L’Église romaine décodée

 

Les publications en ligne font l'objet de constantes mises à jour et nouveaux enrichissements. Il va de soi qu'elles n'engagent que leur auteur dans le choix des sources et le fruit de ses imagination et réflexion.

 

Toute croyance, quelle qu'elle soit, atrophie la pensée et son réceptacle, le cerveau, par les balises qu'elle érige à la manifestation de La Vérité. Il en est ainsi des religions institutionnelles, qui agissent de telle sorte que l'individu reste au stade de l'ignorance. Elles reposent toutes sur un mythe, une histoire dénaturée qui sert à orienter et à mobiliser les foules de croyants. L’accent n’est pas mis sur le rapport entre l’histoire et la réalité, mais sur la fonction qu’est censé exercer le mythe. Cette histoire fonctionne si elle est supposée vraie par la communauté ou la nation. Et si certains ont le mauvais goût de mettre en doute l’authenticité de l’histoire sacrée racontée, les gardiens de la foi, du dogme et de l’orthodoxie refusent de discuter avec eux. Ils les accusent alors de blasphème, parfois les tuent, au mieux les ignorent.

 

" A vous disciples choisis, il est donné de connaître les mystères du Royaume de Dieu, mais à la multitude, ces choses sont dites en paraboles afin qu’ils voient et n’entendent pas, qu’ils écoutent et ne comprennent pas. "

Évangile de Marc

 

 

Le paradoxe est saisissant. Le petit État appelé Cité du Vatican est une personne morale de droit public dotée d’organes de gouvernement, d’un drapeau, d’un hymne *, d’une devise, d’une banque, d'une poste, d'une force de police, d’une armée, d’instances judiciaires (ainsi la Rote romaine pour l’annulation des mariages et le Saint-Office renommé " Congrégation pour la Doctrine de la foi " pour les questions doctrinales), de sièges diplomatiques et d’ambassadeurs dans le monde entier, de médias (radio vaticane, le quotidien L’Osservatore Romano …), une station de radio (Sainte-Marie-de-Galeria) et même d’un supermarché attitré … S'il a des frontières ridiculement étroites (44 hectares pour 900 résidents), il est pourtant, à travers le Saint-Siège incarné par le pape et expression de sa souveraineté, une puissance majeure dans le monde, régnant sur 1,2 milliards de croyants. Ses racines remontent aux origines de l’Église chrétienne, dans une Rome décadente. Avec les deux autres grandes religions monothéistes dites du Livre - la Bible et le Coran -, le judaïsme et l’islam, elles vont forger le joug cultuel d’une grande partie de l’humanité pour les deux millénaires qui suivent.

La connaissance de son ADN profond *², au-delà de l’expression de la foi telle que proclamée, permet de comprendre l’état de la conscience humaine de nos temps modernes, en Occident tout particulièrement. Il imprègne le Saint-Siège, communément appelé le Vatican, expression physique comme mentale des racines de l’institution. Le symbolisme y tient une place importante, contenant des messages en rapport avec le passé et l’avenir de l’humanité. Son décodage explique la cruauté, le sang versé, et le grand mensonge, qui derrière la candeur de la sainteté voit honorer Baal et Mammon ...

* La Marche pontificale a été composée par Charles Gounod, compositeur français (1818/1893).

*² Cf. Le modèle européen décodé - Un ADN impérial païen.

Le culte de Baal-Hammon (ou Moloch/Molech)

Dans l’Antiquité, à Babylone et dans tout le Moyen-Orient, les religions - qualifiées de païennes par les illusionné(e)s de la restauration de façade - construisaient leur propre référentiel d’adoration de la divinité créatrice de l’Univers sous des formes humaines appelées dieux. Les phénomènes cosmiques - ainsi les comètes - traduisaient de cette manière leurs turbulences célestes. C'est ce que les grands mythes comme l'épopée de Gilgamesh par exemple racontent depuis toujours *.

Les premiers souverains babyloniens Nimrod, Tammuz et Sémiramis, avaient établi dans la continuité théologique sumérienne, elle-même découlant de l’Égypte, une religion basée sur la perversion patriarcale - " père version " - qu'est un culte solaire aux fins d'exercice d'un pouvoir dévoyé. Son influence se répandit, entre autres à la région de Canaan qui regroupait les territoires de Phénicie (Liban actuel) et de Palestine, prédécesseurs d'Israël dans son appellation d'alors (la culture religieuse cananéenne influença amplement la religion israélite, qui était alors un sous-ensemble de celle-ci). Moloch était un synonyme de Nimrod ou de Tammuz, son fils, soit le dieu Baal (seigneur) ou Bel. A ce titre, il était le dieu de la fertilité, receveur de toutes les énergies de l’univers. Il était célébré par les adeptes de la religion cananéenne dans le cadre d’un culte ritualiste, dit de Baal-Moloch (seigneur Nimrod) ou Baal-Hammon, le " Saturne africain". Les adultes se rassemblaient autour de l'autel de Baal, avec les nourrissons qui étaient brûlés vifs comme une offrande sacrificielle à la divinité. Au milieu des cris horribles et de l'odeur de la chair humaine carbonisée, les fidèles - hommes et femmes - se livraient à des orgies bisexuelles. Ce rituel de complaisance était destiné à produire la prospérité économique en incitant Baal à apporter la pluie pour la fertilité de la "terre-mère ". Le culte dévoyé canaanite influencera Carthage, qui connaitra les mêmes dérives idolâtriques sur le site du temple de la déesse Tanit. Dans ce culte à caractère magique, noir il va sans dire, il est en effet considéré indispensable, pour les plus " hauts " travaux spirituels, de choisir une ou des victimes ayant la plus grande et la plus pure énergie. Ainsi un enfant mâle d'une parfaite innocence et d'une haute intelligence est la victime adéquate la plus satisfaisante … Ces cultes " satanistes " ont traversé le temps, et se déroulent encore de nos jours.

* Cf. Le Judaïsme décodé & Vérité climatique.

 

Une religion inventée pour 2000 ans

Le christianisme est devenu une religion impériale et d’État (religio licita) sous l’empereur byzantin Théodose en 392, à la fin du IV° siècle. Il découle du cadrage dogmatique du christianisme initiatique primitif réalisé sous le règne de l'empereur Constantin (272/337) par l'Église romaine et son représentant, " Sa Grandeur " l'évêque Eusèbe de Césarée qui s'était lui-même établi censeur et éditeur des archives sacrées des religions d'autrui, lors du premier concile à Nicée en 325 (en Anatolie, soit la Turquie moderne). Si la conversion de l'empereur Constantin au christianisme ne pouvait certainement pas changer les croyances et les pratiques de la plupart de ses sujets, il choisit d'accorder des faveurs et des privilèges à ceux qui avaient accepté la foi. Il construisit des églises pour eux, exempta la prêtrise des devoirs civiques et des impôts, donna un pouvoir laïque aux évêques sur les affaires judiciaires, et les nomma juges, contre lesquels il n'y avait pas d'appel possible. Toutes les pièces d'un régime à caractère fasciste étaient ainsi mises en place.
La fermeture des Écoles antiques dites du mystère par l'empereur Théodose (347/395) comme des dernières écoles de philosophie grecque par l’empereur Justinien (483/565), remplacent progressivement les certitudes spirituelles d'alors par les dures réalités politiques et économiques d’un monde " moderne ", aspirant en tous cas à le devenir. Il fallait christianiser l'Empire, non par sincérité du converti, mais pour que Rome s'appuie sur la force vitale d’une religion officielle, qui détienne seule les clés du royaume de Dieu qui, s'étant d'après le dogme professé incarné dans le corps de l'homme Jésus, avait le pouvoir de libérer l'humanité du soi-disant péché originel. En déifiant le " Roi Joshua " (Jésus), ceci permettait le renforcement de la cohésion culturelle et politique de l’empire.

L'empereur prolonge également habilement sous une autre forme la manifestation du Sol invinctus, le culte du " Soleil invaincu", reprenant par ce Christ * romain les aspects de la mythologie d’Apollon et du culte de Mithra, très populaire dans l’armée romaine, expliquant le calage des festivités du christianisme avec les dates de cette religion solaire. Il réalise ainsi la fusion du paganisme, l'ancien culte, avec le christianisme, le nouveau culte.

Enfin, les textes apocryphes *² (du grec apokruphos " tenu secret ") sont écartés, n'étant volontairement pas incorporés dans la Bible, après que l'empereur Constantin ait en 312 fait détruire les œuvres considérées comme " païennes " et " hérétiques ", et commandité auprès des gardiens du dogme la révision et la fabrication de nouveaux exemplaires de la Bible. L'évêque Athanase d'Alexandrie avait quant à lui dressé en 367 la liste des titres destinés à former le Nouveau Testament parmi plus de 70 évangiles existants et rejetés ... 

* Il y a plusieurs " Christ ", titre caractérisant des figures et consciences éclairées (avatars) de l'histoire de l'humanité.

Comme tous les évangiles, ces écrits traitent de la vie de Jésus et, pour certains, énoncent ses enseignements. Les thèmes abordés varient beaucoup selon les textes. Si les évangiles canoniques témoignent de la vie de Jésus dans son ensemble, cela s’avère moins vrai pour ces autres écrits écartés. Beaucoup d’entre-eux insistent sur l’enfance du Christ, peu évoquée dans les écrits canoniques. D'autres donnent une toute autre version de ce que contiennent les textes validés par l’Église. Ainsi, dans l’Évangile de Nicodème (ou Actes de Pilate), Jésus n’est pas arrêté par les romains, mais seulement convoqué. L’un des écrits les plus connus auprès du grand public est l’Évangile de Philippe. Il évoque une relation intime entre le Christ et Marie-Madeleine. Dans ce texte, ces derniers sont d’ailleurs mariés. Il est tout naturellement un évangile parmi les plus contestés, qui ne manque pas de relancer l’éternel débat sur la nature humaine ou divine du Christ. Beaucoup de ces textes sont axés sur la nature divine du Christ, comme les évangiles gnostiques. Insistant sur le rôle de " Sauveur " de Jésus, ils donnent au croyant les clés pour trouver le salut. Ces textes, aux discours parfois très ascétiques, appellent à ne pas être centré sur le monde matériel mais sur la recherche spirituelle de la Vérité.

La marque de Constantin

Cet empereur à l'égo surpuissant (photo 1), stratège politique sans état d'âme, a marqué les fondations et les rouages de la nouvelle église dédiée à son culte césarien. Il n'est pas surprenant de le retrouver ci et là dans l'iconographie des ors vaticanes, comme par exemple sous le pinceau du peintre italien de la Renaissance Raphael * (images 2 et 3).

* Fresque appelée " Les Vertus cardinales et théologales (1511), qui se trouve dans la " Chambre de la Signature ", une des chambres de Raphaël située dans le palais apostolique du Vatican.


Le nouveau culte solaire

L'établissement de la nouvelle religion de l'Empire voit les idoles païennes rebaptisées du nom de saints, vils et miséricordieux noms divins, et les nombreuses pratiques ou objets de culte intégrés au nouveau rituel. Le solstice d'hiver associé au culte solaire a été choisi pour commémorer Noël, soit la naissance du Soleil, rebaptisé Jésus-Christ *. Les anciens cultes déjà dévoyés de la fécondité et de la " reine des Cieux " - la Déesse Mère (Isis, Sémiramis, Ishtar, Vénus ...) - sont également " christianisés ". Aussi le Jésus de la Bible, " historique ", n'a pas ou peu de points communs avec le dieu Soleil vénéré, soit le mythe d'Osiris le Père et Horus le Fils, provenant d'anciens mythes sumérien et égyptien. Il ne fait par son histoire qu'habiller le nouveau culte, servant de caution à la mystification entreprise. D'ailleurs, aucun texte égyptien ne dit qu'Horus s'appelait KRST (Christ). C'est en grec et non pas en égyptien que le mot KRST signifie " oint ". En égyptien, KRST signifie plutôt " enterrement ". Il s'agit donc bien de " résurrection " du dieu Soleil. L'histoire biblique officielle racontée - celle de l'Ancien comme du Nouveau Testament - est totalement fausse. Même le Vatican finit, petit à petit, par reconnaitre son imposture, comme en 2002 quand il a avoué par Mgr Gianfranco Ravasi, membre de la Commission pontificale pour les biens culturels de l’Église - le Ministère de la culture du Vatican -, entre autres, que les Dix commandements n'ont jamais été dictés par Dieu à Moïse, que Eve n'est pas née d'une côte d'Adam, qu'elle n'a jamais mangé de pomme, que les Hébreux n'ont pas traversé la mer Rouge, que Jésus n'est pas né un 25 décembre, que Jésus n'était ni blond ni beau, que Joseph, le père adoptif de Jésus, n'était pas un vieillard, mais avait entre 18 et 24 ans lorsqu'il a épousé Marie, que Saint-Pierre n'a jamais été crucifié la tête en bas, que Saint Paul n'est jamais tombé d'un cheval sur le chemin de Damas, ...*²

* Il n'y a aucune évocation du 25 décembre dans la Bible.

*² Cf. Roberto Beretta & Elisabetta Broli, " Gli undici comandamenti. Equivoci, bugie, et luoghi comuni sulla Bibbia e dintorni ", Edizioni Piemme, 204 p. & Le Judaïsme décodé.

Le personnage multi-facettes de Jésus, de son nom hébreu Yeshua Ben Joseph

Chaque religion ou philosophie est érigée sur l'enseignement d'un prophète. Selon la tradition, Siddhartha Gautama est le Bouddha fondateur du bouddhisme. Mahomet fut le premier prophète de l'islam, Moïse celui du judaïsme, et Jésus-Christ celui du christianisme. Même si certains de ces prophètes n'ont peut-être jamais eu d'existence réelle, leurs enseignements dépendent nullement de leur réalité historique, mais de la charge symbolique qu'ils véhiculent.

Nous savons aujourd'hui que des recherches sérieuses ont été entreprises pour établir l'existence de Jésus, mais celles-ci ont été précautionneusement et systématiquement empêchées. Pour asseoir son hégémonie sur la chrétienté et pour ne pas " déranger " les croyances de ses fidèles, le Vatican n'a jamais révélé la Vérité au sujet de l'existence ou non de Jésus, en tout cas de sa véritable histoire. Mais cette vérité existe pour qui sait lire entre les lignes, et elle transparait pour celui qui pratique les enseignements bibliques, parce qu'à force de les expérimenter et d'éprouver la vie, il s'apercevra qu'ils sont amputés d'une grande partie de la vérité. Il y a effectivement eu un prophète ou un érudit qui enseignait, et qui probablement s'appelait Yeshua, Yesusvara, Īsā ou Aïssa... Mais, en aucune façon, il n'était Jésus, le fils de Dieu. Jésus n'est que la représentation archétypale d'un personnage de légende découlant d'autres précédemment. Elle a été consignée dans le Nouveau Testament, afin de promouvoir et consolider la doctrine chrétienne et d'asseoir le pouvoir de l’Église romaine sur les consciences par le dogme dévoyé professé. Le christianisme n'est en fait qu'un dérivé de la religion égyptienne et de ses successeures sumérienne, babylonienne, assyrienne..., toutes établies sur les mêmes fondements dénaturés. Quant à la dénomination de " Jésus-Christ ", elle provient probablement de la traduction des mots Yeshua et Kiristos, qui signifie en sumérien " fils ardent de la vie ".

À force que sa légende soit rabâchée de génération en génération, imposée par le fer et/ou le formatage cervical dès le plus jeune âge, le personnage de Jésus a pris fermement place dans l'inconscient humain, ce dernier gravant les mémoires des croyances dans l'ADN biologique. Aussi démontrer que Jésus-Christ aurait existé n'a pas beaucoup de sens, mais prouver que plusieurs épisodes clés de son histoire biblique se retrouvent au cœur d'autres mythes consentirait en quelque sorte à ce que les choses soient claires pour tout le monde.

Jésus est ainsi le " juge des morts ". La même chose a été dite au sujet de prédécesseurs tels que Nemrod, Krishna, Bouddha, Ormuzd, Osiris, Aecus, etc. Jésus était l'Alpha et l'Oméga, le premier et le dernier. Krishna, Bouddha, Lao-Tseu, Bacchus, Zeus et d'autres l'étaient aussi. Jésus a guéri des malades et ressuscité des morts. Ainsi l'on fait Krishna, Bouddha, Zoroastre, Bochia, Horus, Osiris, Sérapis, Mardouk, Bacchus, Hermès et d'autres. Jésus était de sang royal, tout comme Bouddha, Rama, Fo-Hi, Horus, Hercule, Bacchus, ou encore Persée, tous considérés comme véritable Dieu unique, des milliers d'années avant la naissance présumée d'Abraham, le créateur si mal nommé du concept de " Dieu unique ". Ils ont symbolisé le véritable Dieu unique pour les hommes, le Soleil, avec la " vraie croix unique ". Si les chrétiens représentent Jésus avec une auréole, c'est précisément la manière dont les Phéniciens dépeignaient les rayons du soleil autour de la tête de leur dieu-Soleil, Bel. Comme Jésus, Virishna (ou Asclépios) a fait des miracles comme guérir les malades, redonner la vue aux aveugles, chasser les démons et ressusciter les morts. Il a été mis lui aussi à mort sur une croix entre deux voleurs. Il est de même descendu aux enfers, et il est ressuscité d'entre les morts pour remonter aux cieux. Le dieu Mithra a quant à lui été crucifié, et ressuscité des morts le 25 mars, à Pâques. Les initiations du culte de Mithra s'accomplissaient dans des grottes ornées des signes du Capricorne et du Cancer, symboles des solstices d'hiver et d'été, l'apogée et le périgée du soleil. Mithra était souvent dépeint sous la forme d'un lion ailé, un symbole pour le soleil encore en usage au sein des sociétés secrètes contemporaines. Jésus ne fut pas le premier Grand Maître, Avatar ou Fils de Dieu à " naître d'une vierge ". Pour les mystiques orientaux de tous les temps et de tous les pays, le grand mystère de l'Immaculée Conception et de la naissance spirituelle d'un Fils de Dieu est accepté non seulement comme une possibilité mais comme un évènement naturel dans la vie de tout grand Avatar. Par exemple Krishna en Inde fut mis au monde par une vierge chaste nommée " Devaki ", qui fut appelée, à cause de sa pureté, à devenir la mère de Dieu.

La liste est longue des " Fils de Dieu " qui ont joué le rôle principal dans des histoires similaires à celle qui a été attribuée à Jésus, et presque tous ont été adorés bien avant qu'on ait entendu parler de Jésus : Krishna de l'Hindoustani ; Bouddha Sakyamuni de l'Inde ; Salivahana des Bermudes ; Osiris et Horus d’Égypte ; Odin de Scandinavie ; Crite de Chaldée ; Zoroastre de Perse ; Baal et Taut de Phénicie ; Indra du Tibet Bali de l'Afghanistan ; Jaon du Népal ; Tammuz de Syrie et de Babylone ; Attis de Phrygie ; Xamofxis de Thrace ; Zoar des Bonzes ; Adad de l'Assyrie Deva Tat et Sammonocadam du Siam ; Alcide de Thèbes ; Beddrou du Japon ; Hésus ou Éros et Bremrillahm des druides ; Thor, fils d'Odin, des Gaules ; Cadmus de Grèce ; Hil et Fêta des Mandates ; Gentaut et Quetzalcoalt du Mexique ; le Monarque universel des Sibyllins ; Ischy de Formose ; le Divin Enseignant de Platon ; le Saint Homme de Xaca ; Fohi et Tien de Chine ; Adonis, fils de la vierge lo, de Grèce ; Ixion et Quirinus de Rome ; Prométhée du Caucase ; etc.

Il en ressort que le mythe de Jésus est une compilation de plusieurs religions et traditions plus anciennes, tels les mythes de Mithra, de Zoroastre, de l'histoire d'Enki, d'Isis d'Osiris et d'Horus et vraisemblablement aussi de Jules César *, et d'autres encore... Toute l'histoire biblique du dénommé Jésus n'est que fictive et sa crucifixion une fiction symbolisant la charge karmique de la souffrance (la croix symbolisant entre autres nos croyances et nos souffrances : " la croix-en-soi "). Cette histoire renferme néanmoins des enseignements secrets, qui ont été complètement falsifiés dans le but de manipuler l'émotionnel humain en le laissant croire au péché, à la culpabilité, au bien, au mal, etc *².

* Cf. La dualité décodée.

Cf. Le mythe du péché, ou la mise sous tutelle de l'humain.

 

Les révélations d’une Bible de 1.500 ans

Une bible vieille de 1.500 à 2.000 ans a été trouvée en l’an 2.000 en Turquie, dans le Musée d’Ethnographie d’Ankara. Tenu secret, le livre contient l’Évangile de Barnabé, un disciple du Christ, qui démontre que Jésus n’a pas été crucifié, qu’il n’était pas le fils de Dieu, mais un prophète, qu’il est monté vivant au ciel, et que Judas Iscariote a été crucifié à sa place. Le livre appelle également l’apôtre Paul " L’Imposteur ".

Selon les rapports des experts et des autorités religieuses en charge de son authentification, le livre est un original. Il est écrit avec des lettres d’or sur cuir, faiblement liées en araméen, la langue de Jésus. Le texte maintient une vision similaire à l’islam, ce qui contredit les enseignements du Nouveau Testament du christianisme. Jésus prévoit également la venue du Prophète Mahomet, qui a fondé l’islam 700 ans plus tard.  Ce livre rejoint d’autres évangiles dits apocryphes, écartés pendant le Concile de Nicée en faveur des quatre évangiles canoniques de Matthieu, Marc, Luc et Jean.

Si sa véracité n’est pas reconnue par l’Église romaine, il s'ajoute à la longue liste d’éléments suffisamment établis pour démontrer la supercherie de la foi instillée dans la psyché de foules naïves, celles-ci prenant pour argent comptant ce qui leur est servi sans s’attacher à rechercher La Vérité. Une fois encore, la Vérité ne peut qu’être révélée intérieurement, une fois le logiciel des croyances et des conditionnements remis à zéro. Il n’est qu’à voir où cet aveuglement a conduit : guerre, violence, discrimination, esclavage. Jusqu'à la société d’automates d'aujourd’hui, enchâssée dans le piège mortifère de l’ego-mental, la division, le rejet et la condamnation des autres.

Le message du mythe Osiris

Les archétypes égyptiens Osiris le Père et Horus le Fils ont permis de construire dans l'inconscient collectif le mythe du sauveur extérieur sacré, afin de détourner l'être humain de sa recherche à l'intérieur de lui-même pour sa libération et son ascension. Ils sacralisent par là-même les élites au pouvoir qui se les sont appropriés par incarnation, prétendant être adoubées par la puissance divine pour sa représentation terrestre. Cette vision exotérique a été poursuivie à travers d'autres légendes extraordinaires civilisationnelles, comme celle de Zeus pour les Grecs, Yahvé pour le peuple Juif, Jésus-Christ pour la chrétienté... lls pourraient découler d'une légende maya, celle du prince Coh et de la déesse Moo, le prince Coh étant tué par son frère Aac avant qu'un cataclysme n'engloutisse le territoire nommé " Gloire de l’Océan " par les Mayas. La déesse Moo se serait-elle alors réfugiée en Égypte ?

Osiris et son frère assassin Seth sont en fait les deux polarités expressives du fonctionnement du vivant : la partie lumineuse, quantique, positive et évolutive d'une part (Osiris), et son pendant ténébreux, mécaniste, négatif et involutif d'autre part (Seth), lui-même illustré par deux polarités que sont Lucifer (+), le porteur de fausse lumière, et Satan (-), le diviseur totalement perverti. C'est bien ce mécanisme physique du fonctionnement des lois régissant l'univers qui est raconté par les autorités politico-religieuses aux peuples d'alors guère instruits, et qui en détournent totalement le sens sacré à des fins exclusives d'asservissement des consciences. Le combat entre les deux frères - Osiris et Seth - se retrouve illustré dans la Bible par celui de Caïn et Abel, signifiant qu'ici-bas l'égo-mental triomphe toujours du cœur lumineux. Il en est de même avec Jacob et Esaü *, Quetzalcoatl et Tezcatlipoca chez les Mayas, et bien sûr avec Remus et Romulus pour la fondation de l'Empire romain ...

Les quinze morceaux éparpillés d'Osiris terrassé par Seth sont retrouvés par son épouse Isis, à l'exception du phallus, illustré par l'obélisque. Le message est clair : seul le féminin sacré en soi (Isis) permet de reconstituer la fragmentation de notre âme en alter au cours de ses différentes expérimentations de la matière *², en acceptant toutes les polarités du masculin (Osiris + et Seth -). C'est toute la symbolique de la croix - le chemin de croix du Christ -, qui par ses quinze stations (les voyages de l’Âme) indique à l'être humain le chemin à parcourir dans la souffrance de cet émiettement, pour s'émanciper de l'espace-temps (horizontal/vertical) limité de la 3ème dimension de réalité et ascensionner, c'est-à-dire parvenir à une dimension supérieure...

La légende de Jésus Christ n'est que le message de la Vie lancé à l'homme à accomplir le quaternaire alchimique *³ : crucifixion de l'égo, régénération intérieure (rencontre avec ses ténèbres), unification (fusion de ses polarités), et résurrection purifiée à notre essence véritable. Autant dire un message très éloigné de celui dispensé par les autorités ecclésiales...

* Cf. Le Judaïsme décodé.

Cf. Le cheminement de l’Âme.

Cf. Le chemin alchimique.

Pour sacraliser cet imperatum, le pape, ayant pris sur terre la place du Christ, est déclaré infaillible, et tout ce qui ne coïncide pas avec la nouvelle théologie - tout particulièrement son concept de Trinité Père Fils et Saint-Esprit - est déclaré hérétique, comme la loi de perfectionnement de l'âme au cours de nombreuses incarnations. Par le Donatio ou Constitutum Constantini, document apocryphe et l'un des faux les plus célèbres de l’histoire conçu par la chancellerie du Vatican entre la seconde moitié du VIII° siècle et la première moitié du IX° siècle, il se voit reconnaitre la suprématie sur tous les régnants de la Terre, et doté des droits régaliens sur Rome, l’Italie et l’Occident … Ce sentiment d’impunité escroquée explique également la nature de la future réforme grégorienne menée en l’an Mil par Grégoire VII et relayée par Innocent III, instaurant sans ambiguïté la suprématie papale, le pontife romain, quoi qu’élu canoniquement, étant sanctifié par les mérites de … Saint-Pierre.

Bien que farouchement contesté y compris en son sein par l’ordre des Franciscains, ce fondement juridique inexistant voit la main sacrée marquer au fer rouge la conduite spirituelle de l’Occident, et explique les innombrables dérives sanglantes qui joncheront son chemin de croix, certains papes comme Boniface VIII (règne de 1294 à 1303) n’hésitant pas à ordonner l’assassinat de leur prédécesseur pour s’emparer du pouvoir.

S'appropriant contrairement à l'enseignement saint le Corps de Christ, c'est-à-dire l'ensemble des chrétiens à travers le monde nés de l'Esprit de Dieu (" Je veux cependant que vous sachiez que Christ est le chef de tout homme " - Corinthiens 11: 3 ; " il l'a donné (Christ) pour chef suprême à l’Église " - Éphésiens 1/ 22-23), le Vatican, son centre géographique, devient l’emblème de cette religion dite de l'âge ou ère des Poissons *, qui a démarré quand le soleil est entré dans cette constellation modifiée du Zodiaque de Dendérah (première image) il y a 2000 ans, suivant la précession des équinoxes (marche à rebours du calendrier zodiacal). Elle se nourrissait des " restes " de tout ce qu'il y avait avant, soit le référentiel mythologique manipulé lié aux âges du Bélier et précédemment du Taureau. Comme pour la civilisation des anciens égyptiens, toute la symbolique du référentiel religieux chrétien est de nature astrologique et astronomique, la ville de Rome étant alignée avec les autres grands sites religieux (Babylone, Thèbes, Jérusalem …) dans une construction de la carte du ciel sur la terre. C’est pourquoi, depuis le ciel, la place Saint-Pierre représente un zodiaque, avec entre autres la course elliptique du soleil et les quatre saisons (deuxième image), ainsi que les quatre éléments constitutifs de la vie au sein de l'univers (troisième image).

* La durée d’un âge ou ère lié à un signe astrologique est  établie à 2.160 ans, soit la division de la " Grande année cosmique " de 25.920 années en douze ères. Cette durée égale est erronée, dans la mesure où le temps de passage du Soleil dans une constellation n'est pas uniforme, celles-ci n'ayant pas la même largeur. Celui des Poissons a symboliquement démarré à la mort de Jésus, soit vraisemblablement – 4 (ans) par rapport à la datation usitée dans notre calendrier de référence, et devrait s’achever dans la fourchette 2060/2160. La datation n’est pas précise dans la mesure où il y a une période de recouvrement " mouvante " entre deux ères.

 

Des racines dénaturées

A ses débuts, le christianisme primitif porté par quelques êtres émancipés et hautement évolués porta des idées distinctes et nouvelles qui se greffèrent sur le judaïsme * alors en vigueur. Il en fustigea et élimina par là-même d'une manière virulente certains fondements et idéaux qui avaient nourri son dogme, et tout particulièrement le péché. Promouvant ses idéaux sous le mince vernis du " Nouveau Pacte " ou " Nouvelle Alliance ", le christianisme changea les manières par lesquelles les hommes et les femmes agissaient les uns envers les autres. Il changea leur certitude de l'attitude envers la vie et la mort. Il changea le degré de liberté grâce auquel les individus pouvaient choisir d'une manière acceptable quoi penser et croire.
Mais l'histoire du péché est l'histoire de son triomphe même. En effet, la conscience de sa nature aboutit à une " industrie " croissante d'organismes et de techniques pour le traiter, et qui, petit à petit, deviennent des centres de pouvoir économiques et militaires solidement établis. C'est pourquoi, passés les premiers siècles, le christianisme des premiers temps laissa place petit à petit à des maîtres-artificiers qui, reprenant la culpabilité inventée de toute pièce avec le mythe du péché originel, l'instrumentèrent à des fins répressives. Ce fut tout d'abord à l'encontre des païens, présentés comme intolérants envers les juifs et les chrétiens, alors même que les religions de ces derniers ne toléraient aucun autre dieu que le leur. Tout l'art de l'inversion dialectique, technique prisée par tout groupe à caractère fasciste. Il en découla que la domination expansionniste du christianisme dans sa version catholique créa un conflit bien plus aigu entre les religions qu'il ne prévalait alors, et l'intolérance religieuse devint la norme, non l'exception.

L’Église romaine apportant la coercition ouverte de la croyance religieuse, elle s'apparente de ce fait à la définition en cours d'une secte en tant que " groupe qui utilise la manipulation et le contrôle du mental pour induire l'adoration ". Elle est la mère de toutes les sectes de l'ère " moderne ", au service des idéaux misogynes et patriarcaux du judaïsme ! Le changement du monde occidental, du paganisme vers le christianisme à la sauce romaine, changea profondément la manière dont les individus se voyaient ainsi que leurs interactions avec la réalité. Cette stratégie eut lieu à de nombreuses reprises, la chasse aux soi-disant hérétiques ou satanistes étant montée de toutes pièces par les autorités religieuses. Nous en vivons depuis les fruits, la guerre sans fin. Englué dans les peurs et les programmes consistant à voir chez l'autre désigné un démon responsable à sacrifier, le peuple lobotomisé ne risquait pas de tourner son regard vers d'autres sphères d'existences, et de se libérer de la suprématie du Dieu tyrannique invisible par un travail intérieur et multidimensionnel.

* Cf. Le Judaïsme décodé.

Le Codex Nag Hammadi

A Nag Hammadi, à 400 km au sud du Caire et au nord-ouest de Luxor en Égypte, furent trouvés en décembre 1945 treize codex dans une jarre scellée sous forme de rouleaux en papyrus, dans un état certes dégradé mais permettant en grande partie leur retranscription. Authentifiés comme véridiques même si d'aucuns les considèrent comme une falsification archéologique, ils sont des copies dictées en langue copte au IV° siècle de textes plus anciens, au moment où le dogme établi par la jeune Église romaine qui vient de s'institutionnaliser a fait le tri entre les écrits sacrés acceptables et ceux non révélés, autrement dits apocryphes. Parmi ces 13 codex se trouvent principalement les évangiles de Philippe (127 logions) et de Thomas (114 paroles) ainsi que l'Hypostase des Archontes, soit l'explication de la chute des Anges (l'humain) déchus *. Tous reposent sur un secret laissé à la sagacité de ceux et celles à qui ils s'adressent, caché derrière les mots employés. Ce secret est celui de l'immortalité, de l'"éther-nité ", permettant de régner sur le Tout : l'univers matériel, le monde des âmes (l'au-delà), et le Royaume divin. C'est pourquoi il ne peut être révélé par les élites en charge de l'enseignement académique, celles-ci ayant fait le choix de la corruption de leurs âmes pour asseoir leur domination terrestre.

Aussi, pour découvrir ce secret, l'être humain n'a pas d'autre choix que de se faire herméneute pour en découvrir le sens caché... Il ne doit cesser de chercher jusqu'à ce qu'il trouve, sinon il demeure prisonnier de la cyclicité des temps dans la 3ème dimension d'appartenance, avec à chaque réincarnation une leçon plus difficile à vivre jusqu'à ce qu'il se décide de mettre fin à ses souffrances : " Heureux qui a connu l’Épreuve, il est entré dans la vie " (c'est le baptême du Feu, soit le passage au creuset des alchimistes). Tant qu'il ne réunit pas ses deux natures en une (le masculin et le féminin, le corps et l'esprit), il reste prisonnier de son égo-mental qui l'illusionne. C'est le message délivré par Philippe : " Si deux font la paix entre eux dans une même maison, si vous faîtes le deux UN, vous serez fils de l'Homme (le Christ) ". Alors, par cette transformation, cette auto-engendration, les portes de l'espace-temps pourront s'ouvrir : " Soyez passant " (symbolique de Pâques et de Pessah). " Le vivant issu du vivant ", autrement dit l'être immuable a pu renaître du vivant intérieur, soit la conscience Christique.

Thomas rajoute aux apports de Philippe trois clés de Jésus enseigneur : " Il faut ressusciter dès cette vie ", " Celui qui n'est pas ressuscité avant de mourir ne connaît rien. Il mourra ", " Il est nécessaire que nous revêtions l'homme vivant ". Comprendra celui/celle qui entend l'appel de son âme...

* Cf. La nouvelle religion universelle.

 

Les fondations prémonitoires du centre religieux de l'âge des Poissons

Le palais du Vatican (image) est construit sur un ancien cimetière païen, lieu sinistre et malfamé selon l’historien latin Tacite, nommé ager vaticanus, que les fouilles de Rome ont identifié comme un ensemble de mausolées constituant une vaste nécropole. Dans ce cimetière, on pratiquait le culte des morts à base de sacrifices humains, le sacrifice ritualisé ayant toujours été considéré par les sociétés ésotériques anciennes comme étant le moyen de s’attacher les faveurs des dieux. Ceci est le fondement de la canonisation en usage dans l’Église romaine, qui voit la dépouille du saint ou sainte conservée (Cf. photo ci-dessous) dans l'attente du rituel dédié. Autrement dit, c'est une pratique de nécromancie, venant vraisemblablement des Philistins, peuple antique fixé sur la bande côtière du sud-ouest de la terre de Canaan (territoire préalable à la Palestine et Israël), qui les voyait dédier leurs morts au dieu Dagon (ou Dagan), que l'on trouve représenté sous la forme d'un poisson, celui-même qui deviendra l'emblème des chrétiens. On y pratiquait aussi la divination.

Le culte " sacré " des ... morts

Les Évangiles enseignent pourtant que les saints ne sont pas ceux qui sont morts, mais ceux qui sont bien vivants en Christ, qui servent Dieu et l'adorent tout en se préservant des souillures du monde : " Dieu n'est pas Dieu des morts, mais des vivants. Vous êtes grandement dans l'erreur... " (Marc 12: 27). Pourtant c'est bien le culte des morts qui est honoré par l’Église romaine ... Et que dire du procédé de canonisation en "béatification ", décision de la seule institution car nullement mentionné dans les saintes Écritures. Il voit pendant sept années des postulateurs rassembler les preuves des vertus saintes et héroïques et des miracles (au moins deux) soi-disant accomplis. C'est la patte humaine dans toute son arrogance qui se substitue et usurpe à l’Éternel la décision de sainteté, la gloire en revenant à titre posthume au ou à la bénéficiaire. N'est-ce pas blasphématoire * à l'égard du Tout-Puissant et de Son Fils tant adoré ! Enfin, lorsque le pape lit le jour de la cérémonie la formule de la canonisation, la tire-t-il de la sainte Bible ou de tout autre grimoire conçu à cet effet ?

* Cf. Actes 4: 8-12  " Alors Pierre, rempli du Saint-Esprit, leur dit : Chefs du peuple, et anciens d'Israël, puisque nous sommes interrogés aujourd'hui sur un bienfait accordé à un homme malade, afin que nous disions comment il a été guéri, sachez-le tous, et que tout le peuple d'Israël le sache ! C'est par le nom de Jésus-Christ de Nazareth, que vous avez crucifié, et que Dieu a ressuscité des morts, c'est par lui que cet homme se présente en pleine santé devant vous. Jésus est La pierre rejetée par vous qui bâtissez, et qui est devenue la principale de l'angle. Il n'y a de salut en aucun autre ; car il n'y a sous le ciel aucun autre nom qui ait été donné parmi les hommes, par lequel nous devions être sauvés. "

Éphésiens 2 : 8-2 "  Car c'est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c'est le don de Dieu. Ce n'est point par les œuvres afin que personne ne se glorifie."

Timothée 2 : 5 " Car il y a un seul Dieu, et aussi un seul médiateur entre Dieu et les hommes, Jésus-Christ homme ".

Matthieu 7 : 22-23 "  Plusieurs me diront en ce jour-là : Seigneur, Seigneur, n'avons-nous pas prophétisé par ton nom ? N'avons-nous pas chassé des démons par ton nom ? Et n'avons-nous pas fait beaucoup de miracles par ton nom ? Alors je leur dirai ouvertement : Je ne vous ai jamais connus, retirez-vous de moi, vous qui commettez l'iniquité. "

C'est sur des ossements transformés en reliques (photos 1 à 3) que les papes ont construit leur palais, et qu'ils perpétuent le culte morbide en conservant comme reliques des saints * (environ 1.400) des fragments d'os, de dents, d'oreilles, de mains, de crâne, y compris de sang (celui de Jean-Paul II - photo 4), saints vénérés par des millions de fidèles à travers le monde contrairement aux saintes Écritures : " Vous ne vous ferez point d’idoles, vous ne vous élèverez ni image taillée ni statue, et vous ne placerez dans votre pays aucune pierre ornée de figures, pour vous prosterner devant elle ; car je suis l’Éternel, votre Dieu (Lévitique 26.1). " Si quelqu’un s’adresse aux morts et aux esprits, pour se prostituer après eux, je tournerai ma face contre cet homme, je le retrancherai du milieu de son peuple " (Lévitique 20.6). " Si l'on vous dit : Consultez ceux qui évoquent les morts et ceux qui prédisent l'avenir, Qui poussent des sifflements et des soupirs , Répondez : Un peuple ne consultera-t-il pas son Dieu ? S'adressera-t-il aux morts en faveur des vivants ? " (Ésaïe 8 :19) ... Comment ne pas mesurer l'effet insidieux sur les consciences, et par-là même sur les comportements, de ce puissant égrégore de célébration de la mort au détriment du vivant, comme de ce détournement blasphématoire de la parole christique qui se perpétue depuis des millénaires ? Mais lorsque le logiciel de la foi est profondément ancré dans la psyché, la sortie de la torpeur anesthésique est très difficile car très douloureuse, l'être humain préférant alors par le mécanisme subtil de l'égo-mental se réfugier dans le déni et la contre-attaque.

Le site fut progressivement bonifié à partir du Ier siècle après J.-C., accueillant un cirque lieu de courses de chevaux sous Néron, avant d’y connaitre l’exécution d’un certain nombre de chrétiens jugés coupables du grand incendie de Rome en 64. Le christianisme en provenance d’Orient n’était alors que l’un des nombreux courants du judaïsme nommés sectes, et ses membres avaient mauvaise réputation, accusés de s’adonner à des pratiques magiques obscures, dans un empire où la religion était principalement publique, c’est-à-dire politique, revêtant un caractère patriotique et civique. Semen est sanguis christianorum ("Le sang des chrétiens est la semence pour de nouveaux chrétiens "), la nouvelle religion avait toutefois continué à se répandre.

Cf. Suétone, érudit romain (70/122), " Vie de Néron " ; Tacite, historien romain (58/120), " Annales ".

* La cérémonie de canonisation du 30 septembre 2013 a vu officiellement le pape François présenter aux dizaines de milliers de fidèles massés sur la place Saint-Pierre les reliques de Jean XXIII (morceau de chair) et de Jean-Paul II (fiole de sang), appelées à être conservées dans la salle prévue à cet effet, la lipsanothèque, parmi d'innombrables autres.

 

Le Vatican et la pierre

Selon l'histoire, Saint-Pierre, le " Prince des Apôtres", fut crucifié la tête en bas à Rome en 64 sous le règne de Néron, dans un cirque romain qui se trouvait à l’emplacement exact du Vatican, son supplice ayant eu lieu au pied de l’obélisque qui est aujourd’hui au centre de la place éponyme. Sa dépouille mortelle aurait été redécouverte en 1953, rien ne prouvant cependant qu’elle soit la sienne*. Si l’Église romaine a basé son pouvoir sur la primauté de Saint-Pierre, rien dans la Bible le présente comme chef des apôtres, et aucun passage de l'écriture ne dit qu'il est allé à Rome. Ceci relève d’une interprétation fallacieuse des textes, permettant de fonder sa primauté et d’assurer le règne sur le royaume pontif.

* Son tombeau a également été découvert en 1953 à Jérusalem, sur le site du monastère franciscain appelé " Dominus flevit ", à partir de preuves archéologiques démontrant l'existence d'une première communauté chrétienne à Jérusalem ainsi que certains noms bibliques très familiers. Le nom inscrit sur l'une des urnes retrouvées est Shimon Bar Yonah, c'est-à-dire Simon, fils de Jonas, le nom biblique d'origine, du disciple Pierre. Cette possibilité est fortement contestée.

Pierre ou Paul ?

Qui fut le premier d’entre tous, le plus actif du christianisme des origines ? Les données attestées par les sept Épitres retenues autographes éclairent sur Paul (ou Shaul) de Tarse *. Doté de qualités particulières, son énergie, son ardeur et sa vision claire le font d’abord remarquer comme persécuteur des disciples de Jésus, avant que sa conversion radicale sur le chemin de Damas ne le mette au service du Seigneur. Plus ouvert que Pierre dans ses prédications, il bouscule les préceptes et règles rigides de la religion de Moïse pour affirmer avec souffle les révélations de Jésus-Christ, tout particulièrement celles de la résurrection. Le choix de la foi repose désormais sur la conscience de chacun, fondée sur la foi en Christ plus que sur l’observance de la Loi pour gagner le salut. Si on ne peut pas dire que Paul est le véritable fondateur du christianisme, il donne incontestablement à la nouvelle foi une dimension inconnue avant lui, posant les bases pour qu’elle devienne une religion. C’est pourtant Pierre qui l’incarnera *² …

* Les prénoms des disciples de Yeshua Ben Joseph n’étaient pas Pierre, Paul ou Jacques ... mais des prénoms juifs et arabes. Si les prénoms d’origine avaient été conservés, le chrétien occidental aurait-t-il " cassé " de la même façon du musulman au nom de " Dieu " ? L’anti-sémitisme aurait-il été justifié par les autorités religieuses ? Les prophètes ont pourtant tous dit la même chose : " aimez-vous les uns les autres ", soit communiquez entre vous, échangez vos différences afin de vous enrichir mutuellement, et éprouvez de l'amour pour Qui Vous Êtes. Mais leurs enseignements furent trafiqués au point que c’est devenu l’inverse, le contraire, soit " celui qui n’est pas avec moi est contre moi” " ou " Si tu ne crois pas ce à quoi je crois, alors tu dois mourir car Dieu n’aime pas les incroyants ". En fait, qui prêche le respect de la différence doit mourir, car il est le poison des institutions régnantes…

Hitler ayant habilement placé la faute de la " corruption " de l’enseignement de Jésus sur Saint-Paul (à l'inverse des Cathares qui pensaient que St Paul était le Christ), il bénéficia ainsi pendant longtemps du " soutien " indulgent de l’Église romaine ...

Le texte de l’Évangile selon Matthieu qui a servi à établir la primauté de Pierre est le suivant :

16 :16 Simon Pierre, prenant la parole, dit : "Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant." 17 Et Jésus lui répondit : "Tu es heureux, Simon, fils de Jonas ; car ce n'est pas la chair et le sang qui t'ont révélé cela, mais mon Père qui est dans les cieux. 18 Et moi, je te dis aussi que tu es pierre, et que sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les portes de l'enfer ne prévaudront point contre elle. 19 Et je te donnerai les clefs du royaume des cieux ; et tout ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux ; et tout ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux. "

Si l’on veut comprendre le sens de ce verset, il faut commencer la lecture au verset 13. Jésus demande aux disciples, "Qui dit-on que je suis, moi, le Fils de l’homme ? ". Pierre répondit : "Tu [Christ] es le Christ, le Fils du Dieu vivant ", (v.16). Alors Christ répondit : "Et moi, je te dis que tu es pierre [Petros], et que sur cette pierre [Petra] je bâtirai mon Église. "

Petros signifie " petit caillou " et Petra un " très gros rocher " (Christ le pointe vers Lui-même). La majorité des individus croient que Christ bâtit Son Église sur Pierre l’apôtre, et ce n’est pas le cas. Christ est ce grand rocher sur lequel l’Église est bâtie, (Deut 32 :3-4, 15,18 ; I Cor 10 :4 ; Éph 2 :20 ; I Pi 2 :6), et non sur Pierre (Éph 1 :22 ; 5 :23 ; Col 1 :18).

Le sens est que Jésus était en train de dire à Pierre que Lui [Christ] était là pour établir Son Église du Nouveau Testament, la conduire (Éph 5 :23), être avec elle pour toujours (Matth 28 :20) et que les portes du séjour des morts ne prévaudraient jamais contre elle. L’Église de Dieu continuerait d’exister, accomplissant l’œuvre à travers les siècles en tant que " petit troupeau " (Lc 12 :32), jusqu’à la fin des temps (de son temps), moment où elle proclamerait par toute la Terre la bonne nouvelle du Royaume de Dieu (Matth 24 :14). Cette Église serait persécutée (Jn 15 :20 ; 16 :33), mais ne mourrait jamais, et elle serait toujours là au retour du Christ, c'est à dire deux mille années plus tard pour le passage dans le Verseau (estimé en mars 2012) et la mort de Christ Soleil en Poisson. Le Verseau avatar du Horus originel pour le Zodiaque égyptien représente le Christ. Qui plus est, cet agenda est clairement expliqué dans la prophétie des papes annonçant la fin de l’Église.

Extraits des Livres du Nouveau Testament cités : Deut = Deutéronome ; Cor = Corinthiens ; Éph = Éphésiens ; Matth = Matthieu ; Lc = Luc ; Jn = Jean.

L'Antiquité païenne connaissait en fait déjà un certain Pierre. A Rome, bien avant l'époque chrétienne, le prêtre qui révélait aux initiés les mystères païens était appelé le " Hiérophante " (du grec ancien hierós, " sacré ", et phaínô, " découvrir "), c'est-à-dire le chef religieux qui intercède avec Dieu et explique les mystères du sacré. Ce nom, prononcé sans les voyelles dans le chaldéen primitif, était celui de Petros. L'hiérophante, Petros, était le seul interprète des doctrines et des secrets ésotériques. Il était assis à l'Orient, et portait, comme symbole de son autorité, un globe d'or suspendu au cou. On l'appelait également " Mystagogue ". On retrouve la même racine Petr - " montrer ", " révéler " - dans les hiéroglyphes d’Égypte du dieu Hermès, avatar du Mercure romain et interprète des Oracles des dieux.

C’est cette figure antique qui deviendra le pape avec son chapeau en forme de poisson après le déplacement du culte solaire à Rome, nommé culte de Mithra *, et qui va inspirer fortement la religion catholique. C'est pourquoi le pape, en tant que successeur de l'hiérophante des anciens Mystères, est assis sur le siège de Saint-Pierre, gardien avec ses clés de l’Église catholique.

* Comme toutes les religions païennes, le culte de Mithra fut déclaré illégal en 391 et remplacé par celui de Jésus.

En grec, Zeus (Jupiter) est petros, la pierre. Chez les anglo-saxons, dont l'alphabet descend directement de celui des Phéniciens, Jupiter correspondrait à Jew-Peter, c'est à dire Saint-Pierre. Celui-ci est donc le dieu des dieux, Jupiter, en l'occurrence la "pierre " pour la fondation d'un nouveau culte pour Rome. Il est, tel Jupiter, nu, le phallus, soit l'axe du monde qui tient la Terre et qui va fertiliser le monde (première image). Voilà pourquoi il est la tête de l’Église, au sommet, exprimant sur son trône la solidité inébranlable de tout ce qui est construit sur Dieu, " sur le roc " (deuxième image). Il est la garantie de fidélité dont il aura besoin dans la mission qui va lui être confiée, édifier une église pour deux mille ans …

Le monde gréco-romain ayant adoré Zeus / Jupiter comme la divinité suprême, il était maintenant prêt à accepter Jehoshua (hébreu) comme Iesous (en grec). Iesous, le mot grec pour Jésus, signifie Poisson, le premier symbole des chrétiens - avant de se transformer en une croix - utilisé pour se reconnaître entre eux (troisième image). Il est à relier au peuple Abgal, soit dans la mythologie mésopotamienne les " Sept Sages " (en akkadien apkallu, en sumérien Abgal), des figures mythiques mi-êtres mi-poissons issues de l'océan souterrain (l'Apsû) et faisant partie de la famille interstellaire des dauphins, baleines, cachalots et orques. Ce sont ses représentants qui, avant le Déluge, révélèrent aux hommes la science, les arts et les techniques (images 4, 5, 6). Christ quant à lui vient du terme sumérien Kiristos, soit " le fils qui réside dans les étoiles ". La particule KIR, dont le signe cunéiforme archaïque est en forme de poisson, évoque à la fois un poisson et un fils. Au-delà des Abgal ou Oannès en Mésopotamie, de nombreuses traditions évoquent des initiateurs ou héros civilisateurs amphibiens, situés entre le poisson et le reptile. Ainsi les Nommo chez les Dogons du Mali,  ou encore les Orejona sur le lac de Titicaca en Amérique du Sud...

Cf. Anton Parks, " Le Secret des Étoiles Sombres ", Ed. Nenki.

 

Les clés de Saint-Pierre

La formulation des clés de Saint-Pierre fut ouvertement adoptée en 431 avec Célestin 1er pour conférer au pape un pouvoir suprême, qui aurait été soi-disant donné par le Christ à travers la figure de Pierre, et éviter toute contestation de l’évêché d’Orient, Constantinople étant devenue capitale impériale.

Le blason officiel du Vatican incorpore la Tiare papale surmontée de trois couronnes et les deux Clés, l’une d’Or et l’autre d’Argent, comme symboles spirituel et temporel de sa puissance universelle sur les peuples de la terre. Ce symbole païen conférait en effet une pleine autorité sacerdotale, et c’est pourquoi il fut transformé en Clés de Saint-Pierre de Rome.

Le sens de la Tradition

La tradition chrétienne entend comme " pouvoir des clefs " celui de " lier " et celui de " délier ", rejoignant la tradition de l’hermétisme ou de l’alchimie, soit le solve & coagula *. On dit d’ailleurs en latin potestas ligandi et solvendi, la " ligature ", au sens littéral, se retrouvant dans l’usage magique des nœuds qui a pour contrepartie celui des pointes permettant leur " dissolution ". La figuration habituelle du pouvoir papal est celle de deux clefs, l’une d’or et l’autre d’argent, qui se rapportent respectivement à l’autorité spirituelle et au pouvoir temporel, ou à la fonction sacerdotale et à la fonction royale, soit respectivement l’énergie Yin (féminin sacré) et l’énergie Yang (masculin sacré). Du point de vue initiatique, elles se rapportent aux " grands mystères " et aux " petits mystères ", ce qui était chez les anciens Romains un des attributs de Janus. Ils se réfèrent aux opérations alchimiques que constituent respectivement l’" œuvre au blanc ", correspondant aux " petits mystères ", et l’" œuvre au rouge", correspondant aux " grands mystères " *². Ces deux clefs sont, suivant le langage de Dante, celle du " Paradis céleste " et celle du " Paradis terrestre ", croisées de façon à rappeler la forme du swastika (image). En pareil cas, chacune des deux clefs est considérée comme ayant, dans l’ordre auquel elle se rapporte, le double pouvoir d’" ouvrir " et de " fermer ", ou de " lier " et de " délier ".

Le swastika dit " clavigère " de l’image voit, pour chacun des deux ordres, les deux pouvoirs inverses représentés distinctement par deux clefs opposées l’une à l’autre suivant un axe vertical et deux autres suivant un axe horizontal. Par rapport au cycle annuel présent dans le symbolisme de Janus, le premier de ces deux axes est un axe solsticial et le second un axe équinoxial. L’axe vertical ou solsticial se rapporte à la fonction sacerdotale, et l’axe horizontal ou équinoxial à la fonction royale.

* Cf. La dualité décodée.

Cf. Le chemin alchimique.

La Place Saint-Pierre

En 1667, l'architecte italien Gian Lorenzo Bernini dit Le Bernin dessina le plan de l’actuelle place St-Pierre, gigantesque ellipse de 240 mètres de large et 196 mètres de long dotée de 284 colonnes et 88 pilastres, destinée à magnifier la basilique éponyme. Vue du ciel, la place a manifestement la forme d’un trou de serrure, les édifices formant une clé géante en forme de croix latine visible depuis le ciel (image).

La colonnade recèle un autre secret : il y a entre l’obélisque en granit rouge (point où serait mort Saint-Pierre), datant du cirque de Caligula et de Néron, et chacune des fontaines, un disque de porphyre rouge incrusté dans le pavement. Ces disques indiquent les foyers de l’ellipse que forment les colonnes, et à ces endroits, la colonnade semble n’être constituée que d’une rangée de colonne, alors qu’il y en a quatre. Cette illusion est voulue par Le Bernin lors de la construction. Les deux clés, symboles des pouvoirs spirituel et temporel, et la serrure ont été mis en place entre 1586 et 1626.

Si l’on superpose les plans de la place (serrure) et ceux de la basilique (la clé), la tombe de Saint-Pierre et l’obélisque ne font plus qu’un. Il était obligatoire de faire coïncider la tombe et l’obélisque pour que le mécanisme fonctionne correctement. En continuant dans l'axe * de la clé se trouve le Château Saint-Ange, fin de la clé. A exactement 3,3km se tient la Basilique Sainte-Marie-Des-Anges, confirmant l'alignement de la clé.

Le cadran solaire formé avec la place Saint-Pierre et l’obélisque égyptien indiquent également les quatre saisons comme les quatre éléments. La Basilique St-Pierre elle-même est la clé de ce savoir astrologique.

* L’alignement solaire des ouvrages se retrouve également à Paris, la Pyramide du Louvre est reliée à Notre-Dame de la même façon que la place Saint-Pierre est reliée à Castel Gandolfo (à 24km de la basilique de Rome), résidence d'été du pape qui est aussi un observatoire astronomique des Jésuites. Du ciel, Castel Gandolfo représente un œil d'Horus.


Le droit ecclésial distingue toujours le pouvoir du glaive - temporel - et le pouvoir des clés - spirituel -. Pendant de longs siècles, la lutte a été dure entre ces deux pouvoirs dont aucun ne voulait se limiter à sa sphère et entendait bien diriger l'autre, que ce soit en Italie entre guelfes et gibelins *, ou à Byzance entre les Empereurs et les Patriarches (évêques de Constantinople). Ces deux volontés de domination hégémonique ont reçu les noms de Césaropapisme ou de Papocésarisme selon que l'on se plaçait d'un côté ou de l'autre. Simplement, cette distinction peine à masquer l'existence et la confusion de ces deux pouvoirs au sein même de l'Institution.

* Les guelfes et les gibelins étaient deux factions médiévales qui s'opposèrent militairement, politiquement et culturellement dans l'Italie dite des Duecento (XII° siècle) et Trecento (XIV° siècle), soutenant respectivement deux dynasties qui se disputaient le trône du Saint-Empire : la pars Guelfa appuyait les prétentions de la dynastie des " Welfs " et de la papauté, puis de la maison d'Anjou, la pars Gebellina, celles des Hohenstaufen, et au-delà celles du Saint-Empire.

 

La tiare

Le pape, souverain pontife * – pontifex signifie en latin " celui qui trace la voie " -, est le représentant de l’Église catholique, grande religion à vocation universelle du christianisme, caractérisé également par l’Église orthodoxe et le protestantisme. Son nom vient de l’adjectif grec katholicos signifiant "universel, totalisant ".

Élu à vie par une assemblée de hauts dignitaires *, les cardinaux princes de l’Église, ce chef d’État souverain et monarque, dit vicaire du Fils de Dieu *² (Vicarius Filii Dei), concentre entre ses mains tous les pouvoirs : législatif, exécutif et judiciaire d'après l'article 1 de la constitution de la Cité du Vatican du 22 février 2001, en réalité les pouvoirs religieux, politique et monétaire. C'est ce que représentent les trois couronnes de sa tiare. Seul Paul VI en portera une avec quatre couronnes (Cf. photo), rappelant qu'en plus des trois pouvoirs il est rois des rois, ce qui constituait en l'occurrence un véritable blasphème.

Il se fait également appeler Saint-Père, affirmant non seulement l'emprise patriarcale sur les esprits au détriment du féminin sacré, relégué au rang d'épouse, de mère, de servante et de prostituée, mais également le contre-pied blasphématoire à l'enseignement des Évangiles : " Et n'appelez personne sur la terre votre père ; car un seul est votre Père, celui qui est dans les cieux. Ne vous faites pas appeler directeurs ; car un seul est votre Directeur, le Christ.… ." (Matthieu 23: 9-10).

* Le prince Bernhard de Lippe-Biesterfeld des Pays Bas (1911/2004), le fondateur du club Bilderberg, était la seule personne pouvant opposer son veto à l'élection d'un pape au Vatican. En effet, sa lignée, les Habsbourg, sont les descendants directs du dernier empereur romain. 

Cette expression de vicaire du Fils de Dieu fait polémique, pouvant être interprétée comme signifiant " à la place " (vicaire) de Jésus (Fils de Dieu), d'aucuns y voyant le pape comme l’antéchrist. D'autant plus que les lettres-nombres de l'expression latine aboutissent au total de 666, le chiffre dit de la Bête dans l'Apocalypse de Saint-Jean.

Souverain exerçant son pouvoir à l’aide d’un " gouvernement ", la curie romaine et son coordonnateur secrétaire d’État, il est le chef de la quasi seule monarchie absolue du monde moderne, structurant strictement en une forme étatique la confession religieuse qu’il incarne. Son pouvoir ordinaire est suprême, total, immédiat et universel (canon 331 du Code de droit canonique de 1984), soit sans médiation aucune. De ce fait, la confession religieuse catholique soumise à son autorité est considérée comme infaillible ex cathedra, directement inspirée par le Saint-Esprit, autrement dit Dieu lui-même, prérogative établie en juillet 1870 sous le pape Pie IX (constitution Pastor Aeternus). Ignorance de la volonté populaire comme du partage des pouvoirs sont les marques de sa domination totale sur les esprits que le pape, autoproclamé comme étant une émanation directe de la divinité, contrôle ou cherche à contrôler. Outre les privilèges matériels, l’action politique influence indéniablement l’action spirituelle, ce mélange des genres aux finalités inconciliables entretenant une confusion volontaire.

* Le pontifex maximus était sous la Rome impériale le chef du collège des prêtres, investi de différents pouvoirs parmi lesquels la nomination des vierges vestales. Cette charge fut attribuée à César et après lui à tous les empereurs romains jusqu’à la fin du IV° siècle, avant d’être attribuée aux papes.

Le souverain pontife exprime sa puissance par la tiare de couleur blanche, privilège impérial (photo 1). Elle symbolise le dieu poisson païen (photo 2), que l’on retrouve dans les figures astronomiques du Zodiaque de Denderah avec un homme bicéphale. C’est chez les Babyloniens et les Grecs Oannes ou Dagon (son pendant féminin est la déesse Atergatis), Janus chez les latins, et Cetus chez les égyptiens. La tête du Poisson avec sa gueule ouverte existait également dans le culte de Mithra sous forme d’un chapeau. Aussi il n’est pas étonnant de trouver ce couvre-chef sur la tête des évêques avec le nom de " Mitre " (image 3).

La double tête de Janus représente la tête du Prêtre-Sage d’un côté et l’autre tête est celle du Poisson qui doit désigner sa vie dans les eaux souterraines (Absou en langue sumero-akkadien), que les copieurs grecs ont utilisé pour former le mot Abyssos. Dans la mythologie, Janus était paré des emblèmes du Portier avec le Bâton et la Clé (image 4). C'est un trait propre au chef du catholicisme que de revendiquer la primauté du commandement sur la terre. Ses Clés en sont le symbole, le trône mondial étant également un trait propre à la vocation mondialiste de la Grande Babylone.

Le dieu Janus / Jean / Oannès

Janus est le dieu latin des Portes, janua signifiant " porte " ou " passage " en latin. Il gardait avec l’aide des Heures les portes du ciel et du domaine des dieux, assurant le passage du monde des hommes au leur, et aussi les portes des enfers. A ce titre, il était toujours invoqué au début de toute prière rituelle. La représentation iconographique traditionnelle de ce dieu à deux têtes résume deux aspects, le présent comme transition du passé. Janus était également le dieu du matin. C’est pourquoi on l’honorait le premier jour du mois, aux calendes. Il a donné son nom au mois qui devait devenir le premier de l’année, Januarius (Janvier / Jupiter).

À Rome, son temple principal a la particularité d'avoir les portes ouvertes en temps de guerre et fermées en temps de paix. Dans les Mystères d'Eleusis à Athènes, Hermès (Mercure en latin), était associé aux clés : les candidats à l'initiation recevaient un enseignement tiré du Livre dit Peter-Roma, soit le Livre des interprétations du grand Hermès Trismégiste. Comme le pape d'aujourd'hui, le " Hiérophante " de l'antiquité, grand-prêtre de Rome, portait les Clés de deux divinités dont il révélait les mystères : Janus et Cybèle.

La Tradition raconte que Janus accueillit avec hospitalité le dieu Saturne qui ne pouvait plus diriger le ciel. Il lui proposa de s’associer avec lui sur le trône. S’entendant merveilleusement bien, ils ne travaillaient jamais car la terre était toujours féconde. C’était l’Âge d’Or. En souvenir de cette époque, on fêtait les Saturnales, où pendant trois jours tous étaient égaux, il n’y avait ni maître ni esclave. Cette période de fêtes était un moment de débauche et d'orgies sexuelles. De ce fait, Janus n'est qu'une autre forme du dieu Jupiter (latin) / Zeus (grec), le premier dieu, dieu-père, père du ciel, " inventeur " du culte païen. Il apparaît en divinité des éléments du ciel (foudre, orage, tonnerre, lumière). Il est dans la Rome antique l’incarnation de la souveraineté, le dieu des rois.

Cette grandeur papale se retrouve aussi dans les mosaïques paléochrétiennes qui représentent souvent le Christ comme un empereur sur son trône, drapé d’une toge dorée, Seigneur des seigneurs (Dominus dominantium) entouré des apôtres dépeints comme des sénateurs romains (image). La nouvelle Église n’a pas hésité à faire sien l’idéal universaliste de l’ancien Empire en déclin, s’inscrivant dans son sillage. Quoi de plus surprenant alors que Damase, premier pape avec Ursin *, revendique le titre de pontifex maximus réservé jusqu’alors à l’empereur de Rome, et que cette appellation abrégée en Pont. Max. apparaisse petit à petit sur les frontons des églises et bâtiments de l’institution. D’autres papes tels Sixte IV (de 1471 à 1484) ou Jules II (de 1503 à 1513) marqueront leurs époques par la force de leur tempérament et l’ampleur de leurs ambitions, conquérants capables de se draper aussi bien des parements sacrés que de la cuirasse du combattant. Lorsqu’ils n’ont pas ce césarisme chevillé au corps, ils privilégient le népotisme, tel Paul III (de 1534 à 1549) nommant au titre de cardinal deux adolescents, dont l’un était son fils naturel.

* Le clergé romain était partagé entre deux factions qui s’opposaient sur des questions aussi bien de doctrine que de pouvoir. Le résultat est l’élection de deux papes fortement antagonistes, mais Damase finira par l’emporter après un combat faisant de nombreux morts et blessés Le Catholicisme papiste démarrait sur les chapeaux de roue ...

Comment s'étonner alors de pratiques présentées insidieusement (" ainsi Dieu se ment ") comme de vénération, de dévotion et de respect à l'autorité comme le baise-main ou la génuflexion quand ce n'est pas l'allongement à terre, qui parce que sans aucun fondement biblique, bien au contraire, consacrent la grandeur papale à l'instar de la grandeur impériale ou royale, soit la soumission à un (faux) maître et l'abaissement au détriment de son élévation, Christ étant en soi, non à l'extérieur...


Un mode de désignation contesté

C‘est la chapelle Sixtine (image 1) qui illustre le sacre papal par la fresque du peintre le Pérugin (1446/1523) " La remise des clés ", montrant le Christ remettant à Pierre agenouillé les clés des deux royaumes, soit le dépôt de la foi en les mains de l’Église (image 2).


Elle est le siège électoral de la plus haute charge du catholicisme depuis l’élection de Léon X en 1513. Pour être élu, le pape a besoin d’un consensus, ce qui requiert médiation et compromis, parfois de façon très longue (trois ans pour désigner le successeur de Clément IV à sa mort en 1268). Autrefois se rajoutait la corruption, que Jean X, Léon VI, Étienne VII, Jean XI, Jean XII, Serge III, Boniface VIII, Urbain VI, Léon X … avides et dissolus, incarnèrent à " merveille ", rajoutant à la dépravation pornocrate et parfois sodomite le gouvernement des courtisanes. Une réforme intervient à l’initiative de Nicolas II (1059/1061) pour limiter le droit de vote aux seuls cardinaux-évêques romains, permettant de stabiliser l’Église en se dégageant des ingérences laïques. Grégoire VII va rajouter une touche d’absolutisme en considérant que si le pape a la faculté de juger tout le monde, personne ne peut le juger. Alexandre III quant à lui accordera aux seuls cardinaux le droit de siéger en conclave (cum clave – " sous clé"), préconisant au moins deux tiers des voix pour être élu (abolition en 1996 puis réinstauré par Benoît XVI). C’est un coup d’accélérateur à l’organisation monarchique centrée sur les fondements apostolique et communautaire de l’autorité de L’Église. Si le pape est roi, successeur de Pierre, les cardinaux sont princes, aux pouvoirs et privilèges très larges, comme héritiers des apôtres. Bel exercice d’humilité et de dépouillement des illusions extérieures pourtant dénoncées de façon véhémente par le Seigneur des seigneurs … A mesure que l’Église augmentait ses visées temporelles, elle s‘éloignait de l’esprit évangélique du premier christianisme.

 

Le concept de trinité

Le concept de trinité est la perpétuation de ce qui depuis les origines exprime l'UN, le grand TOUT, l'essence créatrice, celle-ci étant obligatoirement constituée de trois éléments indissociables que sont les grandes forces universelles : la création, la conservation, la destruction-rénovation, autrement dit le positif (actif), l'équilibre (neutre) et le négatif (passif). De ce fait, Il/Elle ne se divise pas.

Comme pour l'écriture, le concept vient de Sumer avec Anu pour le ciel, Enlil pour l'air, Enki pour la terre, et avec la première trinité royale " païenne " Imdugud/Kingú (le Père Soleil), Anunna (le Fils) et la déesse Lilith (la mère).

Il découlait lui-même de l'Égypte, avec le fondement de la tradition occidentale qu'est la trinité Akh, Ba, Ka pour l'esprit, l'âme et le corps. Il sera également pour ces dieux terrestres qui n'ont pas d'égaux (ou ), Aton puis Amon, Ptah (soit le +, le -, le neutre), et Osiris le Père, Isis la Mère et Horus le Fils. Leurs cités supposées sur terre qui demeurent à jamais étaient alors Thèbes, Héliopolis et Memphis. Les prêtres égyptiens avaient trois manières d'exprimer leur pensée : la première était claire et simple, la seconde symbolique et figurée, la troisième sacrée ou hiéroglyphique. Ils se servaient, à cet effet, de trois sortes de caractères, mais non pas de trois dialectes comme on pourrait le penser.

On pourrait citer aussi la trinité indienne dite " Trimourti " : Brahma, Vishnou, Shiva (également Sat, Tat et Aum) ; la trinité Perse : Ahura Mazda - Mithra - Anahita ; la trinité primitive nordique : Odin, Loki et Hoenir. Sans oublier le Mercure, le Soufre et le Sel des Alchimistes, transplantant les concepts divinisés à des processus plus opératoires.

Chez les celtes, le nombre 3 était également sacré, une des maximes des druides se composant de trois volets : " Soit brave, fait le bien, et respecte les dieux ". Sur le glyphe celte de l'image ci-dessus, le tryskel breton, la forme spiralée est symbole de circulation d'énergie, de vie. Elle contient en elle les notions de passé, présent et futur, toutes trois reliées au centre, soit le noyau du vortex où toutes les réalités du trois (notre 3ème densité d'appartenance) s'annulent. Il symbolise le trou de ver de la physique, permettant le passage d'une dimension à une autre. Le Graal quant à lui ne pouvait être conquis que par trois chevaliers au cœur pur (" Tu tiens le sang des trois personnes en un seul Dieu ").

On peut ainsi définir la trinité (ou du moins une approche de la trinité) par beaucoup d'images ou de métaphores, l’Église romaine ayant choisi la sainte Trinité Père, Fils et Saint Esprit pour ouvrir un nouveau chapitre des repères proposés à l'homme quant au mystère de la Vie. Elle ne constitue que des représentations et des images servant à symboliser la Divinité, selon le dogme considéré par la prêtrise en charge comme nécessaire à cet instant, pour ses intérêts et ceux des monarques régnants.

De manière plus philosophique, ce concept recouvre le concept des " Trois Mondes " intelligibles : le Monde tangible, naturel et physique, celui des vivants ; le Monde spirituel et religieux, celui des morts, qui voit transiter les âmes avant leur réincarnation ; et le Monde métaphysique, divin, invisible et vibratoire, auquel les âmes et les corps bien sûr n’ont pas accès.

Cf. en complément Symbolisme des nombres.

Une bien étrange intercesseuse

L’Église catholique romaine a choisi la Trinité Père Fils et Saint Esprit comme l'explication du lien intangible entre les hommes et le Divin. Pourtant, le pape Jean-Paul II - Karol Wojtyla (1920/2005) n'a pas hésité à se référer à Marie, la Reine des Cieux, qui pourtant n'a pas été ressuscitée pas plus qu'elle n'est montée aux cieux, lui vouant une vénération sans bornes, et écartant de ce fait Jésus-Christ comme le seul Centre de la foi des hommes *. Voilà une bien étrange dérogation à l'enseignement des saintes Écritures, qui plus est lorsque la Reine des Cieux ne fait que perpétuer les cultes antiques de ses prédécesseures Isis, Ereškigal (sœur jumelle d'Enki le sumérien), Ishtar, Sémiramis, Vénus *² ... Mais il est vrai que l'intercession par les saints est reconnue par l’Église romaine, contrairement là encore à l'enseignement saint : " Qui les condamnera ? Christ est mort ; bien plus, il est ressuscité, il est à la droite de Dieu, et il intercède pour nous ! " (Romains 8 :34).

* Les fables de Marie et Marie-Madeleine constituent une invention archétypale du système patriarcal diviseur. Marie pour les chrétiens ou Myriam pour les hébreux découlent de " Maru " en sumérien, déesse jumelle au sens androgyne d'un dieu symbolisant l'UN, signifiant " mère divine ". Même si elles n'ont évidemment aucun rapport entre elles, elles sont de même " Méri " en ancienne Égypte, qui était aussi nommée Reine des Cieux, ou encore Maïa chez les latins, la mère de Mercure, et Mâyâ, la mère de Bouddha (Gâutama). Ainsi Marie, la " mère " de Jésus, est Mare, la Mer, symbole de la grande illusion ... Ce principe féminin originel créateur se confond en réalité avec le principe féminin androgyne par essence, soit incluant le principe masculin. Sa division en archétype est au cœur de la force symbolique des fameuses " vierges noires ", qui dépassent de loin l'époque judéo-chrétienne, et qui s'apparentent notamment à la figure d'Isis " la dévoyée ". De ce fait, tous les individus - médiums, thérapeutes, voyant(e)s, auteurs " inspirés "... - qui disent canaliser, être en relation ou être inspirés par les figures de Jésus, Marie ou d'autres entités (anges, archanges...) décrites dans la Bible et autres prétendus textes sacrés sont tout bonnement soit sous contrôle de la pensée induite dans leur égo-mental par le corpus prédateur et manipulateur, soit des affabulateurs. Ils/elles ne sont en aucune façon en relation avec la conscience christique, loin s'en faut !

Cf. Le modèle européen décodé (1) Un ADN païen impérial.

Le nombre Trois est associé au triangle, considéré comme la forme géométrique de la Perfection Divine, soit " Ce Qui Est ". C’est le symbole flamboyant de la divinité des chrétiens (Cf. Delta des églises - image). Il permet de constituer en effet la première forme géométrique, incarnant à ce titre le mouvement. Il est avec les deux premiers nombres (le Un et le Deux) à la base de toutes les idées métaphysiques ou mathématiques. Par ce ternaire, par ces trois nombres, l’on obtient en effet l’éventail de toutes les combinaisons de nombres, de formes, d’archétypes, de concepts. Il est donc le nombre du miracle de la Vie, celui qui permet d’unir le visible et l’invisible, l’esprit et la matière, le haut et le bas, le subtil et l’épais, le fixe et le volatile. Si Dieu - Ce Qui Est - n’était qu’un, il ne serait jamais créateur ni père. S’il était deux, il y aurait antagonisme ou division dans l’infini, et ce serait le partage ou la mort de toute chose possible. Il est donc trois, pour créer de lui-même et à son image la multitude infinie des êtres et des nombres. Ainsi, il est réellement unique en lui-même et triple dans notre conception, ce qui nous le fait voir aussi triple en lui-même et unique dans notre intelligence et dans notre amour.

 

La croix dénaturée

La symbolique de la croix est universelle, donnant lieu à de nombreuses significations au symbole qui en découle. Elle a joué un rôle important dans l'histoire de l'Humanité, pouvant être trouvée sous de nombreuses variantes, dans de nombreuses cultures et dans de multiples endroits à travers le monde. Les croix sont en fait un symbole solaire. Ainsi une croix simple placée à l'intérieur d'un cercle représente le soleil (Cf. images). Ce symbole apparaissait déjà fréquemment au Néolithique (-9.000 av J.-C.), soit la période placée après la chute de l'Atlantide (qui a eu lieu environ -11.000 à 12.000 av J.-C.). Elles sont donc un héritage d'une ancienne tradition en usage en Europe, bien avant la christianisation.

La " Croix pattée " *, arrière-plan historique de la célèbre Croix Rouge des Templiers, contient de multiples sagesses et significations, toujours cachées par l’Église, préférant sa marque d'infamie et de culpabilité des êtres humains. C'est au début du XII° siècle que les Cathares et les premiers Templiers redécouvrirent les Vérités jusqu'alors dissimulées à propos de Yeshua (Jésus) et de l'Arche d'Alliance. Plus tard, elles furent remises au goût du jour à travers les récits des Cagots et des Chrestians (ou Crestians en occitan), qui y trouvèrent une abondance d'informations et de techniques spirituelles.

* C'est par le Pape Eugène III que les Templiers reçurent en 1146 la " Croix pattée " comme symbole de leur chevalerie. Ils l’avaient adoptée comme symbole de leur Ordre monachique, combinant la force militaire à la force spirituelle. Elle était la même croix que celle du dieu maya Quetzalcoatl.

Le secret bien gardé des Églises

Les arches d'alliances désignées comme telles par les religions n'avaient strictement rien à voir avec une quelconque alliance avec un dieu ou Dieu. Ces boîtes dorées étaient une sorte de condensateur électromagnétique qui, de pair avec des piliers Djeds *, pouvaient être réactivées, servant à projeter l'espace-temps terrestre dans un futur déjà réalisé. La maîtrise de cette technologie a de tout temps constitué la quête des élites politico-religieuses sous emprise exo-terrestre *², établissant un gigantesque rideau de fumée mensonger à l'attention de peuples conditionnés par une histoire biblique grossièrement falsifiée, et commettant au passage nombre de crimes et de massacres envers les chercheurs ou les détenteurs de vérité. Ainsi s'éclaire le massacre des Templiers, des Cathares, des Cagots, des " sorcières ", jusqu'aux mensonges grossiers de la CIA, de la NASA et autres instances dévoyées dans leurs travaux sur les technologies extraterrestres. Il n'est plus très loin le temps du réveil de la conscience individuelle par la réactivation des mémoires cellulaires de l'ADN biologique, qui permettra à certain(e)s de s'extraire du piège mortifère dans lequel ils sont enchâssés depuis si longtemps, sous réserve de leur transformation intérieure profonde ...

* Le modèle pyramidal décodé.

La nouvelle religion universelle & Les acteurs de la matrice falsifiée.

*³ Processus de transformation de conscience.

À l'origine, cette Croix pattée était appelée la " Marque de Caïn ". Ce symbole avait vu le jour il y a plus de 5.000 ans à la période proto sumérienne. Elle avait été utilisée par les fidèles au " Dieu de l'Un ", jusqu'à ce qu'ils arrivent, non pas en Palestine après être partis d'Égypte, comme ont voulu nous le faire croire les religions du Livre, mais sur le continent européen après la disparition de l'Amen-ti, l'Atlantide de l'ouest. La signification ésotérique de la Marque de Caïn peut être allégoriquement trouvée dans la Bible dans le chapitre de la Genèse (Gen. 4:13-16) :

" Et Caïn dit à l’Éternel : Mon châtiment est trop grand pour que j'en porte le poids.

14 Voici, tu m'as chassé aujourd'hui de dessus la face de la terre, – de l'Amen-ti – et je serai caché de devant ta face, et je serai errant et vagabond sur la terre ; et il arrivera que quiconque me trouvera me tuera.

15 Et l’Éternel lui dit : C'est pourquoi quiconque tuera Caïn sera puni sept fois. Et l'Éternel mit un signe sur Caïn, afin que quiconque le trouverait ne le tuât point. "

La combinaison d'un style de rédaction métaphorique et de faits plus ou moins historiques engendrant beaucoup de confusion pour ceux qui se fient entièrement à la Bible, la vérité profonde sur la Marque de Caïn ne peut être trouvée que par celui qui la porte dans ses mémoires, celui dont son Âme s'en " rappelle ".

La Marque de Caïn

En ancienne Égypte, ou " Amen-ta " en Sumérien antique, ceux qui portaient la " Marque de Caïn " montraient qu'ils étaient protégés par " le Dieu du Un " de la fureur de " Jéhovah " (le double de Yahvé) *, autrement dit du dieu sumérien AN. Cette croix signifiait que leurs porteurs avaient quitté la voie spirituelle consistant à prendre aux autres, le Service de Soi, et avaient embrassé la voie de donner aux autres, le Service d'Autrui (Cf. image de la statue d'Auguste marqué sur le front de la croix de Caïn, signe des véritables Chrestians ou Crestians en occitan).

Ce symbole est lié au sacrifice " originel " sanglant du mythe biblique, où Caïn et Abel, les deux frères issus d'Adam et Eve, font tous deux une offrande à Dieu. Abel a apporté les premiers agneaux de son troupeau. Caïn a choisi les plus beaux fruits de ses récoltes. Si Dieu accepte l'offrande d'Abel, il refuse celle de Caïn. Pourquoi ? Le récit ne le dit pas... Furieux, Caïn ne comprend pas, malgré la mise en garde de Dieu qui le met à l'épreuve: " Pourquoi es-tu irrité et pourquoi ton esprit est-il abattu ? Le péché n'est-il pas à ta porte, une bête tapie qui te convoite, pourras-tu la dominer ? ". N'arrivant pas à maîtriser sa jalousie, il entraîne son frère dans un champ et le tue.

Si pour les peuples naïfs et illusionnés Caïn exprime la marque de Satan, la face sombre de l'humain non dévoué à l’Éternel et condamné à errer jusque dans la tombe, le symbole de Caïn exprime tout autre chose. Pour le système patriarcal prédateur, il traduit comme polarité entropique le geste protecteur de ce Père manipulateur "aimant " (Jéhovah), qui décide d'assurer la vie du " frère " assassin en le marquant d'un signe pour le protéger. C'est bien lui le fils chéri dans la matière, qui a offert comme il se doit au système prédateur son rituel de sang et de mort.

Pour les êtres humains éveillés à Ce Qu'Ils Sont vraiment, il traduit comme polarité évolutive la voie de transformation intérieure à réaliser - la fusion des masculin et féminin sacrés - pour changer de dimension de réalité *².

* Cf. Le Judaïsme décodé.

Cf. Le chemin de l'Ascension.

La Marque de Caïn a été symbolisée par une Croix Rouge pattée entourée par un Cercle, dès la naissance en l'an 1120 de l'Ordre des Templiers. Elle a été " empruntée " à la tradition spirituelle cathare/cagots qui, par cette croix, signifiait à la fois le symbole de Caïn et leur appartenance à la lignée christique dite des planificateurs " Abgal " * à pattes d'oies (images 1 et 2). Elle deviendra la Croix celte.

Ainsi la Croix du Languedoc ou Croix occitane (image 3) découlerait d'une croix formée par quatre pattes palmées.

Selon l'enseignement de Joshua à ses disciples, elle symbolise toutes les expériences de l'homme qui sont enregistrées de manière électro-magnétique dans sa génétique. Autrement dit, elle représente la Conscience ou l'Esprit que nous sommes en réalité, puisque notre corps physique est seulement la part du Soi qui expérimente dans ce niveau dense de la Création, Ce Qui Est. Notre Conscience est un champ d'énergie entourant notre Âme qui, au moment de la naissance, densifie une portion d'elle-même, le corps physique de l'homme, et se place en son intérieur au niveau du " Cœur supérieur ". La croix pattée montre le déplacement de 45 degrés dans la conscience possible à l’homme, autrement dit le moyen par lequel il peut s’élever à une autre dimension pour s'extirper de la dimension de réalité terrestre, limitée et de nature involutive ...

* L'Histoire cachée indique que les Cathares étaient vraisemblablement d'ascendance Atlante. A ce titre ils étaient des Christs ou " Kiristis " de la lignée des Sukkals (les hommes oiseaux), des Nungals ou des amphibiens Abgals (aux pieds et mains palmés), lignée de laquelle Yeshua (sur des "lignes temporelles passées " en tant que " Kiristos " Enki-Horus) était - en partie - issu.

Le processus ésotérique du Signe de la Croix pattée (1)

Dans ce processus, après avoir tracé un cercle qui relie le front, l'épaule gauche, le plexus, l'épaule droite, celui qui se signe avec la croix de Caïn trempe ses doigts dans de l'eau pure, touche successivement des points énergétiques sur son front, sa poitrine et ses épaules avec l'index et le majeur joints pour représenter l'Un dans la dualité (Cf. image). La position des doigts formant un puissant mudra *, son secret n'est connu que par ceux qui sont initiés et qui se " rappellent ".

Aujourd'hui la plupart des religions ont adopté un semblant de signe de croix, mais ont occulté le symbole du cercle. De même en resserrant tous les doigts, leurs fidèles ne se signent plus que très approximativement.

* Terme sanskrit qui désigne une position codifiée et symbolique des mains d'une personne, à valeur énergétique sacrée.

Le processus ésotérique du Signe de la Croix pattée (2)

Le cercle tracé autour de la croix rappelle que le corps physique et le corps électromagnétique bien que séparés par notre illusion de la matière ne font qu'un.

Les quatre pointes pattées représentent les quatre traces successives du pouce et de l'index joints au majeur réunis.

La poitrine ou centre-Cœur est le Siège de l'Âme, tandis que le front est directement connecté à la glande pinéale ou " passage vers l'Âme ". Le processus commence en plaçant de l'eau sur le front, la glande pinéale ou " Troisième Œil " en prononçant la formule au nom du Père-Mère Créateur.

Ensuite, en prononçant " au nom du Fils ", Sa création, le thymus (organe de régénération) est tapoté et stimulé pour éveiller et libérer " l'Amour Inconditionnel " dans la zone entourant le corps physique de la personne, sa bulle de perception. Cette zone est délimitée par le creux de l'épaule gauche, le côté intuitif, le corps éthérique, l'Esprit Saint, le féminin...

Puis en dernier en tapotant le creux de l'épaule droite, on réveille la densité, l'intellect, le masculin, les mémoires, exprimés par Amen : contraction d'Amen-ta, l'Ahâ-Men-Ptah, les mémoires de l'Atlantide disparue…

Lorsqu'elle est pratiquée en conscience, cette gestuelle permet à l'une des parties du cerveau (la glande pinéale) de contacter une portion densifiée de sa conscience totale (ou " Âme ") qui siège dans le centre-Cœur. Ce signe est censé établir une communication complète avec la Conscience totale ou Soi supérieur, l'Esprit, qui est le champ de conscience électro-magnétique qui entoure le corps humain et qui lorsqu'il est humidifié par les doigts joints, peut se matérialiser dans la conscience de l'individu.

Ainsi, suivant les enseignements de Yeshua, les premiers chrétiens activaient leur Corps d'énergie ou de Lumière, équilibrant ainsi les énergies mentales et émotionnelles de leur Conscience/Supra-conscience. Aujourd'hui, sans les activations correctes du Corps de Lumière, tout ce qui reste de ces techniques puissantes déviées par l’Église catholique romaine actuelle est un rituel approximatif où l'on se " mouille à quatre endroits"...

Dans le symbole de la Croix Rouge des Templiers, le cercle a été abandonné. La représentation stylisée qui exhibe la " Croix pattée " contient encore un bon nombre de propriétés géométriques et de secrets ésotériques. Mais aujourd'hui encore, ils ne peuvent être découverts que par les véritables initiés, ceux qui consacrent leur existence à servir les autres, ceux au Service d'Autrui.

Il n'est donc pas étonnant que le 19 mars 1314, sur le bûcher dressé sur l'île aux Juifs, en face du Palais de la Cité à Paris, Jacques de Molay, dernier templier se signant du sceau de Caïn dans la continuité de la tradition cathare *, s'écrie : " Pape Clément ! Roi Philippe ! Avant un an, je vous cite à paraître au tribunal de Dieu pour y recevoir votre juste châtiment ! Maudits ! Maudits ! Tous maudits jusqu'à la treizième génération de vos races ! " La malédiction du grand-maître allait s'avérer exacte : Clément V meurt le 20 avril 1314 d'étouffement. Philippe le Bel décède dans la nuit du 26 au 27 novembre 1314 d'un ictus cérébral ; ses trois fils mourront dans les 12 années à venir, sans laisser de descendance mâle, mettant ainsi fin à la lignée directe des Capétiens ...

* Les Cathares, dépositaires d'une Connaissance initiatique, savaient l'utiliser de manière active dans le dernier sacrement qu'ils délivraient, le Consolamentum. L'application de celui-ci leur permettaient ainsi d'affronter les flammes du bûcher en chantant, car il leur conférait le pouvoir de transcender l'illusion de la mort.

 

Obélisque solaire et culte du sexe

Le trou de serrure que forme la représentation de la place Saint-Pierre est de manière occulte une représentation de l'utérus féminin. La cité du Vatican est construite sur le principe du secret du sexe et de sa magie. La clé comme l'obélisque sont des symboles du phallus de l'homme, représentant la fertilité, au centre de l’œuf qu’il a enfanté. A ce titre, l'obélisque pointe vers l'étoile centrale de l'antiquité dite du Dracon (ou Serpent).

L’Obélisque " égyptien ", culte du soleil osirien

Dans l’axe de la serrure, l’obélisque égyptien se trouve au centre de la place, à 2.5 km de la colonne de Trajan sur laquelle trône depuis le XVI° siècle la statue de Saint-Pierre. Ce monolithe de granite rouge haut de 25.36 mètres pèse plus de 300 tonnes. Initialement taillé au 1er siècle avant Jésus Christ à Héliopolis, pour le préfet romain en Égypte Caïus Cornelius Gallus, il sera transporté à Rome en 37 sur l’ordre de Caligula qui le fera dresser au centre du cirque de Néron au pied de la colline du Vatican, le dédiant " divin César Auguste ". Il ne porte aucune inscription hiéroglyphique. En 1586, le pape Sixte Quint (de 1585 à 1590) fit déplacer l’obélisque devant la basilique St-Pierre. L’entreprise qui dura une année entière nécessita plus de 900 hommes et 150 chevaux. Un silence complet avait été exigé durant l’érection de l’obélisque, sous peine de mort. Puis, le Globe de César qui se trouvait sur la pointe de l’obélisque fut remplacé par une croix (le reliquaire contiendrait un morceau de la Sainte Croix). Il projette son ombre sur un cadran à 8 sections dessiné au sol. Par son déplacement dans le trou de serrure virtuel crée par l'architecte Le Bernin, cette ombre symbolise les tours de clés d’ouverture et de fermeture du Soleil. L'obélisque répond au fait que l’humanité dépend dans une certaine mesure de l’énergie cosmique. Si celle-ci est disponible quand on monte dans les hauteurs, sur les montagnes, il en va différemment dans les plaines ou dans les déserts. Cette énergie peut être modulée, permettant aux énergies perturbées de retrouver une forme de sérénité et d'harmonie. Comme beaucoup de gens dans les villes vivent dans un espace confiné, qui favorise l’agressivité et les comportements difficilement contrôlables, sont installées à des points de croisement d’énergie des aiguilles que l’on décore avec des personnalités célèbres. En apparence on vénère une personne, en réalité on contrôle l’énergie des gens pour qu’ils soient toujours malléables...

 

Les Obélisques de Rome

A ce jour la ville de Rome possède treize obélisques ou points d'obélisque. Ils ont une histoire triple : égyptienne, romaine et pontificale. Sur l'histoire égyptienne, nous ne savons pratiquement rien, si ce n'est leur lieu d'origine, le nom du pharaon et le lien avec le lieu où ils avaient été érigés, en raison des divinités auxquelles ils sont dédiés. L'histoire de la Rome impériale, qui dura quatre siècles, débute pour l’Égypte après la bataille d'Actium le 2 septembre en l'an 31 avant J.-C. La flotte d'Octave a vaincu celle de Marc Antoine et Cléopâtre. L’Égypte devient propriété privée de l'Empereur. Le premier obélisque fut élevé à Rome en l'an dix avant J.-C., le dernier en l'an 342 après J.-C. Les " Empereurs pharaons " spolient les temples égyptiens en ôtant les obélisques alors qu'ils devraient en être les gardiens. Quant à l'histoire pontificale, elle commence au XVI° siècle lorsqu'on commence à les redécouvrir, enfouis dans le sol, au début de la reconstruction de la ville au Moyen-Âge. En 1585, le Cardinal Felice Peretti accède au Trône pontifical sous le nom de Sixte Quint, et fait redresser quatre obélisques : Place Saint Pierre au Vatican, Place de l'Esquilin, devant Saint-Jean-de-Latran, et sur la Place du peuple (popolo). Pie VI fait également redresser trois obélisques : Via del Parlemento, Place du Quirinal et Sainte-Trinité-des-Monts. Pie VII dressa l'obélisque situé dans les jardins du Monte Pincio, Innocent X celui de la place Navonne, Clément XI celui situé face au Panthéon, et Alexandre VII l'obélisque sur la place de Minerve. Un obélisque similaire à celui du Panthéon est dressé dans les jardins de la villa Célimontana. Enfin Victor Emmanuel dresse celui situé devant la gare de Rome.

 

Astrologie mystique

Le palais du Vatican est construit sur un ancien cimetière païen, ensemble de mausolées constituant une vaste nécropole. On y pratiquait le culte des morts et la divination. C'est donc sur des ossements transformés en reliques que les papes ont construit leur palais. Le mot Vatis signifiait devin et le mot Can serpent *. La véritable signification du mot Vatican serait donc "Serpent devin ". Le Vatican est par sa nature originelle un haut lieu de la divination et de l’astrologie. Depuis le Moyen-Age, l’Église catholique a toujours associé l'astrologie et le zodiaque avec son culte faussement chrétien, ayant notamment introduit l'astrologie arabe au cours des XII° et XIII° siècles avec les voyages des traducteurs occidentaux, chanoines ou laïques, à la recherche de manuscrits anciens comme ceux provenant de la Grande bibliothèque d'Alexandrie.

La salle de la Tour des Vents (image) est un centre de divination astrologique. Sur la photo a été dessiné le phénomène solaire qui se produit le 21 mars, quand le rayon du soleil passe sur le méridien qui a été perforé sur un mur de cette salle. La lumière vient éclairer le parquet où une constellation astrologique a été dessinée. Les œuvres de Michel-Ange ont également un message astrologique, tout particulièrement le plafond de la chapelle Sixtine.

Il est intéressant de souligner pour l'anecdote que l’institut de statistique de Bucarest, département du ministère de la Défense roumain, comportait pendant la Seconde Guerre Mondiale un père, Michel Avramesco (mort en 1984), qui dirigeait des "recherches sur l’astrologie avancée et la cosmobiologie occulte ", en relation avec les Jésuites et le Pape Pie XII ...

* Can signifie serpent en Maya, terme désignant les gouvernants. Can signifie aussi " quatre ", de ce fait les quatre directions de l’espace, la croix, etc.

La Basilique Sainte-Marie-des-Anges

Dans l'axe de la place Saint-Pierre, à exactement 3,3 km, se tient la basilique Sainte-Marie-des-Anges-et-des-Martyrs (en italien Santa Maria degli Angeli e dei Martiri), une basilique romaine située sur la " Piazza delle Repubblica ". La basilique est dédiée aux martyrs chrétiens, censés avoir construit les thermes.

L'église actuelle occupe les anciennes salles des thermes de Dioclétien, et conserve une ligne méridienne monumentale, ajoutée au XVIIIe siècle par Francesco Bianchini, astronome, mathématicien, archéologue, historien et philosophe. C’est une sorte de cadran solaire, à l’intérieur de la basilique. Outre la ligne qui marque l’avance du Soleil, Bianchini ajouta des perforations dans le plafond pour noter le passage des étoiles qui permet, dans l’obscurité de l'église, de recevoir les pâles rayons de l’Étoile polaire (a Ursae Minoris) à travers une fente verticale ménagée dans une petite croix située près de la fenêtre de la voûte, ainsi que ceux d'Arcturus (a Bootis) et de Sirius (a Canis Majoris).

Astrologie et histoire de Jésus

L'histoire de Jésus telle que racontée par le christianisme dans la continuité des divinités païennes des civilisations précédentes offre nombre de corrélations avec l'astre solaire et sa course annuelle entre solstice d'été et solstice d'hiver, qui servait de culte aux religions d'avant son instauration. Les " disciples " du Soleil, soit les apôtres, ne symbolisent-ils pas les 12 mois de l’année et les 12 signes/maisons du zodiaque ou constellations par lesquels le Soleil doit passer ? A 12 heures, le Soleil est au zénith, sur cette Terre ou dans le temple du " Plus haut ". N’est-ce pas pour cette raison que Jésus commence le " travail de son Père " à l’âge de 12 ans ? Le Soleil entre dans chaque signe du zodiaque au 30° degré. N’est-ce pas l'explication pour comprendre pourquoi le " fils (son/sun/soleil) de Dieu " a commencé son ministère à l’âge de 30 ans ? Quant au récit de la résurrection d’entre les morts de Lazare par Jésus, il est très semblable à celui de El-Azar-Us, la momie égyptienne ressuscitée par le dieu Horus. Ces deux histoires ne sont-elles pas des allégories du passage du Soleil par la " constellation de la momie (Orion, soit Osiris) " lui apportant la lumière et la vie ? D'ailleurs, la désignation égyptienne antique pour Osiris était Azar/Asar, phonétiquement très proche de " Lazare ", et l’ennemi principal du dieu Horus était Seth ou Sata, d’où dérive le nom Satan. Autre élément troublant, le Soleil se lève à " l’Horus-zon ", le jour, et se couche au " sun-Seth " (sunset en anglais signifie coucher du soleil) la nuit. Tout comme le dieu Horus qui se bat pendant 40 jours en enfer contre son oncle Seth, à l'instar de Jésus se battant pendant 40 jours dans le désert contre Satan. Or, il se trouve que le Grec Hipparque se plaignait du fait qu’il lui était difficile d’observer les solstices, car le Soleil ne changeait guère sa position durant la quarantaine de jours de part et d’autre des solstices. Pour terminer, que penser du fait que les chrétiens aient consacré le Dimanche (Sunday en anglais, Sontag en allemand), pour vénérer leur Dieu ? Pures coïncidences et affabulations mystiques sectaires répondra le croyant embrigadé par le biais cognitif constitué...

Astrologie et parole de Jésus

La naissance de Jésus la plus couramment acceptée correspond exactement au début de l’âge des Poissons, c'est à dire 4 avant J.-C. Dans Luc 22:10, lorsque ses disciples lui demandent quand il situera la prochaine Pâques après qu'il disparaisse, Jésus répond : "Lorsque vous entrerez dans la ville, vous rencontrerez un homme portant une cruche d'eau .../... suivez-le dans la maison où il entrera ". Ces écrits sont les plus parlants de toutes les références astrologiques, l’homme qui porte de l'eau étant le Verseau, soit l'âge astrologique qui se trouve après le Poisson dans la précession des équinoxes.

Depuis 26.000 ans et plus, tous les dieux solaires ou " Fils de Dieu " ont les mêmes caractéristiques. Ils naissent d’une vierge trois jours après le solstice d’hiver, identifié de tout temps à la mort du soleil. Le troisième jour après le solstice d’hiver correspond au 25 décembre, date récurrente de leur naissance. Si elle avait été peinte 2.000 ans plus tôt, à l’ère du Bélier, le symbole solaire de cette ère n’est pas Jésus mais Mithra *, dieu auréolé.

* A l’ère des Poissons, on sacrifiait l’agneau pour marquer la fin de l’ère du Bélier. A l’ère du Bélier, on sacrifiait le Taureau pour marquer la fin de l’ère du Taureau. Les religions et traditions de l’ère précédente étaient alors abolies ou interdites pour marquer le passage au nouveau cycle solaire. Mithra est souvent représenté tuant le Taureau d’un glaive à cette fin.

 

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La Cène astrologique.

La Cène de Léonard De Vinci , en italien L'Ultima Cena, soit " le Dernier Souper " (image 1), représente le cycle annuel du Soleil de façon astrologique, soit ses cycles solaires (image 2). Elle permet de situer les équinoxes (jour = nuit) et les solstices d’été et d’hiver. De Vinci identifie Jésus comme le symbole solaire de l’ère du Poisson, les personnages censés être les apôtres étant par groupe de trois (trois signes zodiacaux ou trois mois, ce qui correspond à une saison). Il y a quatre groupes soit quatre saisons (printemps, été, automne, hiver). L’observation de chaque personnage révèle leur véritable nature symbolique. Ainsi, pour toutes les religions qui s’inscrivent dans la symbolique solaire d’un seul cycle, elles comportent toutes une apocalypse qui est la révélation de la fin d'un âge du soleil pour un autre soleil), c’est à dire la fin d’un cycle de 2.160 ans.

Une autre clé symbolique d'enseignement se tient entre Jésus et Jean l'évangéliste à sa droite (penché sur son voisin), en l'occurrence un écart figurant un V. Il signifie le féminin sacré, soit le saint Graal (la matrice utérine). Le personnage de Jean, à l'allure très féminine, est en fait Marie Madeleine (Maria Magdalena) *. Le secret caché de ce tableau est la célébration du mariage de Jésus le Christ, soit les " noces chymiques ", celles de l'union des polarités masculine et féminine qui donne la figure du Y la représentant *².

* Cf. Le chemin alchimique.

Autres clés codées, Victor Hugo avec son personnage de Jean Valjean dans son roman "Les Misérables ", qui se cache sous le nom de Monsieur Madeleine. Les deux Jean (l'évangéliste et le baptiste) ne forment qu'un, soit l'être androgyne qui, en devenant Marie-Magdalena, célèbre le magnétisme de la déesse Lune, tout comme la légende de Jeanne (Jean au féminin) d'Arc (arc de lune), personnage emblématique androgyne...


Jean

Ce prénom est constitutif d'un mysticisme occulte utilisé tant par l’Église que par les sociétés ésotériques comme la Franc-maçonnerie à partir du mythe de Jésus-Christ. Ces dernières, se référant à Jean le baptiste comme à Jean l'évangéliste, désignent entres autres appellations (Jakin et Boaz) les deux colonnes de leur temple (figurant le Temple du roi Salomon à Jérusalem), censées exprimer les polarités opposées constitutives de l'univers. C'est ainsi qu'elles célèbrent à travers le patronyme de Jean le dieu Soleil (la lumière), soit son mouvement céleste qui se traduit par les équinoxes et les solstices d’hiver et d'été, requalifiés et fêtés en saint Jean d'hiver et saint Jean d’été, toutes deux étant placées sous le sceau de la charité, de l'humilité, de la fraternité...

Jean est un dérivé de Janus, le dieu romain à double face synonyme de porte (Janua en latin), d'ouverture, de transition et de passage, et du Yôm hébreu * signifiant " jour ". Nous sommes bel et bien dans la continuité du culte solaire païen antique, mâtiné à la sauce chrétienne autre que celui pratiqué par l’Église romaine dérivant du judaïsme initial *², tout aussi dévoyé.

Pour justifier l'injustifiable, la Franc-maçonnerie se pare de deux cautions historiques, celles des chevaliers de saint Jean de Jérusalem (les Templiers) et celle du christianisme primitif présentés tous deux comme fidèles à l'enseignement de Jésus-Christ. Comme tout Ordre exotérique qui se respecte, la maçonnerie a pris un " patron " de référence pour constituer son rituel, en l'occurrence un (faux) saint patron, Jean, qui, à partir de ses deux composantes - le baptiste et l'apôtre, soit la continuité de Janus -, prépare comme soutient le chemin de celui qui vient œuvrer dans le monde, dans le strict respect de l'ordonnancement terrestre établi : apprentis et compagnons pour le vulgus pecus, et maîtres pour les sachants.

Tout pouvant se justifier au nom de l'amour, de l'humanité, de la fraternité, le processus de contrôle et d'asservissement des consciences consiste à créer une pseudo histoire mystique historique, prétexte à une quête de sens émancipée de tout dogme religieux (et par-là même supposée authentique), afin d'attirer dans les filets de la prédation des esprits apparemment libres aux fins de les intoxiquer et de les maintenir prisonniers de leur éveil de conscience *³. C'est ainsi que le culte " au grand architecte ", Dieu, présenté comme " indépendant ", peut dérouler son histoire fantasmagorique, qui n'est que la continuité du mythe égyptien d'Osiris détourné de sa symbolique profonde, celle de l'unité intérieure à réaliser. Il en découle qu'il est tout aussi difficile pour l'adepte maçonnique que le fidèle au dogme religieux inculqué, convaincus de la justesse de leur démarche, d'ouvrir les yeux. Non en ouvrant le " 3ème œil ", autre manipulation, mais les yeux qui découlent de leur intériorité profonde émancipée des fausses croyances inculquées. Le faux combat mystique d'Osiris, dieu du jour, contre Typhon (Seth), le dieu des ténèbres, n'est qu'une manipulation de la prêtrise païenne sur les soi-disant origines de la Création aux fins de division. Croire dans le soleil, autrement dit dans la (fausse) lumière de son institution pour donner sens au vivant, à Ce Qui Est, n'est que la marque d'un esprit extatique prisonnier du prédateur manipulateur qui s'en repaît. La question n'est alors pas de savoir sur quelle colonne il revient d'offrir au grand architecte une action de grâce, mais de réaliser en soi l'unité de conscience afin de recevoir la vraie lumière...

* Genèse 1.5 : " Dieu ['èlôhîm] appela [qârâ' 1] la lumière ['ôr 2] " jour " [yôm], et la ténèbre [ÿôshèk] il l'appela [qârâ' 1] " nuit "[layil/layelâh]. Il [M] y

[M] eut [hâyâh] un soir [èrèv], il [M] y [M] eut [hâyâh] un matin [bôqèr] : 1er ['èÿâd] jour [yôm] ".

Cf. Le Judaïsme décodé.

*³ Cf. La nouvelle religion universelle.

Aussi invraisemblable que cela puisse paraître à l'entendement de l'homme moderne, qui plus est fidèle croyant attaché à l'enseignement reçu de sa religion et de ses officiants, il découle de tout ceci que les récits bibliques décrivant l'épopée de Marie, Jésus le galiléen, de Madeleine sa compagne et de Joseph d'Arimathie, des apôtres ..., ne sont que des récits, légendes et métaphores dont la vérité historique a été audacieusement et judicieusement transposée en Galilée par les pères de l'église romaine. Ces grands prêtres, nommés " les fils de Bélial " *, font partie d’une humanité involutive dont l’objectif est de régner sur les hommes en servant une caste d’entités trans-dimensionnelles, c’est-à-dire d’origine exoterrestre *². Ils ont fait en sorte que l'humanité actuelle ne puisse plus se rappeler de sa véritable histoire.

* Démon présent dans les croyances de la goétie, science occulte de l'invocation d'entités démoniaques.

Cf. La nouvelle religion universelle.

 

Le culte de Baal et de Mammon

" La Rome papale de l’époque était déjà moralement corrompue, le clergé dépravé et haï. Les cardinaux vivaient comme des princes, leur débauche n’offensait pas seulement la morale des républicains, mais aussi celle d’un grand nombre de simples citoyens. Les membres de la curie, une foule immense de prélats gorgés de prébendes voulant en accumuler toujours davantage, offraient un spectacle répugnant d’arrogance, de cupidité et de corruption morale. "

Ferdinand Gregorovius, historien allemand (1821/1891), " Histoire de la ville de Rome au Moyen Age "

 

Depuis le faux Constitutum ayant attribué à l’Église romaine un pouvoir de contrôle exorbitant sur les choses terrestres, de nombreuses voix ont mis en avant la nécessité pour le pape de réserver les revenus de ses propriétés non à son Église et à sa propre personne mais aux pauvres, selon l’exemple des apôtres. Ainsi Dante Alighieri, ou le philosophe Marsile de Padoue qui va jusqu’à comparer le pape au serpent de l’Éden dissimulant Satan. Mais même lorsque fut établi au XV° siècle son caractère de faux fabriqué par avidité du pouvoir, et que Martin Luther déclencha un mouvement de contestation contre la corruption des mœurs de Rome, rien ne changea. Bien au contraire. Les questions de pouvoir ne sont déterminées ni par la foi ni par les documents, mais par la force et le sang versé.

 

La diplomatie de la rouerie

" Concordat " est le nom donné aux traités bilatéraux que le Saint-Siège signe avec d'autres États pour régler, dans le pays concerné, dit " concordataire ", la situation juridique de l'Église catholique. Les accords portent sur les domaines religieux et civils, prévoyant des garanties réciproques en matière d'intérêts et de compétences communes comme les écoles confessionnelles, le service militaire pour les religieux, le mariage, les aides de l’État aux œuvres du culte, ... A la différence des autres traités internationaux, le concordat entraîne une interférence de souveraineté dans un territoire unique, tous les articles concernant les citoyens d'un seul des deux États traitants, sur lequel l'autre État revendique une juridiction. Le concordat est donc la reconnaissance explicite d'une double souveraineté dans un seul territoire...

Au fil du temps, des limites sont portées à l’influence terrestre de l’Église compte-tenu de l’évolution de la conscience humaine. Elles ne se font pas sans résistance. La paix d’Augsbourg de 1555, dite " Paix de religion ", met fin à la lutte entre catholiques et luthériens, les princes allemands étant libres d’adhérer à telle ou telle religion. Elle est un premier pas vers la laïcité, même si la clause prévue d’interdire à un prince-évêque qui passe au luthéranisme d’emporter ses biens. Cette ambiguïté de fond sera une des causes de la guerre de Trente ans à venir (1618 à 1648), qui oppose le camp des Habsbourg d’Espagne et du Saint-Empire, soutenus par la papauté, aux États allemands protestants du Saint-Empire, auxquels étaient alliées les puissances européennes voisines à majorité protestante. Elle finira avec la Paix de Westphalie de 1648, prémices à la naissance d’une communauté internationale laïque et non confessionnelle. L’Église romaine va une fois encore user de toute son influence pour s’opposer au traité, sans toutefois y parvenir.

Son pouvoir politique amorce alors un long déclin à partir du XVII° siècle. Si elle tentera de contrecarrer les deux grandes révolutions du XVIII° siècle, la française et l’américaine, dans son opposition aux sociétés secrètes et franc-maçonnes, l’Église de Rome ne cesse de perdre de son influence. Le pouvoir des papes est déclaré déchu à trois reprises : en 1798, lorsque les troupes d’occupation française proclament la République romaine et mettent aux arrêts le pape Pie VI ; en 1809, lorsque Napoléon déclare la fin de son pouvoir temporel et l’annexion des territoires pontificaux ; en 1849, avec la courte apogée de la République romaine. Finalement, la quatrième est la bonne lorsque Rome rejoint le tout récent royaume d’Italie le 20 septembre 1870 pour en devenir la capitale.

Les républicains Camillo Cavour (1810/1861 - image 1) et Guiseppe Garibaldi (1807/1882 - image 2), pères de la patrie italienne, ne cachent pas leur aversion vis-à-vis de l’Église, accusant la théocratie papale d’être la plus horrible des plaies depuis dix-huit siècles pour le pays par ses mensonges, persécutions et bûchers. Même en son sein, un courant appelle à un recentrage exclusif sur sa mission spirituelle. Le concordat signé par les accords de Latran en février 1929 avec le chef du gouvernement Benito Mussolini lui sauvera toutefois la mise, lui permettant d’empocher au passage un montant exorbitant de compensation financière. L’État moderne avait fini par capituler face à sa rouerie diplomatique faite d’hypocrisies, d’ambiguïtés, de demi-vérités et de ruse, et lui maintenait nombre de ses privilèges politiques. Il apparaissait cependant clair que, même inspirée par la divinité, l’institution ne parvenait pas à se soustraire aux faiblesses, craintes et mensonges des hommes qui la composaient.

Un lourd silence

Lorsque arrivent en juillet 1942 de Suisse les premières informations irréfutables sur le plan d’extermination nazi des Juifs, de nombreux gouvernements des États alliés publient une déclaration au sujet de la " solution finale " génocidaire. Le Saint-Siège n’y souscrit pas, le pape Pie XII envoyant un message radiodiffusé la veille de Noël, condamnant notamment le communisme. Son attitude ne changera pas, tout au long du conflit (refus de condamner l'invasion allemande de la Pologne et le massacre de centaines de milliers de Serbes appartenant à l’Église orthodoxe serbe) comme après, même si le Vatican a entrepris de nombreuses initiatives privées pour aider les réfugiés juifs et autres. Outre la crainte de perdre le bénéfice d'un compromis avec les maîtres autoproclamés de l'Europe, la raison se cache sans doute sur les siècles de tradition anti judaïque de l’Église romaine, la Religion de Moïse ne reconnaissant pas Jésus comme Fils du Créateur. Elle avait entraîné au fil des siècles une foule d'ordonnances pontificales qui leur imposaient des limites dans leurs déplacements et leurs activités, la contrainte à porter des signes distinctifs pour qu'ils soient reconnaissables au premier coup d’œil *, et les tentatives de conversion forcée de femmes, enfants et petits-enfants, notamment au moyen de baptêmes clandestins.

Cette position crée le trouble au sein même du corps catholique, entre d'une part religieux et individus de foi ouverts à la compréhension, à la miséricorde et à l’esprit de l’Évangile, et d'autre part le Saint-Siège avec ses impératifs économiques et politiques. Il faudra attendre avec l’encyclique Nostra aetate de Jean XXIII en 1965 un changement d’attitude dans son orthodoxie, et voir disparaitre l’idée de " peuple déicide " et de " Juifs perfides " dans les cérémonies pascales. Trop fine, trop sage, trop prudente, la diplomatie vaticane a souvent été victime de son principe de précaution excessivement méticuleux et administratif. Si le 12 mars 2.000 dans la basilique Saint-Pierre, le pape Jean-Paul II a demandé solennellement pardon pour les erreurs et fautes commises envers les Juifs, son successeur Benoît XVI louera en décembre 2009 les " vertus héroïques " de Pie XII. Curieuse conception de l’héroïsme…

* Ainsi le couvre-chef jaune des Juifs romains dont les nazis s'inspirèrent dans les années trente.

 

" L’Église ne peut être que réactionnaire ; elle peut être seulement du côté du pouvoir ; elle ne peut qu’accepter les règles autoritaires et formelles de la cohabitation. "

Pier Paolo Pasolini - Écrivain et réalisateur italien (1922/1975), Écrits corsaires (1975)

 

Une économie prodigue

Mammon, dans le Nouveau Testament de la Bible, est la richesse matérielle ou l'avarice, souvent personnifiée en divinité (Ammon, nom grec qui signifie " sablonneux ", est l'Homme ou le Christ cosmique, que les Égyptiens identifièrent avec leur dieu suprême Amon. Mammon, c'est son reflet perverti. Il est un faux Christ cosmique).

L’économie du Vatican se fonde sur des investissements patrimoniaux, des rentes, des revenus d’organismes extraterritoriaux et d’émoluments versés à divers titres par l’État italien, sans oublier la manne du tourisme développé vers les lieux saints, initiée comme promue à leurs frais par la République italienne et la municipalité de Rome. Elle bénéficie depuis 1984 d’un pourcentage de huit pour mille à prélever directement sur les déclarations fiscales des italiens, sauf si les contribuables désirent voir ces sommes employées à d’autres fins. Les bilans * sont lacunaires et opaques, se heurtant à la réticence des autorités à rendre publics les différents intitulés, même si Benoît XVI après 2008 suivi du pape François ont commencé à améliorer la situation par la remise aux cardinaux et évêques d'un compte rendu des finances et la fermeture de comptes ouverts pour des personnes n'y ayant pas droit.

Le coût annuel d’entretien - subventions directes - de l’État de la Cité du Vatican est estimé dans une fourchette de quatre à neuf milliards d’euros pour la République italienne, et les exonérations fiscales accordées au moins six autres milliards *².

Le Vatican a accumulé au fil du temps une fortune gigantesque. Ce sont les Jésuites qui devaient sécuriser cette institution, faire " le sale travail ". Aujourd’hui c’est l’Opus Dei, une organisation prétendument laïque, difficilement attaquable.

* Le bilan du Vatican est rédigé par l’APSA, l’Administration du patrimoine du siège Apostolique, sous le contrôle de la préfecture aux Affaires économiques de l’État italien.

Estimation du mathématicien Piergiorgio Odifreddi.

 

" On ne peut servir Dieu et Mammon. "

Évangéliste Matthieu (6, 24)

 

Une puissance immobilière hors-norme

Les propriétés du Saint-Siège ne se limitent pas aux quarante-quatre hectares de la Cité du Vatican, loin s’en faut. Ils comprennent de très nombreux biens immobiliers, parfois de grande valeur historique et artistique, à Rome et ailleurs. Qui plus est, tous ces biens jouissent du privilège d’extraterritorialité établis par les accords de Latran signés en 1929 *. Parmi eux, à Rome, la basilique Saint-Jean-de-Latran (photo 1) ; le palais du Latran (2) ; la basilique Sainte-Marie-Majeure de Rome (3) ; la basilique Sainte-Croix de Jérusalem (4) ; la basilique Saint-Sébastien-hors-les-Murs (5) ; la basilique Saint-Paul-hors-les-Murs avec son monastère (6) ; certains immeubles du Janicule et de la place d’Espagne ; le palais des Saints-Apôtres avec sa basilique homonyme (7) ; le palais de la Chancellerie (8) ; le palais du Saint-Office (9) ; le palais de Propaganda fide de la place d’Espagne (10) ; le mausolée paléochrétien de Sainte-Constance (11) ; plusieurs sièges de l’Université pontificale grégorienne. A l’extérieur de Rome, le Saint-Siège possède de vastes propriétés comme le palais pontifical de Castel Gandolfo (12), aux basiliques de Lorette, d’Assise et de Padoue.

Par ailleurs, l’expertise immobilière du Vatican remonte à longtemps, comme en 1862 où sa Société immobilière acheta à bas prix les terrains de l’actuelle gare ferroviaire Rome-Termini, d’une toute autre valeur depuis.

* Concordat signé avec Benito Mussolini, chef du gouvernement, avec versement entre autres d’une indemnité considérable au titre des expropriations précédemment effectuées lors des tensions avec la République italienne au XIX° siècle qui souhaitait récupérer son entière souveraineté temporelle.

Tout ce patrimoine fastueux est lié au fait que cette religion a créé dès son origine son propre panthéon de figures divines ou semi-divines, s’éloignant de l’originel et rigoureux monothéisme juif dont elle était issue. Chaque lieu, chaque activité, chaque partie du corps va se voir doter de son protecteur ou de sa protectrice, comme on le faisait dans l’ancien panthéon païen. Dans une ville de Rome qui tombait progressivement en décrépitude, ce décorum fait de basiliques immenses et magnifiques ne pouvait que servir l’aspiration démesurée de foi et de domination de cette religion expansionniste. Il s’agissait d’assurer sa légitimité, et par-là même son existence.

La Basilique Saint Pierre

Démarrée vers l’an 326, elle est inaugurée à la Renaissance en 1626, succédant à une autre construite au IV° siècle par l’empereur Constantin. Elle est bâtie sur son emplacement exact et dans le même axe. Déjà, à l’époque, la Basilique de Constantin était-elle même construite sur les ruines du cirque de Caligula et de Néron.

La Basilique actuelle est l’église la plus grande du monde, pouvant accueillir jusqu’à vingt mille personnes. Elle est l’un des plus grands temples jamais construits en hommage à une divinité, sa coupole titanesque culminant à plus de cent trente mètres. Elle s’impose également à la vue par les treize statues géantes de façade de six mètres de haut, cent quarante statues de Saints à l’intérieur de trois mètres de haut, trente autels et cent quarante-sept tombeaux de papes. Elle recèle aussi d’innombrables ornements et enrichissements artistiques, tout comme de sépultures de rois et de reines, de femmes et d’hommes illustres dont on se demande ce qui leur a valu leur place dans le plus grand temple de la chrétienté*. Sa construction fut mouvementée, parfois dramatique, et son coût colossal*². Il ne pouvait en être autrement pour ses promoteurs, désireux par cette magnificence d’affirmer leur pouvoir extraordinaire frappé par le sceau de la gloire d’or et de lumière telle que la Chaire de Pierre *³ illustre (deuxième image). Il va sans dire que l’édifice matériel de Saint-Pierre ruina en grande partie son édifice spirituel, ce que l’Église romaine admit par le jésuite Pietro Sforza Pallavicino dans son " Histoire du concile de Trente " en 1656.

* Ainsi les sépultures de la reine Christine de Suède (1626/1689) ou du cardinal-duc d'York Charles-Édouard Stuart (1720/1788), tous deux homosexuels notoires et qui, pour des raisons d'intérêts politiques, y reposent, en dehors de toute cohérence doctrinale.

Son financement inaugure les pratiques financières délétères de la multinationale divine, autrement dites le " commerce sacré ". Ainsi ceux qui voulaient voir graver leur nom sur le mur à côté du tombeau de Pierre devaient faire un don aux diacres chargés de service (bulle Salvator noster de 1507). Elles seront suivies plus tard des indulgences, à l’origine de la rébellion luthérienne de 1517, permettant de racheter moyennant monnaie ses péchés. Il fallait bien rembourser le gouffre des dépenses de la cour pontificale et le paiement des intérêts dus aux banquiers européens.

La légende fabriquée attribue à l’apôtre Pierre ce trône qui fut offert au pape en 875 par Charles II dit le Chauve.

Le Palais du Quirinal

La place, le palais, les fontaines et jardins reflètent toute l’histoire de Rome et de la papauté qui l’a gouvernée pendant des siècles. Sixte V est le premier pape à y mourir en 1590, et Clément VIII qui lui succède s’y installe. Le pape Pie IX* s’y retranchera pour produire en 1864 le Syllabus et lancer un concile général dans la basilique Saint-Pierre (" Vatican 1 "), ce document condamnant sans détours la civilisation moderne dans sa quête de progrès. Si effectivement ses dérives à venir dans la frénésie de l’argent et de la consommation sont tancées à juste titre, le pontife nie les conquêtes sociales libératrices pour défendre avec véhémence l’absolutisme et appeler à l’obéissance stricte à la doctrine de l’Église. Soutenu par les Jésuites, il étouffera toute discussion collégiale en se réfugiant derrière la constitution sur l’infaillibilité papale du 18 juillet 1870 Pastor Aeternus, ce que confirmeront ses successeurs. Les vérités de la foi sont établies une fois pour toutes, confiées à l’infaillible interprétation de l’Église, toute contestation n’étant que provocation ou blasphème … Il ne pouvait qu’en découler une profonde rupture au sein même du Catholicisme, qui ne cessera dès lors de créer un clivage entre traditionalistes et progressistes. Ici se trouve une des principales raisons de l’ampleur de la désaffection des fidèles.

* Il sera béatifié par le pape Jean-Paul II le 3 septembre 2000, ce dernier n’ayant pas hésité dans son encyclique Evangelium vitae à affirmer que " la démocratie, en dépit de ses principes, s’achemine vers un totalitarisme caractérisé " quand elle vote en opposition avec l’éthique soutenue par l’Église.

 

Les saints banquiers

IOR : Istituto per le Opere di Religione, Institut pour les œuvres de religion. La banque du Vatican a son siège dans le puissant donjon de Nicolas V * (pape de 1447 à 1455), adossé au palais de la résidence pontificale. Créée en juin 1942 par Pie XII, elle réunit un certain nombre d’instituts en une banque dotée de la personnalité juridique. Son but était naturellement de rentabiliser le capital issu du patrimoine considérable reçu à la suite du concordat de 1929 signé avec l’État italien, la plupart des revenus devant financer les " œuvres de religion ". Son premier chef d’orchestre, le banquier Bernardino Nogara (1870/1958), acquit la permission que les investissements soient libres de toute considération religieuse, pouvant être effectués n’importe où dans le monde. Ainsi, pendant la seconde guerre mondiale, les capitaux furent transférés aux États-Unis, et récupérés à l’issue avec une plus-value. Ses prérogatives la rendent unique, comme sa non-imposition sur les dividendes (idem pour ses clients sur les intérêts perçus) ou son caractère extra-territorial pour toute demande d’information formulée par un autre État et qui, de ce fait, ne trouve jamais de suite positive. Enfin, et ce n’est pas la moindre protection, ses dirigeants jouissent d’une immunité juridique totale les mettant à l’abri de tout éventuel procès ou arrestation.

Conjuguer rigueur morale et réalisme historique fait partie de l’équation complexe du Saint-Siège, ce qui se traduit par l’inévitable souplesse des frontières et les risques qui en découlent. Elle conduit à devoir choisir son camp, et le rapport entretenu à l’argent depuis les origines permet de comprendre la nature du choix qui a été fait.

* Nicolas V a béni par bulle papale la traite négrière le 8 janvier 1454.

Pendant dix-neuf ans, de 1971 à 1989, l’IOR a été dirigé par un singulier personnage, prêtre, Monseigneur Paul Marcinkus (1922/2006 - photo 1), nommé par Paul VI après lui avoir sauvé la vie à Manille aux Philippines. Son nom est en effet mêlé à la centaine de prêtres francs-maçons révélée en 1978, côtoyant de très hauts responsables dans la hiérarchie vaticane tout comme les acteurs de la sulfureuse loge " P2 " *, Propaganda Due, influent réseau d’hommes politiques, de magistrats, de financiers ou de militaires, organisateur de trames subversives. Son histoire sent le soufre.

* Silvio Berlusconi comme Henry Kissinger en firent partie.

Fuite de capitaux, faillite bancaire et meurtres en série

La mort de Jean XXIII en juin 1963 a été une catastrophe pour l’Église, le financement par le don des fidèles commençant à diminuer sensiblement. Qui plus est, le gouvernement italien décide de soumettre quelques années plus tard les dividendes des actionnaires du Saint-Siège à l’impôt. Aussi est décidé le transfert à l’étranger des grosses plus-values vaticanes. Paul Marcinkus (photo 1) va alors pour ce faire s’appuyer sur un homme d’affaires sicilien de son réseau, Michele Sindona (photo 2), lié à des familles italo-américaines du crime organisé (la mafia). Celui-ci organise le transfert de l’argent via la Suisse, versant au passage quelques millions de dollars dans la caisse de partis politiques, tout particulièrement de la Démocratie chrétienne. Ces énormes quantités d’argent vont néanmoins fondre vers la fin de 1974, en raison du prix du pétrole et de tensions au Moyen-Orient. Sa banque, la Banca Privata Italiana, est alors mise en liquidation judiciaire. L’homme chargé de diriger les opérations de liquidation au nom de la Banque d’Italie, l’avocat Giorgio Ambrosoli (photo 3), refuse de couvrir le passif, malgré les fortes pressions exercées à son encontre, notamment par l’homme d’État figure emblématique de la Démocratie chrétienne, le tout puissant Giulio Andreotti (photo 4). Il sera assassiné sous ordre de Michele Sindona le 11 juillet 1979.

Le financier Licio Gelli (photo 5), " vénérable " Grand maître à la tête de la loge P2 *, propose à Andreotti un plan pour sauver le financier. Mais le ministre du Trésor se met en travers. Sindona meurt empoisonné en mars 1986, dans l’établissement pénitentiaire où il purge sa peine.

* La loge maçonnique au rite écossais P2 a été initialement fondée par le poète italien Giosuè Carducci (1835/1907), auteur d'un poème hymne à Satan (" L'Inno a Satana " - 1863) et en charge de la propagande maçonnique en Italie. Il sera recommandé par Jean-Paul Ier, lui-même franc-maçon, comme idéal pour la jeunesse ...

Le Banco Ambrosiano

L’archevêque Marcinkus est également lié à la faillite de cet établissement bancaire étroitement lié à l’IOR, dirigé par Roberto Calvi (photo). Ce dernier, membre de la loge P2 et de sa bande d’intrigants, aigrefins et criminels de haut vol, ambitionnait de lui donner une stature internationale. Ayant refusé son aide à Michele Sindona en mauvaise posture, celui-ci accuse en 1977 le Banco Ambrosiano d’opérations frauduleuses, ce que confirme l’année suivante l’inspection menée par la Banque d’Italie avec l'identification de sommes d'argent significatives en provenance de la mafia et d'un gang romain nommé Magliana. Le juge à qui l’enquête est confiée sera assassiné. Roberto Calvi tentera d’obtenir de l’aide du Vatican, laissant entendre dans un écrit retrouvé les liens de certains de ses membres avec les forces du crime, et la culpabilité de l’IOR dans l’immense ardoise de sa banque, tout particulièrement pour alimenter les caisses du syndicat Solidarnosc en Pologne (environ cent millions de dollars). Il est retrouvé pendu le 18 juin 1982 sous un pont de Londres. Le Vatican, bien que s’attachant à nier toute responsabilité, versera toutefois en 1984 une " contribution volontaire " de 240 millions de dollars au comité des établissements bancaires créditeurs, bien loin des 400 milliards de lires dus. " Monseigneur " Marcinkus finira par être congédié en mars 1989 par le pape Jean Paul II.

Le décès de Paul VI en août 1978 a enlevé la protection existante jusqu’alors aux turpitudes de l’IOR. Les enquêtes policières sur les scandales auxquels elle est mêlée va permettre, au-delà de nombreux décès de témoins gênants, permettre à quelques repentis de révéler les relations dangereuses et les financements d’origines obscures, incluant les capitaux de la mafia sicilienne. Les pertes du Saint-Siège dans le krach du Banco Ambrosiano s’établissent à plus d’un milliard de dollars. Comme d’habitude, celui-ci s'est renfermé dans un silence impénétrable.

Manipulation d’argent

Le remplaçant de Paul Marcinkus, Donato De Bonis (photo 1), va dépasser le maître. Plus cynique et plus habile, il développe un véritable système extraterritorial financier au cœur de Rome, compte secret du Vatican de plusieurs milliards de lires en numéraire comme en titres. Il alimente certes quelques œuvres de bienfaisance et des donations à des centres religieux, mais sert principalement à des causes ambiguës comme le blanchiment d’argent sale. Ainsi l’IOR sera l'agent de transfert du plus grand dessous-de-table connu, appelé Enimont, groupe géant de l’industrie chimique créé en 1989 entre l’établissement public ENI et la société privée Montedison. Les dissensions entre les deux parties amènent Raul Gardini (photo 2) en charge de Montedison de vendre à l’ENI sa participation, pour un montant de 2.800 milliards de lires (un milliard et demi d’euros).

Ce montant exorbitant est lié à des rétro commissions à verser à nombre de parties nécessaires à l’obtention de l’accord, dont nombre de partis politiques, représentant entre 130 et 170 milliards de lires. Environ cent milliards transitent par l’IOR avant transfert sur les différents comptes concernés, dont neuf au titre de ses services. Les deux protagonistes, Raoul Gardini pour Montedison et Gabriele Cagliari pour l’ENI, se suicident en 1993, le premier en prison, rallongeant la liste maudite de tous ceux ayant eu à croiser la route de l’IOR. Donato De Bonis sera quant à lui "exfiltré " par le Vatican comme conseiller spirituel de l’ordre souverain de Malte, tout en continuant à distance à tirer les fils secrets de l’Istituto.

Le Saint-Siège plaidera l’ignorance de l’emploi illégal des fonds et de leur finalité, et nombre d’hommes politiques mouillés seront condamnés à des peines. Le parti populiste de Silvio Berlusconi " Forza Italia " profitera de l’occasion pour se lancer dans la conquête du pouvoir.

Concilier rigueur morale et éthique avec le réalisme historique apparait bel et bien un exercice d'équilibriste patenté, qui ne peut que connaitre la chute à un moment donné. Les Œuvres de la Religion semblent bien en l'état inaccessibles à l'Institution de référence s'en prévalant.

 

Lumière et ténèbres

Si le Saint-Siège adresse à la communauté universelle des hommes ses saintes lumières, il est aussi porteur en son sein de noirceurs qui, pour le moins, interpellent sur sa véritable nature.

 

Répression du christianisme mystique

Depuis toujours l’histoire du catholicisme a vu en son sein une Église " silencieuse ", frondeuse dans l’esprit pour refuser les fastes indécents déployés et désobéissante moralement. Parfois tolérée, souvent combattue, elle n’a jamais pu peser sur la bonne marche vaticane hormis le bref passage de trente-trois jours de Jean-Paul 1er (Albino Luciani). Le pape argentin François semble l’avoir remis en selle depuis le 13 mars 2013. Caractérisée par la simplicité et l’esprit de bénévolat de la religiosité populaire, absente à tout dessein hégémonique, elle traduit merveilleusement l’enseignement christique sans les grossières dérives de l’institution qui s’en prévaut. Elle constitue indéniablement les réserves d’une alternative à venir lorsque le prurit aura été définitivement expurgé.

Son plus célèbre défenseur fut François d’Assise (1181/1226 - première image), qui abandonna toute richesse pour se consacrer à Dieu et se faire le serviteur des laissés-pour-compte de la Terre. Ce saint " révolutionnaire " fut regardé avec suspicion tant son ordre de moines mendiants renvoyait aux ecclésiastiques gloutons l’image de leur corruption. Il en fut de même avec Jacopone da Todi (1236/1306 - deuxième image), autre franciscain, excommunié puis condamné à perpétuité pour, entre autres, avoir remis en cause la validité de l’élection du pape en charge. D’autres suivront, comme le frère Dolcin (Fra Dolcino – 1250/1307 - troisième image), qui finira brûlé vif après d’horribles tortures de la solde ecclésiastique (nez et pénis arrachés avec des tenailles chauffées à blanc). Le mouvement franciscain et celui des moines mendiants avaient été réprimés par la force par le Vatican, se réclamant pourtant du message d’amour du Christ adoré.

Beaucoup plus tard, d’autres progressistes poursuivront l’interpellation de cette culture autoritaire, comme les " prêtres-ouvriers " en France ou les communautés chrétiennes de base. La communauté de Saint-Paul voit le jour à Rome à la fin des années soixante, avec pour abbé emblématique Giovanni Battista Franzoni (quatrième photo). Ses prises de position contre le concordat et sa solidarité avec les luttes ouvrières lui vaudront la franche hostilité des autorités, qui plus est lorsqu’il dénonce leur collusion avec la spéculation immobilière à Rome. Il est suspendu a divinis en 1974, puis rétrogradé à l’état laïque lorsqu’il fait savoir qu’il votera pour le parti communiste en 1976.

Les communautés chrétiennes de base (Pax Christi, Noi siamo la Chiesa, La Rosa Bianca, …) n’ont de cesse depuis de s’opposer à la ligne de conduite " rétrograde " de l’Église romaine, tout particulièrement sur la question des droits pour les couples concubins et homosexuels. Elles représentent aujourd’hui cinq millions d’italiens, soit 12 % de la population adulte, mobilisés pour inciter à la réflexion spirituelle par le dialogue et la confrontation avec les témoins du temps (artistes, réalisateurs de cinéma, scientifiques, théologiens, psychologues, philosophes …) sur la question de la dignité humaine.

 

La diabolisation répressive du féminin sacré

En observant les pistes qui sont obstruées par la diabolisation de certains archétypes humains ou animaux, il est facile de détecter les failles de la Matrice asservissante *. Ainsi L’Église romaine, symbole du système prédateur dominant de nature patriarcale, va s’attacher à diaboliser – étymologiquement qui divise – le féminin intérieur, soit le pendant nécessaire au masculin intérieur pour l’émancipation de l’être humain accompli par l'accroissement de son potentiel alchimique intérieur. Le culte de la Déesse-Mère et celui des femmes en général a toujours terrifié le monde politico-religieux patriarcal. De Marie-Madeleine la pécheresse, archétype de ce féminin " sacré " représentée par sa chevelure rousse (de manière subliminale infernale) aux dites sorcières, l’Église s’attache à persécuter les femmes, considérées comme des souillures et " créatures faibles plus prédisposées à céder aux tentatives de Satan ". Elle met pour ce faire en avant leurs présumées caractéristiques sataniques: une marginalité due à leurs étranges pouvoirs (dont les menstruations), une capacité de guérison, un lien quotidien avec le monde invisible, la transmission d'enseignement et de secrets, la participation à des rituels sexuels ou de danse avec des boucs démoniaques, leur état de débauche ... Par cette inversion de la perversité satanique, l’Église va justifier un système de persécution par les textes ou, plus directement, par la torture, le viol, l'esclavage et les bûchers.

Il est ainsi aisé de discerner que la voie d'une polarité féminine intérieure alliant la force de ses intuitions et la Connaissance est une voie bannie pour l'être humain par le système prédateur de contrôle : la femme n’est rien d’autre qu’un ventre (mère), une servante (de Dieu ou de l’élite), ou une putain, plus élégamment une prostituée. Comble de la perversité, est proposé à l’inconscient collectif le culte d’une fausse vierge sacrée élevée au rang d’icône dans la continuité des précédentes civilisations (Isis, Sémiramis, Ishtar, Vénus...), la Vierge Marie, qui représente l’idéal inaccessible pour tous les descendants des deux étourdis et inconscients originels, Adam et Eve, condamnés depuis à expier leur faute en enfer, soit sur la Terre, et ce jusqu’à la fin des temps *² ! Il est symptomatique de constater l'efficacité de cette programmation mentale insidieuse de la culpabilité et du dévoiement du féminin sacré, qui continue à fonctionner auprès d’un nombre conséquent de croyants au XXI° siècle, les processions dévotionnelles du 15 août (entre autres) l’attestant à chaque fois. C'est toute la différence entre des individus éduqués par le système, qui plus est à haut niveau pour un grand nombre d'entre eux, et des individus enseignés, c'est-à-dire ayant fait leur propre et indispensable travail de recherche et de discernement pour se prétendre libres et émancipés de l'illusion et des artifices de diversion créés...

* Cf. Compréhension structurelle de la Matrice asservissante.

Cf. La dualité décodée.

L’Église va également conduire une répression à l’encontre du chat, animal officiellement déclaré incarnation du Diable au même moment que la chasse aux sorcières. Il subit ainsi les mêmes " bienfaits " purificateurs que ceux réservés à ces femmes. C'est par la bulle du pape Grégoire IX Vox in rama en 1233 qu’il est déclaré " serviteur du diable ", dans la continuité de cette idée utilisée depuis le XI° siècle selon laquelle les hérétiques se livrent à un rituel d'adoration du Diable. A cette bulle qui décrit le sabbat des sorciers et leur culte diabolique, le pape Innocent VIII au nom si prédestiné décrète par sa bulle pontificale de décembre 1484 que les sorcières, décrites comme des êtres solitaires et asociaux, doivent être livrées par l'Inquisition au bûcher avec leurs chats. Dans la foulée paraît le Malleus Maleficarum, le " Marteau des sorcières " (c’est-à-dire le marteau contre les sorcières), traité des dominicains allemands Henri Institoris (Heinrich Kramer) et Jacques Sprenger (Jacob Sprenger), publié à Strasbourg en 1486 ou 1487 (Cf. image 3). Mentionnant spécifiquement que " la sorcellerie existe principalement chez les femmes parce qu'elles sont plus crédules et ont une mémoire indigente ", et parce que " la sorcellerie vient du désir charnel, qui est insatiable chez les femmes ", il va servir par ses arguments théologiques et juridiques de bréviaire à tous les enflammés " saints " inquisiteurs dans leur œuvre purificatrice, (in)dignes héritiers de Bernard Guidoni dit Gui (1261/1331), dominicain rendu " célèbre " par son rôle d'inquisiteur impitoyable de l'hérésie en Languedoc. Ainsi des premières décennies du XV° siècle à l'an 1650, entre deux cent mille et cinq cent mille sorciers et sorcières (selon les estimations conservatrices) furent exécutés en Europe, dont plus de 85 % étaient des femmes.

En réalité ces " sorcières " étaient des femmes appartenant à la classe modeste de la population, qui vivaient la plupart du temps seules, hors emprise d'un mâle prédateur intronisé tout puissant par le système institutionnel. Beaucoup étaient sages-femmes ou guérisseuses, dépositaires d'une pharmacopée naturelle et de savoirs ancestraux. Des femmes qui ne pouvaient qu’être suspectes aux yeux d’une Église décidée à empêcher tout processus d’individuation de l’être humain par son ouverture de conscience. C'est ainsi que des milliers d'entre elles, accusées de pouvoirs surnaturels, furent torturées puis, à l'issue de leur procès, brûlées vives avec leurs chats *². Le pouvoir patriarcal pouvait se débarrasser de toutes les femmes considérées comme à risque (comme de quiconque en l'occurrence), et notamment éliminer toutes les femmes autonomes propriétaires en confisquant leurs propriétés. Ce contrôle psychologique des hommes sur les femmes rétablissait la soumission des femmes à l’Église, et détruisait de nombreuses lignées génétiques de femmes puissantes. Pour autant, il convient de prendre garde à ne pas tomber dans le piège de l'excès inverse, c'est à dire la défense d'un système matriarcal où, comme ce fut le cas à plusieurs reprises, les femmes ne font que perpétuer insidieusement la programmation prédatrice en dominant les hommes, sa vocation étant également de nous guider vers une logique auto-destructrice. C'est bien l'équilibre intérieur entre les polarités féminine et masculine qui est primordial, les polarités extérieures n'étant que le miroir et l'aide à cheminer vers cette réalisation individuelle.

Après les Cathares, leurs descendants basques les Cagots et les Templiers, chats et sorcières (" Sorginak " au Pays basque) complétaient la soif inassouvie de la prédation satanique dissimulée sous la soutane du faux Divin. Le culte du Baal-Moloch pouvait ainsi se repaître à satiété et poursuivre son travail d’éradication de la Connaissance éternelle portée et dissimulée par ses initiés. La connaissance du Principe d'Équilibre Universel, dans lequel le Principe Féminin joue un rôle essentiel, équivalait à une persécution sans relâche de tous ces êtres humains qui, plutôt que d’étouffer leur potentiel émotionnel et intuitif tel que voulu par le système patriarcal répressif, l’avaient tout au contraire développé en eux. Aussi toutes et tous étaient jetés dans le même sac sacrificiel avec le chat.

Il s’agit pour la majeure partie du texte d’une codification de croyances préexistantes, souvent tirées de textes plus anciens comme le Directorium Inquisitorum de Nicolas Eymerich (1376) et le Formicarius de Johannes Nider (1435).

En Écosse, se pratiquait le tragique rituel de " taghairm " qui consistait à donner en offrande au Diable des chats noirs. Ils étaient embrochés vivants et rôtis. Les hurlements des victimes de ce rituel avaient pour vocation de faire apparaître l'esprit satanique sous la forme d'un chat. Les participants de la cérémonie pouvaient alors voir leurs vœux exaucés.

Une procession de Cagots dans les Pyrénées
Une procession de Cagots dans les Pyrénées

La persécution des Cagots

Les Cagots (dénomination du sud-ouest) ou les " Jacquets ", issus de la Confrérie des Jacques, groupement d'individus de compagnonnage (activité de la pierre) constitués notamment de Cathares en fuite, ont enduré une persécution bien particulière, à savoir un racisme constitué de toutes pièces par la Monarchie et l’Église. Ayant pris connaissance des lieux d'exode des Cathares, le pouvoir en place usa de ruse, faisant parvenir dans ces régions des lettres certifiant, par le biais des plus grands médecins du roi, que les populations qui arrivaient étaient porteuses d'une lèpre héréditaire. Comme évidemment à l'époque le peuple avait une peur terrible des maladies contagieuses, la ségrégation dura quasi 1.000 ans. Et ce fut même les " petites gens " qui, malgré les lois d'assimilation des Cagots, perpétuèrent la situation ...

Si l'animal qu’est le chat, apparemment dénué de toute capacité à poursuivre un objectif subversif ou une volonté de remise en question du système établi dans lequel il vit, fut persécuté de cette manière, c’est en raison de ses caractéristiques spécifiques. Les chats sont en effet depuis la nuit des temps des animaux considérés comme sacrés par la prêtrise officiant. De la race des félins, qui exprime sur Terre la force universelle appelée Léo (lion) *, une des grandes races prédominantes dans l’Univers ("Tout ce qui est en haut est comme ce qui est en bas et inversement "), le chat apporte sa protection aux êtres humains, les protégeant d'ennemis invisibles et de leurs influences néfastes. Qui plus est, il peut aussi servir à la divination, lorsque l’humain sait le regarder dans les yeux et y lire ses messages. A l’inverse, il peut également être utilisé à des fins maléfiques par la maîtrise de sortilèges en sorcellerie.

Dans un contexte d’accélération de l’évolution de conscience qu’est le Moyen-Age, le risque pour l’Église était que cet animal spécialement doué de facultés extrasensorielles, tout particulièrement celle consistant à passer d'une dimension de réalité à une autre (par exemple de la 3ème à la 4ème), pouvait servir de messager à l’éveil de conscience d'un être humain endormi et sous hypnose par les balivernes racontées, même si cela se passe dans sa sphère inconsciente. C'est pourquoi la prêtrise dévoyée, tenant et tirant les ficelles du pouvoir asservissant en place, ne pouvait qu’en programmer le massacre au prétexte de fables basées sur l’exacerbation de peurs liées à l’ignorance…

* Cf. Vérité climatique.

Symbolisme du chat

La mythologie ancienne par ses fables était un moyen de présenter les faits qui n'étaient ni des fourberies ni des fictions ... Par exemple, lorsque les Egyptiens représentaient la lune par un chat, ils n'étaient pas assez ignorants pour supposer que la lune fût un chat, pas plus que leur fantaisie ne trouvait de ressemblance entre la lune et un chat. Le mythe du chat n'était pas non plus le simple développement d'une métaphore verbale et ils n'avaient pas davantage l'intention de proposer des énigmes... Ils avaient remarqué ce fait bien simple que le chat y voyait dans l'obscurité et que ses yeux devenaient des ronds parfaits et luisaient davantage durant la nuit. La lune était la voyante de la nuit dans le ciel et le chat était son équivalent sur la terre. Aussi le chat domestique fut-il adopté comme représentant, comme emblème naturel et vivante reproduction du globe lunaire ... Et il s'ensuivit que le soleil, qui regardait le monde d'en bas pendant la nuit, pouvait aussi être appelé le chat, comme cela eut effectivement lieu, parce que lui aussi voyait dans l'obscurité. Le nom du chat en égyptien est mau, qui signifie voyant et qui dérive du verbe mau, voir. La lune, en tant que chat, était l'oeil du soleil parce qu'elle réfléchissait la lumière solaire et parce que l'oeil réfléchit l'image dans son miroir. Sous forme de la déesse Pasht, le chat veille pour le soleil en écrasant de sa patte la tête du serpent des ténèbres, appelé son éternel ennemi !
C'est l'explication du mythe lunaire, sous son aspect astronomique.

Cf. Héléna Blavatsky, " La Doctrine secrète ".

 

Les tribunaux de l'absolutisme

Toute religion doctrinaire repose sur l’absolutisme de son dogme idéologique, n’hésitant pas suivant les époques et sa collusion avec les autorités temporelles à user de la force et de la violence pour contraindre les hérétiques et déviants au respect des canons de son orthodoxie. " Crimes et châtiments " ont ainsi été la marque de fabrique au Moyen-âge de la sainte Église catholique proclamée à travers les tribunaux de son Inquisition, qui inspirèrent toutes les polices politiques à venir par la peur suggestive de leur empreinte. Il est vrai cependant qu’elle fit nettement moins de morts que les révolutions génocidaires idéologiques laïques qui allaient embraser tout particulièrement l'Occident à partir de la Révolution française.

Son procédé était délicatement appelé " mettre à la question ", la procédure inquisitoriale accordant une grande importance à l'aveu de l'accusé que ce soit par la ruse ou la sagacité. Parmi les pressions physiques, on peut citer la réclusion censée " ouvrir l'esprit " ainsi que la privation de nourriture et la torture. C'est ainsi qu'en Languedoc, des vagues successives d'inquisiteurs hautement entraînés, aidés par des informateurs et des tortionnaires et animés par le credo totalitaire de l’Église catholique, armés de manuels détaillés et de registres de " renseignements " toujours plus épais, firent lentement mais sûrement tomber le catharisme dans l'oubli. La vie de milliers d'individus s'acheva dans les oubliettes ou dans des feux noyés de sang. Vers la fin du XIII° siècle, seuls les véritables héros osaient dire encore que ce monde proclamé de Dieu était mauvais. Ce n'était pas un système judiciaire. C'était un système conçu pour susciter la peur, la terreur.

Une des étapes de la " Question " : la torture de la roue
Une des étapes de la " Question " : la torture de la roue

L’Inquisition occupa pendant longtemps une place de premier plan dans l’Église, beaucoup de papes y ayant officié au préalable. Le concile de Toulouse de 1229 avait déjà interdit aux laïques d’avoir une Bible chez eux, et celui de Tarragone en 1234 ordonné que les traductions de la Bible en langue vulgaire soient brûlées. L’accusation d’hérésie allait même à l’encontre du droit romain, pouvant être formulée en l’absence de témoins dignes de foi. Et quiconque entendant parler d’hérésie avait pour devoir de la dénoncer sous peine d’être considéré comme complice. La Sacrée Congrégation de l’Inquisition romaine et universelle* est créée par le pape Paul III Farnèse en 1542, par la bulle Licet ab initio, sa mission consistant à préserver et à assurer l’intégrité de la foi en proscrivant les erreurs et les doctrines non conformes. Elle est assurée par un collège de cardinaux et de hauts prélats sous les ordres directs du souverain pontife. Si dans un premier temps les condamnations prononcées se traduisirent en peines spirituelles comme l’interdetto (l’interdit) ou l’excommunication, elles devinrent plus lourdes, variant selon les pays et les époques.

* Elle sera rebaptisée au nom de la modernité Sacrée Congrégation du Saint-Office en 1917, puis Sacrée Congrégation pour la doctrine de la foi en 1965. Jean-Paul II élimine en 1988 l'adjectif " sacrée ".

Sous l’impulsion volontariste de Paul IV dans son combat contre l’hérésie protestante et à partir de 1571, avec l’Index librorum prohibitorum (l’index des livres interdits), l’ensemble de la communauté catholique est placé sous la compétence juridique des inquisiteurs romains, tout particulièrement en Italie où la Péninsule manque d’un État puissant. Il en découle deux choses. D’abord l’utilisation de l’Inquisition à des fins électorales au sein de la curie romaine, permettant d’orienter l’Église selon ses propres desseins politiques et religieux *. Ensuite un compromis ambigu avec le pouvoir politique légitime à qui l’Église délègue l’exécution des peines après interrogatoire (appelé " question ") voire " examen rigoureux " (torture), le civil se réfugiant derrière la doctrine ecclésiastique pour légitimer ses répressions, aucune distinction n’étant faite pendant le procès entre péché et délit. C’est " l’âme " de l’individu qui était jugée, avec toute la marge d’interprétation qui pouvait découler de ce concept flou.

* La mainmise dans le temps de ce qui deviendra le Saint-Office puis la congrégation pour la Doctrine de la foi explique l’élection tout particulièrement de Joseph Ratzinger (Benoît XVI).

L'Index des livres interdits, ou la nuit noire de la pensée

Le premier Index est établi en 1557, allant jusqu'à censurer une partie de la Bible et certains textes des Pères de l’Église (Ambroise, Tertullien, Thomas d'Aquin). Il se répartit entre des auteurs dont il fallait interdire l’œuvre tout entière, d'autres avec une interdiction partielle, et l'inventaire de textes hérétiques anonymes. On y retrouve Hippocrate, Galien, Paracelse, Platon, Aristote, Hérodote, Tacite, Thucyclide, Ovide, Virgile, Horace, Salluste, Plutarque, Homère, Caton, Plaute, Ésope. La congrégation de l'Index demeura toujours en arrière-plan de la Suprema Congregatio de l'Inquisition, présidée par un cardinal et un secrétaire toujours issu de l'ordre des dominicains réputé pour la qualité intellectuelle de ses membres. Sa dernière édition date de 1948, sa fin étant décrétée par Paul VI avec la réforme de la curie de 1965. La liste des auteurs et des œuvres bannis au fil des siècles aura compris les plus grands esprits de la pensée moderne, d'Alembert à Zola ...

Le paradoxe de l’Inquisition romaine est que du point de vue de la méthode judiciaire, elle a représenté un progrès. Là où l’hérésie déclenchait des réactions incontrôlées – émeutes populaires ou justice expéditive – l’institution ecclésiastique a introduit une procédure fondée sur l’enquête, sur le contrôle de la véracité des faits, sur la recherche de preuves ou d’aveux, en s’appuyant sur des juges qui résistent aux passions de l’opinion. C’est à elle qu’on doit l’institution du jury grâce auquel la sentence relève de la mise en délibéré et non de l’arbitraire du juge.

Jean-Paul II, dans un discours prononcé en mars 2000, demandera pardon au monde entier pour les nombreux péchés commis par l’Église, incluant les agissements de l'Inquisition.

Les limites du dogme

Nulle contrainte n'a de valeur en matière de spiritualité. Une conviction ne peut naître que si elle a été le fruit d'un examen librement poursuivi dans la sérénité. Une adhésion due à la peur est faussée dans son principe, le vice qui en est à la base lui retirant toute légitimité. Aucun intérêt pratique ne peut se trouver à la base d'une foi. Motivée par la peur d'un enfer ou l'espoir d'un paradis, elle devient un marché. Or il ne saurait y avoir marché entre l'homme et Son Créateur. Ils ne sont pas sur un pied d'égalité. Il y a un mouvement d'amour qui cherche sa satisfaction dans sa rencontre avec l'autre, parce que sa vie devient impensable sans Lui. L'amour ne se préoccupe pas de savoir ce qu'il recevra ni même s'il recevra ou évitera quelque chose. Il est le fait de l'intuition, d'une concordance de sentiments et de pensées telle que rien n'a de valeur qui ne soit conformité et fusion de vie avec l'autre.

Tout système prédateur dominant, par définition brutal et violent même s'il se réfugie derrière une raison d'être présentée comme humaniste, a besoin de sacrifier un grand nombre de victimes pour maintenir son règne sanglant et tyrannique. Il se nourrit de l’énergie mentale, émotionnelle et physique d’innocentes victimes pour alimenter ses noirs desseins. Hérétiques divers, templiers, sorcières, indiens, enfants mineurs ... la liste est longue des victimes des atrocités de l’Église catholique soi-disant " chrétienne " sous la forme d'abus rituels et de contrôle mental à caractère satanique pour reprendre le vocable qu'elle utilise elle-même pour justifier de ses crimes. A chaque fois, il s'agit d'évincer, tout en se nourrissant de l'énergie de terreur générée, le porteur de la Connaissance Primordiale.

 

L’armée noire du pape

Les églises du Gesù ou Saint-Nom-de-Jésus (images 1 à 3) et de Saint-Ignace-de-Loyola (4 à 6) proclament la gloire et l’ampleur des ambitions jésuites à travers les ors, bronzes, moulures, dorures, couleurs, colonnes, entablements, fresques, stucs et marbres. Elles illustrent le somptueux triomphe de la religion catholique après le traumatisme de la Réforme luthérienne et de la mission universelle de la Compagnie de Jésus (d'où les jésuites) fondée par Ignace de Loyola le 15 août 1534 à Paris pour la combattre. Ce jésuite aussi brillant que peu charitable fut celui qui contraignit Galilée à abjurer ses théories scientifiques soutenant pourtant ce que l’Église bien plus tard finira par reconnaitre *. Tout ceci explique aussi bien la détestation que l’estime portées à cet ordre religieux, composé d’hommes de grande culture à l’argumentaire subtil tout en faisant preuve d’hypocrisie et de duplicité. Soupçonné d’avoir intrigué dans la tentative d’assassinat du roi de France Henri IV de Navarre en 1594 puis de son assassinat en 1610, dans les deux cas par des individus – Jean Châtel et François Ravaillac – ayant eu des liens de proximité, l’ordre " noir " n’a eu de cesse de se forger une mauvaise et sulfureuse réputation.

* Il en sera de même avec le philosophe Giordano Bruno, condamné à mort après sept années de procès, interrogatoires et tortures, par l’implacable cardinal jésuite Robert Bellarmin (1542/1621), pour sa théorie des mondes pluriels qui remettait en cause l’interprétation canonique des Saintes Écritures (De l’infinito universo et mondi). Robert Bellarmin fut néanmoins canonisé en 1930 par Pie XI, puis proclamé docteur de l’Église universelle …

Il a été fondé la Compagnie de Jésus sur la base de quatre vœux : pauvreté, chasteté, obéissance, et soumission totale au pape. Sa reconnaissance en 1540 par Paul III lui donne comme première mission la catéchèse de tous les enfants des écoles de Rome. La personnalité hors du commun d’Ignace-de-Loyola (1491/1556, canonisé en 1622) le propulse comme supérieur général, et il va déployer ses talents manœuvriers dans la mission d’évangélisation, que les jésuites pousseront jusqu’aux terres les plus lointaines avec François Xavier (1506/1552 - image 2). Il acquiert ainsi le nom de pape noir, celui qui dirige le Vatican dans l'ombre.

Ils exigent des jeunes candidats désireux de rejoindre l’ordre des qualités remarquables : vigueur spirituelle, bonne mémoire, capacité oratoire. Leur éducation * est sévère, combiné de jeûnes et de flagellation, confinant à la totale obéissance à partir d’une stricte hiérarchie, à l’instar d’un commando militaire. C’est ainsi que Ignace-de-Loyola théorise ses exercices spirituels et la contemplatio ad amorem (méditation sur la vie du Christ) pour modeler et purifier les âmes dans la compréhension du "message divin ", la conversion. Par ces " illuminés " (Alumbrados) constitutifs d'une véritable force spéciale, la compagnie sera de ce fait dénommée l’armée du pape, devant au souverain pontife qui trône à son sommet une obéissance perinde ac cadaver (semblable à un cadavre). Sa devise était : " Je croirai qu’est noir ce que je vois blanc, si c’est ainsi que l’Église le qualifie ". Aujourd’hui elle est plus humblement Ad maiorem Dei gloriam (" Pour une plus grande gloire de Dieu ").

* Le Collège romain de formation a été fondé en 1584, école jésuite la plus importante jusqu’en 1773.

L’hostilité ne cessera de grandir à son encontre compte-tenu de ses pratiques, comme le commerce des esclaves en provenance d’Angola en Amérique portugaise. A plusieurs reprises la suppression de l’ordre fut demandée au sein de l’Église romaine, aboutissant en juillet 1773 avec le triomphe de la philosophie des Lumières qui voit en l’ordre l’un des symboles de l’Église catholique le plus réactionnaire. L’ordre sera rétabli en 1814 par Pie VII.

Dans le cours des siècles, si les jésuites ont été des maîtres de dissimulation, de contradictions et d’ambiguïté *, ils ont été aussi des maîtres de générosité, tout particulièrement dans le domaine social et avec les populations opprimées d’Amérique latine, qu’illustre le pape François. C’est tout le paradoxe de la nature humaine, entre ombre et lumière, y compris au sein de l’institution sacrée de référence. Le cardinal jésuite contemporain Carlo Maria Martini pose dorénavant la question d’un christianisme concentré sur l’amour plutôt que sur l’orgueil de posséder la vérité, faisant sienne la célèbre phrase de mère Teresa de Calcutta "Dieu n’est pas catholique " par " On ne peut pas rendre Dieu catholique ". La Compagnie de Jésus constitue désormais l’un des rares signes de vitalité doctrinale face à une politique vaticane marquée par le conformisme et l’arrogance du pouvoir.

* Ainsi sur la question de l’antisémitisme et l’anti-judaïsme.

Du sigle jésuite IHS

Pour les catholiques, les lettres I H S signifient en latin Iesu Homine Salvator (Jésus Sauveur des Hommes). C'est en fait Isis Horus Seth, la trinité égyptienne de la " Mère ". Ces initiales I H S ont été pendant des siècles le signe de reconnaissance des jésuites. Elles figuraient aussi sur les hosties. Elles étaient gravées sur les gâteaux ronds babyloniens que l'on offrait à Isis...

Un Général iconoclaste

Le Père Arturo Sosa Abascal a succédé le 14 octobre 2016 au père Adolfo Nicolás, devenant le 31° préposé Général de la Compagnie, que l’on appelle aussi communément le pape noir. Installé avec la bénédiction du pape François dont il est un ami fidèle, ce marxiste et moderniste n’en finit pas de proposer une nouvelle doctrine aux catholiques. Parmi son florilège, il a affirmé auprès du vaticaniste suisse Giuseppe Rusconi qu’on ne pouvait pas vraiment savoir ce qu’avait dit Jésus, parce qu’à son époque on n’avait pas d’enregistreur (sic).

Selon son interprétation toute personnelle et hétérodoxe, le diable n’est qu’une " figure symbolique " créée par l’homme " pour exprimer le mal. " Féministe convaincu, il milite pour que les femmes aient plus de pouvoir au sein de l’Église : " L’Église du futur devra avoir une hiérarchie différente, avec des ministères différents. J’en appelle à la créativité féminine pour que dans 30 ans, nous ayons des communautés chrétiennes avec une autre structure. Le pape a ouvert la porte au diaconat en créant une commission. Ensuite d’autres portes pourront s‘ouvrir. " Concernant les revendications du monde arc-en-ciel (les gays), le Général des Jésuites n’hésite pas à les soutenir. S’il préfère ne pas s’engager positivement sur le mariage homosexuel, il défend les unions civiles. Enfin, il prône comme tout bon communiste qu’il est la révolution, cette fois-ci morale pour combattre l'esprit délétère du concile Vatican II. Le pape blanc et le pape noir sont ainsi à l’ouvrage, main dans la main, pour effectuer l’aggiornamento moral de l’Église, avec pour devise " Du passé doctrinal et de toute morale faisons table rase…".

 

La sainte secte de Dieu

Le siège " politique " de l’association Opus Dei (image 1) est discret au cœur du riche quartier bourgeois Parioli de Rome, quand son siège " économique " se trouve au sein d’un gratte-ciel luxueux de New-York (image 2), son patrimoine étant estimé à trois milliards de dollars. Cette association est une prélature *, sa juridiction s’exerçant non sur un territoire mais sur des personnes. Elle a été fondée le 2 octobre 1928, jour de la fête des Saints Anges gardiens, par Josemaria Escrivá de Balaguer (1902/1975 – image 3), béatifié par Jean-Paul II en mai 1992 et canonisé dix ans plus tard. La dévotion que Mgr Escrivá vouait à la Sainte Vierge justifie le nom de l’église où il dit le 31 décembre 1959 la première messe. Sainte-Marie-de-la-Paix est devenue l’Église prélatrice de l’Opus Dei dès que l’Œuvre fut érigée en prélature personnelle (image 4). C’est dans sa crypte que repose saint Josémaria dans une chasse en métal doré. Y sont aussi enterrés Mgr. Álvaro del Portillo (1914-1994), évêque et premier successeur de saint Josémaria à la tête de l’Opus Dei, ainsi que la sœur du fondateur, Carmen Escrivá, et Dora del Hoyo, première numéraire auxiliaire de l’Opus Dei.

* La prélature dépend directement du pape. Elle est autonome financièrement et sur le plan structurel, jouissant de la faculté d’ordonner ses propres prêtres.

Son fondateur aurait eu un appel pour " rédimer " le monde, le christianiser de l’intérieur selon sa formule "Sanctifie ton travail. Sanctifie-toi toi-même dans ton travail. Sanctifie les autres à travers ton travail. " Les membres de l’Opus Dei (Œuvre de Dieu en latin) sont pour la plupart des laïcs catholiques, appartenant en général à des classes sociales plutôt élevées et introduits dans les milieux importants de la société civile. Ils sont recrutés en priorité selon leurs aptitudes intellectuelles et leur sphère d’influence (article 116 du statut de 1982).

Son symbole (image 1), une croix dans le cercle, illustre sa mission de sanctification du monde par l’intérieur.

Elle compte 1.850 prêtres et plus de 83.000 laïcs dans le monde, dont 55 % de femmes, quatre mille d’entre elles étant des "auxiliaires " employées à plein temps aux tâches ménagères des différents centres de l’association, avec port de l’uniforme et ayant fait vœu de célibat apostolique. En Italie, les quatre mille membres sont principalement des entrepreneurs et des professions libérales de renom. Par ses règles et son obsession de l’obéissance, l’Opus Dei rappelle le puissant ordre jésuite, témoignant de la même ténébreuse religiosité et d’une obéissance aveugle nécessaire au " chemin de sainteté ". Appelés "surnuméraires ", les membres jurent de toujours consulter les membres de l’organisation interne, les " numéraires " (environ 20 % du total global), pour toute question professionnelle, sociale ou intime. Ces derniers lèguent par testament à leur entrée tous leurs biens, présents et à venir. La règle du secret s’impose de façon absolue, nul ne devant révéler son appartenance ou celle de quiconque, y compris au sein de sa propre famille.

Placé sous le patronage de saint Joseph, le fonctionnement de l’organisation est sexiste, et basé sur de nombreuses pénitences destinées à éprouver le corps comme l’esprit. Ainsi le port chaque jour pendant deux heures hors dimanche et jours fériés du cilice (image 2) pour les numéraires, large ceinture garnie de pointes de fer serrée autour de la cuisse, ainsi que l’usage du fouet (image 3) une fois par semaine pour se battre le dos en récitant le Pater. Il faut bien vaincre les bas instincts du corps, et la souffrance est le véhicule béni de la rédemption …

Le contrôle d’un grand nombre d’œuvres apostoliques

L’association dirige et contrôle quinze universités représentant plus de quatre-vingt mille étudiants, sept hôpitaux avec mille médecins et mille cinq cents infirmiers, onze instituts spécialisés dans l’administration des entreprises, trente-six écoles élémentaires et collèges, quatre-vingt-seize instituts de formation professionnelle, cent soixante-six résidences universitaires, une agence de presse audiovisuelle (Rome Reports). L’association ne communique jamais ses bilans, et n’hésite pas à violer les règles morales et civiles relatives à l’utilisation de l’argent, celles des clauses contractuelles et des obligations fiscales.

Un mystère épais entoure ce mouvement autocratique incontestablement à caractère sectaire, qui aliène la liberté individuelle en tirant profit des impératifs de pauvreté, de chasteté et d’obéissance aveugle et qui s'adresse en priorité aux classes dominantes pour accroître sa sphère d'influence politique. Son Guide bibliographique avec plus de soixante-cinq mille références déconseillées, comprenant des pans entiers de la culture et de la littérature contemporaine, n’est d’ailleurs guère différent de l’Index librorum prihibotorum. Les accointances de son fondateur avec le régime franquiste ont largement transpiré, notamment à travers des courriers enflammés adressés à Francisco Franco et les rôles occupés par de nombreux membres de l’Opus Dei au sein du gouvernement *. Il est vrai également que d’autres furent persécutés et incarcérés en raison de critiques adressées au régime. D’autres témoignages soulignent les sympathies de Josémaria Escrivá à l’égard de Hitler, tout particulièrement celui du prêtre tchèque naturalisé anglais Vladimir Feltzman, membre de l’organisation entre 1959 et 1982. Malgré l'absence d'une ligne politique officiellement définie, l'Opus Dei apparaît comme un soutien des forces politiques les plus conservatrices. Protégée jusqu'à présent malgré les nombreuses critiques au sein de l’Église romaine, les mutations en cours depuis l'avènement du pape François interrogent quant à son futur, d'autant plus avec le décès de Javier Echevarría le 12 décembre 2016, successeur de Mgr. Álvaro del Portillo.

* Huit membres furent ministres dans les différents gouvernements entre 1939 et 1975.

 

Une filiation trouble

L’Ordre des Chevaliers de Malte est toujours officiellement souverain : il peut émettre des timbres, battre monnaie, faire des passeports, avoir des ambassadeurs. S'il entretient des relations diplomatiques avec 106 États et dispose même d’un statut d’observateur à l’ONU, il est une souveraineté sans territoire et une souveraineté limitée. L'Ordre, derrière sa laïcité, n'est pas indépendant du Vatican. C’est aussi un ordre religieux, " au service de la foi et du Saint-Père ", souligne sa constitution, dont une partie des membres ont prononcé les vœux de pauvreté, chasteté et obéissance. Les autres, laïcs, ont juste émis une promesse.

Si l'Ordre est toujours officiellement militaire, il n'a plus d'armée. L'Ordre est avant tout hospitalier, disposant également d’un corps d’urgence humanitaire, Malteser International, qui se mobilise sur la plupart des catastrophes humanitaires dans le monde. Cette fonction aujourd'hui bien réelle fait de l'Ordre de Malte le plus ancien organisme humanitaire : en 2019, il fêtera son 920e anniversaire. L'Ordre de Malte, c'est en fait la " Croix Rouge " catholique. Son grand maître a rang de cardinal.

Son origine remonte au monastère Sainte-Marie-des-Latins, fondé à Jérusalem au milieu du XIe siècle (1048) par des marchands amalfitains (province de Salerne en Italie). Vers 1080, Gérard, supérieur du monastère, crée un " hôpital " ou hospice dédié à Saint-Jean, à côté du monastère, pour accueillir et soigner les pèlerins chrétiens venus accomplir le " voyage de Terre Sainte ". Jérusalem est alors sous domination musulmane. La première Croisade de 1099 fait passer la ville sous la domination chrétienne, mais renforce l'insécurité dans la région. Les frères hospitaliers, reconnus comme ordre monastique le 15 février 1113 par le pape Pascal II, deviennent vite des chevaliers hospitaliers à l’initiative du maître Hospitalier Raymond du Puy (mort vers 1160). L'Ordre dit de Saint-Jean de Jérusalem de Rhodes et de Malte * est le second ordre militaire de Terre Sainte, après les Templiers fondés vers 1120. Le pape Innocent II attribue aux Hospitaliers le drapeau à croix blanche en 1130 pour les différencier des Templiers qui portent la croix rouge (Cf. ci-dessous).

Hospitaliers et Templiers jouent alors, et ce jusqu'au XIII° siècle, un rôle de premier plan sur l'échiquier politique du royaume de Jérusalem. Leur structure militaire et leurs places fortes ont fait des Hospitaliers une armée très efficace, qui n'hésite pas à s'ingérer dans la conduite du royaume de Jérusalem, formant à la cour un véritable " parti de la guerre " contre les musulmans.

* Après les Croisades, l'Ordre s'est successivement replié à Chypre (1251), Rhodes (1310) et Malte (1530), dont il obtient la souveraineté en 1607 et d’où il a été chassé en 1798 par Bonaparte. Il s'est installé à Rome en 1834, y bénéficiant d’un statut extraterritorial.

Du secret de l’Ordre des Templiers

L'Ordre des Templiers s'est développé dès l'essor du pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle, avec pour mission de préserver les routes et principaux itinéraires du " El Camino Primitivo " *. Il était l'Ordre officiellement censé protéger les pèlerins des attaques de voleurs et pillards. Mais la création de cet Ordre n'était pas seulement vouée à la protection des pèlerins, y compris sur la route d'accès à Jérusalem et à la vallée du Jourdain. Elle était une démarche d'ordre occulte, ésotérique, longuement méditée, prétexte à une quête mystique plus ou moins commanditée par Bernard de Clairvaux, fondateur des moines cisterciens, qui ayant étudié de nombreux textes hébraïques, voulait récupérer l’Arche d'Alliance et régénérer les valeurs spirituelles en Occident ainsi que reconstruire le Temple. La réalisation de l'objectif passait par la reconstruction d'Israël en faisant au passage valoir son droit sur l’héritage des " 10 tribus " suite à la scission avec le royaume de Juda. En réalité, l’Ordre des Templiers entretenait des liens privilégiés avec un peuple de grands initiés de l'époque, les Cagots des Pyrénées (au même titre que les Cathares), appelés également Laminaks en basque ou Crestians au Moyen-Age carolingien (leur reine était dénommée reine Pédauque ou Sainte Néomaye, souvent assimilée à Sainte Clotilde, la femme de Clovis). Ils vivaient comme des proscrits et étaient frappés de tabous. En effet, un nombre considérable d’interdictions dictées par la superstition et entretenues par l’Église catholique pesaient sur eux, celle-ci faisant tout pour que les secrets de la Vie et de l'Univers ne soient pas révélés aux masses ignorantes et sous son contrôle. Aussi leurs répression et massacre respectifs étaient inévitables…

* Cet antique chemin est une véritable méditation sur la Mort, les apparences et le sens de l'œuvre Noire alchimique, la transmutation. Il ne fait pas seulement traverser l'espace, il est aussi une Porte du Temps, une fenêtre dimensionnelle permettant de quitter la matrice en 3-D ... (Cf. Le chemin de l'Ascension).

Ces initiés, dits " Fils de la Loi du UN ", étaient les gardiens de la technologie, du savoir-faire et des Connaissances qui avaient été préservés après l'effondrement de l'Atlantide (ou l'Amen-ta), dont le Sceau de Caïn (Cf. image). Ces connaissances leur avaient notamment permis d'adapter leur génome (propriété due à l'épigénétique) pour s'adapter à la nouvelle densité terrestre qui avait fait suite à la disparition de la civilisation atlande, générant une nouvelle corpulence adaptée aux fréquences de cette densité. Là réside le secret des grands initiés (avatars), qui tels Yeshua (Jésus), Horus ou Enki, voyagent à travers le temps et apparaissent tels des dieux aux humains ... Ces grands initiés venaient enseigner aux humains la préparation à un changement de plan de conscience et de densité d'incarnation, libératoire de leur matrice asservissante.

La puissance de l'Ordre des Chevaliers de Malte vient avant tout de ses possessions en Occident. En effet, sa double vocation, militaire et monastique, lui attire les faveurs de l'aristocratie, qui se sent plus proche de ces moines-chevaliers que des institutions ecclésiastiques. Cela est particulièrement frappant dans le Midi de la France et dans la péninsule ibérique. Aussi le Vatican va s’attacher à développer avec l’Ordre une stratégie d’influence, se liant par-là même à ses ramifications occultes.

En effet l’Ordre Souverain Militaire de Malte (OSMM), d'essence aristocratique, va jouer un rôle prépondérant dans notre histoire moderne. En sa qualité d’organisation internationale, elle a des ramifications dans toutes les couches de la société : le commerce, la politique, les banques, les services secrets, l'Église, le monde de l'éducation, l'armée, les loges maçonniques comme la P2 italienne (Propaganda Due), l'ONU, l'Otan, etc.

Certains de ses membres ont été impliqués dans des complots fascistes et les guerres secrètes de la CIA.

Si cet ordre n'est pas la plus ancienne société secrète, il est une des plus anciennes branches de la société secrète JASON Society (ou " Order of the Quest "), issue de l’Ordre de Yale (les " Skulls & Bones ") *. Le président de l'Ordre de Malte est élu à vie, avec l'accord du pape. Les chevaliers de Malte ont leur propre constitution. La plupart de ses membres sont membres du CFR (Council on Foreign Relations), ainsi que d’autres organisations peu soucieuses de transparence.

* Cf. La nouvelle religion universelle.

La plupart des membres de l’Ordre profitent de l'immunité diplomatique, ce qui facilite grandement ses opérations. La colonne vertébrale des Chevaliers de Malte est la noblesse, la moitié de ses 13.500 membres appartenant aux plus vieilles familles d'Europe (auxquels se rajoutent 25.000 professionnels de santé et 100. 000 bénévoles présents dans 120 pays). Il est attaché à maintenir son exclusivité, refusant d'accepter (sauf exception pour les membres richissimes des États-Unis) des membres de l'Europe et de l'Amérique latine qui ne soient pas de la noblesse ou des chefs d’État *. Ainsi est renforcé le lien entre la noblesse et le Vatican. Il comprend certaines des figures les plus puissantes du monde, parmi lesquelles les chefs d'État.

Le Vatican a ainsi fondé en 1981 dans le New Jersey le centre Jean Paul II pour la prière et la recherche de la paix. Ses directeurs successifs ont été Kurt Waldheim (1918/2007), ex-secrétaire général de l'ONU impliqué dans les crimes de guerre nazis, Cyrus Vance (1917/2002), ancien ministre des Affaires étrangères sous Jimmy Carter et membre du CFR, Clare Booth Luce (1903/1987), membre des chevaliers de Malte, et Joseph Peter Grace (1913/1995), président des chevaliers de Malte aux États-Unis. Le centre fait partie du nouveau plan de paix papal qui doit contribuer à l'unification du monde. 

* Quelques membres de prestige : le pape Benoit XVI, José Barroso, Silvio Berlusconi, le Prince Bernhard des Pays-Bas, Michael Bloomberg, Charles Joseph Bonaparte, Prince Valerio Borghese, Zbigniew Brzezinski, Pat Buchanan, George HW Bush, George W. Bush, Jeb Bush Prescott Bush, Frank Capra, le Roi Juan Carlos, Bill Clinton (Cardinal, Valéry Giscard d'Estaing, Hillary Clinton, Tony Blair, Licio Gelli, Reinhard Gehlen, Alan Greenspan, Alexander Haig, Otto von Habsbourg, William Randolph Hearst, Heinrich Himmler, J. Edgar Hoover, Joseph Kennedy, Ted Kennedy, Henry A. Kissinger, Nelson Mandela, Alexandre de Marenche, Rupert Murdoch, la Reine d’Angleterre, Franz von Papen, Juan Peron, Augusto Pinochet, Ronald Reagan, Nelson Rockefeller, David Rockefeller, Herman van Rompuy, Amschel Mayer Rothschild, Frank Sinatra, Ted Turner, Kurt Waldheim.

Un puissant cardinal

Le cardinal Francis Joseph Spellman (1889/1967) de New York a été le plus puissant prélat catholique aux États-Unis. Il s'est impliqué avec la branche américaine de l'Ordre de Malte presque depuis sa fondation, étant le patron de l'église officielle de l'Ordre aux États-Unis quand il était évêque auxiliaire de Boston. Devenu archevêque de New York en 1939, il a changé son titre de " grand protecteur ".

Il a bénéficié du soutien de l'aile droite de la curie, en particulier le cardinal Nicola Canali, qui a dominé les finances du Vatican. Mais au lieu d'envoyer les contributions des Chevaliers américains à leur siège à Rome, Spellman a canalisé l'argent dans les coffres de Canali. Quand le grand maître de l’Ordre a exigé leur paiment, il n'a obtenu aucune réponse. Aucune action n'a cependant été prise contre le cardinal Spellman. Par sa puissance financière, son amitié avec le pape Pie XII et son accès aux élites économiques et politiques des États-Unis, Spellman est devenu le lien du Vatican avec la Maison Blanche et son proconsul en Amérique latine. Il a encouragé notamment la coopération Vatican auprès de l'Office of Strategic Services (OSS), l'ancêtre de la CIA pendant la guerre, dirigé par son vieil ami, le général William (" Wild Bill ") Donovan.

Si l'Ordre, très présent sur la scène humanitaire mondiale, est dédié au travail de bienfaisance, comme le financement de léproseries, contribue aux fournitures médicales pour le Tiers-Monde, et participe activement au travail caritatif de l’Église, assurant également l’assistance médicale des pèlerins place Saint-Pierre, il est un club marqué de la droite politique aux États-Unis comme en Amérique latine. En 2008, des chevaliers de Malte ont ainsi trempé dans un sombre complot liant les milieux les plus conservateurs de l’Église argentine au gouvernement Kirchner pour l’écarter de l’archevêché de Buenos Aires, ce qui leur vaut aujourd'hui la rancune du pape François.

Nombre de ses membres furent dans le passé alliés avec les groupes phalangistes d'Espagne, les intégristes catholiques français sous Vichy, les fascistes italiens et les partisans de l'alliance germano-autrichienne de Hitler *. Qui plus est, l’Ordre de Malte fut d'accord avec les nazis sur la " question juive ". Par ailleurs, une grande partie des membres américains des Chevaliers de Malte ont été soupçonnés par le gouvernement d'avoir commercé avec l'ennemi pendant la Seconde Guerre mondiale. Après la guerre, le Vatican, l'OSS, la SS (Schutzstaffel, la garde d'élite de l'intelligence nazi) et les différentes branches de l’Ordre de Malte ont uni leurs forces pour mener bataille contre l'ennemi commun soviétique, tout particulièrement en aidant nombre de criminels de guerre nazis à s'évader (les monastères et couvents catholiques ont été utilisés comme refuges pour les criminels de guerre en route pour l'Amérique latine). Le succès de cette opération nommée Peperclip débouchera sur la réorganisation des agences de renseignement (le BND en Allemagne de l'Ouest, la CIA aux États-Unis).

La relation entre le Vatican et l'Ordre de Malte sera également importante dans l'après-guerre pour assurer le résultat des élections italiennes de 1948 par le soutien aux chrétiens-démocrates, afin d'empêcher une victoire communiste. Une figure clé dans l'orchestration de ce plan fut Luigi Gedda, un médecin de Turin, chevalier de Malte et intégriste catholique. Il était chef de l'Action catholique italienne, mouvement de jeunes servant comme troupe de choc au pape, organisé en réseau de dix-huit " comités civiques " pour assurer les résultats du vote. De son côté, le cardinal Spellman encourageait une campagne épistolaire par laquelle les Italo-Américains exhortaient leurs parents à voter contre les communistes italiens, avec le soutien d'artistes célèbres tels que Frank Sinatra, Bing Crosby et Gary Cooper.  Les chrétiens-démocrates ayant remporté les élections, le gouvernement américain, sous la pression de Spellman, acceptera de rembourser les dépenses électorales du Vatican à travers le marché des devises noir de l'Italie...

* Franz von Papen, un aristocrate catholique de la noblesse westphalienne et Chevalier Grand-Croix de Magistral SMOM, a ouvert la voie à la prise du pouvoir d'Hitler. Il devint chancelier avec le soutien des nazis.

Une relation en crise

La dernière grande crise avec le Saint-Siège remontait à la tentative de fusion avortée en 1957 avec l'Ordre des Chevaliers du Saint-Sépulcre. Une nouvelle " crise internationale " oppose depuis fin 2016 le Saint-Siège et l’Ordre souverain de Malte. Tout a commencé le 6 décembre quand le grand maître de l’Ordre, le Britannique Fra' Matthew Festing, convoque dans son bureau le baron allemand Albrecht von Boeselager (photo 1), grand chancelier, c’est-à-dire à la fois ministre de l’intérieur et des affaires étrangères pour exiger sa démission. Il lui reproche la distribution de préservatifs en Birmanie par l’Ordre, en 2005, quand il était grand hospitalier (en charge de l’action humanitaire). L’Allemand explique que l’affaire avait alors été promptement réglée et refuse de démissionner. Mais le grand maître n’en démord pas : considérant que le refus d’Albrecht von Boeselager va à l’encontre de sa promesse d’obéissance de membre laïc de l’Ordre, il le démet, soulignant que c’est là " la volonté du Saint-Siège ". Présent dans le bureau, le cardinal Raymond Burke (photo 2), représentant du pape François auprès de l’Ordre et chef de file de l'aile conservatrice, ne dit mot et consent. Vu du Vatican, l’affaire surprend. D’autant plus qu’elle intervient moins de dix jours avant la nomination du frère d’Albrecht von Boeselager au conseil d’administration de l’IOR pour remplacer des membres que le pape jugeait trop liés au monde de la spéculation. Le rôle du cardinal Burke, opposant notoire au pape sur les questions de morale, est loin d’être clair, Albrecht von Boeselager expliquant avoir été renvoyé pour ses vues "libérales". Soupçonnant une tentative de déstabilisation du pape, le Saint-Siège met en place une commission d’enquête chargée de faire la lumière sur l’affaire. Mais, arguant que la démission du grand chancelier est " un acte de gouvernement interne ", le grand maître rejette la compétence de la commission désignée par le pape en personne qui, explique-t-on au Vatican, " n’a jamais parlé de renvoyer " qui que ce soit dans l’Ordre. Continuant à se draper dans la souveraineté de l’Ordre, le grand maître est allé jusqu’à mettre en cause l’intégrité de certains des membres de la commission papale, évoquant des " conflits d’intérêts ". Ce à quoi le Saint-Siège a répondu vertement, rejetant " au vu de la documentation en sa possession, toute tentative de discrédit sur les membres de ce groupe et sur leur travail ".

En réalité, Boeselager et le grand maître ne se sont jamais entendus et l'affaire des préservatifs a servi de pur prétexte. L'affaire se corse quand le souverain pontife apprend qu'on a parlé en son nom. Du coup, non seulement le grand chancelier von Boeselager a été réhabilité, mais, le 25 janvier, c'est le grand maître lui-même qui a été contraint de démissionner - une grande première dans l'histoire de l'Ordre. Le cardinal Burke s'est retrouvé lui aussi mis sur la touche au profit de l'archevêque Angelo Becciu, délégué spécial du souverain pontife chargé de " guider la renaissance spirituelle et morale de l'Ordre ". En outre, le pape semblerait nourrir quelque inquiétude sur les " infiltrations maçonniques " au sein de l'ordre religieux. Un " coup de matraque " et une " ingérence " insupportable pour l'aile tradi de l'Ordre de Malte qui crie à nouveau à l'annexion... Fin avril, le conseil de l'Ordre souverain de Malte a proposé l'élection d'un nouveau grand maître, plus probablement d'un lieutenant " intérimaire " ayant pour mission de mener une réforme des statuts. À charge pour le futur élu de tenter de restaurer le calme sur l'Aventin, où les touristes font toujours la queue pour lorgner la coupole de Saint-Pierre à travers le trou de serrure de la villa Magistrale (photos 3 et 4), siège de l'Ordre.

 

Padre Pio, le prêtre stigmatisé

Le 6 septembre 1968 s’éteignait en odeur de sainteté Francesco Forgione, le capucin stigmatisé de San Giovanni Rotondo, une des figures les plus touchantes de l'Église contemporaine. Celui dont la vie simple et exemplaire témoignait d'une foi et d'une bonté absolues fut pourtant l'objet de nombreuses persécutions, non pas de la part des laïcs ou des matérialistes, mais surtout de la hiérarchie de l'Église romaine, par des supérieurs jaloux de ses étonnants charismes qui lui valurent une renommée universelle.

Vie du Padre Pio

Francesco Forgione, padre Pio en religion, est né en 1887 à Pietrelcina, une pauvre bourgade de la province de Bénévent (région de Campanie). De santé fragile, il porte par sa mère le prénom de François, en hommage au saint d'Assise pour lequel elle éprouvait une grande dévotion. Garçon peu expansif, plutôt timide, d'une nature introvertie voire renfermée, il ne recherche pour distraction que la prière, la méditation et l'observation de la nature. Dès le plus jeune âge, sa vie intérieure se peuplait de visions surnaturelles. A quinze ans son vœu est exaucé, et il entre comme novice au couvent des capucins de Morcone.

Il va à différentes reprises faire l’expérience du " démon " qu'il s'est donné pour mission de combattre. La fin de ses études est à plusieurs fois interrompue par la maladie à laquelle les continuelles privations, jeûnes et mortifications qu'il s'infligeait n'étaient certainement pas étrangères. Elle laisse même présager une prochaine cécité. Au couvent de Venafro où il se repose, il fait une extraordinaire expérience spirituelle par un jeûne de quarante jours, où, dans une vision extatique, lui apparaît le panorama complet de sa vie future avec ses souffrances, ses tribulations et ses immenses joies. Il est ordonné dans la cathédrale de Bénévent en 1910, prenant définitivement le nom de Padre Pio de Pietrelcina. Cette cérémonie le transfigure. Dès le début de sa mission sacerdotale, il célèbre chaque matin la sainte messe à 5 heures, pour que tous ceux qui se rendent à leur travail puissent y assister. Celle-ci se révèle très vite non comme une simple cérémonie rituelle imposée par le canon de l'église, mais comme un dialogue personnel entre Padre Pio et le Christ, souvent entrecoupé de longues extases mystiques au cours desquelles l'officiant revit dans sa chair la scène du Golgotha et le sacrifice de Jésus sur la croix. Cette originalité ne sera jamais vraiment comprise par les siens. C’est peu après son ordination que Padre Pio constate les premières manifestations des stigmates, d'abord peu visibles, mais ressentis d'autant plus douloureusement dans sa chair.

Un des mystères de la vie de Padre Pio réside également dans ces longues années passées contre son gré, hors de son couvent. Années de maladie, de douloureuses épreuves, de méditation et de prières solitaires dont il s'inquiétait, ses supérieurs le considérant d'un mauvais œil et envisageant même de demander au pape la levée de ses vœux religieux, ce qui pour lui eût été la plus terrible des humiliations.  Ses visions et rencontres mystiques vont se poursuivre, lui causant de profonds tourments et supplices tant psychiques que physiques, les blessures de ses stigmates s'écoulant continuellement, surtout du jeudi soir au samedi. Honteux de ce qu’il vit, il dissimule le mieux possible ses souffrances et les signes trop visibles de son martyre, couvrant ses mains de mitaines sauf pendant la messe, au cours de laquelle les manches de sa soutane cachent ses blessures.

Dès 1919 l'affaire est ébruitée, déformée et exagérée par les journaux. Malgré la règle immuable de l’Église catholique de cacher les dons, les faveurs, les grâces accordées par Dieu à ses serviteurs et à ses saints, la célébrité de padre Pio est immédiate et sa renommée immense. Des milliers de pauvres gens déferlent vers le modeste ermitage du mont Gargano pour voir les blessures de Jésus infligées au saint homme et se confesser à lui afin d'obtenir la rémission de leurs péchés. A partir de là, c'est un véritable délire qui s'empare des journaux qui publient des témoignages de miracles fantastiques, de guérisons incroyables, d'événements surnaturels. Cette publicité, souvent de très mauvais aloi, lui vaut bientôt de sérieux ennuis, tant de la part de la hiérarchie de l’Église qui ne voit pas d'un très bon œil un phénomène qui lui échappe totalement, que des autorités civiles, à qui le désordre occasionné par le déplacement de ces milliers de pèlerins dans une des régions les plus pauvres du pays pose de sérieux problèmes. La polémique fait bientôt rage entre ceux qui croient à sa sainteté et ceux qui crient au scandale et à l'imposture. Certains en vinrent même aux mains, l'on échangea des horions, des invectives et des coups entre adversaires !

Les enquêtes médicales menées par les quelques sommités de la Faculté (les docteurs Romanelli et Festa) et des pontifes délégués par la Curie romaine ont établi de longs rapports, dont quelques-uns très favorables à Padre Pio, faisant état de sa simplicité, de sa foi, de sa modestie, de son obéissance. Elles ont constaté que toute leur science ne parvenait pas à expliquer le phénomène de ses blessures profondes, qui ne s'infectent pas, qui ne cicatrisent pas, de ce sang qui s'écoule limpide des cinq plaies du moine. Le Dr. Romanelli a aussi remarqué l'odeur suave qui émane du stigmatisé et des linges qui ont touché ses blessures, alors que normalement, le sang se corrompt vite et sent plutôt mauvais.

D’un autre côté, les rapports médicaux du Dr Bignami et du Dr Merla, et surtout les rapports ecclésiastiques du père Gemelli, spécialiste en mystique, et de Mgr Gagliardi l'évêque de la circonscription, se sont acharnés à démontrer une origine hystérique ou nerveuse de ces plaies, parlent d'autosuggestion et de supercherie. Pour cela, ils ont déformé des faits, en passent d'autres sous silence, avançant quelques contre-vérités voire même de flagrants mensonges.

La polémique est devenue très vite politique et médiatique, les passions se déchaînant entre athées et croyants, matérialistes et catholiques, francs-maçons et calotins, communistes et fascistes. La controverse s’est déroulée aussi entre clercs de l'Église, la jalousie de certains religieux envers le pauvre moine mystique se muant en haine tenace. D'ignobles calomnies se colportèrent dans le secret des sacristies.

Quatre mois après l’avènement d’Achille Ratti (1857/1939), le pape Pie XI (Cf. image 1), les cardinaux inquisiteurs réunis au Saint-Office délibèrent sur " le cas Padre Pio", prenant une série de mesures visant à lui imposer des restrictions et à le placer sous observation. Décisions sévères et profondément injustes, que le Saint Père avalise dès le lendemain. Ainsi Padre Pio ne doit plus "célébrer la messe à heure fixe, ni donner sa bénédiction au peuple. Il ne doit, pour aucun motif, montrer les soi-disant stigmates, ni en parler à quiconque, ni les offrir au baiser de ses fidèles ". Il doit en outre " cesser toute correspondance à l'exception de celle entretenue avec sa famille, il doit refuser de répondre aux lettres qui lui sont adressées par des personnes dévotes demandant des conseils, des grâces ou pour tout autre motif ". Toutes communications même épistolaires avec le père Benedetto, son directeur spirituel lui sont désormais interdites, et il lui est même ordonné d'en changer. On suggère aux Capucins que le moine soit éloigné de San Giovanni Rotondo et envoyé en haute Italie. Bien que profondément meurtri, Padre Pio choisira comme toujours l'obéissance et le silence.

Forts de ce premier succès à son encontre, le petit gang organisé de ses ennemis, menés par Mgr Pasquale Gagliardi archevêque de Manfredonia (Cf. photo 2), le père franciscain Agostino Gemelli (Cf. photo 3) et quelques chanoines de San Giovanni Rotondo, parmi lesquels les chanoines Miscio et Prencipe, repartent à l'attaque. A Rome, au cours d'une réunion du Consistoire, en présence de nombreux cardinaux et évêques, l'archevêque affirmera sous la foi du serment : " J'ai vu moi-même Padre Pio se poudrer et se parfumer, et, lors d'une visite au couvent j'ai découvert une bouteille d'acide nitrique avec laquelle il provoque ses stigmates et une bouteille d'eau de Cologne pour les parfumer. Padre Pio est un possédé du démon et les moines de San Giovanni Rotondo sont une bande d'escrocs. "D'autres rumeurs furent lancées, tout aussi ignobles ou fantaisistes, sans que le Padre accepte de se défendre publiquement.

Le 31 mai 1923, un décret du Saint-Office aggrava les mesures précédentes, interdisant à Padre Pio " toute messe publique " et réitérant l'ordre aux capucins de placer le moine dans un autre couvent. Sur ordre du provincial, Padre Pio dut désormais dire la messe dans la chapelle intérieure du couvent, fermée à clé, sans aucun assistant, et interdit de confession. Cette dernière mesure fut pour lui la plus dure, car se considérant avant tout comme chargé d'âmes, comme confesseur. Entre 1924 et 1931 quatre autres décrets du Saint-Office seront publiés à l'encontre du saint homme, l'isolant le plus complètement possible de ses fidèles. Les dix années de son " exil intérieur " seront exemplaires. Il ne se révoltera jamais contre l'injustice, il pardonnera à ses ennemis le mal qu'ils lui font, se soumettra toujours aux ordres et aux décrets pris à son encontre, dans la plus parfaite obéissance.

Il y eut de nombreuses pétitions, délégations, publications, rassemblements pour prendre sa défense, tant auprès du Vatican que des instances provinciales. L'un après l'autre ses ennemis connurent l'opprobre du scandale ou même les foudres de la justice. Mais tout se passa comme si une volonté plus haute imposât à Padre Pio ce long et silencieux martyre. La levée des interdits n'intervint en effet qu'en 1933, lorsque le pape Pie XI, le même qui les avait avalisés dix ans auparavant et maintenus jusque-là, déclara: " Padre Pio a été réintégré et ultra ".

Vinrent alors trente années de magnifique épanouissement, au cours desquelles Padre Pio put enfin donner le meilleur de lui-même au service du Christ, par le témoignage de sa foi, de sa vie exemplaire et des grâces surnaturelles dont il était le dépositaire. Mais son nom répété et invoqué par mille bouches, sa photo publiée dans tous les journaux du monde, le fait que des milliers d'hommes et de femmes venus de partout voulaient le voir, le toucher, se recommander à ses prières et se confesser à lui, ne lui tourneront jamais la tête. Par son charisme, ses guérisons, ses dons de bilocation et de voyance - il lisait dans les âmes - il parvint à convertir des milliers de gens dont il transforma la vie. Par sa volonté au service de Dieu et de son Église, il réalisa les Groupes de Prières dont le pape Pie XII avait lancé l'idée au début de la guerre, réussissant par cette impulsion à créer un véritable renouveau spirituel. Autre succès, la création d'un Hôpital moderne à San Giovanni Rotondo qui en était dépourvu. La Casa sollievo delle Sofferenza (Cf. image), inauguré en 1956, est l'un des plus beaux hôpitaux du monde et des mieux équipés, entièrement payé par les dons des fidèles. Il fut aussi la cause indirecte d'une seconde période de persécutions dont Padre Pio fut l'innocente victime.

Le banquier mystique

Cette affaire débute peu après la Seconde Guerre Mondiale, lorsque Jean-Baptiste Giuffré, un obscur employé de banque, a l'idée de lancer une fantastique " œuvre " financière pour la bonne cause des congrégations religieuses. Le principe était d'adapter aux temps modernes la vieille tradition des frères mendiants, qui jadis allaient à travers villes et campagnes quêter dons en nature ou oboles en numéraire. Leurs modernes successeurs, franciscains et capucins, iraient ainsi quêter auprès de leurs ouailles non de la farine, des œufs ou quelques modestes piécettes, mais des prêts libellés en millions de lires, honnêtement rétribués d'un bon intérêt. Contre cet argent, remis entre les mains de Giuffré qui se proclamait sans rire " Banquier de Dieu ", les rabatteurs en soutane recevaient eux aussi de gros intérêts en tant qu'intermédiaires. Ainsi Giuffré offrait aux évêchés, aux congrégations et ordres religieux qui avaient quelques projets immobiliers ou d'aménagement cette proposition astucieuse et alléchante. Les sommes ainsi recueillies seront confiées à sa banque qui versera aux moines et aux prêtres devenus ses courtiers, un intérêt annuel de 40 à 100 % sur ces dépôts. Il s'engageait également à exécuter lui-même les montages financiers nécessaires aux travaux projetés par les religieux, sur lesquels il prélèvera évidemment au passage de substantielles commissions.

Ce " banquier mystique " parvint ainsi à inoculer aux moines mendiants le goût de la finance et du luxe, et à leurs supérieurs cette " maladie de la pierre " et des affaires véreuses qui sont la gangrène de l'Eglise moderne. Il récolta plusieurs dizaines de milliards de lires, équivalant à des millions d'euros d'aujourd'hui. Dans un premier temps, tout marcha fort bien. Ce fut l'euphorie tant chez les moines que chez les architectes et le " banquier de Dieu ". Inévitablement, on dépensa tant et plus que l'on croyait cette manne céleste inépuisable. Et pour trouver toujours plus d'argent à placer avec usure à la " Banque du Bon Dieu ", les braves et opulents ecclésiastiques lancèrent des souscriptions publiques, des emprunts faramineux, organisèrent de véritables groupes de pression (pour ne pas dire " rackets ") puis, leurs brebis tondues et des rumeurs fâcheuses les ayant rendues prudentes, ils allèrent jusqu'à investir l'argent des congrégations, des diocèses et des œuvres sociales des paroisses. Au cours de ces années fastes, Giuffré tenta par évêques interposés d'attirer les capucins de San Giovanni Rotondo dans la combine, eux qui voyaient affluer pour leur œuvre des sommes très importantes en provenance du monde entier. Padre Pio fit longtemps la sourde oreille. En tentant de soustraire son œuvre à ce scandaleux trafic, indigne de l'Eglise, il s'attira du coup l'inimitié voire la haine des prélats usuriers, tels Mgr Bortignon, évêque de Padoue, qui s'endetta pour des milliards de lires.

Lorsque début 1957, le Pape mit en garde les évêques et les supérieurs des congrégations, leur interdisant toute collaboration avec Giuffré, le mal était fait. Le 4 avril 1957, pressentant une inévitable catastrophe financière, Pie XII releva Padre Pio de son vœu de pauvreté, lui permettant de mettre tous les biens de l'œuvre de la Casa à son nom personnel, à l'abri des prédateurs. Ainsi, la Casa fut épargnée par l'énorme krach, faisant plus de 25.000 victimes, où sombrèrent en 1958 tous les religieux imprudents. L'ordre des Capucins figurait en bonne place des congrégations les plus compromises et les plus touchées par cette triste affaire.Les Congrégations se trouvèrent mises en demeure de rembourser des dettes dépassant souvent de dix fois leurs capacités de paiement. Les fidèles affolés réclamaient évidemment la restitution des dépôts faits aux moines, et les Capucins ne purent résister à la tentation de puiser dans la caisse de la Casa Sollievo pour éponger leurs déficits. Comme Padre Pio refusait obstinément tout détournement des offrandes des fidèles destinées à son œuvre au profit des religieux magouilleurs, les évêques et les supérieurs impliqués dans ces spéculations hasardeuses, Mgr Bortignon en tête, se mirent à faire pression sur le moine et à le diffamer.

Trois mois après le krach de Giuffré, Pie XII meurt et Jean XXIII lui succède. En octobre, Mgr Bortignon et sa mafia, attaquent les Groupes de Prières et l'œuvre de Padre Pio devant le nouveau pape qui, tel Pie XI couvrit, par lâcheté ou par ignorance, les plus honteuses machinations conduites à l'égard du stigmatisé, sa quasi séquestration et les plus vils détournements de fonds aux dépens de son œuvre. Pour Padre Pio, le pontificat de Jean XXIII fut terrible. Le Pape fut-il complice des voleurs d'offrandes et des espions sacrilèges, ou simplement mal informé ? Privé de messe publique, du droit sacré pour un prêtre de confesser ses fidèles, séquestré et drogué par des brutes en soutane qui allèrent jusqu'à placer des micros dans sa cellule et son confessionnal, honteusement spolié, le saint moine fut heureusement libéré en 1963, par l'arrivée sur le trône de St Pierre du Cardinal Montini devenu Paul VI, à qui il avait prédit, en 1959, qu'il succéderait à Jean XXIII.

Amoindri physiquement par ses souffrances et la maladie, éprouvé moralement par les persécutions de ses frères religieux et leurs supérieurs dévoyés, Padre Pio vécut les dernières années une paix relative. Son œuvre terrestre, la Casa Sollieva della Sofferenza, était à l'abri des prédateurs, léguée au Saint Siège par un testament certes arraché par Jean XXIII, alors même que le saint moine l'avait spontanément offerte quelques années auparavant à Pie XII qui l'avait refusée. Quant à son œuvre religieuse, les dizaines de milliers de fidèles qui suivaient ses prédications et son enseignement, les milliers de Groupes de Prières disséminés à travers le monde, les centaines de guérisons miraculeuses accomplies au nom du Christ, témoignaient de l'efficacité de ses prières et de sa foi. Le plus remarquable dans cette vie sainte et héroïque, fut son immense bonté qui le poussa à prier pour ses persécuteurs et à souffrir en silence les pires humiliations, sans jamais se révolter, et dans la plus parfaite obéissance à son Église.

A la fin de l'été 1968, Padre Pio, très affaibli, rongé par la maladie et qui ne se déplace plus qu'en chaise roulante, voit ses stigmates disparaître lors de sa dernière messe. Ce sera l'ultime miracle de sa vie. Le 23 septembre, il expire doucement, sans bruit, le visage serein, un rosaire entre les mains. Son corps repose dans la crypte de l'église Notre-Dame-des-Grâces, son couvent.

 

Meurtres à domicile

Le soir du 4 mai 1998, trois corps sans vie sont retrouvés dans un logement non loin des appartements du souverain pontife. Deux hommes et une femme ont été tués par balle : le chef des gardes suisses (qui avait servi de bouclier au pape Karol Wojtyla lors de l’attentat du 13 mai 1981), son épouse diplomate de l’Ambassade du Venezuela auprès du Saint-Siège, et un jeune caporal adjoint. Pendant 9 mois l’enquête judiciaire se poursuivra, se heurtant à la résistance farouche des autorités des lieux considérant l’histoire comme un crime passionnel qui s’est terminé par le suicide de son auteur, considéré comme déséquilibré psychologiquement et faisant usage de cannabis. Malgré toutes les invraisemblances de cette thèse, les versions évasives et contradictoires, et l’absence de preuves tangibles la corroborant, l’affaire de ce crime d’État sera classée par le juge unique du Vatican, l’avocat Gianluigi Marrone. Sa conclusion était identique à celle que le porte-parole du Vatican, Joaquin Navarro-Valls, membre de l’Opus Dei, avait avancé quelques heures seulement après les faits, et sans qu’aucune demande d'aide ni de collaboration ne soit présentée aux autorités italiennes. La version officielle était simplement fondée sur " une certitude morale " … Quant au jugement ratifiant la culpabilité du caporal adjoint de manière explicite, il fait défaut, le Saint-Siège y remédiant par un bulletin publié le 8 février 1999, présentant le meurtrier comme fou, drogué et malade, sans pour autant préciser le mobile. En mars 2000, dans un courrier à la mère du défunt, le juge Marrone écrira toutefois Les documents élaborés par le Saint-Siège ne peuvent recevoir la caution formelle de l’autorité judiciaire.

Une demande de réouverture de l’enquête confiée aux avocats français Jacques Vergès (1925/2013) et Luc Brossolet, basée sur une liste précise d’invraisemblances, se heurtera à une ferme fin de non-recevoir de Sa Sainteté Jean-Paul II, qui refusera à la mère jusqu’à la copie de l’autopsie de son fils. Crime passionnel à caractère hétéro ou homo, guerre fratricide entre membres de l’Opus Dei et de la Franc-maçonnerie au sein de la curie, toutes les hypothèses continuent à circuler et à jeter une odeur de soufre dans la maison du Seigneur. Nous sommes bel et bien en présence de la contradiction intrinsèque de l’institution, entre sa vocation spirituelle et la défense farouche des mécanismes réglementant sa vie d’organisme politique, étatique et circonscrits aux remparts de la cité Léonine *, véritable bastion de la monarchie vaticane.

* Quartier de Rome que le pape Léon IV avait fait entourer de remparts en forme de fer à cheval entre 848 et 852 pour défendre la basilique Saint-Pierre contre les incursions musulmanes au IXᵉ siècle.

La garde suisse de la Sixtine

La plus ancienne armée du monde, la seule à recruter sur la base de la confession religieuse, existe depuis 1506 à l’initiative du pape Jules II Della Rovere, demandant aux États Confederatis Superioris Allemaniae un contingent pour constituer sa garde personnelle, s’inspirant du roi de France. Le baptême de sang eut lieu le 6 mai 1527 lors de l’invasion de Rome par une horde de mercenaires de Bavière et du Tyrol, les lansquenets de l’empereur Charles-Quint, luthériens convaincus. La garde pontificale sacrifia la plupart de ses hommes (cent quarante-sept hallebardiers) pour permettre à Clément VII et aux plus hauts dignitaires du Vatican de trouver refuge à Castel Sant’Angelo en empruntant une issue de secours, le Passetto. Depuis, les nouvelles recrues prêtent serment de fidélité en uniforme d’apparat au pape à cette sinistre date anniversaire. Les accords de Latran de 1929 reconnaitront à la garde papale, service d’honneur et de sécurité de cent-seize soldats, un caractère de juridiction souveraine.

 

Liaisons sulfureuses

Le pape Clément XII a édicté en 1738 une bulle précisant que tout catholique qui faisait partie de la Franc-Maçonnerie serait excommunié. En 1884, le pape Léon XIII a fait une déclaration qui accusait la Franc-Maçonnerie d'être une société secrète, qui voulait " faire revivre les comportements et les coutumes des païens " et " établir le royaume de Satan sur terre " *. Pourtant, en 1978, la revue Osservatore Politico (" Observateur politique ") publie la liste d’une centaine d’ecclésiastiques - prêtres, évêques et cardinaux - inscrits dans des loges maçonniques. On y trouve entre autres le secrétaire d’État du Vatican, le ministre des Affaires étrangères, le vicaire de Rome, l'archevêque de Florence, le prélat de Milan, le responsable de l'Ordre des Bénédictins, le directeur de la banque vaticane, le directeur adjoint de la revue L’Osservatore Romano et le directeur de la radio vaticane. La diffusion de cette liste constituait-t-elle un signe adressé au nouveau pape élu Jean-Paul Ier pour ses tentatives de réforme affichées ? Elle nourrira les soupçons d’assassinat qui suivirent sa mort soudaine, compte-tenu une fois encore des nombreuses incohérences et réticences rencontrées, dont l’autopsie du corps.

Difficile d’écarter l’hypothèse d’un meurtre tant la résistance à tout changement préjudiciable au business juteux en cours dans ce petit État richissime. La perspective de voir une grande partie des richesses vaticanes consacrée au traitement de la misère du monde était sans doute insupportable à ces prédateurs sans foi ni loi si ce n’est de leurs intérêts.

* Jean Paul II a annulé la bulle contre les francs-maçons le 27 novembre 1983, permettant à des catholiques de pouvoir à nouveau devenir membre d'une société secrète, sans craindre d'être excommuniés.

Une symbolique dévoyée

Tout comme les loges maçonniques, l’Église romaine utilise la symbolique du ternaire divin (Cf. première image), y rajoutant parfois " L'œil qui voit tout " à l'intérieur du triangle qui figure une pyramide, appelé le Delta lumineux. C'est un symbole issu de la prêtrise des religions antiques (Égypte, Sumer, Babylone...), qui en ont dévoyé le sens *. Il trompe les vrais disciples de Jésus quant à l'essence du Créateur. On le retrouve ainsi dans le logo du Philadelphia Eucharistic Congress de 1976, sur un timbre du Vatican de 1978 (cerclé de rouge sur la deuxième image), et même sur la croix personnelle du pape Jean XXIII.

* Cf. La nouvelle religion universelle.

Une succession éclair

 En août 1978 le règne de quinze ans de Paul VI s’achève par son décès. Un rapide conclave désigne l'apparent doux et affable progressiste Albino Luciani, vénitien, qui est élu sous le nom de Jean-Paul Ier. Mauvais présage, la fumée blanche annonçant l’élection vire au noir. Son pontificat sera de trente-trois jours, le temps qu’il annonce d’audacieux changements, comme l’abolition de la tiare, de la chaise gestatoire portée à bras par les sediari, de la messe de couronnement. Il refuse également de s’asseoir sur le trône au cours des cérémonies solennelles, et n’hésite pas dans ses premiers discours à dire que si Dieu est père, il est encore davantage mère, violant une tradition consolidée *. Il s’interroge sur la question des richesses de l’Église, tout particulièrement de la désinvolte finance vaticane, et appelle au retour de l’Église à la pauvreté évangélique des origines. Il prend position pour un rôle accru des femmes au sein de l’Institution, et pour des solutions anticonceptionnelles dans des cas le justifiant. Son humanisme comme son humilité détonnent, ce qui entraîne rapidement des rumeurs sur son incapacité à assurer la complexité de la charge.

Il meurt " soudainement ", soi-disant en raison d'un infarctus du myocarde. Sur son bureau, l’hebdomadaire Il Mondo est ouvert à la page d’une enquête s’adressant à lui, portant sur la question de l’opportunité pour le Vatican d’intervenir sur les marchés du monde entier comme n’importe quel autre spéculateur, et tout particulièrement par sa banque, afin de faciliter l’exportation de capitaux et l’évasion fiscale de citoyens italiens …

* Le pape Ratzinger (Benoît XVI) s’empressera de restaurer l’ancienne coutume.

Trouble supplémentaire en 1992 lorsque le grand Commandeur du Conseil supérieur des francs-maçons mexicains, Carlos Vasquez Rangel (Cf. photo), révèle dans le grand journal Processo que pas moins de quatre loges du Rite ancien écossais * sont hébergées au sein des huit bâtiments constitutifs du Vatican, et dont Jean-Paul Ier était un membre actif. Les luttes affichées entre l’Église romaine et la Franc-maçonnerie n'auraient-elles été que des simulacres ? En janvier 1996, Jean-Paul II se verra proposer par le Grand Orient d'Italie le prix Galileo Galilei, plus haute distinction de l'Ordre, pour son engagement et son soutien sans faille aux valeurs de la Franc-Maçonnerie universelle. Néanmoins le Saint-Siège refusa, y voyant une provocation ...

Au-delà des trente-trois degrés constituant la gradation de progression pour les frères maçons, il existe cinq degrés supplémentaires tenus secrets pour quelques grands de ce monde, dont les autorités ecclésiastiques au plus haut niveau. De nombreuses preuves attestent ainsi que Jean XXIII comme Paul VI ont été francs-maçons au sein de ces loges spéciales, comme les témoignages du père Malachi Martin ou de Padre Pio. En fait, le Vatican en tant qu’organisation de pouvoir a les mêmes structures, les mêmes missions et les mêmes principes que la Franc-maçonnerie. Les loges ne sont simplement pas ouvertes aux simples mortels. Et même le franc-maçon " moyen " ne le sait pas. Il n’a pas besoin de le savoir. La basilique Saint-Pierre est en fait une église du Paraclet, mot d'origine grecque qui signifie " celui qu'on appelle à son secours ", sous-entendu le Nouvel Ordre Mondial, non l'Esprit saint. Dans les églises du Paraclet, c'est une toute autre conception du christianisme qui est défendue, qui n’est pas la même que dans les autres communautés chrétiennes. 

Les élites vaticanes sont en fait restées très proches des idées des Templiers, attendant que les choses soient mûres pour restaurer l’Ordre du Temple. La philosophie des Templiers contient l’idée de la gouvernance mondiale *².

Le créateur du Rite écossais est l'états-unien Albert Pike (1809/1891), sataniste pratiquant, qui a écrit dans son ouvrage " Morals and dogma " (1871) que Lucifer, Dieu du bien et de la lumière, lutte pour l'humanité contre Adonaï, Dieu de l'obscurité et du mal...

Cf. La nouvelle religion universelle.

Sépultures indignes

Dans la Basilique Saint-Apollinaire de Rome, construite sur les fondations de l’église éponyme datant de 780, est enterré un certain Enrico de Pedis, dit " Renatino ", l’un des chefs du tristement célèbre gang de la Magliana, organisation criminelle italienne basée à Rome particulièrement active de 1970 à 1992. Il avait consacré sa vie au crime et mourut assassiné par un gang rival en 1990. Il avait été toutefois un grand bienfaiteur des paroissiens les plus pauvres. Il en est de même pour la célèbre Fiammetta Michaelis, prostituée de haut vol et maîtresse du cardinal César Borgia, enterrée dans l’église Saint-Augustin.

Les colossaux revenus de la Magliana ont transité par le Banco Ambrosiano mise en place par Roberto Calvi (Cf. Les saints banquiers), en relation étroite avec l’IOR. Sa banqueroute a entraîné la perte des sommes qui y étaient investies tout comme celles de la mafia, soit environ trois cent milliards de dollars. Elle aurait entraîné un chantage mafieux au Vatican pour les récupérer, avec probablement l’enlèvement puis la suppression d’une jeune adolescente innocente de quinze ans, Emanuela Orlandi (Cf. image), citoyenne de la Cité du Vatican, fille d'un employé de la Préfecture de la Maison Pontificale, disparue mystérieusement le 22 juin 1983. L’enquête judiciaire menée n’a pu l’établir. Une fois encore, elle s’est heurtée à la réticence des hiérarchies vaticanes au nom de la raison d’Etat. Celle-ci ne semble décidément rien avoir à faire avec la miséricorde du Tout-Puissant.

Dérives pédophiles et silences coupables

Le scandale des prêtres pédophiles du clergé catholique a pris des dimensions planétaires dès la fin de l’année 2009, étouffé jusqu’alors * et laissant même des prêtres condamnés en poste. Tous les plus grands titres de la presse mondiale s’en sont fait l’écho, mais le pape Ratzinger (Benoît XVI) n’en a pas fait la moindre allusion dans son message pascal de 2010. Ce harcèlement sexuel pendant la confession (sollicitatio ad turpia) est, en tout cas pour une partie d’entre elles, le plus grand cauchemar des autorités vaticanes depuis le XVI° siècle, compte-tenu du nombre de prêtres concernés et s’étant rendus coupables de ce délit sur des mineurs, parmi lesquels des handicapés. Ainsi aux États-Unis avec le diocèse d’Oakland, en Californie ou à Boston (Cf. Spotlight, film états-unien 2015 du réalisateur Tom Mc Carthy), au Mexique avec l’organisation des Légionnaires du Christ, en Irlande, en Autriche, en Allemagne, en France avec les évêchés de Bayeux, de Dax et de Lyon (" affaire du cardinal Barbarin et du Père Breynat "), en Australie avec l'inculpation en juin 2017 de l’argentier du Vatican (numéro 3 du Saint-Siège) le cardinal George Pell pour de multiples sévices sexuels sur enfants, au Chili avec le prêtre Fernando Karadima, reconnu coupable d’agressions sexuelles sur mineurs par l’Eglise catholique en 2011 *² … Pourtant, la première réaction a été celle du complot, d’une attaque violente contre le pape et l’institution tous deux aux caractères infaillibles, certains prêcheurs pontificaux – minoritaires il est vrai - n’hésitant pas à comparer ces accusations à celles lancées par le nazisme contre les Juifs, quand d’autres les qualifiaient de ragots voire d’attaque… sioniste (monseigneur Giacomo Babini). Quant à l’attitude des hiérarchies qui ont couvert ces agissements, dont la congrégation pour la Doctrine de la foi elle-même (ex Saint-Office) présidée pendant plus de vingt-cinq par le cardinal Joseph Ratzinger en personne, elle a été passée sous silence, de même que l’omerta opposée à toute tentative sérieuse d’enquête. Les choses ont fini par bouger sous l’effet de la pression des réseaux sociaux et d’associations de victimes fortement mobilisées, une grande partie des fidèles traditionalistes préférant cependant impudiquement tourner le regard et conserver leur totale et soumise confiance. Ainsi la mise en examen de Mgr André Fort, ancien évêque d’Orléans, en juin 2017 pour n’avoir pas dénoncé des actes pédophiles d'un prêtre du diocèse.

Quant à l'actuel pape François, sa promesse de mise en place d'un tribunal censé juger les évêques ne sera finalement pas suivie d'effet, même s'il a commencé à prendre des sanctions, comme la " démission " forcée d'un évêque français sur suggestion du nonce apostolique en France en avril 2017 pour " attitudes pastorales déplacées " ...

* En 2001 le pape Jean-Paul II ordonne la mise à jour d’une mesure ancienne qui donne instruction au personnel religieux en matière de silence à garder face aux " étrangers ". Cette ordonnance est signée par le cardinal Ratzinger, le futur Benoît XVI. Ceci lui vaudra en 2005 d’être accusé par le tribunal de Houston au Texas de conspiration contre la justice dans la procédure sur les prêtres pédophiles. Mais George W. Bush accordera au souverain pontife le droit à l’immunité. En 2002, l’Église dit officiellement qu’un prêtre pédophile devait être dénoncé à la justice. Dans les faits, rien ne bougera vraiment jusqu’en 2016.

Les victimes dénoncent qui plus est la nomination par le pape François d’un des anciens protégés de Fernando Karadima, Mgr Juan Barros, comme évêque d’Osorno, un diocèse du sud du pays, en janvier 2015. Plusieurs accusent ce prélat d’avoir été présent, à l’époque, pendant qu’ils étaient agressés, et d’avoir couvert par la suite les agissements de son ancien mentor.

Cf. " Église : la Mécanique du silence ", Daphné Gastaldi, Mathieu Martinière, et Mathieu Prisse (Éditions Jean-Claude Lattès).

Orgie sexuelle et drogue au Vatican

Un haut dignitaire du Saint-Siège, le prêtre secrétaire du conseiller personnel du pape François et dont l'identité est tenue secrète, a été arrêté fin juin 2017 par la police en pleine orgie homosexuelle et usage de stupéfiants dans un appartement de l’ancien palais de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi (ex Saint-Office), a révélé le journal italien Il Fatto Quotidiano. Âgé de 79 ans, le locataire des lieux - occupés pendant des années par l'ancien pape Benoit XVI alors cardinal - a été embarqué par les fonctionnaires puis envoyé au vert par sa hiérarchie dans un couvent italien, après une brève hospitalisation en clinique de désintoxication pour supprimer toute trace des paradis artificiels consommés. Selon le site de l’International Business Times, journal économique en ligne qui comprend une édition italienne, le prélat aurait d’ailleurs fait par le passé deux overdoses. Comment ne pas comprendre  l'embarras suscité, cette affaire faisant suite à l'inculpation en Australie le même mois du haut dignitaire ministre de l’Économie le cardinal australien George Pell (voir ci-dessus) pour abus sexuels multiples.

 

Le droit coutumier comme antidote ?

" Je ne suis pas d’accord avec votre présomption que les Papes et les Rois ne puissent être jugés comme n’importe quel autre homme, ou sont incapables de commettre des torts. S’il y a une quelconque présomption, c’est au contraire contre les détenteurs du pouvoir. Il n’y a pas de pire hérésie que la fonction puisse sanctifier de celui qui détient le pouvoir. Le pouvoir a tendance à corrompre, et le pouvoir absolu corrompt totalement. La responsabilité historique, doit en conséquence décider du choix de la responsabilité légale. "

John Emerich Edward Dalberg (1834/1902) - Baron Acton

 

Le droit coutumier en vigueur dans des pays comme le Canada et les États-Unis a pour objectif la défense des citoyens par-delà le système oligarchique en place. Ses décisions de justice dites coutumière sont mises en application soit par des fonctionnaires de police, soit des forces locales nommées et révoquées par consensus populaire. Ce mouvement s’inscrit dans la pratique d’une autogestion de communes se voulant libres et attachées à un fonctionnement démocratique non dévoyé par la préservation d’intérêts élitaires.

Le droit international coutumier correspond quant à lui aux différentes coutumes du droit international. À la différence d'un principe universel de jus cogens (norme impérative), c'est la pratique qui détermine qu'une règle est qualifiée de " coutumière " car elle doit pour cela refléter une pratique étatique étendue, représentative et pratiquement uniforme et acceptée comme étant le droit. Le droit international coutumier est reconnu comme l'une des sources du droit international ainsi que par le statut de la Cour internationale de justice.

Concernant l’Église catholique romaine, ce droit coutumier a été actionné par le mouvement pour la vérité sur le programme génocidaire des pensionnats pour Indiens du Canada *, qui a vu la mort/disparition de plus de 50.000 enfants dans des lieux commandités par l’État et gérés par les églises catholique, anglicane et unifiée du Canada entre 1893 et 1996. A ce titre, l’Église catholique romaine a été déclarée Organisation Criminelle Transnationale par avis légal lors de la Déclaration de Bruxelles du 4 août 2013, publié par la Cour de Justice Internationale de Droit Coutumier, faisant suite à la condamnation du Pape Benoît XVI et du Vatican en date du 1er février 2013. De ce fait, ses prélats les plus élevés ont légalement été reconnus coupables d’avoir commis des crimes contre l’Humanité, et considérés comme ayant établi une " Conspiration Criminelle Internationale " pour aider et encourager le trafic d’enfants. Ce verdict de la Cour de Justice Internationale de Droit Coutumier établit ainsi que l’Église et son siège gouvernemental, le Vatican, constitue une entité criminelle selon la loi internationale.

* Cf. Travaux de Kevin Annett, nominé pour le Prix Nobel de la Paix en 2013 et 2014, parus dans " Love and Death in the Valley " (First Books, 2001), "Hidden from History : The Canadian Holocaust " (2001, 2005, éditions 2010)- " Hidden No Longer : Genocide in Canada, Past and Present " (2010), "Unrepentant : Disrobing the Emperor " (O Books - Amazon, 2011). Fondateur des Amis et des Familles des Disparus conduisant aux occupations de l’église, à Vancouver et à Toronto, entre 2005-2010. Co-fondateur du Tribunal International contre les Crimes de l’Église et de l’État (ITCCS), à Dublin en Octobre 2009, avec six autres organisations, dont il est le Secrétaire.

Pour autant, quelques semaines auparavant, le Pape François 1er, Jorge Bergoglio, a confirmé le 11 juillet 2013 le " statut criminel " de son église par l’établissement de nouvelles règlementations ecclésiastiques qui, bien que censées lutter contre les dérives pédophiles des membres du clergé, réaffirment l’existence du Droit Canon qui protège les violeurs d’enfants de leurs sollicitations criminelles des règles du droit commun. Elles participent d’une certaine manière à supprimer les preuves de viols d’enfants et de trafic avec leur église, et en menaçant de punition ceux qui révèlent de telles preuves.

Selon ces observations et ces règlementations, le pape François ordonne à ses fidèles de contrevenir à la loi tant internationale que de leur propre pays, en en violant les lois de protection de l’enfant et en sapant le travail des autorités judiciaires. Autrement dit, le pape facilite non seulement le viol international d’enfants et de trafic humain, mais dirige une conspiration de nature criminelle contre la souveraineté d’autres États et de la loi des nations. Selon la loi internationale, de telles actions équivalent à un acte de guerre, ses responsables étant déclarés alors légalement ennemis d’une l’humanité amoureuse de la paix.

Signification pénale de l’avis du 4 août 2013

Le mandat d’arrêt délivré le jeudi 1er août 2013 par la Cour de Justice Internationale de Droit Commun à Bruxelles pour arrestation immédiate et jugement de Jorge Bergoglio pour ces crimes s’inscrit dans le fondement juridique du Droit International Coutumier. L’Église catholique romaine étant sujette à toutes les sanctions établies par la Convention des Nations Unies contre le Crime organisé Transnational (2000), ces sanctions incluent la saisie de tous les fonds, propriétés et biens de l’Eglise, l’arrestation des officiels de l’Eglise et la restitution de tous les pays et bien volés détenus par l’Eglise.

En effet, des organisations criminelles désormais reconnues comme le Vatican et son église se sont déchues de leur droit à l’existence, et sont condamnées par l’humanité civilisée à être dissoutes. Non seulement leur fortune mais aussi leurs règlementations, lois et autorité sont annulés pour toujours. Et celui qui participe à des organisations ainsi mises au ban ou qui paie pour leurs activités commet un crime en étant complice avéré.

Les officiels supérieurs de l‘Église romaine, à commencer par le Pape François lui-même, sont en fait considérés comme des fugitifs de la justice, sous mandats d‘arrêts délivrés le 1er août et plus tôt le 5 Mars 2013. C’est pourquoi ces officiels de l’Église n’ont plus aucun droit ni légal, ni moral, d’allégeance ou d’obéissance à qui que ce soit. Eux et leur organisation doivent être activement désavoués et démis selon la loi.

Tout gouvernement ou agence dans le monde qui continue à reconnaître ou soutenir l’Église de Rome et ses officiels est considéré comme objectivement engagé dans un crime et également soumis aux sanctions. C’est le cas en particulier du gouvernement d’Italie, à travers ses obligations envers le Vatican sous le traité de Latran ainsi nommé.

Mais entre le texte, son esprit et son application, il y a encore une profondeur abyssale.

L’explication de la démission du pape Benoît XVI

La démission historique sans précédent de Joseph Aloisius Ratzinger fin février 2013 comme pape semble bel et bien avoir été contrainte par l’action à venir possible par un gouvernement européen qui, se basant sur la décision de la Cour Internationale de Justice de Droit Coutumier du 1er février 2013, était en mesure d’émettre un mandat d’arrêt contre lui et d’ordonner une saisie des biens publics et des richesses du Vatican, ce qu’a reconnu un document émanant de la Chancellerie vaticane.

Ce mandat d’arrêt fut d'ailleurs remis au bureau du " Saint-Siège " à Rome le vendredi 15 février 2013. Il permettait à la nation en question de détenir Joseph Ratzinger comme suspect dans un crime s’il entrait dans son territoire souverain. C’est à cet effet qu’une note diplomatique avait été remise par le gouvernement du dit pays au Secrétaire d’État du Vatican, le cardinal Tarcisio Bertone, le lundi 4 février 2013, l’informant du mandat d’arrêt imminent et invitant son bureau à s’y conformer. Si aucune réponse à cette note n’a été reçue du cardinal Bertone ou de son bureau, six jours plus tard le Pape Benoît XVI avait démissionné, ou plutôt avait été démissionné.

Dans une déclaration à l’agence Reuters, les officiels du Vatican ont annoncé que Joseph Ratzinger resterait un résident permanent du Vatican après sa démission, ceci permettant de lui offrir une protection juridique contre toute tentative de le poursuivre dans le cadre des cas d’abus sexuels dans le monde entier. Cet aveu surprenant de culpabilité de l’église est aussi un obstacle direct à la justice, ceci donnant également plus de poids aux accusations du Tribunal International et d’autres sur le fait que le Vatican a pris des dispositions avec le gouvernement italien pour protéger Joseph Ratzinger contre des poursuites pénales, en violation des lois internationales ratifiées par l’Italie. Pourtant, à l’instar des criminels de guerre nazis, le Vatican devrait savoir que si les institutions criminelles peuvent courir, elles ne peuvent éternellement se cacher, même derrière toute la richesse et le faste dans le monde.

 

La fin du messianisme

Les premiers chrétiens étaient des juifs convertis. Les textes retrouvés à Qumrân, site archéologique en Cisjordanie, montrent qu'ils étaient naturellement imprégnés du messianisme juif d'alors, celui du Ier siècle qui voit l'attente d'un Messie roi dans une perspective de royauté guerrière aux fins de délivrance de l'occupation romaine. C'est ainsi que le Document de Damas * explique que le temps actuel est l’époque du mal, et que la venue du Messie causera sa disparition suivie par un retour conquérant au Pays enfin purifié de la présence des impies.

Les judéo-chrétiens ont baigné dans cette ambiance de fin du monde, qu’ils croyaient imminente. Le Messie ne revenant toujours pas, et Jérusalem étant devenue sous Hadrien une cité grecque, la deuxième génération va alors orienter son espérance vers la fin du monde, attendant la venue sur terre d’une Jérusalem céleste et non plus terrestre. Le Christ-Messie y trône en son centre, les nations marchant vers sa lumière et les rois de la terre se prosternant devant elle. Seuls ceux " qui sont inscrits dans le livre " peuvent y pénétrer, afin de régner avec le Messie pour l’éternité.

C'est dans ce messianisme que les Pères fondateurs de l’Église catholique romaine puiseront leur vision, celle d'un monde mauvais appelé à disparaître dans un déluge de feu et de violence. Hormis les bons chrétiens, les autres sont promis au feu éternel. Et en attendant l’apocalypse finale, les chrétiens sur terre doivent s’y préparer spirituellement. Le christianisme devenu en 392 religion d’État, dominante dans un empire romain vacillant, l’Église chrétienne va alors s’identifier elle-même à la Jérusalem céleste descendue sur terre. C’est le Vatican, le pape, les prélats, le clergé, ses fastes et son culte. Certes, le Messie doit quand même revenir pour le jugement dernier, mais en entrant dans l’Église, le fidèle est sûr d’échapper à l’enfer. L’Église, société présentée comme parfaite, c’est déjà le ciel sur la terre : en faire partie, c’est prendre une option sur le paradis. Ainsi l’Église romaine catholique s’attribue une mission d’ampleur planétaire, la conquête du monde non par la violence mais par la conversion pacifique des âmes. Si en théorie la violence n’est pas le moyen privilégié de l’ambition messianique chrétienne, elle va souvent le devenir, adoptant par sa devise compelle intrare l'imposition faite aux païens d'entrer dans la Nouvelle Jérusalem. Afin qu’ils puissent échapper au jugement du Messie-Christ revenu dans la Gloire, la sainte violence (oxymoron) est le moyen de leur conversion. Là se trouve l'explication de l'absence de remord et de sentiment de culpabilité devant les génocides (indiens par exemple) comme de l’anéantissement de cultures et de civilisations entières. Il en sera de même avec les crimes de l’Inquisition. En brûlant vif un corps pendant quelques minutes, n'évitait-on pas à l'âme de brûler pour l’éternité ...

* Le Document de Damas est le nom donné à un des textes des Manuscrits de la mer Morte, trouvé dans les grottes de Qumrân. Rédigé en hébreu, il traite de la persécution des membres du mouvement du Yahad, que certains spécialistes ont identifiés aux Esséniens, chassés de Jérusalem au " Pays de Damas " au cours du Ier ou IIe siècle av. J.-C..

Traduction opérationnelle et dérives sectaires

Tout naturellement, les “ Croisades ” des chrétiens du Moyen-Âge comportent une composante messianique, qu’il s’agît de la “ croisade des pauvres “ (1095-1096) sous la direction de prédicateurs enflammés tels Pierre l’Ermite ou Gautier-sans-Avoir, ou de la “ croisade des enfants “ (1212) menée par Étienne de Cloyes et Nicolas de Cologne, ou encore de la révolte des Pastoureaux (1250) qui vit des pauvres, sous la direction de Jacques de Hongrie, s’en prendre aux nobles, aux églises, aux clercs et aux Juifs, qu’ils rendaient responsables de l’échec de Saint-Louis à Damiette. Ce messianisme se prolonge jusqu’à la fin du Moyen-Âge, avec un centre particulièrement actif, l’Italie, où proliférèrent les sectes influencées par les écrits eschatologiques de Joachim de Flore (circa 1132-circa 1202), un moine cistercien. Fondateur du monastère de Saint-Jean de la Fleur, il crée un ordre nouveau agréé par le pape Célestin III en 1196, suscitant une remise en cause de l’Église institutionnelle, jugée trop engagée dans la vie politique et trop riche. De même les Apostoliques de Gherardo Segarelli (1260-1300), auxquels succédèrent les Frères et Sœurs Apôtres de Fra Dolcino (1300-1307). Ce dernier mouvement cumule tous les aspects du millénarisme : la dimension religieuse, avec le prophétisme (la disparition du clergé indigne est prévue pour 1305) et l’affirmation que la secte constitue la seule authentique Église de Dieu ; la revendication sociale, avec l’incitation au respect de la pauvreté absolue, la dénonciation de l’Église officielle entrée en décadence sous le pontificat de Sylvestre Ier (314-335, accusé d’avoir renoncé à la pauvreté) ou la contestation du régime féodal ; l’implication politique, par le soutien apporté à l’empereur Frédéric II Hohenstaufen contre le pape Clément V, dans le cadre de la lutte entre le Sacerdoce et l’Empire ; l’action militaire, puisqu’une croisade fut déclenchée contre le mouvement et qu’il fallut trois ans pour le vaincre.

Plusieurs révoltes populaires médiévales revêtirent un caractère millénariste : influence de Wycliff (1320-1384) et de ses “ pauvres prêtres “ sur les Travailleurs anglais en 1381 puis sur le courant des Lollards (1382-1530), de Jean Hus (1369-1415) sur une partie des insurgés de Bohême (1419-1485). Parmi ces derniers, en abolissant les hiérarchies et en renonçant aux richesses, les Taborites entendaient retrouver une sorte de paradis originel. Mais pour survivre, ils pillaient les villages voisins. Il semble exister un lien entre une religiosité exacerbée (assortie d’une assez grande ignorance des Écritures Saintes), une hostilité marquée aux changements économiques et sociaux intervenus au XIII° siècle (urbanisation, développement du commerce et de l’artisanat) et l’affermissement de l’État (fiscalité plus contraignante). Les adeptes ne revendiquaient pas une société nouvelle, mais le retour à des temps antérieurs, voire originels, réputés heureux.

L’abbé calabrais Joachim de Flore annonçait la venue de l’Antéchrist pour 1260, après de complexes calculs. Cette arrivée était le préalable à l’avènement du règne de l’Esprit, âge adulte de l’humanité car il procèderait à la fois du Père et du Fils et assurerait leur totale unité. Caractérisé par la pratique généralisée de la charité, il précéderait la fin du monde. Pour advenir, il s’appuierait sur l’autorité royale et impériale, considérée comme l’instrument de l’Esprit. De tels raisonnements se prêtaient particulièrement bien à une utilisation politique. Ainsi, un instrument politique nouveau s’épanouit au XIV° siècle : la prophétie politique. Elle permettait, notamment, de dénigrer ou de valoriser tel ou tel prince en le présentant soit comme l’Antéchrist, soit comme le souverain qui accompagnerait l’instaurateur du règne de la paix et du bonheur. Cette pratique perdura jusqu’à nos jours. Elle fournit un des arguments développés par les tenants du régicide durant les Guerres de religion (1562-1598) en France, par exemple.

Cf. Patrice Gourdin, Manuel de géopolitique.

Grâce à sa (quasi) totale absence de scrupules, l’Église, propulsée en avant par la force de son idéal messianique proclamé, va connaître une expansion remarquable. Malgré les révolutions européennes, elle est en position de force ou de monopole dans tout l’Occident et ses satellites au début du XX° siècle. Mais cette position est plus d'apparence que réelle. Essoufflée, dévitalisée par la corruption endémique d'une partie de ses élites et son propre désordre intérieur, et surtout ne correspondant plus à l'évolution d'une conscience de plus en plus individuelle *,  elle perd ses convictions, et son élan messianique s’éteint en l’espace d’une génération. Elle disparaît de la scène politique de l’Occident, puis de sa sphère culturelle, quoi qu'en pensent ses zélateurs aveuglément formatés. Comme si elle n’avait plus rien à lui offrir, l’Europe se détourne d’elle. Pour la première fois depuis 17 siècles, les dirigeants européens proclament en 2004 lors de l'adhésion de huit pays candidats d'Europe centrale et d'Europe de l'Est qu’ils ne se reconnaissent plus dans le christianisme, même si nombre d'entre eux tentent depuis de faire graver dans le marbre constitutionnel ses racines chrétiennes. C'est la fin d’un cycle civilisationnel, comme tant d'autres précédemment : Égypte, Sumer, Assyrie, Incas et Mayas, Chine ancienne. Les civilisations sont aussi mortelles... Privé de son messianisme même mensonger, l'Occident chrétien n’est plus qu’une entreprise de conquête commerciale, l’Europe se cherchant désespérément une identité pour le XXI° siècle. Et quand une civilisation ne se croit plus vraiment destinée à sauver le monde, seule capable de le faire, quand elle n’a plus les moyens de cette ambition, elle disparaît et entre dans les musées de l’Histoire.

* La fin du XIX° et le début du XX° siècle voient la création et la montée en puissance de la branche scientifique en charge de l'étude du psychisme humain, qui remplace l’Église et la philosophie dans l'aide au processus d'individuation des personnes, dans un monde marqué par la révolution industrielle, l'organisation nouvelle du travail, le rapport à la consommation et au développement de soi (loisirs).

 

" Car mon peuple a commis un double péché : Ils M'ont abandonné, Moi qui suis une source d'eau vive, pour se creuser des citernes, des citernes crevassées, qui ne retiennent pas l'eau. "

Jérémie (2 : 13)

 

" Mon peuple est détruit, parce qu'il lui manque la connaissance. Puisque tu as rejeté la connaissance, Je te rejetterai, et tu seras dépouillé de mon sacerdoce ; puisque tu as oublié la loi de ton Dieu, J'oublierai aussi tes enfants. "

Osée (4 : 6)

 

 

La monarchie papale, son caractère électif, son népotisme, le flou de ses frontières entre fiscalité d’État et fiscalité spirituelle, font de l’Église romaine un modèle exemplaire de mauvais gouvernement, caractérisé par l’ambition d’une grande partie de ses élites cardinales, l’avarice et le goût du luxe. De ce paradoxe pour des individus ayant fait profession d’une vie soumise au "Père" créateur découle le malaise ressenti depuis l’origine à l’encontre de cette Institution. En fait, l’Église de la Contre-Réforme proclamée n’a jamais abandonné ses vices mensongers initiaux, dissimulés selon la norme habile jésuite Si non caste, tamen caute (" Si ce n’est pas chastement, au moins avec circonspection ").

Son histoire n’est qu’une longue suite de déliquescences masquées par l’élan sans cesse proclamé vers la charité chrétienne. Face au traumatisme de la Réforme, le Saint-Siège aurait pu choisir de nettoyer en profondeur ses écuries. Tout au contraire, il choisit la radicalité et la répression, refusant d’abandonner son pouvoir politique pour porter haut une spiritualité plus profonde. Ceci n’entraîna pas seulement les bûchers des hérétiques et sorcières, mais le maintien à l’écart de la libre pensée, de la recherche philosophique, des découvertes scientifiques. Ce ne sont ni plus ni moins que les méthodes d’un régime autoritaire, ayant existé dans les temps anciens comme dans les dictatures modernes.

Le visionnaire Nicolas Machiavel écrivait déjà à son époque que la présence de l’Église participe de la fracture d’un pays, rendant au final les individus sans religion et méchants. D’aucuns diraient qu’elle n’est que la paillasse malodorante et souillée préparatoire à la venue de l’Antéchrist *…

* Cf. Prophétie du changement.

 

 

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