et la volonté. ÊTRE est la conséquence d’une attitude intérieure qui ne s’acquiert que par l’amour que l’on a par rapport à soi-même. Le véritable amour inconditionnel commence par nous-même et pour nous même. Le reste n’est que projection, soit de l’illusion.

 

Comprendre ses émotions primordiales

L’interaction des cinq émotions primordiales de l’être humain fait qu’elles viennent s’associer ou se repousser, pouvant par notre incompréhension troubler l’adéquation de notre attitude quand elles se présentent. En les remettant en juste place, nous nous donnons bien plus de chance pour être épanoui et en bonne santé, sinon nous les transformons en poison violent in fine destructeur de notre harmonie. Une émotion est en fait un type d’énergie qui cherche à nous faire avancer, à nous faire bouger, alors que nous cherchons à l’éviter.

1. La peine.

Il est normal de ressentir de la peine, qui correspond à une séparation que nous ne désirons pas. Cela peut être un proche, un parent, le conjoint, un enfant, un animal, un emploi, etc. La peine s’exprime souvent par la tristesse d’avoir perdu quelque chose ou quelqu’un. Elle constitue un feedback utile, et il est bien de pouvoir passer à travers quand cela arrive. Car réprimer cette émotion conduit tôt ou tard à devenir une personne dépressive, la peine installant un vide. Ne pas la reconnaître, c’est refuser un rééquilibrage des pressions intérieures et extérieures. Aussi chaque dépression non régulée ne fera que renforcer la dépression intérieure. Les dépressifs ne peuvent voir la vie en rose, la tristesse qui les habite ne voyant que le manque en ceci ou en cela. Le rabat-joie n’est alors plus très loin, surtout quand il se bourre d’antidépresseurs. Le meilleur antidépresseur est d’exprimer sa peine quand elle est là, puis de la laisser aller. Sans ce relâchement, la peine nous fait voir le monde comme oppressif.

2.  La colère.

La colère est presque l’opposée de la peine, correspondant à une pression intérieure qui veut se libérer. Elle est l’expression d’un refus clair et net de quelque chose. Aussi l’exprimer est de bon aloi, sans pour autant le faire de manière offensante ou désobligeante. Elle est juste un cri intérieur qui hurle un NON catégorique, c’est tout. La vigilance sur son expression est requise, sans pour cela la réprimer. Car croire que contenir sa colère est bénéfique est une illusion, une colère réprimée amenant à la rage. Retenir sa colère coûte que coûte n’est donc pas l’apanage d’un être épanoui, mais plutôt de quelqu’un qui n’a pas compris la force de cette énergie. Il risque donc un jour ou l’autre d’être dévasté…

3. L'envie.

L’envie est l’énergie qui nous donne envie de vouloir faire ou refaire quelque chose. C’est une énergie d’avancement, de progrès, qui pousse vers un objectif. C’est un véritable moteur d’avancement. Il nous appartient de suivre nos envies tout en respectant les codes sociaux et autres lois et coutumes locales, en évitant d’obtenir ce que nous désirons par des règles et des comportements pas vraiment admis. Il y a toujours une ligne verte et une ligne rouge en toute chose. En franchissant la verte sans jamais franchir la rouge, nous avons tout le bénéfice de l’énergie de l’envie. Quand elle est réprimée, cela conduit inéluctablement à la jalousie, la pire des choses qui puisse nous arriver. Être jaloux des autres, de leur amour, de leur bien ou de leur réputation n’a jamais en effet fait épanouir quelqu’un. C’est tout le contraire, ça le rabougrit à fond.

4. La peur.

La peur est une énergie de prudence qui vient compenser l’émotion de l’envie qui, quelquefois, fait perdre la tête et les repères. La peur joue surtout sur le plan de sauvegarde du corps biologique. Elle est là afin de nous protéger dans un premier temps face à nous-même et à nos agissements pas toujours très sains. Lorsque quelqu’un n’arrive pas à exprimer ses peurs d’une manière saine, la panique l’attend. Ses réactions sont totalement disproportionnées et surtout totalement irréfléchies. Aussi il est bon d’exprimer et de vivre ses peurs naturellement.

5. L'amour.

L’amour est la dernière émotion qui, quelque part, fait office de colle avec les quatre autres. Elle est en effet centrale. Tout le monde souhaite exprimer l’amour ou le laisser s’exprimer. Pour autant, combien de fois nous sommes-nous réprimé à exprimer ce sentiment ? En réprimant l’énergie d’amour en nous, nous ne faisons que faire grandir notre " possessivité ". Il en découle que notre société est malade du syndrome de la possession, chacun d’entre nous n’osant exprimer l’amour qu’il a pour les autres. Cette rétention enracinée dans les bonnes manières nous a poussé dans l’individualisme total. Pourtant, plus on aime et plus on le dit, on le montre, on l’exprime par notre corps, nos sourires, nos regards, nos attitudes, et moins nous avons envie de posséder " matériellement ", car nous sentons que nous possédons intérieurement à profusion.

Quand nous ne sommes plus assez riche pour acheter babioles, gadgets et autres superflus, nous pouvons redécouvrir la proximité des autres et leur aide. Ceci passe d’abord en ayant de la peine, Mère Nature ne faisant que reprendre ce que nous avons spolié par individualisme. Puis vient la colère, avec ses violences et destructions. Nous tombons ensuite dans l’envie d’avoir à nouveau les artifices nécessaires à notre survie sociale. Et enfin nous cédons à la panique des conséquences à venir. Alors seulement nous nous souvenons que seul l’amour peut nous sauver grâce à la coopération, à l’entraide, à l’écoute et au partage. Celui qui a plein d’amour est toujours beaucoup plus aidé que celui qui ne pense qu’à lui. En se reconnectant à soi-même, en écoutant ses peines, en exprimant sainement sa colère, en extériorisant nos envies et en reconnaissant nos peurs, l’amour nous aide de tout son cœur. Nous découvrons alors que nous sommes le cocréateur de toutes nos réalités.

 

Voir avec le cœur

Pour mieux voir avec le cœur, il faut commencer par mieux voir avec les yeux. Pour mieux voir avec les yeux, il faut commencer par mieux voir avec notre tête. Mieux voir avec notre tête, c’est fermer les émetteurs de pensées qui brouillent largement les signaux captés par les yeux. Si nous nous laissons envahir par le flux sans cesse entrant d’éléments dits factuels mais commentés de manière partisane, projection de l'état d'être intérieur de son auteur, nous sommes intoxiqué. Nous sommes alors conduit au jugement et à la classification entre positif et négatif, ombre et lumière, qui ne sont que la même chose s’exprimant de deux manières différentes. En arrêtant le programme du jugement, nous découvrons une autre vision des choses et permettons à l’énergie de ce qui EST de se révéler à nous. Nous pouvons alors croître en humilité et tolérance, et ressentir ce qui se passe en nous. De cette façon se révèle en vous des choses qui, par résonance, nous font prendre conscience de ce que nous sommes. Ouvrir son cœur, c’est désactiver le paraître, c’est fermer la porte du jugement afin d’être.

Grâce à ce regard nouveau, nous découvrons où se dissimule l’amour et combien il est là, partout. Les faux-pas de nos frères et sœurs en humanité nous sembleront plus légitimes dans leur marche en avant, la maladresse du moment étant incontournable de leur désir encore inconscient de mieux avancer. Notre regard devient compatissant, ressenti comme enveloppé d’amour et de tendresse. Un regard amusé est souvent un regard provenant d’une paix intérieure, d’une sérénité retrouvée. Quand nous regardons les bébés à quatre pattes se tortiller pour atteindre une destination où une prochaine bêtise les attend les bras ouverts, nous redécouvrons ce que nous avons été, l’innocence, l’insouciance, la volonté d’essayer des choses engoncé dans les "emmerdes" de nos couches-culottes.

Ouvrir son cœur est aussi simple que cela. Le faire vis-à-vis de tout ce qui nous entoure est la porte d’entrée du nouveau monde, la porte de sortie de l’ancien…

 

La lucidité de nous aimer

Pourquoi sommes-nous si compliqué ? La conduite de notre vie ne serait-elle pas beaucoup plus simple que ce que l’on nous a dit et enseigné depuis notre naissance ? En fait, tout nous semble compliqué parce que la seule et véritable personne qui ne nous aime pas, c’est nous-même. Pourquoi se battre avec l’extérieur, pourquoi en découdre avec le monde quand on sait que c’est juste principalement parce que nous n’arrivons pas à en découdre avec nous-même et nos propres blocages, ceux de l’ego-mental ? Agir en ce monde, c’est d’abord agir à son niveau personnel, à l’intérieur de soi, car ce qui est à l’extérieur ne nous appartient plus. En s’occupant de nous-même le reste ne nous appartiendra plus…

Pour y parvenir, nous avons à commencer à nous traiter avec douceur, bonté et compassion. Sans eux, nous ne pourrons pas les projeter à l’extérieur de nous afin que le monde devienne ainsi à son tour un monde de douceur et de bonté. Par notre reconnexion à notre Moi profond, nous découvrons tous les échappatoires que nous prenons pour ne pas prendre notre responsabilité véritable, qui n’est que celle d’être nous-même. Nous découvrons tous nos blocages énergétiques, émotionnels, psychiques ou spirituels. Nous cessons de fuir en prétextant toutes les excuses extérieures que nous provoquons d’une manière ou d’une autre. En allant directement à la source, les problèmes finiront par s’atténuer d’eux-mêmes, puisque nous en aurons fini de nous repousser nous-même, de nous juger nous-même, et in fine de ne pas nous aimer.

Ni l’alcool, la cigarette, les sucreries, les médicaments et autres substituts, et encore moins nos colères et révoltes, nos jugements et accusations, ne nous feront sortir du problème principal : affronter avec lucidité notre propre chemin de vie. Devenir responsable, c’est d’abord redécouvrir que nous sommes à l’origine de tous nos maux, de tous nos mots, de tous nos malaises, de toutes nos maladies, et donc de notre bien-être final. Nous sommes le démineur en chef de notre vie, rien de plus, rien de moins. Nous sommes à l’origine de tout. Aussi ne cherchons pas à nous disculper ou à renvoyer la faute sur quelqu’un, car nous sommes l’auteur responsable de notre état.

Nous savons tous que pour jouir d’une chose au plus haut point, il faut obligatoirement expérimenter son contraire. Comment apprécier l’amour, la richesse, la santé si nous les avons toujours eus ? Nous avons ainsi décidé d’expérimenter la densité de la vie terrestre dans sa noirceur la plus inconnue afin de trouver l’éclat magistral de la lumière de vie. La bonne nouvelle, c’est que nous sommes ce qu’il y a de plus incorruptible par rapport à notre Soi divin. Malgré des millénaires et des millénaires de manipulation, de corruption, d’esclavagisme et de reniement de soi, nous avons encore la force de croire en notre étincelle divine…

 

Se détacher du plaisir

Au nom du plaisir, insidieusement promu comme objectif premier du con-sumérisme à gogo(s), on a fait et on fait n’importe quoi. Pour une petite jouissance locale et éphémère, nous sommes prêt à fouler nombre de nos principes " supérieurs ". Cette tentation nous colle à la peau avec acuité, et comme nous sommes tellement dans le manque d’être nous-même, nous nous jetons inconsciemment à corps perdu par compensation dans les miettes du festin d’illusions que l’on peut ramasser. Il est indéniable que les tentations de l’île aux plaisirs terrestre nous attirent comme une mouche sur du miel, en tout cas pour ceux qui peuvent se les offrir… Tout à cet aveuglement glouton qui nous consume, nous oublions que nous sommes les gardiens, non les pilleurs de cette planète.

Pour revenir à notre état premier, nous n’avons pas d’autre choix que de régler notre problème de faim vorace de l’inutile. Nous avons à comprendre que ce conditionnement instillé dans notre psyché a créé le puits de manque qui nous habite, et que notre ego-mental ne cesse de titiller jusqu'à l’abreuvement. Il nous domine avec facilité, sachant prodiguer les bons arguments au moment opportun. La conséquence est cette goinfrerie existentielle au nom du plaisir sous toutes ses coutures, qui n’est que la fuite de nos véritables responsabilités. Par confort, nous préférons rejeter cette maladie sur les autres, le " système ", l’environnement, la fatalité. Tout est de la faute de la Vie, plutôt que d’avouer que nous sommes totalement responsable de cela.

Heureusement, au fin fond de notre intériorité, gît notre étincelle de Vie, notre étincelle d’Esprit, qui nous dit qu’il faut rendre à César ce qui appartient à César et au Divin ce qui lui revient. Point de culpabilité pour toutes les exactions commises depuis l’aube des temps, mais le pardon, l’acceptation de ce qui est, pour un virement en douceur de nos croyances et la reprise en mains de nos responsabilités. Nous avons simplement à changer les règles du jeu de la vie pour d’autres règles plus élevées. Dorénavant, face à quelque chose ou quelqu’un qui nous tente pour le plaisir, nous avons à prendre un peu de recul pour découvrir quelle est la véritable motivation qui se cache derrière. Il n’est pas interdit de se faire plaisir, simplement de ne plus le faire par illusion.