Les publications en ligne font l'objet de constantes mises à jour et nouveaux enrichissements. Il va de soi qu'elles n'engagent que leur auteur dans le choix des sources et le fruit de ses imagination et réflexion.

 

 

Le modèle européen décodé (2)              L’Idéologie mondialiste

"Le monde est gouverné par tout à fait d’autres personnages que ne se l’imaginent ceux qui ne se trouvent pas derrière les coulisses."

Benjamin Disraeli, homme politique britannique (1804/1881) – Coningsby (1834)

 

 

L’Union européenne s’inscrit dans un mouvement qualifié de mondialisme, soit la tendance vers une " communauté unique " des peuples à partir d’une doctrine visant à réaliser l'unité politique des peuples du monde. Cette définition est ambiguë, car elle ne précise pas clairement si on parle d’une communauté de communautés ou d’une communauté unique globale *. De ce fait, la notion de gouvernement mondial peut prendre une teneur différente suivant l’une ou autre conception.

Cette approche des problèmes politiques dans une optique mondiale est en phase avec l’air du temps. La montée en puissance du niveau général éducatif, tout particulièrement grâce à l'accès facilité de l'information par les différents supports connectés, contribue à élargir naturellement et spontanément le champ d’horizon pour les individus, entraînant une augmentation des flux migratoires et par là-même du métissage racial et culturel. L’évolution technologique permet la mondialisation des flux d’une information accessible à tout instant, à tout endroit.

Cette " pré conscience " spontanée de la globalité est renforcée par le développement du libre-échange économique, qui s’accompagne d’infrastructures institutionnelles permettant les règles du jeu et de fonctionnement des structures organisationnelles économiques à caractère multinational concernées. Il débouche par sa nature même à accroître mécaniquement le niveau d’inégalités par les avantages compétitifs constitués bénéficiant aux plus forts, en fait les moins égalitaires. On peut le regretter, mais l’état actuel de la conscience humaine ne peut produire que ce dont elle est capable.

* Cf. Globalisation, ou le politiquement correct de la mondialisation.

Traduction immobilière

Pour acheter un 75 m² à Paris en 2019, c’est 10 000 euros de revenus mensuels minimum * … autant dire que la capitale française va concentrer de plus en plus de foyers " riches " et conduire à exclure systématiquement les classes moyennes qui n’ont plus du tout les moyens de suivre. Ce mouvement social de luxe est en fait très logique. Avec la mondialisation s’est créée une caste de dirigeants et de cadres nécessaires à son orchestration. Cette " caste " peut vivre à Paris, à New-York ou à Londres. Elle gagne beaucoup d’argent. Il en découle que les prix immobiliers dans les grandes métropoles continuent à monter, en étant totalement décorrélés des économies nationales de chaque pays concerné. Il y a l’immobilier de Londres… et le reste du Royaume-Uni ; l’immobilier de New-York et le reste des États-Unis ; l’immobilier parisien et le reste de la France. D’un côté une petite caste de mondialistes et européistes qui n’a jamais aussi bien vécu, et de l’autre… une France de Gilets jaunes, comme une Amérique de " trumpistes " ou une Angleterre de " Brexiters ".

* La hausse des prix à Paris a été compensée ces dernières années par des taux bas et un allongement de la durée des prêts. En 2018, la durée moyenne d’un prêt dans la capitale était de 22 ans et 4 mois, soit un allongement de 10 mois sur un an. Si les banques sont conduites à ne plus accorder de prêts aussi longs, l'accès à la propriété pourrait alors être réservé à une élite encore plus restreinte ...

A ce mouvement naturel générant la montée en puissance du mondialisme s’ajoute une indispensable approche événementielle, qui sous les angles historique et géopolitique permet d’établir d’autres fondements à sa nature. L’histoire étant écrite par ses acteurs, la dimension " mystique " est incontournable de la mise en œuvre constatée. L’ADN européen s’inscrit dans un long passé civilisationnel *, dont les gènes ne prédisposent pas l’Union européenne à incarner la paix et la prospérité des nations rassemblées sous sa bannière étoilée, par-delà l'incantation des proclamations humanistes. C’est pourquoi sa création officielle au vingtième siècle dans l’ivresse démocratique de l’après-guerre peine à masquer sa véritable nature, en tout cas celle désirée par ses instigateurs. Le légitime débat entre mondialistes et souverainistes a été en grande partie occulté, interdisant aux peuples la compréhension profonde car factuelle du mécanisme mis en œuvre. Et leurs quelques rebuffades référendaires *² ont été écartées avec cynisme et mépris, les institutions européennes les acceptant un temps pour les oublier très vite avec des traités de remplacement, contre la volonté des peuples.

* Cf. Le modèle européen décodé (1)

Cf. Le référendum français sur le traité établissant une constitution pour l'Europe (aussi appelé traité de Rome II ou traité de Rome de 2004) eut lieu le 29 mai 2005. À la question " Approuvez-vous le projet de loi qui autorise la ratification du traité établissant une constitution pour l'Europe ? ", le " non " a recueilli 54,68 % des suffrages exprimés. Il en a été de même pour les référendums des 1er juin 2005 aux Pays-Bas et 13 juin 2008 en Irlande.

La réalité est que l’Europe en tant que continent, ensemble humain et civilisation, a été déchirée par plusieurs guerres et guerres froides à partir de 1914. Le retrait soviétique d’Europe centrale puis la dissociation de l’URSS en 1989 -1991 ont certes permis une pacification complète du continent, sans pour autant aboutir à une entente pan-européenne globale, étant donné que pour diverses raisons l’un des principaux pays européens – et le plus peuplé –, la Russie, restait à l’écart de l’entente qui s’était établie. La situation à ce jour est donc une large entente européenne, cependant partielle, et en quelque sorte viciée par l’exclusion de l’un des pays les plus importants, désigné dans l'inconscient collectif comme bouc émissaire.

Aussi la machinerie s’est mise à tourner à plein régime et, par le jeu du rapport de force et d’influence des plus forts, de leurs lobbys et réseaux, elle a révélé progressivement sa vision du monde : pouvoir des multinationales ; libéralisme financier irresponsable ; négation des identités et uniformisation, y compris des us et coutumes ancestraux. Ce dévoiement de la mondialisation, phénomène naturel d’échange et de développement entre les peuples demandant à être intelligemment structuré, a entraîné des soubresauts et réactions démocratiques, appelant à une révolution des esprits pour mettre fin à l’hydre vorace. La mystique mondialiste de ses initiateurs promoteurs n’est pas faite pour les peuples, si ce n’est une poignée d’opportunistes sans état d'âme et conscience élevée, mais contre les peuples. Il n’est pas étonnant qu’ils finissent par s’y opposer. Si la fin de l’histoire reste en l’état à écrire, un retour en arrière dans les arcanes géopolitiques de sa construction permet d’éclairer la conscience de l’observateur désireux de vérité. L’envers du miroir, tout le contraire d’un complot …

 

Du complot

La rhétorique préférée des partisans du bloc atlantiste à ses détracteurs est la théorie du complot, de la conspiration, qui serait menée, tout particulièrement à l'initiative des " Illuminati " *, et qui relèverait de la quête de sensationnalisme ou d’une fantasmagorie maladive. C’est aussi l’argument imparable utilisé par nombre de journalistes du " mainstream ", soit les grands médias d’influence quels que soient leurs supports, tous adossés à des États (service public) et de ce fait sous contrôle, ou à de grands groupes privés de nature industrielle ou financière ayant naturellement prise avec la structuration mondiale de la vie des affaires. La sacro-sainte indépendance éditoriale fait office de paravent pour laisser à penser qu’ils sont exempts de tout parti-pris, même s’ils n’hésitent pas à récuser celles et ceux qui défendent des opinions autres que le consensus toléré. Ainsi nombre d’affaires jamais élucidées ou gênantes sont qualifiées de théories du complot quand une investigation " libre " remet en cause la version officielle. La plus célèbre est l’assassinat du président états-unien John F. Kennedy le 22 novembre 1963 à Dallas, qui malgré toutes les invraisemblances démontrées, resterait l’œuvre d’un seul homme ayant, tel Rambo, réussi à déjouer un des appareils sécuritaires les plus élaborés de la planète. Chapeau bas " l’artiste " *² ! Quant aux dramatiques attentats du 21 septembre 2001 sur le World Trade Center de New York et le Pentagone à Washington, ils font l’objet d’une quasi chape de plomb pesant sur la remise en cause des conclusions de l’enquête officielle. Pourtant, jugées à l'aune de la pathocratie, système de gouvernement créé par des individus " pathologiques " dans le but de prendre le contrôle sur une société de gens normaux *³, des théories qui jusque là avaient été rabaissées au niveau de " théories du complot " peuvent être
examinées sous une nouvelle lumière, par des méthodes qui expliquent comment elles peuvent exister.

* Les " Illuminatis " seraient pour les théoriciens du complot constitués depuis le XVIII° siècle des familles les plus puissantes de la planète, les premières à avoir fait fortune par la pratique de l'usure (prêt avec intérêt) autorisé dans le judaïsme puis le protestantisme, à une période cruciale du développement mondial (la Révolution des Lumières et l'essor du commerce). Ils auraient depuis consolidé et développé leur influence à partir de cet avantage décisif, tout particulièrement en étant à la tète des plus grandes banques et des institutions majeures.

Cf. Confessions aveux de Everette Howard Hunt, Jr. (1918/2007), ex agent de la CIA et écrivain états-unien.

*³ Cf. Les psychopathes qui nous gouvernent.

 

Du vulgum pecus complotiste

En 1967, la CIA a créé le label " théories du complot " * pour attaquer de manière arbitraire toute personne qui conteste pourtant de manière légitime le récit " officiel ", compte-tenu du scepticisme récurrent et grandissant quant à celui livré pour expliquer l’assassinat du président Kennedy. Les plus récentes révélations médiatiques quant aux mensonges d’État proférés et pourtant jusqu'alors niés - guerre en Irak en 2003, création d'Al Qaïda par la CIA dans les années 80 pour combattre les soviétiques en Afghanistan, entraînement et formation de terroristes de l’État islamique par la CIA au Proche-Orient (Jordanie) ... - s'appuient sur des faits vérifiables *², même si beaucoup d'individus - les robots biologiques - préfèrent fermer les yeux, tout comme nombre de fidèles religieux quant à la révélation des pratiques dévoyées de leur église. Dans ce monde dominé par les forces entropiques, la soi-disant vérité est à regarder à l'envers, ce qui remet en perspective nombre de fondements civilisationnels comme la démocratie, le capitalisme de libre marché, la Magna Carta (Grande charte de 1215), la Constitution et la Déclaration d’indépendance ... Il n'y a pourtant aucun doute quant à la couverture dans le plus grand secret des grandes banques systémiques qui risquent ou font faillite lors des grandes turbulences des marchés financiers auxquelles elles contribuent par leurs pratiques (manipulation des cours par exemple), ce qui relève de comportements criminels. De même, il est avéré que les gouvernements dissimulent des accidents nucléaires depuis cinquante ans pour protéger l’industrie nucléaire, tout comme pour couvrir la gravité de nombreux autres accidents environnementaux.

Mais ce qui est accepté pour les uns est récusé pour les autres, le tout avec la complicité complaisante des faiseurs d'opinion médiatique qui n'hésitent pas par leur anathème complotiste à ridiculiser et à exclure de leurs plateaux les conspirationnistes jugés à risque. Comme les aveux des turpitudes commises n’apparaissent que de longues années après les événements, et qu'entretemps l'oubli du citoyen a fait son œuvre dans l'opinion citoyenne, ces " bonnes âmes " peuvent continuer à pourfendre les complotistes dérangeants pour les acteurs du système dévoyé et acoquiné. Ridiculiser toutes les théories du complot revient bel et bien à tenter de faire taire les critiques du pouvoir établi par l'Ordre délétère prévalant et ses sociopathes officiants.

* Son mémo explicatif a été produit en réponse à une demande de Freedom of Information Act par le New York Times en 1976. Il livre les méthodes et conseils appropriés, comme prétendre qu’il serait impossible à autant de gens de garder le silence sur une aussi grande conspiration,

rediriger le public vers les rapports officiels, prétendre que le témoignage oculaire n’est pas fiable, revendiquer que ce sont de vieilles nouvelles et qu’aucune nouvelle preuve significative n’a émergé, ignorer les déclarations de conspiration à moins qu’elles ne soient déjà trop actives, déclarer qu’il est irresponsable de spéculer, accuser les théoriciens d’être mariés avec leurs théories et d’en être épris, accuser les théoriciens d’être politiquement motivés, accuser les théoriciens d’avoir des intérêts financiers dans la promotion de théories du complot. Voir en complément le livre Conspiracy Theory in America de Lance DeHaven-Smith.

Si nombre de conspirations dénoncées sont incontestablement des affabulations, certaines sont bien réelles, chacune devant être jugée sur ses propres faits.

 

" Le pouvoir tend à corrompre, et le pouvoir absolu tend à corrompre absolument. "

John Emerich Edward Dalberg-Acton, dit Lord (baron) Acton (1834/1902), historien et homme politique britannique

Du rapport de force

L’état de conscience actuel de l’être humain orienté vers l’exercice du pouvoir, par ambition ou héritage, le conduit à mettre en œuvre la force et la ruse pour construire son modèle de domination, gage de survie de ses intérêts et de satisfaction de ses désirs primaires. C’est pourquoi on trouve une très large majorité de cerveaux à prédominance hémisphère gauche (froideur, insensibilité, calculateur, rationnel) à la tête des infrastructures de gouvernance, publique comme privée, et qui s’entourent en conséquence. Le rapport de force passe par la stratégie et le jeu des (contre)alliances et (contre)coalitions, qui logiquement mettent en opposition le numéro 1 (acteur le plus puissant) attaché à préserver son pouvoir par l’accroissement de sa sphère d’influence à partir d'une idéologie de puissance, et le numéro 2 - voire 3 - qui vise à le renverser par mécontentement ou désir d’être numéro 1 à la place. C’est un modèle de prédation qui se met en place spontanément, et dans lequel la paix n’est pas possible pour les très grandes puissances dominatrices. Il fait toujours des morts, au sens figuré comme propre du terme. Il en découle que la tendance à l’échelle des empires ou des blocs est inévitablement une vision mondialiste, tout simplement pour la survie de leur puissance.

Une clé d'analyse et de compréhension supplémentaire est de nature religieuse, eschatologique plus précisément, soit la façon dont les trois grandes religions du Livre - le judaïsme, le christianisme et l'islam - interprètent le message biblique pour la fin des temps. Ceci relève du " messianisme ", soit la croyance en l'arrivée d'un Messie sauveur et rédempteur. Cette clé par nature sensible ne sera pas abordée ici *, même si elle livre des explications éclairantes quant à la psychologie des acteurs concernés, leurs buts poursuivis et la stratégie politique qu'ils mettent en œuvre.

Cf. La nouvelle religion universelle & Prophétie du changement.

De l’approche eschatologique

Dans les trois grandes religions monothéistes que sont le judaïsme, le christianisme et l’islam, existe la croyance que l'univers que nous connaissons a été créé par un créateur, Dieu, et qu’il doit se terminer. Ainsi les cataclysmes, les guerres et toute sorte d’événements terrifiants qui doivent avoir lieu se retrouvent dans chacune de ces grandes traditions religieuses. Du combat final mené par les hommes contre ces forces du mal à la fin des temps naîtra un monde régénéré, d’où seront bannis les incroyants et les hérétiques.
Dans ce cadre dogmatique religieux et qui épouse moultes " subtiles " variantes, l’histoire a un sens, celui que lui donnent les hommes, les "fidèles", et tout particulièrement leurs chefs d'orchestre. Dans la mesure où 80% des habitants de la planète croient à partir d'un dogme religieux, tout particulièrement lié à la Bible, l’eschatologie permet de comprendre le pourquoi des tensions entre communautés religieuses, pourquoi aux États-Unis des millions de chrétiens évangéliques sont les plus fervents partisans de l’État d’Israël, pourquoi les musulmans sont aujourd’hui leurs ennemis les plus acharnés, pourquoi le triomphe de l’idéologie mondialiste matérialiste, pourquoi le long déclin de l’Église catholique et la crise morale que traverse l’Occident ...  L'artificiel parti-pris dogmatique conçu à ses origines par leurs roués initiateurs crée depuis une irréconciliable paix civilisationnelle : les chrétiens adorent Jésus comme s’il était Dieu par le concept de la Trinité ; les musulmans reconnaissent Jésus comme un prophète, le " Mahdi " guidé par Dieu ; les juifs, dans le Talmud, ne reconnaissent pas le Christ Jésus et considèrent qu’il est le fils d’une prostituée et d’un soldat romain. Chaque interprétation de la fin des temps est conçue sur cette base, et explique l'orchestration des forces pour le salut du monde. Ainsi, contrairement aux chrétiens et aux musulmans, les juifs ne font pas de prosélytisme, n’essayant pas de convertir le reste de l’humanité et gardant leur système de valeurs pour eux seuls. L'état actuel de notre monde repose sur des croyances telles qu'il ne peut que se traduire par de profondes déchirures. Tant que leur nettoyage de la psyché, soit le conscient et l'inconscient, n'est pas réalisé, les êtres humains ne pourront trouver la paix, intérieure d'abord, extérieure ensuite par effet-miroir.

Cf. " La guerre eschatologique ; la fin du monde dans les grandes religions " , Hervé Ryssen, Baskerville, 2013.

 

Une montée en puissance progressive

La fin décadente de l’Empire romain marque une recomposition progressive de l’Occident par des États-nations ou de nouveaux empires d’influence géographique, avec comme fil conducteur les familles royales aux commandes. Par le jeu des alliances du sang, elles vont constituer et perpétuer l’orchestration de la conduite des peuples au service de leurs intérêts, le monarque sur le trône pouvant cependant être parfois suffisamment éclairé pour s’attacher à respecter la filiation qu’il incarne par l’octroi divin dont il se prévaut. Parmi les différentes briques qui vont au fil du temps contribuer à l’édification de l’idéologie mondialiste, cinq présentent une importance de tout premier ordre.

 

Les templiers précurseurs

L'ordre du Temple est un ordre religieux et militaire issu de la chevalerie chrétienne du Moyen Âge, fondé par Hugues de Payns et huit autres Chevaliers en 1120 avec l'accord du roi chrétien de Jérusalem Baudoin II (1060/1131), en son palais situé sur l'ancien site du temple d'Hérode. Ses membres sont appelés les Templiers. Il répondait à l'appel pape Urbain II lancé en 1095 de la délivrance de Jérusalem. Il est officialisé à l'occasion du concile de Troyes en 1129 à partir d'une milice appelée les Pauvres Chevaliers du Christ et du Temple de Salomon (pauperes commilitones Christi), qui empruntent leur devise au psaume 115 de la Bible : Non nobis Domine, non nobis, sed nomini tuo da gloriam (" Non pour nous, Seigneur, non pour nous, mais pour la gloire de Ton Nom "). Il se consacre pendant les XII° et XIII° siècles à l'accompagnement et à la protection des pèlerins pour Jérusalem *, dans le contexte de la guerre sainte et des croisades, et participe activement aux batailles qui eurent lieu.Les Templiers, outre les trois vœux traditionnels des moines catholiques, en rajoutent un quatrième, servir avec les armes Jésus dit le Christ. C'est la conciliation de l'inconciliable, en l'occurrence l'introduction du concept de " guerre sainte ", qui sera également appliqué par l'Islam avec le jihad. Ce bouclier idéologique conçu par Bernard de Clairvaux devient la base juridique des croisades, ayant pour but de délivrer les Lieux saints des infidèles les occupant tout en masquant les finalités politiques et économiques considérables de ces expéditions derrière l'abri inattaquable de la foi.

Afin de mener à bien ses missions et notamment d'en assurer le financement, il constitue à travers l'Europe chrétienne d'Occident, à partir de dons fonciers comme d'une dîme papale octroyée sur la prise en charge du transfert de fonds, un réseau de monastères appelés commanderies. Cette activité soutenue fait de l'ordre un interlocuteur financier privilégié des puissances aristocratiques et de noblesse de l'époque, le menant même à effectuer des transactions sans but lucratif avec certains rois ou à avoir la garde de trésors royaux.

Ainsi, en l’an 1200, plus de dix mille commanderies templières sont implantées dans toute l’Europe, complémentaires aux autres ordres de chevalerie existants comme les Chevaliers de Saint-Jean ou les Chevaliers de Rhodes à Malte, ancêtres de l'ordre souverain militaire contemporain éponyme . Ces chevaliers iconoclastes, s'interdisant tout commerce avec les femmes (mulier instrumentum diaboli - " la femme est l'instrument du diable "), prônent des valeurs humaines conçues autour du triptyque Fraternité, Égalité et Liberté, ce qui tranche singulièrement avec le fonctionnement établi du pouvoir temporel, la royauté, et de son pendant spirituel, l’Église. Qui plus est, sa structure de fonctionnement en réseau est redoutablement efficace, et son pouvoir financier conséquent. Aussi la vision exprimée pour les peuples d’Europe d’un projet de société novateur avec, au passage, la vision économique qui s’y prête, finissent par inquiéter les autorités institutionnelles prégnantes.

Le 13 octobre 1307, Philippe Le Bel roi de France fait arrêter les chevaliers de l’Ordre du Temple, déjà affaibli par la perte de Saint-Jean-d'Acre et d'un nombre conséquent de chevaliers, avec l’appui contraint de l’Église - elle leur avait depuis 1139 accordé une protection papale particulière par la bulle Omne datum optimum - et de son représentant, le pape Clément V, soucieux de ne pas froisser le colérique Philippe le Bel avec lequel l’Église romaine est en conflit. Après la mort au bûcher de leur représentant, Jacques de Molay, le dernier grand Maître, les Templiers survivants s’exilent dès 1314 dans toute l’Europe, notamment en Écosse, Angleterre et Suisse, puis au XV° siècle vers les " Amériques ", soit les terres qui vont devenir les États-Unis. Si le grand projet d'une Europe unifiée, monde nouveau édifié sur des valeurs plaçant l’Homme au cœur de la société, est passé aux oubliettes, les germes ont été semés, et n'auront de cesse d'agiter la pensée, tout particulièrement dans les cercles ésotériques dissimulés, roses-croix et francs-maçons.

* La règle donnée lors du Concile de Troyes officialisant l’existence de l’Ordre régit tout sauf de la défense des pèlerins ...

Cf. Complément dans La nouvelle religion universelle.

Avec les Amériques, les " néo-Templiers " et leurs cousins issus des loges maçonniques qui les rejoignent progressivement participent à l’édification de ce Nouveau Monde sur cette nouvelle Terre, installant la démocratie américaine. Avec Benjamin Franklin à la tête du Congrès et George Washington chef des armées est établie la Constitution américaine en 1787, la symbolique ésotérique propre à des ordres et réseaux initiatiques se retrouvant estampillée aussi bien sur le plan architectural que sur la monnaie scripturale.

 

Le Saint-Empire romain germanique

Il constitue un regroupement politique de terres d’Europe occidentale et centrale au Moyen Âge, dirigé par un Empereur dit des Romains. Fondé le 2 février 962, il prendra fin le 6 août 1806 avec sa suppression par Napoléon. Cet Empire se considère par ses représentants comme le continuateur légitime de l’Empire d’Occident des Carolingiens, la souche de Charlemagne, mais également de l’Empire romain (Sacrum Imperium Romanum). L’adjectif Saint n’apparaît que sous le règne de Frédéric Barberousse (attesté en 1157) pour légitimer le pouvoir de manière divine. Il fut également appelé du XVIe au XVIIIe siècle Saint-Empire romain de la nation teutonique (nationis Teutonicae) dans sa volonté d’identification à l'Allemagne (Prusse).

L'étendue et les frontières du Saint-Empire ont considérablement évolué au cours des siècles. Au temps de sa plus grande extension, l'Empire comprend presque tout le territoire de l'actuelle Europe centrale, des Pays-Bas, de la Belgique, du Luxembourg, de la Suisse ainsi que des parties de la France et de l'Italie. Son histoire et sa civilisation sont donc un héritage partagé par de nombreux États européens actuels.

L'Occident va alors traverser une période de crise économique, démographique et sanitaire majeure, qui entraîne un fort courant de réformes de nature politique et spirituelle, dont l'apparition de courants contestataires au sein de l'Église qui aboutisse au grand schisme et à la Réforme protestante

En 1437, la dignité royale va passer entre les mains de la lignée des Habsbourg * jusqu'à la fin du Saint-Empire, avec des empereurs tels Frédéric III, Maximilien Ier et Charles Quint, qui mettent en place un système de règles plus précis et une structure institutionnelle avec les différents états impériaux qui le composent. C’est la formation de la Diète d'Empire, forum central de la vie politique de l'Empire. Cependant, elle sera insuffisante pour assurer une puissante ossature dans sa rivalité avec les monarchies française et espagnole d’obédience catholique, les traités de Westphalie se montrant particulièrement destructeurs de la toute puissance impériale recherchée. De même, le conflit entre l’Autriche et la Prusse participera de son affaiblissement jusqu’à la fin du Saint-Empire, vaincu par la toute-puissance napoléonienne en 1806.

* Leur famille a donné des empereurs et ducs d’Autriche, des rois d’Allemagne et de Hongrie, des rois d’Espagne et du Portugal, des rois de Bohême, des grands-ducs de Toscane, et même un empereur du Mexique. Otto von Habsbourg, né en 1912, a dirigé le Mouvement paneuropéen créé en 1926, et milité pour un chef d’État européen élu à vie, à l’exemple du chef de l’Ordre des Jésuites…

Si le " modèle " finit par échouer, il demeure une référence dans la structuration macro de l’espace moderne, certes pour l'essentiel à partir de traditions et d'exercices de normes juridiques et fondements juridiques écrits comme non écrits portant sur l'idée, la forme, la construction, les compétences, l'action de l'Empire et de ses membres. Cette faiblesse structurelle, non construite selon les règles de l’art, explique l’échec. Toutefois, le bénéfice de l’expérience est incontestable pour l’élite au sommet par la puissance économique marchande qui se dégage. Elle va être prolongée par les décideurs suivants, avec comme point de départ la Confédération germanique qui se met en place après le Congrès de Vienne de 1815, d’abord sous la houlette de l’Autriche, et qui aboutira progressivement au rêve de grandeur du " Reich " au vingtième siècle.

 

Le tentaculaire Gouvernement de sa Majesté

Le rôle éminemment important de la puissance financière et aristocratique anglo-saxonne a démarré suite à l’instauration de la "Grande Charte " du 15 juin 1215. Après la défaite du roi Jean Sans Terre d’Angleterre, le 27 juillet 1214 à Bouvines face au roi de France Philippe Auguste, les barons anglais ont arraché des privilèges politiques et financiers. Désormais, la couronne britannique est obligée de composer et de collaborer avec une caste qui allie force, puissance financière et ambitions commerciales.  Dès cette époque, cette élite avide, revendicatrice et orgueilleuse, agit par l’intermédiaire de groupes de pressions* (ou lobbies) qui exercent des pressions sur le pouvoir politique. Ce dernier dépendant largement d’appuis et de monnaie sonnante et trébuchante pour son maintien au pouvoir, est alors dans l’obligation absolue de tenir compte des avis et des conseils émanant de cette caste ...

* Ainsi les London Staplers, les London Mercers Company ou la British East India Company.

L'Empire britannique ou Empire colonial britannique était un ensemble territorial composé des dominions, colonies, protectorats, mandats et autres territoires gouvernés ou administrés par le Royaume-Uni. Il trouve son origine dans les colonies outre-mer et les comptoirs commerciaux établis par l'Angleterre à la fin du XVIe et début du XVIIe siècle en Amérique et en Asie, envieux des richesses procurées par leurs colonies à l’Espagne et au Portugal, nations portées par l’universalisme catholique. À son apogée, il était le plus grand empire de l'histoire et la première puissance mondiale, rassemblant un quart de la population mondiale, soit environ 458 millions d'habitants, et s'étendant sur près de 33 millions de km². En conséquence, son héritage politique, linguistique et culturel est colossal.

L’Empire britannique assoit ses fondations par la domination globale de l’Angleterre sur la Hollande à travers plusieurs guerres menées essentiellement sur mer, qui avaient pour principal enjeu la maîtrise des grandes routes commerciales maritimes sur lesquelles la Hollande exerçait alors une nette domination. Ceci concrétise également la victoire de l’Europe du Nord sur celle du Sud avec le déclin des Empires espagnol et portugais établis au cours de l'Âge des découvertes aux XVe et XVIe siècles, et qui, endormis sur leurs richesses, n’ont pas su trouver une substitution productive à l’extinction de leurs mines de métaux précieux. Comme souvent dans l’histoire des empires, la mort vient de l’excès de richesses…

L’Empire britannique va s’imposer à partir de 1640, avec la faillite de la maison monarchique Stuart (dynastie), trop pauvre face à la montée en puissance de la nouvelle classe possédante, les marchands, très représentée au Parlement. La guerre civile voit le Parlement s’emparer du pouvoir contre le Roi Charles 1er considéré comme trop proche des Catholiques. C’est l’avènement d’Oliver Cromwell (1599/1658), qui utilise le protestantisme pour détruire le système idéologique " papiste " de l’ancienne classe dirigeante et, surtout, se saisir des biens de l’Église, ce qui permet de contrer les hollandais et leurs taux d’intérêt jusqu’alors plus favorables pour le financement de leurs entreprises marchandes. Les gènes sont instillés : argent et taux d’intérêt. Après cette parenthèse et le retour de la monarchie, la Glorieuse Révolution de 1688 met fin à l’absolutisme et consacre la victoire de l’esprit marchand du Parlement pour conduire les intérêts de l’Empire. La Banque d’Angleterre est créée en 1694, sous contrôle du Parlement et par là-même des classes marchandes dirigeantes. Elle émet des effets de commerce négociables (créance d’argent sous forme de titre au porteur), ce qui permet le financement du marché par son adossement à la dette publique. Puis elle s’assure du monopole sur l’émission des billets de banque, toujours renvoyant à la dette publique. La substance du rayonnement international est alors définitivement constituée. L’Empire britannique est devenu un empire du crédit, qui incorpore l’espérance de gains dans les colonies et autres territoires sous contrôle dans le crédit finançant les entreprises marchandes. Ceci ne marchant que par une croissance constante, la conquête impérialiste continue est indispensable pour éviter la banqueroute. C'est le fondement de toutes les bulles spéculatives, que les guerres et conflits masquent pour ne pas en révéler l'imposture.

Si la perte de treize États en Amérique du Nord en 1783 après la Guerre d'indépendance des États-Unis prive la Grande-Bretagne de ses plus anciennes et de ses plus prospères colonies, son attention se tourne vers l'Afrique, l'Asie et le Pacifique. À la suite de la défaite de la France napoléonienne en 1815, le Gouvernement de Sa Majesté* (Her/His Majesty's Government), n'ayant plus de rival sur mer, connait un siècle de domination culturelle et marchande sans partage, étendant ses possessions tout autour du monde. Elle accorde des degrés divers d'autonomie aux colonies blanches dont certains deviennent des dominions, soit des États indépendants mais pas totalement souverains (Afrique du Sud, Canada, Australie, Nouvelle-Zélande, Inde…). Ils forment les royaumes du Commonwealth.

* Terme à l'origine uniquement utilisé par le gouvernement impérial à Londres, avant d’être étendu aux gouvernements du Royaume-Uni et des Dominions pour différencier les juridictions indépendantes. Il n'est désormais plus employé que pour des circonstances officielles et formelles.

Cette culture empirique de puissance financière dominante, à partir d’un système protectionniste maîtrisé par la sphère publique, permet à l’univers anglo-saxon d'orchestrer les arcanes d’un jeu désormais mondial du libre-échange économique et humain. L’argent n’ayant pas d’odeur, si ce n’est l’ivresse des sens procurée à ses adorateurs, il devient à grande échelle l’arme de la stratégie géopolitique, bénéficiant aux puissances dominantes dans le rapport de forces. Il s’avérera déterminant dans le financement des guerres et des conflits à grande échelle qui marqueront le vingtième siècle.

A cette incontestable réussite de la culture marchande et financière, destinée à servir et à défendre les intérêts de la classe supérieure, l’Empire britannique innove de manière subtile et perverse en fabriquant une idéologie des droits de l’homme, bien servi à l’origine par l'apport du réseau des loges maçonniques organisé par la grande loge de Londres * au XVIII° siècle, dérivé de la Confrérie des Roses-Croix et des Templiers. Cette idéologie n’est pas là pour s’appliquer, mais pour exercer une influence visant à cautionner le système et le protéger. Ce n’est qu’un outil, un prétexte, celui d'un droit d’ingérence qui n'a d'autre but que la défense du système de coalition établi autour du plus fort. A l’inverse d’un Royaume de France s’étant attaché à rester la fille aînée de l’Église, au service de sa vocation œcuménique civilisationnelle, l’Empire britannique n’a pas hésité à changer d’idéologie au gré de ses intérêts marchands. Protestantisme ou anglicanisme n’étaient que des circonstances, des variables d’ajustement nécessaires et opportunes …

Le 24 juin 1717, jour de la Saint-Jean-Baptiste, quatre loges de Londres se réunirent dans une taverne où elles avaient l'habitude de tenir leurs " travaux ". Elles créent la Grande Loge de Londres et de Westminster. C'est également l'acte de naissance de la Franc-Maçonnerie moderne, dite spéculative. A partir de 1719, sous l'impulsion de  Jean-Théophile Désaguliers, Grand Maître de la Grande Loge de Londres et membre de la Royal Society (il est le principal collaborateur d'Isaac Newton), intellectuels, philosophes, scientifiques, nobles, intègrent massivement les loges.

Les prémisses philosophiques du Nouvel Ordre Mondial scientiste

Au 17ème siècle, le philosophe anglais Sir Francis Bacon (1561/1626) créa une société secrète nommée les "Chevaliers du Casque ", dédiée à la déesse mythologique grecque Pallas Athéna. Celle-ci portait en effet un casque brillant, représentant l’invisibilité, ainsi qu'une lance *. Il aurait eu accès aux connaissances secrètes des derniers Chevaliers du Temple (les Templiers) en tant que descendant présumé de la famille des Seigneurs de Molay. Francis Bacon fut l’auteur de Novum Organum (La Méthode nouvelle) en 1620, qui décrit un gouvernement idéal, une Nouvelle Atlantide. Il semble avoir prévu les États-unis modernes. Il avait formé un système philosophique où les sciences étaient placées en ordre pyramidal, avec une Loi Unique à l’apex (au sommet). 

Pour le scientifique et auteur anglais Rupert Sheldrake dans son livre The rebirth of nature (L’âme de la nature), Francis Bacon faisait partie de ceux qui cherchaient à " dominer la nature ". Disposant des qualités et de l’ambition nécessaires pour atteindre le sommet de la hiérarchie judiciaire anglaise, soit le poste de Lord Chancelier, il lui fallait promouvoir sa vision d’une maîtrise de la nature en réfutant les arguments de ceux qui estimaient " satanique " un tel objectif. Il y investit ses dons d’argumentation hors du commun, pour convaincre que la clé donnant accès à cette ère nouvelle de puissance sur la nature résidait dans la recherche organisée. Sa New Atlantis, Atlantis nova (Nouvelle Atlantide) en 1624 est ainsi une utopie technocratique dans laquelle il décrit un " clergé scientifique " qui prend des décisions pour le bien de l’État en tant qu’entité, et tranche également la question de savoir quels sont, parmi les secrets de la nature, ceux qui doivent demeurer celés. On trouve dans son prototype d’institut de recherche la Maison de Salomon, une série de laboratoires et d’environnements artificiels permettant de remodeler la nature en vue de la contrôler. Bacon prédisait avec une étonnante perspicacité ce que pourrait faire la science, une fois institutionnalisée : ainsi, on pouvait provoquer, pour les étudier, des tempêtes artificielles en recourant à " des dispositifs multipliant et amplifiant les vents ". Il fallait créer de nouvelles formes animales et végétales, tandis que celles qui existaient devaient être manipulées expérimentalement. La Nouvelle Atlantide renfermait des pars, des enclos et des volières où les animaux étaient élevés à des fins expérimentales … ". Vision prémonitoire, puisque quelques siècles plus tard nous sommes bel et bien dans cette société scientiste mortifère basée sur l'égo, le ferment de la civilisation " moderne ", ou plutôt contemporaine ...

* Il y a un lien bien connu entre Francis Bacon et le poète dramaturge William Shakespeare (1564/1616). Le nom de " Shakespeare " renvoie en effet à la Lance des initiés, celle d’Athéna (" the Shaker of the Spear "). Francis Bacon aurait d’ailleurs fait partie des Rose-Croix.

 

La doctrinaire révolution

Doctrinaire : nom donné à des hommes politiques qui s’opposent de façon systématique et bornée à la fois au principe de la souveraineté du peuple et à sa structuration institutionnelle.

Le 21 janvier 1793, Louis XVI Roi de France, lieutenant du Christ par le caractère divin octroyé à la Monarchie selon une longue tradition, est décapité. Son sang sera aspergé sur la foule, comme le rituel d’un baptême satanique. Par la manœuvre de quelques centaines de personnes au départ, qui se sont attachés à étendre des incidents au pays tout entier jusqu’à la guerre civile, la Monarchie s’effondre comme un jeu de cartes. La Révolution dite des Lumières peut sacraliser son credo libertaire et conduire son " nouvel homme " à l’autel de sa gloire.

La nouvelle Constituante républicaine peut désormais façonner par son formatage idéologique intensif sa nouvelle histoire laïcarde, pour convaincre le bon peuple de la " noblesse " de son action et de ses indispensables sacrifices. Sujet tabou par excellence, il faudra attendre beaucoup de temps, le recul de l’Histoire étant toujours instructif, pour lever le voile sur l’Idole révolutionnaire et sa véritable nature, fruit d’un complot orchestré par des esprits sectaires au bénéfice de la bourgeoisie et de ses intérêts, et non du peuple, l’éternel dindon de la farce jouée. Sous une forme différente que leurs homologues anglo-saxonnes, les nouvelles élites marchandes de France aspirent elles-aussi à l’ivresse du pouvoir et de ses parures. Quoi de mieux que de se retrancher derrière l’histoire auréolée et prestigieuse inventée d’un mouvement prétendu général et spontané, issu de l’âme même de la Nation, pour masquer la mystification et le mensonge.

A la vérité, il s'agit ni plus ni moins que la première étape de mise en oeuvre en Occident d'un nouvel ordre politique avec le régime parlementaire dit représentatif, lequel représente surtout la force de frappe des puissances financières.

Depuis cette révolution sanglante, l’anti-christianisme, soit la religion de l’homme nouveau, est l’étendard brandi, allant à l’encontre des racines de la Nation, s’attachant méthodiquement à la couper de ses racines spirituelles et temporelles. Et peu importe les moyens sanglants qui en permettent la mise en œuvre, le massacre sanglant de Vendée l’illustrant de manière flagrante. Initié par la suppression des corporations ouvrières protectrices avec la fameuse loi Le Chapelier du 14 juin 1791, le libéralisme économique peut se mettre en place, contribuant à la naissance du prolétariat et à la misère ouvrière.

La soif intense de " liberté, d’égalité et de fraternité républicaine " passe par un plan de destruction totale, et même si aucune cause armée ne peut justifier dans le monde le massacre de populations civiles, la barbarie est au rendez-vous dans l’éradication programmée des consciences. La République se construit dans le sang. Jean Jacques Rousseau avait théorisé la tyrannie par cette phrase : "Si le peuple pense mal, il faut changer le peuple ". Aussi le nouveau contrat social est respecté à la lettre, mélangeant l’idéologie du socialisme libérateur à celle du mysticisme universel, l’homme-Dieu tout puissant, quitte au passage pour le Comité de Salut Public à pratiquer le scientisme malthusien dans son projet de " Système de dépopulation " *. En guise de Révolution, c’est un véritable complot contre la civilisation, et qui se poursuivra tout au long des siècles suivants par les différents carnages des guerres révolutionnaires et des guerres mondiales aux quatre coins de la planète. Sous les dessous de la destruction programmée du catholicisme monarchique se trouve un projet, celui de domination de l’idéologie marchande. Elle conduit au mondialisme, celui d'un libre-échange des marchandises et des services débridé et glouton. Un messianisme matérialiste, consumériste, au détriment des âmes et des consciences … qui voit pour sa mise en œuvre l'établissement d'un " socialisme monopolistique " *². Autrement dit un idéal d’organisation uniformisée à l’échelle planétaire, soit un " Nouvel Ordre Mondial " nécessitant la dissolution des États-nations par des blocs supra comme intra-étatiques, telle que le préfigure la France de 1789 en damiers (image 5).

* Cf. " Babeuf La guerre de Vendée et le système de dépopulation ", présenté et annoté par R. Secher et J-J Brégon (éd. Tallandier, Paris 1987).

Voir à cet effet le livre précurseur " La République universelle " (image 6) du baron Jean-Baptiste de Cloots, dit Anacharsis Cloots (1755/1794), penseur et militant politique prussien, fait citoyen d'honneur de la France en 1792, très favorable à la Révolution française et tenant fervent de l'athéisme, de la Nation unique et du capitalisme hébreu (Cf. édition originale sur la bibliothèque numérique Gallica). Dans son complément de 1793 " La République du genre humain " (image 7), Cloots énonce que le modèle technocratique des droits de l'homme à la française est à étendre en 1015 structures sur le plan géopolitique mondial. Il nourrira l’œuvre de l'écrivain britannique Herbert George Wells (1866/1946), notamment son livre " Le Nouvel Ordre Mondial ", ainsi que la vision de la politique migratoire mise en œuvre dans la seconde partie du XX° siècle, répondant par-delà l'idéal humaniste proclamé à une vision purement marchande de l'humain.

 

La fraternité souterraine

La conquête comme la préservation du pouvoir est un jeu d’alliances et de coalitions, nécessaires à l’inévitable rapport de forces entre les parties concernées. La culture du secret est primordiale, pour garder ses cartes maîtresses cachées et les révéler au moment opportun. Rumeurs, intoxications, mensonges, dissimulations, manipulations et conditionnements constituent le cocktail délétère de leurs maîtres d’œuvre et chefs d’orchestre. Aussi les réseaux souterrains ou occultes en constituent les atouts de premier choix de lieux d'intrigues politiques.

Quoi de plus naturel pour les hommes instruits, désireux de percer le mystère de la vie, que de ressentir au fond d’eux-mêmes un appel mystique les y incitant. Deux voies * s’ouvrent alors à eux s’ils privilégient la quête extérieure. La première est celle de la religion exotérique, les officiants se chargeant de les instruire par leur interprétation du Livre sacré utilisé. Avec un tant soit peu d’esprit critique, les limites de l’enseignement prodigué sont rapidement atteintes, ne serait-ce que par l’absence de débat contradictoire satisfaisant. La seconde voie est celle de l’ésotérisme, qui utilise le symbolisme pour proposer une interprétation autrement plus subtile. Ainsi, après l'expérience templière avortée et l'essaimage de ses initiés aux quatre coins de l'Europe, les fraternelles ésotériques renaissent dans l’ombre, appelées au fil du temps par leur vocables spécifiques loges maçonniques, dédiées à la pratique de " l’Art royal " (l’art maçonnique) dans son idéalisme de l'Homme nouveau, émancipé de ses tutelles castratrices, tout particulièrement du dogme religieux imposé.

Aussi, combinant mysticisme et secret, les groupements humains désireux de révélation ésotérique sont apparus pour quelques instigateurs manichéens comme l’occasion idéale de contribuer efficacement à leur jeu du pouvoir. Comme en Église, ils sont constitués la plupart du temps de personnes respectables, sincères dans leur engagement pour travailler et réfléchir sur une façon de vivre l’humanité de la plus belle façon qui soit, par une fraternité libre et respectueuse de tous. Très peu ont conscience que ce faisant, elles nourrissent un égrégore collectif dont le dessein caché est tout autre. Elles offrent leurs intelligence et énergie, deviennent des relais potentiellement intéressants à actionner le cas échéant, et se délestent au passage de quelqu’argent ...

* En Occident, la voie exotérique est incarnée par l’Église dite de Pierre qui, en tant qu’Église universelle " catholicos  ", fut fondée sur la Croyance (pistis) dévotionnelle et formelle. La voie ésotérique est représentée par l’Église dite de Jean, basée sur la Connaissance (gnosis) de l’initié et ne se dévoilant que progressivement à travers la pratique rituélique des saints mystères. L’Ordre Templier en fut la manifestation entre 1118 et 1314, suivi par la Franc-Maçonnerie. Selon la Tradition, le Pontificat de Pierre prendra fin avec le retour du Christ auquel succèdera le glorieux Pontificat de Jean qui rétablira à jamais la Tradition Primordiale et le secret.

Cf. La nouvelle religion universelle.

Quatre caractéristiques distinguent la Franc-Maçonnerie de l’engagement en religion. La première est le nominalisme, à savoir que chacun a sa vérité, que celle-ci est évolutive, et qu’il n’y a pas de vérité éternelle immuable. La seconde est le naturalisme, soit une vision scientifique rejetant le surnaturel pour donner primauté à la matière et à son fonctionnement naturel. La troisième est la primauté de l’homme, qui est au centre de toute chose. La dernière est la République universelle. Il s’agit ni plus ni moins que le retour à son premier instigateur, Nimrod, le chasseur rebelle face à l’Éternel, fondateur de la Grande Babylone et son rêve d’ériger Babel *. Dans cette vision unifiée de l’homme universel réalisé, l’" homothéisme ", se cache la pensée marchande mondialiste et son Moloch-Baal matérialiste.

* Cf. Le modèle européen décodé (1).

Ainsi les décideurs et commanditaires suprêmes de la subversion utilisent parfaitement le fonctionnement des loges maçonniques ou équivalentes pour leurs visées oligarchiques *. Par nature discrètes et cultivant le secret, à partir d’un rituel constitutif d’une succession d’épreuves graduées, ils bénéficient d’un cadre idéal pour dissimuler soigneusement l’objectif final derrière le paravent de la réflexion humaniste éclairée. C’est ainsi que s’est construite dans les loges anglaises comme françaises (à partir de 1732) l’idéologie des droits de l’homme, masquant tant le renversement des pouvoirs en place que la captation marchande des consciences au service d’intérêts bien moins reluisants. Il en sera de même en Allemagne, au XVIII° siècle sous l’égide d’Adam Weishaupt avec l’Ordre des Illuminés de Bavière *², et au XIX° siècle aux États-Unis avec Albert Pike, Grand Commandeur du Rite écossais ancien et accepté pendant 32 ans, Pontife of Universal freemasonery (tête mondiale de la Franc-Maçonnerie), fondateur en 1867 de l'Ordre des chevaliers du Ku Klux Klan, et révolté enfiévré contre toute autorité divine comme humaine.

* Cf. Maurice Talmeyr, " La Franc-Maçonnerie et la Révolution Française " (1904). La Grande Loge de France a été fondée en 1773, avant d'être nommée Grand Orient de Paris. Elle a pour pendant l'Ordre du Grand Chapitre à caractère plus révolutionnaire de par son héritage avec les Frères Templiers.

Cf. Mouvement radical éphémère de libres penseurs rationalistes et progressistes ayant pour but le perfectionnement et progrès de l'humanité dans la liberté, l'égalité et la fraternité, et officiellement dissous suite à la divulgation de ses plans révolutionnaires un peu avant la Révolution française. Ce groupe a fusionné avec la Franc-maçonnerie lors d’un convent (réunion maçonnique) international en 1782 à Wilhemsbad (Allemagne), ses idées perdurant à travers d’autres fraternités du " Grand Orient ", une branche athée très spécifique de la Franc-Maçonnerie, ainsi que par la confrérie (sororité) des " Skulls and Bones " aux États-Unis à partir de 1832.

 

Une structuration efficace

Les élites riches et puissantes ont toujours rêvé du contrôle du monde, à leurs conditions. Quoi de plus naturel quand la jouissance de l’avoir est largement comblée. Sur les traces des ambitieux Macédoniens et Romains, d’Attila le Hun, des grands califes musulmans de l’Espagne médiévale et des Moghols en Inde, ils cherchent à exercer une influence considérable en profitant de la dynamique des périodes d’expansion historiques. Tantôt tribale, multinationale ou religieuse, souvent dynastique, leur réussite a façonné des époques mais n’avait jamais été d’une portée planétaire avant le vingtième siècle. Dès lors, alors que la primauté de l’Empire britannique était menacée à la fin du XIX° siècle par d’autres nations en plein essor, tout particulièrement l’Allemagne, un groupe d’hommes puissants et déterminés a décidé au moyen d'un plan d’actions concrètes la conquête et la mainmise sur tout le monde civilisé. Ce choix, initié un après-midi hivernal de février en 1891 à partir de quelques individus triés sur le volet, allait rapidement devenir une hydre hors de contrôle, enfin presque.

Constitution de fortunes

Les périodes de troubles et de guerres sont propices à la constitution de gigantesques fortunes. Ainsi la guerre civile américaine, appelée aussi guerre de Sécession, a été un terreau fertile pour les spéculateurs, les trafiquants et les filous de tout poil. Plus près de nous, les Roman Abramovitch, Mikhaïl Khodorkovski , Alexeï Morchadov, Vladimir Goussinski, et autres Boris Berezovski ont profité de la période instable du passage en ex-Union soviétique d'une économie administrée et centralisée à une économie dite " libérale " pour constituer en quelques mois , sinon même en quelques semaines, des empires financiers pharaoniques.

 

Des initiateurs puissants

Ils ont pour nom Cecil Rhodes (1853/1902), William Thomas Stead et William Brett (Lord Esher), trois fervents impérialistes britanniques. Ils sont assez vite rejoints par Lord Nathaniel Mayer Rothschild (1840/1915), Robert Arthur Talbot Gascoyne-Cecil (Lord Salisbury), Archibald Primrose (Lord Rosebery) et Lord Alfred Milner (1854/1925), à la puissance financière, politique et administrative solidement établie et issus, pour certains, de vieilles familles aristocratiques traditionnelles qui depuis longtemps avaient dominé Westminster. Dès le départ, ils ont mis l’accent sur le secret et ont agi comme tel, cherchant à s’assurer que les traces de leur influence restent en retrait de l’histoire. Ils partagent une même certitude, celle que les hommes blancs de lignée anglo-saxonne siègent tout en haut de la " hiérarchie raciale ".

Pour ce faire, et pour contrer les risques représentés pour leurs intérêts par la montée en puissance de l'Allemagne, ils élaborent un plan, consistant d'abord à renouer les liens entre la Grande-Bretagne et les États-Unis détériorés suite aux affres de la guerre d’Indépendance américaine. Leur objectif final est d’amener toutes les parties habitables du monde sous leur influence et leur contrôle à travers un gouvernement mondial unique, nommé " Nouvel Ordre Mondial ", animé des principes et de la philosophie de l’aristocratie commerciale anglo-saxonne. Ceci ne veut pas dire uniformité totale, mais contrôle total des règles du jeu marchand et financier.

 

 De l’expression " Nouvel Ordre Mondial "

Contrairement à l’idée reçue d’une création datant de 1972 par l’extrême-droite conspirationniste américaine, cette expression New World Order apparut dès octobre 1940 dans un article du New York Times intitulé New World Order pledged to Jews (" Un nouvel ordre mondial promis aux Juifs "), évoquant le souhait d’une fédération mondiale, d’un " nouvel ordre mondial " fondé sur l’enseignement spirituel des religions, auquel devaient se soumettre toutes les nations. Cette expression fut également le titre d’un essai de l’écrivain Herbert George Wells publié en 1939 The New World Order (" Le Nouvel ordre mondial "), l’auteur plaidant pour la création d’un gouvernement mondial unique. Il l'avait déjà utilisée en 1914 dans son roman The World set free (" La Destruction libératrice "). Notons en France la dénonciation en décembre 2016 de l’écrivain d’origine russe Andreï Makine du nouvel ordre mondial dans son discours de réception à l’Académie française, assorti d’un réquisitoire sévère contre les errements de l’Otan dans ses interventions militaires.

Le déni collectif de l'existence d’un Gouvernement Mondial Occulte

La psyché de l'être humain est, par l'inconscient qui le gouverne à 95 % *, programmable par une forte autorité dominatrice, que ce soit individuellement ou collectivement. Ce principe d’administration des masses fonctionne pour toutes sortes d’enseignements concernant la culture, à partir de dogmes qui ne sont pas exclusivement religieux : idéologies politiques, philosophiques, scientifiques, économiques ... Ils sont constitutifs de croyances, source de conditionnements, inculquées facilement à travers l’enseignement dispensé, direct ou indirect (subliminal). Ils sont une forme de lavage de cerveau, la simple adhésion à l’autorité familiale traditionnelle en en étant le point générateur *². Ces croyances se transforment en projets sociétaux dans les jeunes cerveaux malléables, et deviennent des destinées tant collectives qu'individuelles qui se figent avec le temps. Elles constituent le cadre de la " pensée unique " pour ceux qui veulent habilement administrer une population, celle-ci favorisant grandement la stabilité sociale et politique. 

La pensée unique s'appuie sur les peurs induites tant par la forme coercitive de l'enseignement distillé * que les mémoires individuelles enfouies, qui fragilisent et emprisonnent l’individu. Ces peurs constituent d’excellents outils de manipulation et de chantage (ainsi contrôlons-nous les jeunes enfants difficiles par la peur de la sorcière, de l'ogre ou du loup qui viendra l’enlever). C'est l'explication du déni collectif de l'hypothétique Gouvernance Occulte, cette simple croyance étant un conditionnement basé sur la peur inconsciente, individuelle et collective, de la maltraitance et des représailles de cette immense autorité paternelle perverse qui aurait dû être protectrice et bienveillante. Le " mouton " ne pourrait en profiter correctement s’il connaissait d’avance sa destinée, celle d'être tondu, exploité, sacrifié. Aussi cette pensée inconsciente commune veut que s'il est probable que cette structure globale existe, la nommer et la critiquer seraient synonymes d’accepter son assujettissement et son impuissance. Mieux vaut alors ne pas la connaître, tellement elle est effrayante. Comme le mal absolu existe et que nous n’y pouvons rien, si ce n’est prier pour qu’il ne s’intéresse pas à nous, seule la mort est à même de nous délivrer de sa fatale emprise. En attendant, nous vivons du mieux possible notre vie en oubliant cette sinistre réalité, la dénonciation ne pouvant qu’entrainer un châtiment inutile.

C'est pourquoi cette autorité cachée et toute puissante utilise en permanence le harcèlement moral comme outil de domination. Elle protège, culpabilise, punit et récompense le tout en même temps. Qui va aller s’y opposer ou simplement la désigner ? Son principe est simple : " Plus gros est le mensonge, mieux il est accepté ". C’est la loi bien connue de tous les escrocs qui pensent ainsi : " Personne ne pourra deviner que c’est faux, personne ! ". Il en résulte un univers violent, froid, cruel et dénué d’amour, marque de la réalité du monde secret de la Grande Gouvernance Planétaire. Au cœur de son système bien huilé tourne un moteur psychique, générateur d’énergie. Il fonctionne avec une énergie gratuite, celle produite en permanence par la souffrance de l’humanité, grâce à la lobotomie réalisée consistant en l'altération de la substance blanche d’un lobe cérébral. Le but recherché est la passivité et l’obéissance. 

Son sommet s’avère être celui d’une pyramide, clef de voûte d’un système parfait d'asservissement total qui ne rend possible aucune opposition, chacun étant sans le savoir à son service quotidiennement. Il n'est ni plus ni moins que la marque d'un gigantesque complot contre l’humanité par des forces prédatrices involutives *³.

* Cf. Esprit global & Fonctionnement du corps biologique.

Cf. Prédation manipulatoire & Le contrôle du robot biologique.

*³ Cf. Compréhension structurelle de la Matrice asservissante, Les acteurs de la Matrice falsifiée & Les psychopathes qui nous gouvernent.

Dans leur esprit de la prééminence de l’élite britannique, l’alliance avec celle des États-Unis d’Amérique n’est que passagère, pour permettre de réaliser leur dessein de gouvernance mondiale plus rapidement, avant la restauration ultime des États-Unis d’Amérique comme une partie intégrante de l’Empire britannique. La déclaration d’indépendance des ex-colons britanniques signée le 4 juillet 1776 avec la couronne n’aura donc été qu’une parenthèse dans l’histoire ... 

L’" idéal " affiché de ces hommes de l’ombre est que la fondation d’une puissance aussi formidable fasse que les guerres soient par la suite rendues impossible et que les meilleurs intérêts de l’humanité soient encouragés... que l'on retrouvera plus tard dans la fameuse déclaration de Robert Schuman du 9 mai 1950, à propos de la création de la CECA (Communauté européenne du charbon et de l'acier) : " Son but est d’assurer une paix durable en Europe, grâce au développement d’une solidarité de production entre la France et l’Allemagne, rendant impossible tout affrontement entre ces deux pays. "

Charité bien ordonnée commençant par soi-même, ils inventent le concept de l’empire colonial britannique en 1884, exprimé pour la première fois dans un ouvrage en 1916, et qui sera publiquement officialisé sous le nom de " Commonwealth of nation " (communauté des nations), seulement en 1948.

Sa mise en œuvre passe par le contrôle de la politique, en achetant d’une part des gouvernements et des politiciens, d’autre part l’opinion publique et les moyens de l’influencer par des personnalités tenant des postes-clés (journalisme, économie, finance, armée, éducation, renseignement). C'est ainsi qu'à partir de la deuxième moitié du XIX° siècle, l’équipe du tout puissant Cecil Rhodes contrôlait le Times de Londres, journal réservé aux élites politique et économique britanniques qui, elles aussi, étaient pour la plupart membres de cette vaste aristocratie commerciale. Cette recherche d'influence va tout particulièrement se manifester à travers l'infiltration des exclusives écoles privées anglaises d’Eton et de Harrow à travers des bourses d'études (Rhodes Scholarships), ainsi qu’à l’Université d’Oxford avec le relai philosophique de John Ruskin, professeur des beaux-arts. Celui-ci y professait que le contrôle de l’État devait être mis entre les mains d’une petite classe dirigeante, et que l’ordre social devait être construit par l’autorité des supérieurs imposant à leurs inférieurs une obéissance absolue et inconditionnelle.

Une société de l’ombre, héritière d’un passé multiséculaire de traditions mystiques *, financières et élitistes, est alors établie avec un noyau central d’associés de confiance dénommé The Society of the Elect (La Société des Élus), et d’un deuxième cercle, plus grand, The Association of Helpers (L’Association des Aidants). À ce niveau, les membres pouvaient ne pas savoir qu’ils faisaient partie intégrante d’une société à vocation secrète, et que celle-ci se servait d’eux à leur insu *². À la lueur de tous ces éléments, il est aisé de comprendre que tôt ou tard, entre la City et Wall Street, c’est l’oligarchie et la finance britannique qui allaient gagner la partie ...

Cécil Rhodes écrivit en 1877 le premier des 7 testaments qu’il rédigera tout au long de sa vie. Dans le premier de ceux-ci, il en appelait " à la formation d’une société secrète dont la fonction première serait de se concentrer sur le retour de l’Angleterre à sa gloire d’antan ". Il voyait la Franc-Maçonnerie anglaise et sa conspiration comme déjà dépassée dans les faits. Ironiquement, lorsque la société qu'il avait envisagée s’organisa finalement après sa mort, elle n’était constituée que de francs-maçons anglais. Dans son troisième testament, Rhodes laissa l’administration de tous ses biens au franc-maçon Lord Nathan Rothschild, disposant que sa gigantesque fortune soit utilisée par ses disciples pour accomplir le programme qu’il avait imaginé ...

Cf. Carroll Quigley (1910-1977), professeur d’histoire à Georgetown, Princeton et Harvard, "The Anglo-American Establishment" et "Tragedy and Hope, A History of the World in Our Time ("La classe dirigeante anglo-US", et "Tragédie et espoir, une histoire du monde à notre époque").

La société fabienne (Fabian society)

Cet institut créé à Londres en 1884 a transmis ses idées à John Ruskin (1819-1900), professeur à l’université d’Oxford qui lui-même influença Cecil Rhodes, l'acteur déterminant de la " Société des Élus ". Le choix de " fabien " (fabian) se réfère au général romain de l’époque des guerres puniques (vers – 200 av – J.-C.), Fabius Cunctator, dit le "temporisateur". Face au général carthaginois Hannibal, ce militaire romain pratiquait en effet la politique de guérilla qui consistait à ne pas brusquer les choses afin d’atteindre son but. C’est cette méthode de changement en douceur mais implacable qui est la marque de fabrique de la société fabienne. Celle-ci défend le principe d’une société sans classe devant conduire à la synthèse du socialisme (l’État providence) et du capitalisme (les lois du marché), le tout devant aboutir à la mise en forme d’une économie monopolistique dans un cadre étatique mondial. Afin de répondre aux ambitions de cette société, ses dirigeants estiment qu’il faut y aller pas à pas ou, selon leur expression, par " graduation ". L’influence de cette société est immense, de nombreux politiques anglais ayant été membres de la société fabienne.

Cet institut a été à l’origine de la création tant du parti politique Le Labor que de la London School of Economics (LES) en 1895, prestigieuse école de formation économique qui a formé, dans un esprit fabien, des générations de dirigeants anglais, mais aussi de nombreux étudiants de part et d’autre de la planète souvent devenus par la suite des acteurs majeurs de la vie politique et économique de leurs pays. Ainsi, l’ancien président de la Commission européenne, Romano Prodi. Son premier logo (image 1), changé depuis, exprime sa véritable nature : un loup dissimulé sous une peau de mouton ...


Une froide objectivité animait la cause de cette " Élite Secrète ". Si la guerre était fâcheuse, elle pouvait être nécessaire et de ce fait avait lieu d’être, comme la guerre contre les Néerlandais dite " Guerre des Boers " entre 1880 et 1902 pour le contrôle de l’Afrique du Sud et ses richesses d’or (70.000 morts sur les champs de bataille et 32.000 morts dans les camps de concentration britanniques, dont plus de 20.000 enfants d’ascendance batave). Ceux qui sont derrière les rideaux, dans les coulisses secrètes du pouvoir, parviennent facilement à dédaigner le " sentimentalisme " … Ce succès militaire conduisit à la reconstruction du pays par de jeunes hommes, la plupart diplômés d’Oxford, ayant un profond sens du devoir et de loyauté envers l’Empire.

Des groupes semi-secrets connus sous le nom de Round Table Groups (Groupes de la Table Ronde) furent établis dès 1910, d'abord aux États-Unis puis dans les principaux dominions britanniques comme au Canada. Ils n’étaient que d’autres appellations de l’" Association d’Aidants ". La " Société des Élus " ou l'" Élite secrète ", noyau central tout-puissant, intégrait quant à elle en son sein de nouveaux membres depuis ce cercle extérieur quand le besoin s’en faisait sentir. L’alliance de puissants banquiers d’investissement *, politiciens, diplomates et barons de la presse conduisait au partage de la même ambition tacite : la destruction de la puissance impériale allemande, et la confirmation de la domination anglo-saxonne sur le monde.

* Parmi eux J.P Morgan, la banque Lazard ou encore les familles Rockefeller et Whitney.

 

Le pouvoir par l’argent

Le nerf de la guerre, l’argent, n’a jamais été un problème. Outre Nathaniel Rotshchild, l’homme le plus riche du monde de cette époque, et Cecil Rhodes, ayant fait une fortune colossale dans l'industrie diamantaire d'Afrique du Sud, se greffent les multimillionnaires du Rand, cette région aurifère d’Afrique du Sud, Sir Abraham " Abe " Bailey (première photo) et Sir Alfred Beit (seconde image). Membres du noyau central, ils étaient toujours prêts à soutenir financièrement les propositions de l’Élite Secrète et leurs groupes de propagande. Sir Ernest Cassel (troisième photo), un banquier d’investissement et l’un des hommes les plus riches de l’Europe d’avant-guerre, était lui aussi impliqué. Ami proche du Roi Édouard VII, il servait d’intermédiaire avec le gouvernement britannique.

Avec lui, d’autres grands financiers et banquiers de la City, le district financier et bancaire de Londres, partageaient la vision d’une puissance mondiale unique reposant sur les valeurs de la classe dirigeante britannique. Le monde entrant dans une ère de capitalisme financier, ces riches banquiers d’affaires internationales étaient capables de dominer en même temps l’industrie et le gouvernement, infiltrant le " Pouvoir de l’Argent " dans l’establishment britannique. Le lien avec les familles aristocratiques de propriétaires fonciers qui avaient gouverné l’Angleterre pendant des siècles était ainsi établi. Ensemble, ils siégeaient au cœur de l’Élite Secrète.

Le développement du plan vit la récupération des élites fortunées états-uniennes partageant la même tournure d’esprit. Par un système de bourses mis en place, l’Université d’Oxford favorisa les étudiants états-uniens, en tout cas les " meilleurs talents " des " meilleures familles ", l’objectif poursuivi étant ensuite d’influencer les structures où ils faisaient carrière (agences de journalisme, éducation …). En parallèle, le flux d’argent qui est entré aux États-Unis au cours du dix-neuvième siècle a alimenté le développement industriel pour l’immense bénéfice de millionnaires qu’il a créés – les Rockefeller, Carnegie, Morgan, Vanderbilt et consorts. Les banquiers Rothschild y représentaient les intérêts britanniques, soit directement avec des entreprises ayant pignon sur rue, soit indirectement via des agences qu’ils contrôlaient. Ainsi les voies ferrées, l’acier, la construction navale, le BTP, le pétrole et la finance ont fleuri dans un environnement où de petits groupes d’individus des deux côtés de l’Atlantique, riches à outrance, se connaissaient bien. Un club très privé et secret, The Pilgrims (Les Pèlerins) *, fut initié en 1902 à l’hôtel Carlton de Londres pour les réunir de façon régulière. Ce vivier de richesses et de talents, présenté comme un mouvement spontané de promotion de la démocratie à travers le monde, n’était rien d’autre qu’une collection triée de personnages les plus riches de Grande-Bretagne et des USA, profondément impliqués dans l’Élite Secrète. Ils partageaient le même rêve de domination absolue, et voulaient y prendre part.

* Son blason (image 3) rappelle la formule latine " Hic et Ubique " qui y figure que cette société se prétend ici et partout ...

La branche de New York des Pilgrims fut lancée au Waldorf-Astoria en 1903, constituée des banquiers (tout particulièrement la J.P. Morgan Bank et la Kuhn, Loeb & Co), politiciens et avocats les plus importants de la Côte Est des USA. Ils établirent une tradition d’étroite communication avec les Ambassadeurs de Grande-Bretagne et des États-Unis, ce qui allait s’avérer crucial pour relier entre eux le Foreign Secretary (Ministre des Affaires étrangères britannique) à Londres et le Secretary of State (son homologue états-unien) à l’Élite Secrète. De nombreux Pilgrims US avaient également d’étroits liens avec la branche new-yorkaise de la Round Table de l’Élite Secrète. L’élite du pouvoir aux USA, concentrée à New York, possédait une influence considérable sur la politique domestique et internationale, et était fortement généreuse envers les Universités de Yale, Harvard et Princeton, version locale du modèle britannique pour pénétrer les domaines de la politique, de la presse et de l’enseignement. La Pilgrims Society * réunissait l’argent US et l’aristocratie britannique se chargeait de la royauté, des ministres de gouvernement et des plus hauts diplomates.

* Remarque : la plupart des responsables économiques de l’administration Obama étaient issus de la Pilgrims Society.

Si en surface il y avait des périodes de compétition acharnée entre les maisons d’investissement bancaire et les géants internationaux du pétrole, John Davidson Rockefeller et les Rotshchild, ils avaient adopté une relation beaucoup plus subtile qui évitait toute réelle compétition. Ainsi, dès les premières années du vingtième siècle, la majeure partie de la rivalité supposée entre actionnaires majeurs de la banque, de l’industrie et du commerce était une façade bien commode… Morgan, Schiff et Rockefeller, les trois acteurs majeurs de Wall Street, s’étaient installés à la tête d’un confortable cartel derrière lequel la famille Rothschild restait cachée dans l’ombre, tout en conservant une influence et un pouvoir immenses. Le contrôle du capital et du crédit était de plus en plus concentré entre les mains de moins en moins d’hommes, jusqu’à ce que les groupes de banques rivales cessent d’opérer dans des conditions de réelle compétition. Cette collusion financière transatlantique sous-tendait le lien anglo-américain par lequel l’Élite Secrète construisait son rêve de domination mondiale. Le contrôle politique avançait bras-dessus, bras-dessous avec le pouvoir financier.

 

La démocratie de façade

En Grande-Bretagne, confronté à un électorat qui changeait fréquemment d’allégeance entre le parti Conservateur et le parti Libéral, l’Élite Secrète sélectionna des hommes fiables et de confiance pour tenir des postes élevés dans les deux partis, pratique relevant de la doctrine de la dialectique. C’est ainsi que fut mis en selle Le Premier Ministre Arthur Balfour (1848/1930 - photo), membre du noyau central de l’Élite Secrète, ainsi que le Foreign Secretary Lord Lansdowne, qui commencèrent la réorientation de la politique étrangère britannique vers la guerre contre l’Allemagne. Chaque acte majeur entrepris par le Foreign Office (Ministère des Affaires étrangères) britannique à partir de 1902 était fondamentalement dicté par le but de destruction de l’Allemagne, comme les Traités avec le Japon, l’Entente Cordiale avec la France, les conventions secrètes conclues entre le Roi Édouard et le Tsar russe. Les grandes armées terrestres de la France et de l’Allemagne étaient requises pour écraser l’Allemagne.

Doctrine de la dialectique

La méthode dialectique est née avec les philosophes allemands Johann Gottlieb Fichte (1762/1814) et Georg Wilhem Friedrich Hegel (1770/1831), à la fin du XVIIIe siècle et au début du XIXe, en Allemagne. Elle théorise que l’affrontement des contraires provoque une synthèse. Par exemple, un conflit politique entre la gauche et la droite produit un tiers système politique, synthèse des deux, qui ne sera ni de droite, ni de gauche. Ce conflit des contraires est nécessaire pour faire naître les changements. Il en découle que la " gestion des conflits " est considérée comme un moyen de rendre ce même changement effectif, ce que la stratégie militaire comme le management des hommes et des affaires démontrent depuis.

Aux États-Unis comme en France, le pouvoir politique était garanti par des incitations financières et la désignation des candidats appropriés, soit des pots-de-vin et de la corruption. C’est ainsi que le Sénateur Nelson Aldrich (photo) de Rhode Island fut choisi par l’Élite Secrète pour être son relai au Sénat. En sa qualité d’" expert " des systèmes bancaires, il présida une Commission Monétaire Nationale en 1908 nommée par le Congrès afin de revoir le système bancaire US. En novembre 1910 sur l'île bucolique de Jekyll*, il rencontra discrètement cinq banquiers représentant les intérêts de Morgan, de Rockefeller et de la Kuhn Loeb, afin de formuler une Loi de Banque Centrale pouvant être présentée au Congrès comme si elle était l’enfant de la Commission Monétaire d’Aldrich. Le " Système de Réserve Fédérale " proposé, véritable escroquerie s'assimilant à un coup d’État invisible, devait entièrement être la propriété de banques privées, bien que son nom suggère qu’il s’agissait d’une institution publique. Elle devait être une banque émettrice centrale, qui disposerait du monopole sur tout l’argent et le crédit du peuple états-unien, et contrôlerait les taux d’intérêts ainsi que le volume d’argent en circulation *². L’objectif était d’établir sous l'apparence d'une entreprise vertueuse une franchise pour créer de l’argent à partir de rien, pour pouvoir ensuite le prêter, faire en sorte que le contribuable endosse toutes les pertes, et convaincre le Congrès que le but était la protection du public.

Si les propositions d’Aldrich ne furent jamais votées, le Président William Howard Taft (1857/1930) refusant de soutenir le texte de loi parce qu’il n’imposait pas suffisamment de contrôle gouvernemental sur les banques, son successeur Woodrow Wilson (1856/1924), élu avec le soutien de l’Élite secrète, en permit la création le 23 décembre 1913. Le ver était désormais dans le fruit. Le pouvoir était toujours, en apparence, entre les mains des hommes politiques, ceux-ci, telles des marionnettes, s'agitant et haranguant les foules sur le devant de la scène. Pendant ce temps, les Misters Hyde, déguisés en Docteurs Jekyll et tapis dans l'ombre, tirent les ficelles et entassent les lingots... C'est ainsi qu'est né, après trois longues années d'intense lobbying politique, le " système Fed ", autrement dit la prise du pouvoir monétaire et financier par des acteurs bancaires privés, mélange d'européens et de quelques nouveaux capitalistes américains à l'ambition bien affirmée. De type fédéral, composé de 12 banques centrales régionales dont la plus importante est la banque centrale de New York, il s'agit d'une organisation bancaire privée, de type hiérarchique et pyramidal, qui contrôle et gère en toute liberté les flux monétaires et financiers à l'intérieur du système politique étatique mais en toute indépendance vis-à-vis de ce dernier. Prétendument nationale, la Réserve fédérale américaine n'a de national que le nom, son fédéralisme existant mais de façon autonome par rapport au fédéralisme politique auquel il se superpose...

* Cet îlot qui servit de cadre à la naissance de la Banque des Banques s'appelait Ile de la Somme depuis sa découverte en 1562. Elle devint Jekyll (anodin ?) en 1886 par ses nouveaux propriétaires, soit un an après la parution du roman de Robert Louis Stevenson " L'étrange cas du Docteur Jekyll et de Mister Hyde " . Elle servait de lieu de villégiature à un groupe de familles riches qui, représentant à elles seules à l'époque plus d'un sixième de la richesse du monde, avaient jugé prudent de s'isoler hermétiquement dans un ghetto entouré par l'Océan. Le Jekyll Island Club comptait, parmi ses membres, les familles Rockefeller, Morgan, Crane, Gould.

La création de la notion de banque centrale unitaire remonte à la puissante banque d'Amsterdam créée en 1609, première institution financière des temps modernes à inaugurer le concept de " monnaie de banque " comme instrument de paiement, en l'occurrence des récépissés (monnaie papier-fiduciaire). Elle sera suivie par la création de la Banque d'Angleterre en 1694, puis par la Banque de France à l'initiative de Napoléon en 1800.

 

De la nature viciée des banques centrales

La notion de banque centrale suppose une centralisation des questions monétaires entre les mains de banquiers centraux, ceux-ci étant contrôlés par des banquiers privés. Le règlement des questions monétaires est de ce fait dévoué à la satisfaction des intérêts bien compris des propriétaires majoritaires des principales banques privées, et non des États et de leurs citoyens.

L'existence d'une banque centralisée aux mains d'acteurs financiers privés, qui régit la monnaie dite d’État et qui règlemente plus ou moins directement le secteur des banques privées, est le cœur de la question monétaire, puisque les banques centrales sont le centre névralgique de l'organisation du système financier actuel. Si elles sont garantes en apparence de l'orthodoxie financière, consistant à soi-disant lutter contre un excès d'utilisation par les hommes politiques de la " planche à billet ", il en est tout autrement dans la réalité. Deux constats factuels l'étayent.

Le premier est que le concept même de banque centrale véhicule une illusion d'indépendance développée et entretenue par des acteurs bancaires. Si les banques centrales ont toujours été indépendantes des élus politiques, elles n'ont jamais été indépendantes des banquiers qui les contrôlent. La réalité est qu'elles sont indépendantes de tout contrôle populaire de type politique, mais sous la totale dépendance du contrôle capitalistique initial. Or l'orthodoxie financière de l’État devrait reposer en démocratie sur l'organisation de contrepouvoirs, assortie d'une indépendance statutaire réelle des contrôleurs (représentants de la société civile hors banquiers) et de pouvoirs juridiques comme politiques pour sanctionner les banques centrales lorsque les effets des politiques monétaires suivies sont contraires aux intérêts économiques des individus et à la fluidité du commerce censé profiter à tous les acteurs (et non aux seuls propriétaires des plus grands cartels). Tel n'est pas le cas !

Le second constat est que les hommes politiques, " élus du peuple ", qu'ils appartiennent au pouvoir exécutif ou au pouvoir législatif, sont, dans leur très grande majorité, ignorants des questions monétaires, celles-ci leur étant soufflées par des " hommes de l'art " issus du milieu bancaire. Et ces mouvements de masse monétaires sont opérés de façon coordonnée dans la plus grande indépendance des intérêts des citoyens, répondant à l'intérêt financier supérieur des grands banquiers transnationaux propriétaires des plus grandes banques.

C'est ainsi qu'avec l'avènement des banques centrales, l’État en tant qu'entité politique a été conduit à perdre le contrôle de sa monnaie, l'une de ses prérogatives régaliennes, au profit des intérêts particuliers du groupe économique dominant. Cette amputation porte bel et bien atteinte à l'intégrité de la nature politique de la notion d’État *.

* Cf. Prophétie auto-réalisatrice de Mayer Amschel Bauer, fondateur de la dynastie Rothschild, qui dès le XVIIIème siècle affirmait : " Donnez-moi le contrôle de la monnaie d'une nation, et je n'aurai pas à m'occuper de ceux qui font les lois. "

 

Coup d’État et dévoiement institutionnel

Le coup d’État monétaire de la création de la Réserve Fédérale (FED) se double d'une victoire institutionnelle, la décision du 23 décembre 1913 aboutissant à l'anéantissement de l'article le plus important de la Constitution des États-Unis. La Constitution américaine signée à Philadelphie en 1787 stipule en effet toujours, dans son article 1, section 8, § 5, que " C'est au Congrès qu'appartiendra le droit de frapper l'argent et d'en régler la valeur ".

Puis, pendant la Première Guerre mondiale, le président Woodrow Wilson nomme un journaliste progressiste, Walter Lippmann, sous-secrétaire à la Guerre. Il est chargé de constituer un groupe secret de 125 universitaires de haut niveau, baptisé " L’Enquête ", pour étudier les opportunités d’étendre le libéralisme dans le monde à la faveur de la Première Guerre mondiale. Il travaille en étroite collaboration avec le conseiller spécial du président, le colonel Edward Mandell House. Le rapport final sur les buts de guerre et les clauses de paix qu’ils requièrent servira de base aux célèbres " Quatorze points du président Wilson " du 8 janvier 1918, le dernier annonçant le projet de création de la Société des Nations (SDN). Quelques années plus tard, Walter Lippmann deviendra l’un des théoriciens du libéralisme par opposition à la planification initiée par Franklin Roosevelt pendant le New Deal.

En France le revanchard " va-t-en guerre " Raymond Poincaré (1860/1934 - photo) fut élu à la Présidence de la République Française par le soutien de politiciens français, de journaux et de journalistes corrompus par l’argent. Ainsi, en février 1913, deux puissances majeures, les USA et la France, avaient de nouveaux Présidents élus à cette fonction par le biais de machinations. La politique, l’argent et le pouvoir étaient les piliers sur lesquels l’élite anglo-saxonne allait détruire l’Allemagne et prendre le contrôle du monde. Le prétexte fut trouvé, d’abord par l’instauration d’un sentiment germanophobe en France et en Grande-Bretagne, puis et surtout par l’assassinat de l’Archiduc François Ferdinand à Sarajevo le 28 juin 1914.

Il en découle que le récit historique que nous avons reçu de la Première Guerre Mondiale n’est rien d’autre qu’un mensonge dont la fabrication fut délibérée, ce qui ne fut pas le cas des sacrifices, de l’héroïsme, de l’atroce gâchis de vies humaines et de la misère qui l’ont suivi. Il n’était que la première étape de la création du Nouvel Ordre Mondial.

Arrière-cour délétère

Le suédois Olof Aschberg (1877-1960 - première photo) joue un rôle déterminant à la tête de la banque Nya Banken de Stockholm. Il est le grand financier de la " Révolution mondiale " enclenchée à l'Est, servant d’intermédiaire entre les élites de Wall Street et de la City d’un côté et les dirigeants bolcheviques de l’autre. Sa filiale à Londres, la Bank of North Commerce, est dirigée par Earl Grey, qui fait partie de l’équipe de Cecil Rhodes et de Lord Milner.


Ce dernier parvient à convaincre le Premier ministre Lloyd George de soutenir fermement la révolution bolchevique, par l’intermédiaire de William Boyce Thompson (1869-1930) suite à sa visite à Londres à la fin de l’année 1917 en compagnie d’un représentant de JP Morgan. Membre du comité directeur de la Banque fédérale US (la Fed), W.B Thompson (deuxième photo) est au service de l’Élite secrète dans son rôle au sein de la Croix-Rouge états-unienne présente à Petrograd en 1917. Cette couverture lui permet de fournir entre autres la somme énorme pour l’époque d’un million de dollars aux bolcheviques, par un transfert de fonds d’Allemagne sous la couverture de paiement de marchandises. Sur le chemin du retour vers New York, il fait cette halte à Londres pour soumettre un mémorandum à Lloyd George appelant au soutien de la révolution bolchevique. Lord Milner, grand admirateur de Karl Marx, ne fait qu’appuyer William Boyce Thompson dans sa démarche afin de faire plier Lloyd George. La sanglante révolution bolchevique n’aurait pas pu voir le jour sans l’action déterminante de cette oligarchie commerciale anglo-américaine.

Double-jeu gagnant

Tout l'art de la manipulation réside dans la pratique d'un double jeu. C'est ainsi qu'il est prouvé de manière irréfutable qu'une grande partie des sociétés US ont collaboré avec Hitler et son régime, et pas seulement au début de la guerre : Du Pont, Union Carbide, Westinghouse, General Electric, General Motors, Ford, Standard Oil, Goodrich, Singer, Kodak, ITT, JP Morgan, etc. Elles ont investi près de 8 milliards de dollars de l’époque dans l’économie allemande et nazie, en sachant que pour prêter de telles sommes il faut un accord de la Banque centrale, évidemment complice de cette aberration économique : pourquoi financer un ennemi qu’il faudrait combattre inévitablement ? *

La grande nouveauté stratégique d'Hitler consista en la " Blitzkrieg ", la guerre-éclair, soit porter très vite ses troupes au cœur de l'adversaire. Pour cela, deux conditions indispensables : des camions et de l'essence. L'Allemagne n'ayant aucun des deux, c'est Esso qui fournit l'essence, tandis que les camions provenaient des usines allemandes de Ford et General Motors. Une grande partie du patronat US était pro-Hitler dans les années 30 et 40, cela ne changeant qu'au moment où les ventes des firmes US furent mises en danger par l'agressivité commerciale allemande notamment en Amérique latine, ainsi que par les occupations japonaises qui confisquaient tout le commerce en Asie. Les États-Unis jouaient double jeu, souhaitant que la guerre dure longtemps pour en retirer le maximum de profitabilité. D'un côté, les énormes profits que leurs sociétés réalisaient en Allemagne étaient en croissance, et de l'autre côté, ils s'enrichissaient en prêtant à la Grande-Bretagne qui supportait tout le poids financier de la guerre. Washington posait d'ailleurs comme condition que Londres abandonne ses colonies après la guerre, ce qui fut fait. Les États-Unis ont réussi à profiter de la Deuxième Guerre mondiale pour affaiblir leurs rivaux et devenir la seule superpuissance capitaliste. Ce jeu cynique ne cessa que lorsque l'URSS vainquit Hitler. Alors seulement, les États-Unis se précipitèrent pour sauver leurs intérêts en Europe. Diabolisant dans l'opinion publique grâce à l'aide du Vatican le péril rouge, ils s'approprièrent les mérites de la libération, en en établissant le mythe. Pourtant, celui-ci revenait principalement aux troupes soviétiques. Par ce tour de passe-passe, les États-Unis ouvraient un nouveau chapitre de leur hégémonie impérialiste, la guerre froide contre le loup moscovite.

* Cf. N° 669 du magazine Historia, du mois de septembre 2002 : " Hitler financé par les firmes US ".

Cf. Jacques Pauwels, " Le mythe de la bonne guerre : les États-Unis et la Seconde Guerre mondiale ". Bruxelles : Aden éditions, 2012 & travaux d’Annie Lacroix-Riz, Professeur d’histoire contemporaine à l’université Paris VII-Denis Diderot.

 

La stratégie des blocs

"2009 est aussi la première année de la gouvernance mondiale avec l’instauration du G20 en pleine crise financière ".

Herman comte Van Rompuy – Homme politique belge - Discours de remerciements après sa nomination au poste de président du Conseil de l’Union européenne.

 

Diffusion de pensée

Le vingtième siècle naissant voit la mise en place progressive des briques de la gouvernance mondiale, soit des regroupements d’États au sein de blocs continentaux. Cette structuration à venir est livrée dans l’œuvre littéraire de célèbres écrivains, comme Herbert Georg Wells (1866/1946 - photo 1), imprégné tant de l’idéal révolutionnaire de 1789 que de l'idéal fabien. Auteur à succès, admirateur de Lénine et de la révolution bolchévique soviétique, il répand ses convictions naturalistes (rejet de tout ce qui est de nature métaphysique) dans La Guerre des mondes et Open conspiracy (conspiration ouverte), prônant un socialisme ou collectivisme d’État planifié scientifiquement (technocratie), une religion universelle articulée autour des droits de l'homme, et un État mondial sans classe, contrôlant tout (" une nouvelle communauté humaine " selon son expression), s'appuyant sur une politique éducative " régénérée " (formatage de la pensée) et encourageant la réduction drastique de la population mondiale et la pratique de l’eugénisme (inspiré de la République de Platon). Dans son ouvrage méconnu Ordo ab chao : La Destruction libératrice paru en 1914, il raconte l’histoire d’une guerre généralisée aboutissant à la création d’un État mondial constitué en 10 blocs, " 10 circonscriptions ". C’est dans ce livre que l’on retrouve l’expression " Nouvel ordre mondial ". Par la suite, H.G. Wells récidive en publiant un livre en 1940 au titre sans équivoque : Le Nouvel ordre mondial. Adulé par beaucoup voyant en lui un dénonciateur avant-gardiste, il est en fait un instigateur du plan orchestré, consacrant son talent littéraire à la préparation de la psyché, autrement dit en logeant dans l'inconscient collectif les éléments d'approbation de l'asservissement des consciences, tel que pratiquée par l'industrie du cinéma *.

De même, Aldous Huxsley (1894/1963 - photo 4) livre par le personnage du grand administrateur Mustapha Meunier dans son œuvre de fiction Le Meilleur des mondes paru en 1931 le programme politique conçu par la haute bourgeoisie anglo-saxonne pour un État mondial. Il n'hésite pas à promouvoir comme H.G. Wells l’eugénisme cher au père du socialisme britannique Robert Owen (1771/1858), qui s’appuyait lui aussi sur les principes du philosophe Platon défendant l’idéal d’une société aristocratique dirigée par l’élite, éliminant le mariage tout en favorisant la reproduction des meilleurs ...

Enfin, comment ne pas citer le fameux 1984 de George Orwell (1903/1950), de son vrai nom Eric Arthur Blair (photo 6), dont la principale figure du roman, Big Brother, est devenue une figure métaphorique du régime policier et totalitaire, de la société de la surveillance, ainsi que de la réduction des libertés. Sans oublier d'autres " œuvres " sources plus anciennes, comme Utopia (1516) du chanoine théologien anglais Thomas More (1478/1535), ou de La Nouvelle Atlantide du philosophe anglais Francis Bacon (1561/1626).

* Cf. Le cinéma de la Matrice (1) & Le cinéma de la Matrice (2) La science-réalité.

 

"La dictature parfaite serait une dictature qui aurait les apparences de la démocratie, une prison sans murs dont les prisonniers ne songeraient pas à s’évader, un système d’esclavage où, grâce à la consommation et au divertissement, Les esclaves auraient l’amour de leur servitude. "

Aldous Huxley

L'inspiration vient également de la France révolutionnaire du XVIII° siècle, qui combinait une vision froide et rationnelle de l’être humain avec le principe jacobin centralisateur découlant de la mise en place des départements, quadrillage et parcellisation établis alors pour limiter la puissance identitaire des régions. Cette incontournable étape du mondialisme a été théorisée par le juriste allemand Hugo Preuß (1860/1925), père de la Constitution de Weimar adoptée le 31 juillet 1919 par l'Assemblée nationale constituante allemande, qui voulait substituer aux länder (régions) les gauen (départements). Ce programme de redécoupage régional imaginé en 1848/1849 visait à permettre la création d’un Reich* par les élites allemandes, soit par le fractionnement des États l’européanisation des peuples et des cultures avec la protection des groupes non ethniques allemands. Cette volonté de séparer les frontières naturelles au profit de frontières administratives apparait comme incontournable pour la création d’un État mondial. Elle a pour pendant la paupérisation, conséquence des normes - anglo-saxonnes - imposées à l’échelle planétaire.

* Ce terme correspond au latin imperium, qui désigne le pouvoir suprême de commandement et le territoire sur lequel il s’étend.

Des dissensions internes apparaissent cependant sur la stratégie à suivre basées sur deux courants de pensée. Un courant défend le principe de la constitution d’un bloc anglo-saxon unifié avec l'Empire britannique associé aux États-Unis, socle représentant la colonne vertébrale permettant au reste du monde de s’y agréger. L’autre courant estime qu’il n’est pas nécessaire de privilégier la naissance d’un Empire anglo-saxon comme point d’ancrage à un monde unifié. Il prône plutôt l’émergence d’un monde où aucun pays ne serait en mesure d’imposer sa loi ou sa philosophie politique. Il s’agit pour les tenants de cette deuxième voie de créer une sorte de " bouillie " générale unifiant l’humanité entière en un seul bloc et sans distinction aucune.

C'est l’opposition entre les tenants du mondialisme anglo-saxon à celui des partisans du mondialisme planétarien. Quelle que soit l'issue, l'essentiel est le contrôle du système.

 

Les tremplins et autres bases de lancement

La déclinaison du plan d'actions permettant la réalisation de l'objectif final passe par l'extension du réseau d'influence. Comme pour le fonctionnement des loges maçonniques, il s'agit d'attirer dans le filet soit de nouveaux complices dûment avertis, soit et surtout des individus de qualité par leur pedigree personnel comme professionnel et indispensables au tissage de la toile d'araignée. La plupart qui sont sollicités ne peuvent refuser l'intérêt que représente leur appartenance à ces cercles élitaires restreints, tant pour la qualité des échanges qui s'y produisent, la " noblesse " des objectifs faciaux présentés, et l'accélérateur de carrière indéniable que représentent ces réseaux animés par les " tout-grands ". Ce sont pour la plupart des individus qui, en toute bonne foi, ne donnent pas un quitus à une appartenance contraire à l'intérêt démocratique des peuples. Simplement leurs facultés de discernement objectif ont été manipulées, et très peu peuvent décider de refuser une proposition de cette nature. Entre l'ombre et la lumière, même factice, le sacrifice serait conséquent et douloureux, financièrement comme en réalisation de ses ambitions matérialistes.

Ils sont alors des complices tacites, et " condamnés " à défendre la légitimité de ces institutions et leur imposture idéologique, soit le grand écart entre d'une part une démarche d’idéalisme - faire le bien de l’Humanité mais sans elle - et d'autre part leurs pragmatisme et réalisme dans la défense de leurs intérêts propres sans se préoccuper des grands principes. Ou comment vouloir démocratiser le Grand Moyen-Orient et commencer par bombarder l’Afghanistan et l’Irak ... Le déni est toujours la marque d'un égo prédominant, et le mea-culpa lucide et sincère réservé à une minorité d'êtres à la conscience humaniste éveillée et aiguisée...

Dès les années 1918-1919 une mutation de la Round Table est décidée, entraînant la création de deux think tanks * de part et d’autre des rives de l’Atlantique. Ils sont le prolongement opérationnel du groupe initial de réflexion nommé " L'Enquête " à l'initiative du président Wilson sur la propagation du libéralisme dans le monde sous couvert du projet d'une Société des Nations (SDN), chantre de la paix préventive. Ils sont chargés d’être les moteurs de la politique étrangère des deux pays. Côté anglais, ce fut la création en 1919 du Royal Institute of International Affairs (RIIA, appelé aussi Chatham House) pour contribuer à un Commonwealth fédératif capable peu à peu d’intégrer différents pays du globe. La Chatham House compte aujourd'hui 75 multinationales et 2.770 membres, et se trouve sous le parrainage de la reine Elisabeth II. Ses projets les plus importants sont financés et sponsorisés par la fondation Rockefeller, la fondation Bill et Melinda Gates, la fondation Konrad Adenauer, l’OTAN et l’UE. Les journaux publiés par la Chatham House, International Affairs et The World Today, comptent parmi les principaux organes spécialisés de la politique internationale. Elle se compose de banquiers, pétroliers, industries de la consommation, fondations, géants de la communication, multinationales pharmaceutiques et agroalimentaires.  La règle pour ses membres est une clause de confidentialité, stipulant que les participants à des réunions internes n’ont le droit de révéler ni nom, ni identité.

Son pendant aux États-Unis est le Council on Foreign Relations (CFR), créé en 1921 sous l’égide du colonel Edward Mandell House (1854/1938 - photo 3), conseiller intime du président Wilson et plaque tournante entre la tête de réseau, et les " grands argentiers " de Wall Street (JP Morgan, Vanderlip, Rockefeller, Warburg, Otto Hermann Kahn…). Il est dirigé par Paul Warburg (1868/1932 - photo 4), banquier germano-américain qui fut à la tête de la réserve fédérale US (la "Fed") dès sa création en 1913. Parmi ses autres présidents, notons David Rockefeller (1915/2017 - photo 5) de la Chase Manhattan Bank, devenue la JP Morgan Chase, qui en assurera la conduite en 1970. L’élite du business s'est positionnée pour élaborer la politique étrangère des États-Unis par consensus à huis clos ...

Cet enchevêtrement de responsabilités de premier ordre au sein de l’oligarchie anglo-saxonne est révélateur de son mode de fonctionnement, entre un paravent idéaliste et humaniste - la paix par une structure fédérative mondiale l'incarnant - et une réalité marchande et financière expansionniste, la véritable finalité. Ainsi les idées et les plans pour les projets de l’ONU, de l’OTAN, de la banque mondiale, du FMI et le plan Marshall ont été créés dans les anti-chambres de ces communautés.

* Groupe de réflexion ou laboratoire d'idées généralement constitué en structure de droit privé.

Ainsi les Études sur la paix et la guerre (War and Peace Studies) en 682 mémoires à l’attention du département d’État préalables à la création de l'ONU ont été financées par la Fondation Rockefeller à hauteur de 350 000 $.

Le bilan " émérite " du CFR

Le Council on Foreign relations est actuellement présidé par Richard N. Haass (photo), ancien conseiller diplomatique du président Bush père devenu adjoint de Colin L. Powell dans l’administration Bush fils. Le chairman est Peter G. Peterson, un banquier proche de la famille Bush. Plus de 200 multinationales financent le club à hauteur de plus de 7 millions de dollars par an. Il comprend environ 4.500 membres cooptés : banquiers, pétroliers, géants de la communication, multinationales pharmaceutiques, grands groupes d’armement, conglomérats médiatiques, lobbyistes gérant des relations publiques, industries de la consommation, etc… Ce sont parmi eux que sont choisis la plupart des membres gouvernementaux. Il emploie 50 chercheurs. Sa revue Foreign Affairs, la bible de la pensée en politique extérieure, est vendue dans le monde à 125.000 exemplaires.

Tout au long des soixante dernières années, le CFR a élaboré les stratégies à long terme du département d’État américain en établissant un consensus à l’intérieur des élites états-uniennes (isolationnistes exclus) hors de tout contrôle démocratique. Il a fixé les buts de guerre de tous les conflits où les États-Unis se sont engagés en fonction des intérêts de ses membres. Dans ce système, la guerre*² n’est pas " la continuation de la politique par d’autres moyens ", selon la formule de Clausewitz, mais la continuation du libre-marché. Parallèlement, le CFR a élaboré une Histoire nationale consensuelle qui crédite le mythe d’un interventionnisme désintéressé et nie les souffrances infligées par Washington au reste du monde, étant dans la pratique le seul à avoir accès aux archives gouvernementales. Il peut ainsi écrire une Histoire officielle sans craindre d’être contredit, et manipuler l'opinion pour justifier des guerres (Vietnam, Irak ...) nécessaires à ses intérêts commerciaux et à ses lobbys (armement, sécurité, nucléaire...). Le jeune universitaire brillant des années cinquante proche du complexe militaro-industriel, Henry A. Kissinger, y a déployé tous ses talents ...

Enfin, le CFR a contribué à exporter le modèle politique états-unien en cooptant des dirigeants étrangers.

* Parmi eux : David Rockefeller, Georges Soros, Mitt Romney, John McCain, George H.W Bush, Bill Clinton, Hilary Clinton, Jimmy Carter, Al Gore, Henry Kissinger, Zbigniew Brzezinski, John Negroponte, Lloyd C. Blankfein (Goldman Sachs), Benjamin Sherwood (ABC), Rupert Murdoch (News Corp et Fox News), Ronald Lauder (président du parlement mondial juif), Jeffrey Bewkes (TimeWarner). Il y a aussi des juges suprêmes américains, des généraux et chefs des services secrets des USA, ainsi que des cinéastes et stars de cinéma (Angelina Jolie et George Clooney).

La définition des stratégies de guerre est confiée à la " Rand Corporation " comme conseil du département de la Défense.

La fondation de l’Union européenne est lancée en 1922 à Vienne par un mouvement pan-européen, dû à l’action d’un aristocrate autrichien Richard de Coudenhove-Kalergi (1894-1972 - photo 1). Imprégné des idées de Herbert George Wells qu'il côtoie et admirateur du judaïsme et des modèles tant du capitalisme que du communisme qui selon lui en découlent, il vise l’instauration d’un Nouvel Ordre Mondial basé sur une Fédération de Nations dirigée par les États-Unis qui en constituerait la synthèse. Puis est créé un institut, la Paneurope (logo ci-dessus). Si l’objectif déclaré est d’empêcher les horreurs de la Première Guerre mondiale de se reproduire, l’intention qui figure dans un rapport présenté en 1925 à la Société Des Nations est d’unifier l’Europe afin de l’intégrer dans le cadre d’une organisation politique mondiale unifiée *. Pour cela, il est nécessaire de créer des "continents politiques ", l’ensemble devant constituer une fédération de fédérations. Lors du premier congrès paneuropéen de cet institut à Vienne en 1926, il est décidé de choisir un hymne européen, l’Ode à la joie de Beethoven, qui est devenu par la suite l’hymne de l’Union européenne. Avec la montée du fascisme en Europe, le Plan a dû être momentanément stoppé, et l’Union Paneuropéenne contrainte de se dissoudre.

* Dans son livre " Praktischer Idealismus ", Kalergi déclare que les habitants des futurs " États unis d’Europe " ne seront plus les peuples originaires du Vieux Continent, mais plutôt une sorte de sous-humanité bestiale issue de mélanges raciaux. Il affirmait, sans demi-mesure, qu’il était nécessaire de " croiser " les peuples européens avec les Asiatiques et les Noirs, pour créer un troupeau multi-ethnique sans qualités spécifiques et facile à dominer pour les élites au pouvoir. Pour lui, l’homme du futur sera de sang mêlé. La future race " eurasiato-negroïde ", très semblable aux anciens Égyptiens, remplacera la multiplicité des peuples. Il proclama qu’il fallait abolir le droit à l’autodétermination des peuples et, successivement, éliminer les nations en utilisant les mouvements ethniques séparatistes ou l’immigration allogène de masse.

Les sources de financement de cet institut éclairent à nouveau sur les profondes connivences de son dirigeant avec les autres acteurs du mondialisme. En effet, outre des mécènes industriels et financiers, Richard de Coudenhove-Kalergi bénéficie du soutien du banquier allemand Max Warburg (1867/1946 - photo 3), dont le frère Paul était à la tête de la Federal Reserve et du Council on Foreign Relations. Richard de Coudenhove-Kalergi a ainsi carte blanche pour coopérer avec les milieux financiers de Wall Street et leurs homologues londoniens.

Cette aristocratie commerciale et apatride anglo-saxonne, véritable État dans l’État, va apporter sans état d’âme son soutien financier et structurel au communisme (financement des deux courants idéologiques opposés de Vladimir Ilitch Oulianov dit Lénine et de Léon Trotsky, de son vrai nom Lev Davidovitch Bronstein) comme au nazisme, et de ce fait indirectement à leurs boucheries respectives *. Elle contribuera également à la prise du pouvoir des États-Unis en 1933 par Franklin Delano Roosevelt (1882/1945 - photo 1), et l'orchestration du New Deal, sa politique interventionniste mise en place entre 1933 et 1938 pour lutter contre les effets de la Grande Dépression aux États-Unis, avec pour objectif de soutenir les couches les plus pauvres de la population et réussir une réforme innovante des marchés financiers. Il s'agit toutes proportions gardées d'un modèle " jumeau " du collectivisme à la soviétique, maquillé sous les apparats de la démocratie américaine, et illusionnant comme d'habitude par cette binarité axe du bien (ouest, occidental) / axe du mal (est, oriental) tous les gogos dénués de discernement *² ... Cette technocratie financière n'ayant pas d'autre vision que la défense de ses intérêts joue au casino géopolitique sans état d'âme, l'argent n'ayant par définition pas d'odeur.

C'est pourquoi ces formes d’expériences " de laboratoires ", agissant dans un cadre local (Union soviétique, Allemagne nazie, États-Unis), ne sont en réalité que des mises en forme d’un " socialisme monopolistique ", un idéal d’organisation uniformisée à l’échelle planétaire dans le cadre de ce " Nouvel Ordre Mondial " à venir, soit la dissolution par blocs supra comme intra-étatiques (photo 3 : la France de 1789 en damiers *³). La guerre de 1939-1945 (autre mensonge dans son explication historique falsifiée) qui a découlé de tout ce travail d’arrière-cour, permit le basculement vers un autre monde, bipolaire par l’instauration de deux blocs – l’Ouest et l’Est -, apparemment antagonistes mais obéissant parfaitement au principe hégélien de la thèse et de l’antithèse. Ces deux mondes, irrigués par les mêmes sources financières, rendaient alors d’autant plus possible la réalisation de l’État mondial, seules les modalités de sa mise en œuvre variant selon ses protagonistes, ne cessant de se combattre à cet effet conformément à la loi des polarités présidant à la gouvernance des affaires terrestres. Les banquiers savaient ainsi dès 1944 qu'une monnaie locale n'était économiquement pas qualifiée pour répondre techniquement aux besoins d'une monnaie mondiale, se donnant quelques décennies pour en permettre la consécration et en assurer le contrôle.

* Cf. Antony Cyril Sutton (1925 – 2002), économiste, historien et écrivain britannique, auteur à cet effet de " Wall Street and the Bolshevik Revolution" (1974), " Wall Street and the Rise of Hitler " (1976), " Wall Street and FDR " (1976) ; Caroll Quigley (1910/1977), historien états-unien, " The Anglo-American Establishment : From Rhodes to Cliveden " (1981).

Cf. La dualité décodée.

*³ Cf. Symbolique du damier dans Le sens caché du jeu d'échecs.

Après la seconde guerre mondiale, c’est le Premier ministre britannique Winston Churchill (1874/1965) qui relance l’idée d’unification de l’Europe dans un discours prononcé à Zurich le 19 septembre 1946. Il n’hésite pas à affirmer : "Il nous faut édifier une sorte d'États-Unis d’Europe ". Août 1947 constitue un passage décisif vers le renforcement des fondations d’un État mondial à base fédérative en préparation. Divers représentants européens et états-uniens acquis aux principes d’un fédéralisme mondial se sont accordés pour créer deux instituts, sous l’égide du juriste suisse Max Habicht (1899/1986), dont l’efficacité se fait largement sentir : le World Federalist Movement (Mouvement fédéraliste mondial - WFM) et l’Union of European Federalists (Union des fédéralistes européens – UEF *), branche du précédent selon le principe des poupées russes.


Leurs principes et propositions consistent dans la limitation des souverainetés nationales, le transfert à la Confédération des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire, la création d’une force armée supranationale, et la formation d’unions régionales dans la mesure où elles ne constituent pas une fin en soi et ne risquent pas de se cristalliser en blocs. Il est précisé de favoriser la création d’une " Assemblée constituante mondiale ", le WFM étant pour ce faire à l’origine en 1992 de l’élaboration du premier grand document appelant à son établissement (The case for a United Nations Parliamentary Assembly) par le Canadien Dieter Heinrich. Les autorités politiques allemandes jouent de leur côté également un rôle de premier plan par le biais du Komitee für eine Demokratische UNO (KDUN).

* Actuellement dirigé depuis 2018 par l’Italien Sandro Gozi, qui a succédé à l'Anglais Andrew Duff, ancien député au Parlement européen sous l’étiquette des " démocrates libéraux ", membre du European Council on Foreign Relations (l’ECFR, " Conseil européen des relations étrangères ") créé en 2007 et jumeau européen du CFR états-unien fondé en 1921. Sandro Gozi est membre du Parti démocrate, anciennement secrétaire d'État auprès du président du Conseil des ministres, chargé des Affaires européennes, de 2014 à 2018. Actif depuis 2019 dans la politique française, il a été élu la même année député européen sur la liste française de La République en marche, avant d'intégrer le cabinet du Premier ministre Édouard Philippe comme chargé de mission.

Le Congrès de la Haye de mai 1948, sous la présidence d’honneur de Winston Churchill, pose les premiers fondements d’une Europe unifiée, avec la création du " Mouvement européen " *, association internationale complémentaire aux WFM et UEF (voir précédemment). L'Organisation Française du Mouvement européen est créée en 1949 *². Ses réflexions et projets ont inspiré Jean Monnet, lorsque celui-ci a proposé à Robert Schuman, en avril 1950, la création de la Communauté européenne du charbon et de l'acier (CECA), première pierre de l'Europe communautaire et de l'actuelle Union européenne, établie en septembre 1952. Le Mouvement européen est notamment à l'origine du Conseil de l'Europe, créé le 5 mai 1949, et de la Convention européenne des droits de l'homme. Il a aussi contribué à la création du Collège d'Europe de Bruges et du Centre européen de la culture de Genève.

* Ses personnages clés sont les belges Paul-Henri Spaak (1899/1972) et Jean Rey (1902/1983), les français Robert Schuman et Valéry Giscard d'Estaing, l'allemand Walter Hallstein, le luxembourgeois Gaston Thorn (1928/2007).

Son activité a été relancée à l'occasion de la campagne du référendum sur le Traité sur l'Union européenne (Traité de Maastricht) sous la présidence de Jean François-Poncet (UDF) qui succède à Louis Leprince-Ringuet. Les présidents suivants seront Jean-Louis Bourlanges, Anne-Marie Idrac, Pierre Moscovici, Sylvie Goulard, Christian Philip, Jean-Marie Cavada, et actuellement Yves Bertoncini, Directeur de Notre Europe-Institut Jacques Delors.

Le mécano est en place, la création du Conseil de l'Europe * en mai 1949 par le Traité de Londres étant suivie de la création du Parlement européen en septembre 1952, alors nommée Assemblée commune, de 78 membres (sans pouvoir) issus des parlements nationaux des six pays constituant la CECA. Avec la création de la Communauté économique européenne (CEE) en 1957, cette Assemblée parlementaire européenne est renommée Parlement européen en 1962, voyant sans cesse son effectif progresser jusqu'à 751 députés (dont le Président) depuis l'entrée en vigueur du Traité de Lisbonne en 2009, et avec une extension significative de ses pouvoirs.

* Le Conseil de l’Europe est une organisation intergouvernementale dotée d’une personnalité juridique reconnue en droit international public, qui rassemble de nos jours 820 millions de ressortissants de 47 États membres. Il est le garant des normes juridiques établies dans les domaines de la protection des droits de l'homme, du renforcement de la démocratie et de la prééminence du droit en Europe. La Convention européenne des droits de l'homme ainsi que la Cour européenne des droits de l'homme en constituent la cheville ouvrière. Ses activités intéressent tous les domaines de la vie courante, sauf les questions de défense, ayant abouti à l’élaboration d’un large éventail de normes, chartes et conventions destinées à faciliter la coopération entre les pays membres du Conseil et à renforcer la construction européenne. Il a également pour but de favoriser un progrès économique et social. Ses organes statutaires sont le Comité des ministres et le Parlement, qui établissent le dialogue avec le Congrès des pouvoirs locaux et régionaux et la Conférence des organisations internationales non gouvernementales.

Les Pères fondateurs de l'Union européenne adoubés USA (1)

Il y a bien sûr sur le devant de la scène l'homme d’État français Robert Schumann (1886/1963), dirigeant du Mouvement européen International de 1955 à 1961, et qui dirigera le Parlement européen de 1958 à 1960. Il s'avère depuis la déclassification des documents du gouvernement américain * qu'il fut un agent de la CIA pour contribuer à la campagne destinée à favoriser l'établissement de l'Union entre 1950 et 1960 via le Comité américain pour une Europe unie (ACUE : American Committee on United Europe) créé en 1948 et codirigé par le Directeur de la CIA Allen Dulles. L'ACUE était un des principaux financiers du World Federalist Movement via les fondations Ford et Rockefeller.

* Documents découverts par le chercheur universitaire Joshua Paul à l'Université Georgetown de Washington.

Jean Monnet (1888/1979), le Père vénéré de l'Europe (2)

Il rejoint le Canada en 1910 en quête de nouveaux marchés pour le business du cognac familial. Sur place, il se lie à la Hudson Bay Company et aux opérations de banque de Lazard brothers. Devenu le confident d'hommes politiques à haut niveau, il intègre comme conseiller après la première guerre le groupe La Table Ronde auprès de Lord Milner et du colonel House, au moment de la préparation du Traité de Versailles et la création de la Société des Nations. Quelques années plus tard, il rejoint les États-Unis et prend les fonctions de vice-président d'une compagnie propriété de la Bank of America, la Transamerica. Il se trouve dans la position parfaite pour accompagner la création de la Communauté européenne, prenant en 1948 la tête du Comité pour les États-Unis d'Europe et contribuant à la mise en place du plan Marshall *, crédits d'après-guerre accordés par l'Amérique à l'Europe (European Recovery Programme) comme patron de la Commission du Plan pour la France qui sera baptisé plan Schuman, du nom du Ministre socialiste des Affaires étrangères français, Robert Schuman.

* Le conseil d'administration de ce plan était entre autres composé du chef de la CIA, Allen W. Dulles, alors président du CFR.

Józef Retinger (1888-1960), le " père d’ombre " de l’Europe (3).

 Diplômé de la London School of Economics (LSE) créée en 1895 par la Société fabienne (Fabian Society), école prônant la synthèse de l’économie de marché et de l’économie planifiée, il représente le Conseil national polonais à Londres avant 1914, nouant des liens durables avec Lord Arthur Balfour, Lionel Curtis et Philip Kerr (fils spirituels de Cecil Rhodes), Chaim Weizmann (président de la Fédération sioniste et futur président de l’État d’Israël) ou encore avec le Premier Lord de l’Amirauté Winston Churchill. Il devient le bras droit du gouvernement polonais en exil dirigé par le général Sikorski, qui meurt fort opportunément, en juillet 1943, dans un accident d’avion à Gibraltar. Des bruits couraient sur la volonté de ce général de prouver que les véritables auteurs du massacre des officiers polonais à Katyń étaient les Soviétiques et non les nazis. Retinger, qui accompagnait toujours Sikorski lors de ses déplacements, n’était pas à ses côtés le jour de l’accident.

Son jour de gloire est le discours prononcé le 7 mai 1946 au Chatham House, think tank de la politique étrangère britannique créé par son ami Lionel Curtis, où il défend le principe de l’unification politique du Vieux Continent. Il est " l’initiateur " de la Ligue européenne de coopération économique (LECE) se définissant comme " un groupe de pression intellectuelle " réunissant de nombreux responsables industriels et financiers pour promouvoir l’intégration monétaire ou l’organisation des transports aboutissant à une Europe fédérée. Cherchant à fédérer les différents mouvements fédéralistes européens, il organise le Congrès de la Haye en mai 1948 sous l’égide de W. Churchill, lançant le processus de la construction européenne. Dans la foulée de ce congrès, le Mouvement européen est créé, Retinger en pilotant l’ensemble comme secrétaire général du mouvement. Il parachève son action en créant le Bilderberg, qui voit le jour en 1954, dont la finalité est le resserrement des liens euro-atlantiques.

Walter Hallstein (1901/1982), le Juriste nazi de l'Europe (4)

Il a été le premier président de la Commission européenne de 1958 à 1967. Juriste allemand, doyen à l'Université de Rostock en 1936, il fut membre du parti nazi et travailla auprès de Hitler sur l'édification du projet Nouvelle Europe décidé avec Mussolini en 1938. Ce projet fut proposé au peuple français dans le cadre de la grande exposition universelle sur le thème " Exposition de la France européenne " au Grand Palais à Paris en 1941. Arrêté lors de la bataille de libération de Cherbourg en juin 1944, il est recruté par les États-Unis et deviendra secrétaire d’État du chancelier allemand Conrad Adenauer en 1951, préparant sur la base de ses travaux antérieurs ce qui deviendra le Traité de Rome le 25 mars 1957, soit l'acte officiel de création de la Communauté économique européenne (CEE) et de la Communauté européenne de l'énergie atomique (CEEA). Il le signera aux côtés d'Adenauer.

Pas de logo, pas de sigle. Discrétion totale, les médias occidentaux n’évoquant que très rarement ses réunions et diffusant encore moins des reportages … A l’initiative du milliardaire états-unien David Rockefeller, milliardaire dirigeant l’empire éponyme, et de Joseph Retinger (1888/1960), diplomate polonais surnommé le " père d’ombre " du fédéralisme européen (Cf. première photo) qui travaillait en tandem avec Jean Monnet, la première réunion du Bilderberg a lieu au Pays-Bas à Oosterbeck en mai 1954, avec comme président le prince allemand Bernhard (1911-2004 - deuxième photo), ancien membre au début des années 1930 de la Reiterkorp SS (cavalerie), et marié en 1937 à l’héritière du trône des Pays-Bas *, la princesse Juliana, dont la fille la reine Béatrix (Cf. troisième photo) est une active participante des réunions de ce club. Il est convenu que l’appellation de ce groupe élitiste résultera du nom de l’hôtel où résident les intervenants. Sa création vise à réunir la " crème de la crème " du sérail politique, économique et financier du monde atlantiste. Peu importe les clivages politiques de façade qui n'existent que pour abuser le bon peuple, le conservateur Premier ministre anglais Edward Heath y côtoyant par exemple son opposant travailliste Harold Wilson en toute confraternité afin de modeler la future bascule de la souveraineté nationale dans le super État en cours de préparation ... Les règles d’organisation et d’intervention des participants se calquent directement sur celles régissant le Royal Institute of International Affairs (RIIA), principes de fonctionnement appelés " règle de Chatham House ".

Le choix et la présence de ces élites au sein du Bilderberg conditionnent largement la marche des affaires politiques, économiques et financières, comme par exemple le choix de l’homme politique belge Herman Van Rompuy (dernière photo) qui, après avoir passé avec succès un oral le 12 novembre 2009 pour le poste à pourvoir de président du Conseil européen à pourvoir, se verra adoubé.

* Il était de ce fait le gendre de la Reine Wilhelmine, cofondatrice de l’ancêtre de British Petroleum avec la famille royale d’Angleterre.

 

" Le Traité de Rome, fondateur du marché commun, s'était nourri des conférences de Bildelberg. "

George McGhee - (ex) Ambassadeur états-unien en Allemagne

Le Bohemian Club

Le Bohemian Club a été créé en 1872 par cinq journalistes du San Francisco Examiner. Situé à San Francisco en Californie (site de Monte Rio), il est l’un des clubs les plus fermés du monde. Il regroupe quelques 2.000 membres *, uniquement des hommes, pour la plupart des Américains néo-conservateurs et membres de l’élite (politiciens, chanceliers, musiciens, directeurs de médias, chefs d’entreprise, etc…) représentant au total le quart de la fortune privée aux États-Unis. Il y a quelques membres européens, comme Valery Giscard d’Estaing, le fondateur de la constitution Européenne et ancien Président de la République Française. Ils se réunissent tous les ans lors des deux dernières semaines du mois de juillet au Bohemian Grove, propriété privée de 11 km² appartenant au club *. La cotisation est de 25.000 $, et la liste d’attente est de 21 ans au minimum. Le slogan du club est Weaving Spiders Come Not Here (" Araignées Tisseuses Ne Venez Pas Ici "), faisant référence aux propositions d’affaire par des personnes provenant de l’extérieur du club. Le Club est célèbre pour avoir développé le Projet Manhattan lors d’un meeting en septembre 1942, qui amena subséquemment à la bombe atomique.

* Quelques membres célèbres : David Rockefeller (Banquier, membre du Groupe Bilderberg, du CFR et de la Commission Trilatérale), Nelson Rockefeller (Banquier, membre du CFR), Henry Kissinger (Ancien ministre des affaires étrangères sous la présidence de Nixon, membre du Groupe Bilderberg, du CFR, de la Commission Trilatérale), Dwight Einsenhower (président des Etats-Unis de 1953 à 196), Richard Nixon (Président des Etats-Unis de 1969 à 1974), Gerald Ford (Président des Etats-Unis de 1974 à 1976), Ronald Reagan (Président des Etats-Unis de 1981 à 1988), George H.W. Bush (Président des Etats-Unis de 1989 à 1992), George W. Bush (Président des Etats-Unis de 2000 à 2008, membre des Skull and Bones), Dick Cheney (Vice-président des Etats-Unis de 2001 à 2008), Colin Powell (Ancien ministre de la défense de Bush),George Schulz (Ancien ministre des affaires étrangères sous Reagan), Arnold Schwarzenegger (gouverneur de Californie), Alan Greenspan (Président de la banque centrale américaine la FED), David Packard (Fondateur de la société Hewlett-Packard), Lou Gerstner (Président d’IBM), Helmut Schmidt (Ancien premier ministre allemand), Michel Rocard (Ancien premier ministre français, membre du Groupe de Bilderberg), Tony Blair (Ex premier ministre britannique, également membre du Groupe de Bilderberg), Walter Cronkite (Journaliste vedette de la chaine CBS), Francis Ford Coppola (Cinéaste), Charlton Heston (Acteur, et président du lobby américain des propriétaires d’armes à feu), Bono (Chanteur du groupe U2)…

Le journaliste Alex Jones a infiltré lors de l’été 2000 le Bohemian Grove et a filmé la cérémonie pour réaliser son documentaire " Dark secrets inside Bohemian Grove ". Selon lui, des cérémonies païennes d’inspiration druidique y auraient lie, comme la Cremation of care qui ouvre les deux semaines annuelles de séminaire, sorte de reprise de rites druidique et babylonien au bord d’un lac artificiel et au pied d’une statue de hibou en ciment de 12 mètres (le hibou est le symbole du club, que l’on retrouve sur son logo). Durant la cérémonie, des haut-parleurs sont posés à côté du hibou, donnant l’illusion qu’il parle, agissant ainsi en tant que maître de cérémonie. À la fin de la cérémonie, une barque contenant un cercueil dérive jusqu’au pied du hibou, contenant une effigie d’enfant qui est alors brûlée sur un bûcher. Ceci fait penser au culte des démons cananéen et babylonien Baal-Moloch, où des parents offraient leurs enfants au dieu Moloch. L’incinération symbolise la disparition des soucis pour les membres du club.

La Société du Mont-Pèlerin

 La Société du Mont-Pèlerin (Mont Pelerin Society, MPS) est une société de pensée créée en 1947 en Suisse et composée d'économistes, d'intellectuels ou de journalistes. Fondée par, entre autres, Friedrich Hayek, Karl Popper, Ludwig von Mises, ou Milton Friedman, elle défend les valeurs libérales, telles que la liberté d'expression, l'économie de marché et la société ouverte.

En réaction au keynésianisme ambiant de l'après 1945, ses membres souhaitaient favoriser l'économie de marché et la " société ouverte " à l'échelle mondiale. Le but officiel de ces rencontres est d'offrir pendant quelques jours un lieu de discussion et de débats, généralement en septembre de chaque année. La Société ne divulgue pas le nom de ses membres mais ceux-ci peuvent le faire. Pour devenir membre, il faut être invité par un adhérent puis être approuvé par le comité d'organisation.

Huit adhérents passés et présents, dont Friedrich Hayek, Maurice Allais, Milton Friedman, George Stigler, James M. Buchanan, Gary Becker et Ronald Coase, ont reçu le Prix Nobeld'économie. De nombreux membres ont créé des think tanks importants, comme la Heritage Foundation*, dont la MPS reçoit d'ailleurs le soutien financier pour organiser sa réunion annuelle. Elle constitue en quelque sorte la maison mère des think tanks néolibéraux et de ses trois grands courants :  l'école autrichienne, dont l'un des plus éminents représentants dans la Société du Mont-Pèlerin est Friedrich Hayek, l'école de Chicago, portée notamment par Milton Friedman et George Stigler, et l'ordolibéralisme, développé par Wilhelm Röpke et Walter Eucken.

* Laboratoire d'idées et lobby américain fondé en 1973 et basé à Washington, qui se donne pour mission de " formuler et promouvoir des politiques publiques conservatrices sur les principes de la libre entreprise, du gouvernement limité, de la liberté individuelle, des valeurs traditionnelles américaines et d'une défense nationale forte ". Il est considéré comme l'un des plus puissants think tanks des États-Unis, de nature néoconservatrice, particulièrement actif sous les administrations Reagan et George H. W. Bush.

La Fondation Ditchley

La Fondation Ditchley (Ditchley Foundation) est une organisation britannique entièrement privée fondée en 1958 par Sir David Wills. Elle est basée à Ditchley House près de Chipping Norton, Oxfordshire, et a pour but originaire de développer les relations internationales entre la Grande-Bretagne et les États-Unis. Aujourd'hui, elle inclut cependant dans ses discussions des représentants de différents pays.  Les conférences accueillent une quarantaine de personnes près de quinze fois l'an, la plupart du temps au château de Ditchley Park, afin de discuter de problèmes d'ordre international. Sont conviés à ce club très sélect des industriels, des financiers, des ministres, des secrétaires d'État, des journalistes, des intellectuels ou encore des dirigeants des forces armées et plus particulièrement celles de l'OTAN. Comme aux rencontres de Bilderberg, les discussions sont strictement privées et donc non attribuables. Par contre, il est possible de lire un rapport sommaire des conférences sur le site Internet de l'organisme. La Fondation Ditchley se rapproche également de la Commission Trilatérale, même si elle est moins connue que ces deux dernières. John Major (ancien premier ministre britannique) et Jeremy Greenstock étaient respectivement président et directeur de la fondation en date du 22 décembre 2005.

La Fondation a également une " succursale " américaine, l'American Ditchley Foundation, et une autre canadienne, la Canadian Ditchley Foundation. De nombreux membres du Council on Foreign Relations, ainsi que (entre autres) Robert D. Hormats (directeur de Goldman Sachs International), Dr.Jessica Tuchman Mathews (président du Carnegie Endowment for International Peace), le general Brent Scowcroft (président du Forum for International Policy), Nigel Broomfiel et Michael Quilan (tous deux ancien président de la Ditchley Foundation), ou encore James F. Hoge (éditeur de Foreign Affairs) font partie de l'American Ditchley Foundation.

Tout comme l’idéologie des droits de l’homme, conçue au sein des loges maçonniques au XVII° siècle et servant depuis de paravent et de caution à l’édification du Nouvel Ordre du Monde, une nouvelle idéologie émerge, complémentaire et adaptée aux excès de l’économie industrielle. La protection légitime de la faune et de la flore devient à son tour l’étendard de la bienpensance, et permet la création de structures ad’hoc, nouveau coup de boutoir aux réglementations nationales. Le mouvement hippie des années soixante et le déclin continu des grandes religions du Livre, tout particulièrement le Catholicisme, vont voir le courant mystique du New Age déverser ses promesses de bonheur et accentuer la dérive des esprits vers une divinisation de la nature. Ainsi le principe de Gaïa identifié à la " terre-mère " conduit par son culte à l’universalisme panthéiste rédempteur qui, sans être pour partie dénué de sens, n’est pas la vocation de ses initiateurs et promoteurs. De nombreux instituts vont ainsi propager cette manipulation philosophique, tout particulièrement le WWF (World Wild Fund for Nature), institut promouvant la protection de la nature. Sa création en 1961 est le fruit du travail de membres et partisans mondialistes, tout comme l’avait été quelques années auparavant la naissance en novembre 1946 de l’UNESCO, organisme mondial consacré à la promotion de l’éducation, des sciences et de la culture, rattaché à l’Organisation des Nations Unies. C’est Julian Huxley *, frère d’Aldous et partisan lui aussi de l’eugénisme, qui en devint le premier président…Quant au WWF, son premier président est … le prince Bernhard, qui a passé la main pour la conduite du Bilderberg.

* Julian et Aldous avaient pour grand-père paternel, Thomas Huxley (1825-1895), biologiste farouche défenseur des principes darwiniens. Julian Huxley est par ailleurs l'inventeur du mot transhumanisme, paru dans son livre de 1957 " New Bottles for New Wine ".

La Lucis Trust, origine du mouvement du " New Age "

Structure à but non lucratif créée en 1922 par Alice et Foster Bailey, la Lucis* Trust est à l’origine une société d’édition pour les livres écrits par sa fondatrice suivant les hauts enseignements théosophiques (la théosophie est une tradition spirituelle explicative de la Création appelée Doctrine secrète) de la philosophe russe ésotérique Madame H.P. Blavatsky (1831/1891). Gravitant dans les milieux francs-maçons de la haute bourgeoisie et de la noblesse états-uniennes et introduits dans les plus hautes sphères politiques de l’État, ses initiateurs, sincères dans leur engagement mais se trompant pour partie dans l'enseignement dispensé, sont fortement imprégnés de messianisme, attendant la venue d’un Sauveur universel sous différents noms (l’Avatar, l’Instructeur mondial, le Seigneur Maitreya, Krishna, le Messie, l’Imam Mahdi, le Bodhisattva). Ils prophétisent l’avènement d’un " Nouvel Âge de l’humanité " et d’un " Nouvel Homme " aux alentours de 2030, visant l’instauration d’un " Directoire mondial " composé de " sages " sous la direction éclairée des États-Unis, sorte d’aristocratie spirituelle dans le style de la République de Platon. Le Théosophisme prit le nom de mouvement du " Nouvel Âge ".

Par son statut reconnu d’organisation non gouvernementale œuvrant pour la paix dans le monde, elle est accréditée auprès du Bureau d’Information Publique de l’ONU, la conseillant entre autres sous les vocables de " Bonne Volonté Mondiale " et d’"École Arcane ", cette dernière pratiquant la méditation occulte. Elle fait partie des structures considérées comme promouvant une religion mondiale, se présentant comme telle. Elle a des sièges à New York, Londres et Genève, dans les locaux de l’ONU. Si l’expression " Nouvel Ordre Mondial " a été supprimée dans les versions plus récentes du site officiel de la Lucis Trust, l’Internet Archive permet de retrouver des anciens textes qui la mentionnent encore.

* Lucis, mot latin, signifie " de la lumière ", et constitutif de Lucifer, " le porteur de lumière ".

Cf. Luc-Michel Mazenc, sociologue, " New Age et mondialisation néo-libérale ", 2005 ; Michel Lacroix, " L’idéologie du New Age ", Flammarion, 1996, pp. 90-91 ; Alain Lallemand, sur l’utopie messianique d’Alice Bailey, " Les sectes en Belgique et au Luxembourg ", EPO, 1994.

Le Club de Rome est un groupe de réflexion (think tank) créé en avril 1968, réunissant des scientifiques, des économistes, des fonctionnaires nationaux et internationaux, ainsi que des industriels de 52 pays, préoccupés des problèmes complexes auxquels doivent faire face toutes les sociétés, tant industrialisées qu'en développement, parmi lesquels l’empreinte écologique, la gouvernance de l’internet, l’éthique environnementale, le changement climatique.  Il était piloté à sa création par un Italien membre du conseil d'administration de Fiat, et Alexander King, un scientifique et fonctionnaire écossais, ancien directeur scientifique de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

Il a créé en 1993 un club annexe, le Club de Budapest, pour équilibrer la pensée rationnelle avec l’aspect intuitif qu’apporte la créativité dans les arts, dans la littérature, et dans la spiritualité, en impliquant quelques-uns des esprits les plus connus et les plus créatifs de notre temps. 

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Dernière pièce du dispositif de décomposition des nations européennes, l’institut privé nommé La Trilatérale, créée en 1973 par David Rockefeller (1915/2017 - photo 1), Henry Kissinger (photo 2), politologue et ancien diplomate états-unien, et Zbigniew Brzezinski (1928/2017 - photo 3), politologue états-unien ex-mentor en sécurité des présidents Jimmy Carter et Barak Obama. Tous deux sont membres du Council on Foreign Relations. La Trilatérale regroupe trois zones géographiques économiquement développées - l’Amérique du Nord, l’Europe et le Japon – pour favoriser les concertations sur les plans financier, économique et stratégique, dans leur propre intérêt comme dans celui du reste du monde …

La Trilatérale a été à l’origine de la création en 1975 du G7 (" Groupe des sept ") *, groupe de discussion et de partenariat économique des sept pays réputés être les plus grandes puissances avancées du monde parce que détenant environ les 2/3 de la richesse nette mondiale (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni). Son sommet réunit chaque année les chefs d'État ou de gouvernement de ces pays, ainsi que les présidents de la Commission et du Conseil européens et des invités. A son issue sont mises en œuvre les initiatives prises lors du sommet. Il va sans dire que ses rencontres sont vivement contestées par des mouvements altermondialistes, qui en remettent en cause la légitimité et l'accusent de vouloir diriger le monde au mépris des autres pays afin d'imposer une politique d'inspiration néolibérale.

Le G7 sera suivi en 1999 après la succession de crises financières dans les années 1990 du " Groupe des vingt " (G20), composé de dix-neuf pays et de l'Union européenne dont les ministres, les chefs des banques centrales et les chefs d'État se réunissent annuellement (Cf. photo) *². Lui aussi vise à favoriser la concertation internationale, en tenant compte du poids économique croissant pris par un certain nombre de pays. Il représente ainsi 85 % du commerce mondial, les deux tiers de la population mondiale et plus de 90 % du produit mondial brut.

* Il fut appelé d'abord de façon informelle G5, puis provisoirement G6, et rapidement devenu G7 avec l'intégration du Canada en 1976. Il sera élargi à la Russie en 1997 pour devenir le G8, avant que de l'annexion de la Crimée à la Russie en mars 2014 conduise à la suspension temporaire de la Russie du groupe économique qui est redevenu G7 (la Russie s'est depuis définitivement retirée).

Le G20 se décline sous trois formes : les G20 regroupant des chefs d'État et de gouvernement, les G20 finance regroupant les ministres des finances et les gouverneurs des banques centrales et, depuis les 20-21 avril 2010, des G20 sociaux, réunissant les ministres de l'emploi.

La Trilatérale, le think-tank mondialiste

Organisation élitaire, elle regroupe 300 à 400 personnalités parmi les plus remarquées et influentes – hommes d’affaires, hommes politiques, décideurs, " intellectuels " – de l’Europe occidentale, de l’Amérique du Nord et de l’Asie du Pacifique. Son but est de promouvoir et construire une coopération politique et économique entre ces trois zones clés du monde, dits "pôles de la Triade". Elle a été lancée pour permettre aux membres du Bildelberg d’élargir leur influence à partir d’une base politique plus large. Ainsi, pendant les dix premiers jours de sa présidence, Barack Obama a nommé onze hauts fonctionnaires* issus de la Commission trilatérale à des postes clés de son administration, introduisant ainsi une puissante force extérieure dans le leadership de son gouvernement, notamment dans les domaines de gestion de la crise financière et économique, de la sécurité nationale et de la politique extérieure. Qui plus est, la question des conflits d’intérêts est flagrante. Outre ces nominations, il a appelé à la Maison-Blanche plusieurs membres illustres de la Commission trilatérale, dont Zbigniew Brzezinski, son principal conseiller en politique extérieure, cofondateur de la Commission.

La Trilatérale s’apparente à une sorte de grand parti politique mondial, dont les membres se réunissent régulièrement en séances plénières pour discuter de manifestes politiques élaborés par ses membres. Les politiques sont débattues jusqu’à obtention d’un consensus, puis les membres regagnent leurs pays respectifs pour appliquer ou faire appliquer les politiques ainsi approuvées par consensus. À quelles oscillations politiques et économiques sont soumis les membres européens de la Commission trilatérale par la branche états-unienne ?

* Tim Geithner, secrétaire au Trésor ; Susan Rice, ambassadrice auprès des Nations unies ; le général James L. Jones, conseiller à la Sécurité nationale ; Thomas Donilon, conseiller pour les questions de Sécurité nationale ; Paul Volker, président de la Commission pour la reprise économique ; l’amiral Dennis C. Blair, directeur du Renseignement national ; Kurt M. Campbell, secrétaire d’État adjoint pour l’Asie et le Pacifique ; James Steinberg, Député secrétaire d’État ; Richard Haass, envoyé spécial du Département d’État ; Dennis Ross, envoyé spécial du Département d’État ; Richard Holbrooke, envoyé spécial du Département d’État.

Les accointances de la Trilatérale avec le monde industriel et le monde des think tanks sont avérés en particulier avec le Transatlantic Policy Network (TPN), réseau non gouvernemental transatlantique créé en 1992, profondément ancré dans le monde politique et des affaires. Il est considéré comme l’acteur majeur de l’influence intégrée européenne. Le président honoraire de la branche européenne de la Trilatérale (président entre 2001 et 2010), Peter Sutherland (photo), est aussi le président de la branche européenne du TPN. Cet Irlandais fut aussi le patron de Goldman Sachs International, président de British Petroleum (BP), ancien directeur général à l’Organisation mondiale du commerce (OMC), commissaire à la concurrence de 1985 à 1989 sous la présidence de Jacques Delors, et aussi le directeur de l’école fabienne la London School of Economics et siège au comité directeur du Bildelberg ... C’est un homme au profil parfait, celui de l’influence tentaculaire dans les domaines politiques, bancaires, entrepreneuriaux, universitaires et sociaux, qui se déploie autant dans le secteur public que dans le privé.


Le Transatlantic Policy Network (TPN)

Également ouvert aux administrateurs et universitaires des deux côtés de l’Atlantique, sa mission est de construire et de promouvoir un partenariat stable et fort entre les États-Unis et l’Europe pour influencer tout élément prioritaire et toute forme de développement. Ses quatre buts principaux affichés sont :

. Aider à définir les relations transatlantiques dans l’après - guerre froide et promouvoir le partenariat le plus étroit possible entre les gouvernements et les peuples de l’UE et des USA afin d’assurer la sécurité globale, la croissance économique et la stabilité et l’amélioration des valeurs démocratiques ;

. Utiliser le dialogue, le débat et l’étude pour aider chacun des partenaires transatlantiques à s’adapter aux nouveaux défis et aux nouvelles opportunités, à identifier leurs intérêts communs et à minimiser les incompréhensions réelles ou potentielles entre gouvernements et entre les affaires et les gouvernements ;

. Regarder au-delà des problèmes actuels vers de nouvelles structures et formes de coopération entre l’UE et les USA ;

. Travailler de manière créative et efficace au travers du réseau avec d’autres institutions et organisations aux objectifs complémentaires.

Transatlantic Environment Dialogue (TAED), Transatlantic Consumers’ Dialogue (TACD), Transatlantic Business Dialogue (TABD), New Transatlantic Agenda (NTA), Transatlantic Legislators Dialogue (TLD) … autant de déclinaisons de ses travaux, projets et actions qui, masquées par des sigles abscons au citoyen lambda, caractérisent sa force de pénétration et préfigurent la structuration de l’avenir dans les domaines concernant les services financiers et le marché des capitaux, l’aviation civile, l’économie digitale (droits de propriété privés, sécuritaires et intellectuels), la politique compétitive, la coopération régulatoire, la coopération monétaire, la stratégie militaire et de défense. Sans oublier depuis juillet 2013 la négociation du Transatlantic Free Trade Agreement (TAFTA), aussi connu sous le nom de TTIP, Transatlantic Trade and Investment Partnership (ou Partenariat Transatlantique de Commerce et d'Investissement), ce projet d'accord commercial entre l'Union européenne et les États-Unis qui concerne des domaines aussi variés que l'accès aux médicaments, la sécurité alimentaire ou le règlement des différends privés-publics.

Il est à noter l'existence l'équivalent du TPN sous d'autres latitudes. Ainsi le " Trans-Pacific Partnership Agreement  " ou "Trans-Pacific Partnership " (TPP), soit la Partenariat Trans-pacifique, traité multilatéral de libre-échange signé le 4 février 2016 qui vise à intégrer les économies des régions Asie-Pacifique et Amérique.

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Récapitulatif de la structure gigogne constituée

1ère catégorie : l'anti-chambre par les Think Tanks globalistes, clubs privés les plus puissants du monde. Ce sont le Royal Institute of International Affairs - RIIA, appelé aussi Chatham House ; le Council on Foreign Relations - CFR ; l’Institut Brookings* ; l'International Crisis Group, interlocuteur principal sur les questions de guerre des gouvernements occidentaux et organisations internationales, comme les Nations Unies, l’UE et la banque mondiale). Cette catégorie constitue le cœur du système d’influence mondial des élites de l’argent et du pouvoir, leurs orientations devant être directement appliquées par les hommes politiques élus des "dites démocraties ", et ce sans contrôle démocratique.

2ème catégorie : structures de financements et d'entraînements des orientations. Les ONG de démocratisation en font partie : Open Society Foundations (union d’ONG sous le patronat de George Soros qui préparent le terrain, de toutes les manières imaginables, pour les agitations futures dans différents pays) ; National Endowment for Democracy - NED (le New York Times a reconnu dans un article que le NED a orchestré le printemps arabe de manière déterminante) ; Movements.org (spécialisée dans les émeutes de jeunes comme par exemple les mouvements égyptiens de la jeunesse) ; la Foundation Ford ; l'OAK Foundation ; le Sigrid Rausing Trust ; la Foundation Rockefeller (composée de petits groupes contestataires violents, qui selon les besoins, sont érigés en héros médiatiques de la liberté et de la démocratie).

3ème catégorie : support rhétorique aux fronts locaux dans la rue, les fondations occidentales pour les droits de l’homme en font partie, comme Human Rights Watch (ONG financée par George Soros) ; Médecins sans frontières ; Amnesty International ; Reporter sans frontière.

4ème catégorie : organisations internationales type ONU

5ème catégorie : elle constitue le " front local " dans la rue, c'est-à-dire par des hommes de mains type " No-border " disposant de cartes de visite d’avocats en cas d’arrestation. Parmi elles :  l’organisation Otnop en Serbie, qui a mis en scène la chute du gouvernement serbe en 2000 ; l’organisation Canvas ; Open Ukraine, une ONG qui a participé de manière déterminante à la chute du gouvernement ukrainien ; Free Malaysia Today ; Prachatai ; Pussy Riot ; Open Russia ; Demokratische Alternative ; Arab Commission for Human Rights ; Bahrain Centre for Human Rights ; Entsar Qadhi ; The Young for the Révolution Fureur ;…

* L’institut Brookings est considéré comme l’un des plus puissants Think Tanks du monde. Banques, assurances et financiers travaillent pour Brookings. Mais on y retrouve des groupes pétroliers, des fondations, industrie d’armement et autres multinationales…

L'influence de l'oligarchie anglosaxonne

La Convention sur l’avenir de l’Europe, présidée par Valéry Giscard d’Estaing, remet le 18 juillet 2003 un projet de traité établissant une Constitution pour l’Europe présentant les adaptations du cadre institutionnel et politique de l’Union Européenne en vue de l’élargissement prévu en 2004. Elle est en fait inspirée de la Convention de Philadelphie qui mena à l’adoption de la Constitution des États-Unis ...

En choisissant de nommer à sa tête un diplomate anglais, Sir John Kerr, Valéry Giscard d’Estaing a été soucieux, et ce dès le départ, que le projet final de la Convention, destiné ensuite à être approuvé par une Conférence intergouvernementale, soit soutenu par les gouvernements nationaux de l’Union et notamment par celui du Royaume-Uni. Dans cette optique, Sir John Kerr présentait un double avantage : il était britannique et il avait l’expérience des Conférences intergouvernementales, ayant participé à la négociation du traité de Maastricht en qualité de Représentant permanent du Royaume-Uni. Et ce John Kerr, aujourd'hui ambassadeur de la Grande-Bretagne aux États-Unis d’Amérique, est membre du groupe Bilderberg, ayant participé à de nombreuses réunions du groupe jusqu’en 2016. Qui plus est, il fut de 1997 à 2010 l’un des directeurs chargés de recruter les bénéficiaires de " la bourse d’études Cecil Rhodes " (Cf. chapitre Le pouvoir par l'argent).

Cf. Histoire secrète de l’oligarchie anglo-américaine, Carroll Quigley, éditions Le retour aux sources, exposant le côté secret et opaque du projet et de sa mise en œuvre si peu démocratique de l’oligarchie anglo-américaine, le " groupe de Milner", visant à permettre à l’Empire britannique associé aux États-Unis d’assoir une hégémonie totale sur le monde, sous la forme d’une gouvernance mondiale basée sur des unions régionales.

 

Formatage de la pensée

Au-delà de sa structuration gigogne, le processus d'intégration européen passe par un mécanisme de contrôle mental des " pièces " humaines appelées à son orchestration sur le terrain. Cette guerre à l'encontre de la psyché humaine vise à annihiler la notion même d'individuel et d'unique pour aboutir à une masse consentante à partir des élites qui les dirigent. Aussi, pour ces dernières, le processus de formatage mental de la pensée commence très tôt sur les bancs des grandes écoles et universités affiliées, relayé ensuite dans les réseaux élitaires où elles sont attirées. Pour celles et ceux qui n'en sont pas issus, ont besoin de cours de rattrapage ou d'ancrage supplémentaire, d'autres solutions existent.

Le Programme " Young Leaders "

En 1981 est créé par la French-American Foundation le programme " Young Leaders ", programme d’échanges et de rencontres entre jeunes leaders français et américains (entre 30 et 40 ans) pour contribuer à l’efficacité du développement des liens transatlantiques. Il fait suite à son officialisation en 1976 à Washington par les présidents Valéry Giscard d’Estaing et Gerald Ford, lors des célébrations du bicentenaire de la Déclaration d’indépendance américaine. Il rassemble aujourd’hui plus de 400 dirigeants issus du monde de la haute fonction publique, de l’entreprise, des médias, de l’armée et de la recherche. Les candidats retenus participent ensuite à deux séminaires de cinq jours chacun, répartis sur deux années consécutives – alternativement en France et aux États-Unis – afin d’échanger des réflexions sur des thèmes d’intérêt commun et de tisser des liens forts et durables.

Les personnalités françaises ayant participé au programme " Young Leaders " sont des faiseuses d’opinion compte-tenu des responsabilités qu’elles occupent dans les différentes sphères qui s'y prêtent.

Du côté des médias : Jérôme Clément (1982, fondateur d’ARTE), Annick Cojean (2000, journaliste grand reporteur au Monde), Jean-Marie Colombani (1983, fondateur de Slate et ancien directeur du Monde), Bernard Guetta (1981, journaliste économique à France Inter jusqu'en 2018), Erik Izraelewicz (1994, ancien directeur du Monde, décédé en 2012), Laurent Joffrin (1994, PDG de Libération), Sylvie Kauffmann (1998, journaliste au Monde), Matthieu Croissandeau (2002, rédacteur en chef du Nouvel Observateur jusqu'en 2018), Yves de Kerdrel (2005, éditorialiste au Figaro), Christine Ockrent (1983, journaliste), Denis Olivennes (1996, ancien président d'Europe 1, en charge du pôle Médias & contenus du groupe Lagardère), Catherine Sueur (numéro 2 de Radio France jusqu'en 2015).

Du côté politique : François Hollande (1996, ancien président de la République française), Alain Juppé (1981, maire de Bordeaux), Nathalie Kosciusko-Morizet (2005, ancien ministre de l'Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement), Bruno Le Roux (1998, député depuis 1997 et ancien président du groupe socialiste à l'Assemblée depuis 2012), Emmanuel Macron (2012, ancien ministre de l'Économie, de l'Industrie et du Numérique, actuel président de la République française), Arnaud Montebourg (2000, ancien ministre de l'Économie), Pierre Moscovici (1996, ancien ministre de l'Économie et des Finances, commissaire européen), Valérie Pécresse (2002, ancienne ministre de l'Éducation nationale et présidente de la région Ile-de-France), Marisol Touraine (1998, ancienne ministre des Affaires sociales et de la Santé), Najat Vallaud-Belkacem (2006, ancienne ministre de l'éducation nationale), Laurent Wauquiez (ancien ministre).

Du côté business : Henri de Castries (1994, ancien président du directoire du groupe Axa), Nicolas Gaume (1999, PDG de Mimesis Republic et président du Syndicat national du jeu vidéo), Stéphane Israël (2012, directeur de cabinet d'Arnaud Montebourg puis PDG d'Arianespace), Pierre Kosciusko-Morizet (2009, PDG de PriceMinister), Anne Lauvergeon (1996, ancienne présidente d’AREVA), Frédéric Lemoine (2007, directeur du groupe Wendel, à ce titre administrateur de Saint-Gobain), Pierre Mariani (1996, directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy de 1993 à 1995, puis responsable à BNP Paribas et enfin dirigeant de Dexia), Laurent Vigier (2010-2011, PDG de la branche internationale de la Caisse des dépôts et consignations), Alexandre Bompard (PDG de la FNAC), Bruno Lafont (ex PDG de Lafarge), Marwan Lahoud (président d'EADS France), Matthieu Pigasse (propriétaire des Inrockuptibles et co-propriétaire du Monde).

Du côté enseignement : Philippe Le Corre (2005, professeur à Sciences Po et à l'IRIS).

Du côté influence : Jean-Marc Jancovici (2002, ingénieur consultant pour l'ADEME, vulgarisateur dans les médias des questions énergétiques), Alain Minc (1981, conseiller politique, économiste, essayiste et dirigeant d'entreprise), Olivier Nora (1995, président des Éditions Fayard), Guy Sorman (1982-1984, essayiste libéral), Stéphane Fouks (PDG de Havas-Worlwide, ancien conseiller de Jérôme Cahuzac et de Dominique Strauss-Kahn).

Côté américain, Bill Clinton (1984) et Hillary Clinton (1983) ont fait partie du programme.

La programmation " Common purpose "

En 1988 a été créée en Angleterre l'ONG Common purpose - Objectif commun - pour former les acteurs intermédiaires du dispositif. Elle est depuis présente dans de nombreux pays, dont la France. Son objectif déclaré est l'amélioration du fonctionnement des sociétés par l'expansion de la vision, de la capacité à forger des décisions, et de l'influence de tous les types de leaders. Elle développe à cet effet toute une série de programmes de formation pour des dirigeants de tous âges, parcours et domaines, afin qu'ils fassent le plein d'inspiration, d'information et de chances de changer le monde.

Son programme consiste à créer du consensus entre les participants diversifiés, visant à obtenir un accord artificiel sur toute une série de points érigés en norme, qui ne souffre aucune remise en cause face à la véritable diversité. L'objectif est d'aboutir à une mentalité d'" abeilles ouvrières ", de comportement de groupe comme organisationnel. Pour ce faire, elle utilise des techniques de manipulation mentale comme la Programmation neurolinguistique, PNL, qui par une technique de choix de mots programme le mental afin de lui faire accepter une certaine perception de la réalité. Ceux et celles qui résisteraient à la programmation se voient progressivement marginaliser par le groupe et, s'ils ne rentrent pas dans le rang, finissent par perdre leur crédibilité de manageurs. Il suffit d'observer le mode de fonctionnement relationnel des collectifs, tout particulièrement dans les entreprises à l'ADN anglo-saxon, pour en comprendre les ravages ...

Fabrication d'une bulle

A l'image de l'ex Président états-unien Barack Obama, le système médiatico-financier a réussi à fabriquer une bulle destinée à la défense de ses intérêts à l'occasion de la présidentielle française de 2017. Elle se nomme Emmanuel Macron et son mouvement " En marche ", pur concept marketing à la substance creuse à l'image des formats de télé-réalité prisés par les décervelés et autres illusionnés de notre société désacralisée. En l'espace de quelques mois, bénéficiant du soutien de parrains prestigieux et de leurs relais institutionnels aux ordres, une légende destinée à bousculer le vieil establishment en place à bout de souffle et discrédité est sortie de quasi nulle part. L'homme est incontestablement talentueux, et qui plus est cultivé, avec des racines littéraires indéniables. Mais aux éditorialistes serviles parlant de vent nouveau, de dame Chance et d'alignement favorable des planètes, le réalisme du " système " dominant établi amène à reconsidérer cette fable grotesque qui, si elle illusionne pour partie les idolâtres infantilisés, ne dupe guère les observateurs attentifs de cette énième valse des pantins.

L'enjeu n'est ni plus ni moins la survie de l'Europe dans sa raison d'être actuelle, soit la spoliation d'une majorité au bénéfice d'une minorité de prédateurs sans scrupules, tout l'argumentaire sur les bénéfices avérés du modèle européen n'étant que l'écume de surface, aussi judicieuse soit-elle. La stratégie du système bien-pensant et européiste-mondialiste ne peut en effet qu'axer la promotion de l’Europe sur sa promesse de la paix et de la force à plusieurs face à la menace d'autres blocs, ainsi que sur la menace de misère qui résulterait d'une volonté de sortie. Le problème est que l'Europe est parvenue à une quadruple impasse - économique, sociale, culturelle, gouvernance -, qui ne sera jamais réglée tant que les règles du jeu en vigueur ne sont pas redéfinies en toute connaissance de cause. Le cœur du problème de l’avenir de l’Europe est un choix entre le saut fédéral ou le retour aux nations souveraines. S’il n’y a pas de possibilité d’aller vers plus d’Europe pour rendre fonctionnel et techniquement viable le fonctionnement actuel des institutions européennes, alors nous serons contraints, par la force des choses, d’aller vers de moins en moins d’Europe et de privilégier évidemment l’échelon national qui, d’ailleurs, reste le seul susceptible d’assurer réellement un fonctionnement démocratique. Or ce débat, pour permettre un choix politique clair, à partir d'un débat démocratique exemplaire, a été confisqué pour laisser place à une tartufferie démocratique.

 

"La nation-État, en tant qu’unité fondamentale de la vie organisée de l’homme, a cessé d’être la principale force créatrice : les banques internationales et les corporations transnationales sont [à présent] les acteurs et les architectes au sens que prenaient autrefois ces termes appliqués à la nation-État. "

Zbigniew Brzezinski - livre paru en 1971 intitulé Entre deux âges : le rôle de l’Amérique à l’ère technotronique.

 

Le mécano financier, ou les relais complices nécessaires

Pour soutenir les politiques décidées sous influence, d'autres couvertures apparaissent nécessaires pour leur orchestration économique et financière, et garantir la domination mondiale de l'argent et du crédit. L'expérience américaine de la Fed s'étant avérée un grand succès, et selon le principe de bonne politique qui impose de pérenniser une méthode qui a fait ses preuves, les grands argentiers occidentaux ont décidé de dupliquer le système américain dit de " banques centrales " indépendant du pouvoir politique pour l'imposer au niveau européen, avec la création du fameux Système européen de banques centrales (SEBC), chapeauté par la Banque centrale européenne (BCE), suivi et complété par le Mécanisme européen de stabilité (MES). Soit autant d'institutions politiques dévouées aux intérêts privés des multinationales.

Furent aussi créés avant et après la seconde guerre mondiale la Banque des Règlements Internationaux (BRI) en 1930, le Fonds Monétaire International (FMI) en 1944, la Banque mondiale en 1945, l'Organisation de Coopération et de Développement Économique (OCDE) en 1948 dans sa précédente appellation OECE, et qu'un Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT) fut trouvé en 1947, précurseur de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC). Et à l'occasion des accords de Bretton Woods de 1971 *, la ploutocratie occidentale a imposé au monde entier, par l'intermédiaire du gouvernement des Etats-Unis – vainqueur financier de deux guerres mondiales –, les institutions financières internationales majeures dites "régulatrices" que sont le FMI et la Banque mondiale. Ce faisant, Bretton Woods a finalisé l'ordre monétaro-financier à l'anglo-saxonne sous le joug duquel nous vivons actuellement, consacrant le dollar américain comme devise de référence pour les échanges économiques mondiaux.

* Conférence monétaire et financière des Nations-Unies qui s'est déroulée dans le New Hampshire aux USA, qui voit les autorités (notamment les officiels John Connally, Paul Volcker et George Shultz) à l'initiative du Président américain Richard Nixon supprimer les ultimes liens ténus entre l'or et le billet vert, créant ainsi une devise factice (les États-Unis ont ainsi pu protéger leur stock d'or physique, et transformer leurs dettes sous forme papier pour l'éternité). 

La Banque des règlements internationaux - BRI

(Bank for International Settlements - BIS)

La BRI, joyau de la couronne et pierre angulaire de la domination du système bancaire international, dont le siège est situé à Bâle en Suisse (elle bénéficie à ce titre de tous les privilèges d'immunité possibles et détient la capacité diplomatique), a été créée par le Comité Young, constitué en 1929 pour régler le paiement des réparations allemandes exposées brièvement dans le Traité de Versailles de 1919. Le Comité était dirigé par Owen D. Young, président et PDG de General Electric, membre du Conseil d’administration de la Rockefeller Foundation et vice-président de la Federal Reserve Bank of New York. Le plan de paiement est entré en vigueur en 1930, après le krach boursier, une partie impliquant la création d’une organisation internationale de règlement. La BRI est ainsi fondée cette même année, prétendument conçue pour faciliter et coordonner les paiements des réparations de l’Allemagne de Weimar aux pouvoirs alliés dans un premier temps (très concrètement, ce sont notamment les prêts octroyés par la BRI qui ont permis à Hitler de mettre en œuvre ses préparatifs de guerre, tout en faisant peser l'effort de financement – qui assurait dans le même temps l'enrichissement des créanciers – sur le citoyen allemand), et sur les habitants des pays conquis par la suite. Toutefois, sa seconde fonction, plus secrète et bien plus importante, était d’agir en tant que " coordinateur des opérations des banques centrales à travers le monde ", et de construire la nouvelle architecture de la finance transnationale (comme la gestion pendant les années 1950 des European Payments Union - systèmes de paiements du continent), mission confiée à son virtuose économiste suédois Per Jacobssen qui servit comme conseiller à la BRI de 1931 à 1956. Elle prend ainsi en charge pendant les années 1970 le " serpent monétaire ", soit le mécanisme qui fixe le taux de change des monnaies dans une fourchette standardisée. Elle crée également l’Institut Monétaire Européen (IME), le précurseur de la BCE.

La banque s’est rendue pilier du système financier international, aussi bien avec les réunions de l’économie mondiale que l'hébergement de 4 des plus importants comités gérant les affaires bancaires du monde : le Comité de Bâle sur la supervision bancaire, le Comité sur le système financier global, le Comité sur les systèmes de paiement et de règlement, le Comité Irving Fisher qui s’occupe des statistiques des banques centrales. La banque héberge également trois organisations indépendantes : deux groupes s’occupant d’assurance et le Financial Stability Board (FSB), qui coordonne les autorités financières nationales et les politiques régulatrices. Cette stature lui permet d'être aujourd'hui la trentième plus grosse réserve d’or mondiale avec 119 tonnes.

De par sa nature d’institution privée avec des actionnaires *, elle fait des opérations pour les agences publiques, présentées comme de grands travaux mais strictement confidentielles, ce qui amène le public à en ignorer habituellement la plupart des opérations, les archives consultables ne le permettant pas. En effet, fondée par un traité international et protégée par un accord passé avec le gouvernement suisse en 1987, la BRI possède le même type de protections que celles garanties à l’ONU, au FMI et aux ambassades diplomatiques. Elle est ainsi devenue la toute-puissance banque centrale des banques centrales, présidant aux destinées de 7 milliards d’individus. Basée à Bâle en Suisse, elle compte 55 banques centrales membres, mais est principalement dirigée par des banquiers des États-Unis, d’Angleterre, d’Allemagne, de Suisse, d’Italie et du Japon. Elle fonctionne avec peu de transparence, et n’est pas responsable devant les gouvernements nationaux, même si elle a un contrôle important sur le système financier mondial en établissant des réserves obligatoires, soit le montant que les banques dans le monde doivent avoir dans leurs réserves. La confidentialité de ses travaux comme de tous ses outils utilisés est absolue. Pensant travailler pour des intérêts supérieurs, quasi divins, tenant l’économie du monde entre leurs mains, ses opérateurs se sentent immunisés contre toutes formes de considérations normales de responsabilité et de transparence. Les banquiers centraux aiment ainsi se considérer comme les grands prêtres de la finance, supervisant les rituels d’une liturgie financière comprise seulement par une toute petite élite auto-sélectionnée. Ils oublient qu’ils sont des fonctionnaires, leurs salaires, billets d’avion, facture d’hôtels et fonds de retraites lucratifs étant payés par les deniers publics …

La BRI est utilisée par les " banquiers centraux ", comme par exemple la Banque Centrale européenne, au même titre que le Fonds monétaire international (FMI), pour faire plus d’argent à travers le financement de l’exploitation des ressources des pays auxquels ils " accordent " du crédit. C’est un système malin, chaque dollar alloué par la BRI à ces banques centrales permettant aux sociétés multinationales de recevoir plus du double de ce montant dans les contrats établis avec les banques internationales, afin de conduire leurs opérations tout particulièrement dans les pays pauvres du tiers-monde sans aucune exigence de probité quant à l'intérêt de leurs populations (Cf. financement de projets pharaoniques pour des dirigeants locaux corrompus et mégalomanes). Les conséquences de ses mélanges de libéralisme économique, d’obsession des prix et de démantèlement des souverainetés nationales se jouent aujourd’hui tous les jours dans l'actualité déversée par les médias.

Il est à noter enfin qu'elle fut utilisée pour blanchir l’argent des nazis avant et pendant la Seconde Guerre mondiale par des banquiers états-uniens et britanniques, couverts par le président Franklin Roosevelt et le Premier ministre Neville Chamberlain, dans l’espoir de détruire l’URSS *².

Avec la BRI, c'est la première fois dans l'histoire du monde qu'une institution financière internationale acquiert un statut politique similaire à celui d'un Etat. Cette expérience, réussie, a eu une suite : l'avènement du système monétaire européen (SME). Ce dernier s'inscrit dans le cadre de la construction monétaire européenne passant, en premier lieu, par la création du système européen de banques centrales (SEBC).

* A sa création, ses actionnaires sont les banques centrales de Belgique, de France, d’Allemagne, d’Italie, des Pays-Bas, du Japon et du Royaume-Uni, ainsi que les trois principales banques commerciales des États-Unis, soit J.P. Morgan & Company, First National Bank of New York et First National Bank of Chicago. Chaque banque centrale a souscrit à 16 000 d’actions et les trois banques états-uniennes ont également souscrit au même nombre d’actions. Cependant, seules les banques centrales ont un droit de vote ….

*² Cf. Étude publiée en 2015 de Valentin Katasonov, docteur en sciences économiques, ancien membre du Conseil consultatif auprès du Président de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement - BERD (1993-96).

 

" Le système financier mondial est actuellement plus fragile à bien des égards qu’il ne l’était juste avant l’effondrement de Lehman Brothers ".

Jaime Caruana - Directeur général espagnol de la BRI (The Telegraph, juillet 2014)

Le Fonds Monétaire International (FMI)

Institution supranationale regroupant 185 pays, son rôle est de " promouvoir la coopération monétaire internationale, de garantir la stabilité financière, de faciliter les échanges internationaux, de contribuer à un niveau élevé d’emploi, à la stabilité économique et de faire reculer la pauvreté ".

Le FMI assure donc par sa nature constitutive la stabilité du système monétaire international et la gestion des crises monétaires et financières, censé éviter le scénario de la Grande dépression des années trente. Pour cela, il fournit moyennant intérêts des crédits aux pays qui connaissent des difficultés financières - souvent pilotées par des établissements financiers spéculatifs du type hedge funds - telles qu’elles mettent en péril l’organisation gouvernementale du pays, la stabilité de son système financier (banques, …) ou les flux d’échanges de commerce international avec les autres pays. Lors d’une crise financière, pour éviter qu’un pays ne fasse "faillite" en ne pouvant plus payer ses dépenses primordiales, le FMI lui prête de l’argent le temps que la confiance des agents économiques revienne, conditionnant l’obtention de prêts à la mise en place de certaines réformes économiques *.

Par-delà cette " noble " mission de façade, il est tout particulièrement responsable de l’origine de la misère qui sévit en Afrique, par l’octroi de crédits aux États avec des taux exorbitants (cinq à six fois supérieurs à ceux pratiqués sur les marchés financiers), ce qui entretient la dépendance, la corruption et la pauvreté. Pour rembourser, les gouvernements doivent d’une part exporter massivement leurs ressources, d’autre part privatiser dans tous les secteurs (hôpitaux, système de santé en général, eau potable, extraction de minerais et de pétrole, etc …), ouvrant leurs portes aux multinationales étrangères. Ces entreprises ne sont pas soumises à une réglementation contraignante, polluant sans états d’âmes afin d’être les plus rentables possibles. C’est une formidable arnaque, la majorité de la population croyant que le FMI vient en aide aux pays pauvres. La pauvreté n’est en fait que le salaire de la dette à sa majesté prédatrice. Il s'agit tout simplement de la mise en œuvre légale et internationale d'une pure prédation du système politique par les tenants du système économique au moyen de l'affaiblissement structurel de l'assise économique et financière des Etats. Une fois de plus, à l'instar de la FED américaine ou de la BRI, on assiste à un dévoiement de la nature politique des Etats, lesquels sont rabaissés, par une institution internationale, au rang de simples organisations de type privé, faisant fi des intérêts collectifs qui sous-tendent la notion même d'Etat.

* Parmi les mesures concrètes souvent exigées on trouve l’ouverture du pays aux capitaux étrangers et au commerce international, la libéralisation du marché du travail, et la réduction du poids de l’État, c’est-à-dire la privatisation de nombreuses entreprises...

Aux critiques déjà virulentes des économistes états-uniens Joseph E. Stiglitz dans son livre La Grande Désillusion (2002) et Milton Friedman, la direction de la Banque mondiale s’est également montrée distante par rapport à la façon dont le FMI procède, considérant que ses programmes de sauvetage financier n’attachent pas suffisamment d’importance aux préoccupations sociales (comme le chômage), l’institution insistant trop sur la stabilisation des monnaies. Ils font valoir que ses plans d’ajustement structurel limitent la souveraineté des économies nationales, et que la privatisation des entreprises publiques réduit la capacité de l’État à intervenir. De plus l’augmentation des importations mettrait souvent à mal les économies locales des systèmes de production traditionnels.

Mécanisme d’assassinat économique

Tout l’art consiste à appâter un gouvernement, soit parce que ses élites dirigeantes sont corrompues ou corruptibles, soit en faisant miroiter une croissance dynamique à partir d’études prospectives manipulées ou des projets d’infrastructures d’envergure – centrales électriques, autoroutes, universités … - contribuant à la renommée et à la popularité (flatterie), et confiés bien sûr à des multinationales étrangères détentrices du savoir-faire.

Les États sont alors amenés à emprunter de façon conséquente auprès d’organisations internationales ad’hoc (BRI, FMI) ou de banques internationales complices, l’argent étant la plupart du temps versé directement aux entreprises multinationales intervenantes. La croissance escomptée n’étant jamais au rendez-vous comme attendu, les États portent sur leurs épaules le poids d’une dette constituée à partir de taux d’intérêt élevés, se fragilisent, et doivent alors accepter de négocier avec les mêmes acteurs financiers des réaménagements (privatisations par exemple de secteurs voire de pans économiques, comme le secteur de l’eau, les transports, les prisons …) qui les rendent durablement dépendants. Cela fait le jeu, toujours et encore, d’entreprises multinationales qui prennent à moindre coût des positions juteuses car très rentables (ex. coût de la main d’œuvre…), et surtout maîtrisent des ressources clés (pétrole, minerais, cacao …).

Au final, le peuple paie la note de l’incurie de ses dirigeants. Il se voit infliger une double peine : l’augmentation du coût de la vie par l’importation de produits, et une augmentation de la fiscalité pour contribuer au remboursement de la dette. Il en découle dégradation des services publics, notamment sur le plan de la santé, et augmentation de la pauvreté. Cette dernière entraîne de l’insécurité (violences, criminalité), d’où de nouveaux investissements en matière de sécurité assurée par des acteurs extérieurs, et une orientation politique vers la réduction des libertés publiques si tant et soit que ces dernières étaient encore en vigueur. Le pillage des ressources locales peut continuer, sans aucune considération environnementale, avec la complicité de régimes définitivement aux ordres. En cas de rébellion contre le système, la " jurisprudence " Saddam Hussein ou Mouammar Kadhafi s’applique par l’orchestration d’une ingérence au nom des droits de l’homme, ou celle de JFK par bien sûr un déséquilibré ou extrémiste local …

Bienvenue dans l’humanisme des Lumières, où un système totalement pervers tourne en boucle au profit d’une corporocratie acoquinée. En Europe, après la Grèce, à qui le tour ?

Cf. John Perkins, économiste et écrivain états-unien, " Confessions d’un assassin financier ".

La Banque mondiale

Comme son nom l'indique, la Banque mondiale est la première pierre au futur édifice du gouvernement mondial, autrement dit du Nouvel Ordre Mondial en cours d'établissement. Fondée le 27 décembre 1945 et sise à Washington, elle est au cœur du système de protection des investissements des entreprises multinationales. Premier prêteur d’argent d'origine publique au monde, elle accorde des prêts à effet de levier à des pays en développement pour des projets d'investissement à travers deux institutions - la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) et l’Association internationale de développement (IDA en anglais) -, créées pour lutter contre la pauvreté en apportant des aides, des financements et des conseils aux États en difficulté.

Alors que cet organisme prétend officiellement éradiquer la pauvreté dans le monde, il est structurellement, notamment par sa prise de position en faveur des investissements, responsable de son aggravation. C'est ainsi qu'en 2015 un consortium de journalistes a révélé que la Banque mondiale finançait des projets non seulement inefficaces, mais en totale contradiction avec ses missions officielles, forçant des millions de personnes à quitter leurs terres ou leurs logements.

Dominée par la finance anglo-saxonne, la Banque mondiale a notamment été dirigée entre 2005 et 2007 par un proche de la famille Bush, Paul Wolfowitz (secrétaire adjoint à la Défense entre 2001 et 2005), celui-ci ayant dû démissionner de ses fonctions suite à un scandale sur fond de népotisme (liaison avec une cadre de la Banque). Un nouveau scandale surgira en 2015 lorsque la Banque prétend retourner à l'équilibre financier en diminuant ses coûts et en augmentant ses ressources par le renchérissement du coût de ses prêts et par l'augmentation de ses placements sur les marchés. Outre que le renchérissement du coût de ses prêts est en totale opposition avec l'objectif officiel d'éradication de la pauvreté affiché par la Banque mondiale, une recherche d'économie ne s'accorde en effet logiquement pas avec la distribution de primes et de bonus à certains de ses hauts dirigeants.

Le contrôle des flux financiers du monde par un groupe économiquement dominant nécessitant un contrôle des monnaies, ce contrôle est réalisé au moyen de l'organisation d'un système sophistiqué de banques centrales, et tout particulièrement à caractère supranational. En effet, le contrôle des monnaies est l'instrument privilégié pour les grands détenteurs de capitaux occidentaux afin d'agir politiquement sur l'économie de tous les pays du monde.

Cette finance internationale, entièrement tournée vers le " fait économique " et dominée par les propriétaires des grandes banques privées, fonctionne en système fermé, dans le sens des intérêts d'un très petit nombre d'individus qui ont accaparé les fonctions monétaires et par voie de conséquence économique et politique des Etats-nations * voués à disparaître. Nous assistons aujourd'hui aux dernières scènes d'une vaste entreprise de dépréciation de la notion politique d'Etat au bénéfice de l'intérêt privé d'un petit nombre de personnes qui, de manière sournoise liée à l'anonymat des propriétaires de cartels d'entreprises, se sont rendues maîtresses du système monétaire mondial.

* Le type de domination occidentale classique, celle de l'Ancien régime, était fondé sur la propriété foncière. Il représentait une conception politique et juridique continentale du monde qui tournait autour du concept d'Etat-nation.

 

Les dominos, ou la géopolitique des blocs

Le jeu de domino est un jeu où il faut faire preuve de ruse et de stratégie. C’est l’un des plus vieux jeux du monde. Il demande de la concentration, de la patience et de la mémoire. C’est le jeu des élites politiques et économiques, qui ne cessent de converger vers l’édification d’un ordre mondial unifié dans ses règles de fonctionnement par la complicité des États sous contrôle et des institutions supranationales établies. Dorénavant bien installées dans les rouages décisionnels, contrôlant les points stratégiques partout dans le monde (Gibraltar, Hong Kong, …), ayant la mainmise de territoires sur presque tous les continents, présentes dans les technologies de pointe et maîtrisant un secteur bancaire performant, les aristocraties commerciales de Londres et de New-York peuvent rêver à un contrôle du monde sous les auspices de la City et de Wall Street. Il en résulte l'ultralibéralisme, destruction pour partie des souverainismes au nom du sacro-saint marché commun planétaire, immigration bien plus par un souci d’ajustement économique que par humanitarisme ou philanthropie. Cette idéologie se caractérise par des guerres *, des révolutions, des famines organisées provoquant crises et vagues migratoires du tiers-monde vers l’Occident, nouvelle " armée industrielle " de réserve, bien moins chère et bien moins exigeante en termes de droits sociaux que leurs semblables européens.

Cette hydre idéologique n’a de cesse d’imprimer sa marque dans les tentatives de regroupement d’États au sein de blocs continentaux dotés chacun d’une monnaie, d’une citoyenneté, d’un parlement unique, etc. Il s’agit en les transformant en " régions " de les orienter vers une forme de gouvernance mondiale assise sur une législation internationale, soit la convergence totale des standards réglementaires. L’objectif n’est pas de prévenir les conflits, mais d’étendre la puissance financière et commerciale du monde anglo-saxon. A ce titre, l’Union européenne n’est qu’une composante de ce vaste programme.

* Le coût estimé des dépenses engagées par les États-Unis au cours des 30 dernières années pour faire la guerre est estimé à plus de 14.000 milliards de dollars. Autant d'argent non investi dans ses propres infrastructures.

La Communauté Économique Eurasiatique (Eurasian Economic Community), créée en octobre 2000, réunit plusieurs pays de l’ancien bloc soviétique (Russie, Kazakhstan, Biélorussie, …). Elle poursuit l’objectif de créer une union douanière avec l’idée d’une monnaie régissant l’ensemble.

L’Union des nations sud-américaines (UNASUR), créée en mai 2008, entend passer d’une logique sub-régionale à une identité régionale en réunissant tous les États du continent sud-américain. L’idéal poursuivi est de réussir la mise sur pied d’un parlement, d’une monnaie unique et d’une citoyenneté commune. L’UNASUR entretient des liens privilégiés avec son modèle européen dans le cadre d’une assemblée parlementaire euro-latino-américaine appelée EUROLAT. Elle s'inscrit dans la continuité du Marché commun du Sud, couramment abrégé Mercosur (de l'espagnol Mercado Común del Sur) ou Mercosul (du portugais Mercado Comum do Sul). Il a été créé en 1991, qui regroupe le Brésil, l'Uruguay, l'Argentine, le Paraguay, ainsi que des pays associés tels que le Chili, la Colombie, le Pérou ou l’Équateur. Représentant plus de 80 % du PIB total de l'Amérique du Sud, et considéré comme le 4e bloc économique du monde en termes de volume d'échange, il permet actuellement la libre circulation des citoyens.


De l'accord de libre-échange Union européenne-Mercosur, ou la dérive du protectionnisme

L'Union européenne (UE) et le Mercosur ont signé un accord commercial historique le vendredi 28 juin 2019, après des négociations débutées il y a 20 ans, le 28 juin 1999. Le Mercosur, alliance économique régionale qui regroupe l'Argentine, le Brésil, l'Uruguay et le Paraguay, soit 260 millions d'habitants, signe là son tout premier accord commercial de ce genre. D'après Bruxelles, l'accord va permettre d'éliminer pour plus de quatre milliards d'euros par an de taxes douanières qui étaient imposées jusqu'à présent sur les produits exportés depuis l'UE. De manière caricaturale, nous pourrions dire que les consommateurs sud-américains pourront plus facilement faire l'acquisition d'une Peugeot, Mercedes-Benz ou Ferrari, là où leurs homologues européens auront accès à de superbes bœufs argentins et à du sucre de canne brésilien bon marché, même si la France par son président Emmanuel Macron a tout fait pour obtenir un accord qui ne soit pas trop " généreux " sur le plan agricole, en particulier en ce qui concerne le boeuf (la France est le plus gros bénéficiaire du programme européen de subvention à l'agriculture, avec un montant annuel total perçu de 7,6 milliards d'euros).

Le commerce est indéniablement une bonne chose, permettant de rapprocher entre eux les peuples et les entreprises. Les accords commerciaux ont de ce fait joué un rôle considérable dans l'augmentation du volume des échanges internationaux, facilitant la mondialisation. Mais ils ont  également un côté obscur, étant par nature discriminatoires. L'ouverture relative des échanges que ces accords apportent est limitée aux membres signataires. Pour les pays extérieurs à l'accord, la situation est beaucoup plus compliquée. L'Union européenne est une bonne illustration de ce problème. Elle peut présenter un haut niveau d'ouverture interne, mais également être une véritable forteresse vis-à-vis des pays extérieurs. Qui plus est, dans la version retravaillée de l'accord Mercosur " approfondi et détaillé ", sont incluses des clauses exotiques qui n'ont rien à voir avec la réduction des taxes douanières. Ceci entend que le libre-échange unilatéral tel que pratiqué par des entreprises et individus est différent de celui pratiqué par des Etats, en tout cas certains pays dont l'objectif est d'interférer dans les affaires de ses citoyens et de ses entreprises, au détriment d'un libre-échange non restreint et non subventionné entre les peuples sur terre.

Résultat, la signature de l'accord entre l'UE et le Mercosur ne constitue, dans le meilleur des cas, qu'un point de départ. En attendant d'être ratifié par les parlements nationaux des pays européens et d'Amérique latine concernés, il se prête à un jeu d'alliances malsaines entre politiciens partisans du protectionnisme, lobbyistes du secteur agricole et écologistes. C'est ainsi que le groupe de lobby agricole le plus puissant dans l'UE, le Copa-Cogeca, a publié un communiqué dans lequel il dénonce un " double standard " favorable aux produits agricoles en provenance du Mercosur ainsi qu'un risque de " concurrence déloyale ". De son côté, l'ONG écologiste internationale Greenpeace s'est également rapidement opposée à l'accord. Tel le veut le jeu délétère d'institutions censées pourtant représenter l'intérêt général.

 

Le Système d’intégration centre-américain (SICA), créé en décembre 1991, groupe de pays centre-américains, poursuit les mêmes objectifs.

 

Le lancement de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA) en 1963 a permis de passer à la vitesse supérieure, à partir des années 1999-2000, avec la création de l’Union Africaine (l’UA), à Durban en juillet 2002, et du Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique (NEPAD). Ses objectifs (commission, parlement panafricain, cour africaine des droits de l’homme, etc) se calquent sur le modèle européen.

 

Le Conseil de coopération du Golfe (Golf Cooperation Council, GCC), créé en 1981, tend à une union de plus en plus étroite entre les États du Golfe (Bahreïn, Koweït, Oman, Qatar, Arabie Saoudite et Émirats arabes unis). Une monnaie commune est prévue.

 

Une union asiatique prend forme sous l’égide de trois acteurs principaux : le Japon (CEAT, Council on East Asian Community), la Chine (NEAT, the Network of East Asian Think Tank) et la Corée du Sud (EAF, the East Asia Forum). Depuis le 1er janvier 2010, la Chine et l’Asean (sigle anglais pour Association des nations du Sud-Est asiatique) ont lancé la plus grande zone de libre-échange au monde, à laquelle se sont joints la Corée, le Japon, l’Australie et la Nouvelle-Zélande.

L'Accord de libre-échange nord-américain, connu sous l'acronyme ALÉNA (en anglais, North American Free Trade Agreement, NAFTA ; en espagnol, Tratado de Libre Comercio de América del Norte, TLCAN), est un traité entré en vigueur le 1er janvier 1994, qui institue une zone de libre-échange entre les États-Unis, le Canada et le Mexique, et couvrant environ 480 millions d'habitants. Une étape supplémentaire d’union Nord-américaine a été lancée en mars 2005 au Texas (Waco) entre les chefs d’État états-unien, canadien et mexicain dans le cadre du PSP (Partenariat pour la Sécurité et la prospérité) pour l’instauration d’un périmètre politique, économique et militaire unifié entre les trois Etats. Une unité monétaire doit remplacer le dollar US et canadien ainsi que le peso mexicain.


La zone de libre-échange des Amériques - ZLÉA - (en anglais FTAA) est un projet d'une communauté économique qui aurait pu succéder à l'ALÉNA, fortement poussé par le gouvernement des États-Unis. Il prévoyait la suppression des droits de douanes sur plusieurs types de produits, notamment des produits manufacturés et agroalimentaires. Il devait englober 34 pays, soit toute l'Amérique excepté Cuba, la France (DROM), le Royaume-Uni et les Pays-Bas.

Vivement critiqué, essentiellement en Amérique du Sud, par des associations, des syndicats et des partis politiques pour ses conséquences sociales très négatives, et en dépit de l'adoption en 2005 par le Congrès américain de l'ALÉAC (Accord de libre-échange d'Amérique centrale), étape dans le processus de la ZLÉA, il a été abandonné en 2009 par l'administration Obama.

L'accord économique et commercial global (AECG) ou Comprehensive Economic and Trade Agreement (CETA) est le traité établi entre le Canada et l'Union européenne, signé le 30 octobre 2016 avant ratification par les parlements respectifs (vingt-huit pour l'Union européenne). Une clause prévoit qu'en cas de rejet par l'un des parlements des États membres, l'accord s'applique provisoirement durant trois années. Cet accord se veut être la grande porte d'entrée pour les Amériques, ainsi qu'une voie de passage pour les entreprises qui veulent investir au Canada tout en ayant un accès à l'Europe, cherchant à augmenter de 25 % les échanges commerciaux des biens et services entre les deux parties. Il supprime notamment les droits de douane sur 98 % des produits échangés entre les deux zones, expliquant qu'il est vivement critiqué en France par les agriculteurs et des ONG qui craignent une concurrence déloyale ainsi qu’un risque sanitaire pour l’Europe, le Canada n’ayant pas des normes aussi strictes que le Vieux Continent en matière notamment de viandes.

A ces différentes briques du puzzle mondialiste se rajoute le World Trade Organization - l'Organisation mondiale du commerce - (OMC), créé en 1995 pour jongler avec la dépendance envers le système économique mondial. Comment ? En obligeant les pays à faire disparaitre leurs barrières aux importations par le pouvoir d'imposer des amendes colossales aux pays refusant d'ouvrir leurs marchés selon ses exigences...

L'immigration provoquée

C'est par définition le sujet qui fâche et déchaîne la sensiblerie des bonnes âmes humanistes. Au-delà des grossières réactions épidermiques à caractère raciste et xénophobe, condamnables avec la plus grande fermeté, il faut comprendre la responsabilité des élites institutionnelles de droite comme de gauche dans l'organisation volontaire de ce capharnaüm lié à l'afflux de populations multiculturelles. Il participe d'un des plus forts leviers de destruction du sentiment d'appartenance à une nation, s'étalant sur plusieurs générations, et ouvrant la voie à un gouvernement mondialiste. Il s'agit de faire perdre au natif de telle ou telle culture la trame incontestée qui le constitue, brouillant le concept de " nation " et réduisant sa capacité à en défendre la souveraineté. En focalisant le débat sur les bons sentiments, la culpabilité, et la qualification accusatoire de racisme de ceux qui la combattent, le système dévoyé crée une situation d'enlisement et de division propice à la réalisation de son objectif. Ainsi la montée en puissance de l'anti-islamisme fait partie de cette mécanique infernale, le financement des terrains de combats entre musulmans présentant l'avantage double de les diviser et de provoquer une immigration massive vers des terres d'accueil plus hospitalières ... et de contribuer par là-même à la poursuite de la division sur un nouveau terrain. C'est tout " l'art " de faire s'affronter deux camps réciproquement exploités...

Le thème de l'esclavagisme est assez représentatif du débat enflammé. Pourtant, en (re)lisant l'ouvrage de l'anthropologue Tidiane N’Diaye, Génocide voilé, nous y verrions que le rôle du monde arabo-musulman a été bien pire depuis des siècles que la traite transatlantique pour les Africains. C'est pourquoi la repentance pour l’esclavage d’hier ne doit pas faire oublier l’esclavagisme d’aujourd’hui, celui de la Libye avec ses marchés aux esclaves à ciel ouvert ou celui de quelques " gentilles " pétromonarchies dans lesquelles les passeports sont confisqués et qui réduisent en esclavage des pauvres bougres par milliers. Mais il est vrai que ces pays ont l’amabilité de nous acheter beaucoup d’armement, de financer quelques campagnes électorales, ou d’acheter nos tous aussi aimables politiciens et journalistes de tous les bords avec des liasses épaisses de billets. Quant à la néo-colonisation chinoise en Afrique, ses artificiers n'y vont pas avec le dos de leurs petites baguettes ! La morale à géométrie variable, comme les ailes de nos mirages de nos bien-pensants, s’arrête là où commencent les intérêts de nos grandes multinationales.

Vouloir régler ce problème nécessite de sortir des postures émotionnelles, et ce pour regarder sans fard la réalité, telle qu’elle est. Et la réalité, c’est que le monde reste profondément cruel et dur, dangereux, compliqué et violent, la voie de sa sortie ne résidant nullement dans les chimères des luttes collectives qui ne font que le nourrir et l'entretenir tel quel * !

* Cf. Fabrication de l'illusion et voie de sortie & Libération émotionnelle.

Expansion territoriale : le cas ukrainien

Pourquoi une guerre en Ukraine qui a fait depuis le début des événements plus de 10.000 victimes ? Cette guerre fratricide ukrainienne n’a évidemment aucun sens, comme beaucoup de conflits qui sont le résultat d’enjeux et de lutte de pouvoir qui dépassent généralement les peuples qui les subissent. L’Ukraine est sur une faille entre deux plaques tectoniques, l'européenne d’un côté et la russe de l’autre. La volonté farouche d'extension, appuyée par  son bras armé l’Otan, jette son dévolu pour mener une expansion occidentale ayant pour objectif l’accaparement de ressources indispensables à la croissance économique. Toutes les guerres sont des guerres pour l'accès aux ressources, quoi qu'en dise la propagande qui cherche à en justifier la noblesse libératrice au nom des droits de l'homme. Afghanistan, Irak, Libye ... autant de terrains d'investigation privilégiés pour leurs richesses. L'Ukraine est riche de pétrole et de gaz de schiste. Qui plus est, géographiquement collée à la Russie, sa position stratégique est majeure pour les forces de l’Otan. Elle a enfin toujours été un grenier à blé.

Le système économique mondial établi a besoin de croissance économique, nécessaire pour masquer sa fragilité, celle de la dette, colossale, reposant uniquement sur des promesses futures d’enrichissement et de création de richesses. Le besoin est alors impérieux en ressources naturelles abondantes et peu coûteuses. Or toutes ces ressources se raréfient de façon dramatique depuis une vingtaine d’années, ce qui conduit à générer des guerres et des conflits incessants et violents. Le conflit ukrainien ne pourra trouver de résolution définitive que sur la base d'un accord diplomatique entre géants, la Russie et l’Amérique, et leur volonté à partager les ressources de façon équitable.

 

" Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots ".

Martin Luther King

 

L’édification de l’assemblée parlementaire mondiale

La ratification du Traité de Lisbonne par les 27 États européens le 1er décembre 2009 et les élections d’Herman van Rompuy (photo 1) à la présidence du Conseil européen et de la baronne britannique Catherine Margaret Ashton (photo 2) comme Haut-représentant de l’Union pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité, marquent un tournant décisif dans les ambitions mondialistes. L’Union européenne (l’UE) se voit ainsi dotée d’un visage politique et d’une " courroie de transmission " sous contrôle. Dotée de la personnalité juridique et d’une complète primauté du droit européen sur le droit national, elle peut prétendre à devenir un acteur majeur de la scène internationale, même si de nouveaux réglages s’avèrent nécessaires afin de véritablement asseoir cette union régionale.

En effet, il existe des rivalités entre le président du Conseil européen (van Rompuy, remplacé depuis 2014 par le polonais Donald Tusk - photo 3 - puis par l'italien David Sassoli *² - photo 4), le président de la Commission européenne (José Manuel Durão Barroso * - photo 5 -, remplacé depuis par le luxembourgeois Jean-Claude Juncker - photo 6 -, et depuis le 2 juillet 2019 (entériné le 16 juillet) par l'allemande Ursula von der Leyen - photo 7) et la présidence tournante de six mois.

* Recruté en 2016 par Goldman Sachs au lendemain du Brexit, l’avis non contraignant du comité d’éthique de l’UE considérant qu’il n’a pas violé les règles " d’intégrité et de réserve " ….

David Maria Sassoli est un journaliste et un homme politique italien. Ancien présentateur de l'édition de 20 heures sur Rai Uno, il a été élu vice-président du Parlement européen le 1ᵉʳ juillet 2014, puis président le 3 juillet 2019.

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Ce nouveau degré de la vocation mondialiste de l’Union européenne ne peut se faire contrairement à ce qu’elle proclame dans une complète indépendance par rapport au reste du monde, tant ses élites " européistes " aux commandes sont soutenues par l’oligarchie financière et les intérêts anglo-saxons, qui plus est avec la bénédiction de l’Église romaine. Elle s’inscrit dans l’objectif défini de création d’une assemblée unique *, " l’Assemblée parlementaire des Nations Unies " (l’APNU), suite logique des rêves d’unification du monde défendue par ses théoriciens. C’est la reconstitution de la grande Babel, le rêve de grandeur démesurée de Nimrod, le chasseur rebelle à l’Éternel. Sa célèbre Tour n'est d'ailleurs pas sans trouver quelques ressemblances avec celle du Parlement européen (Cf. images). Clin d’œil du hasard ou signature explicite ? ...

* L’idée avait été évoquée à la Société des Nations dans les années 1920 et à nouveau après la Seconde Guerre mondiale en 1945, mais est restée en sommeil durant la guerre froide.


Une Église catholique au service

Le concept défendu depuis 2000 ans par l’Église romaine s’appuie sur la primauté de Dieu sur l’homme, les saintes Écritures et la Tradition en en constituant le socle intouchable, le dépôt de la foi selon les termes consacrés, définies par le successeur de saint Pierre, le pape. Ce principe est immuable. Un changement fondamental s’est cependant produit avec le concile Vatican II (1962-1965), résultat d’un long courant de réflexions menées depuis le XIX° siècle. Après un long combat entre les défenseurs de la Tradition et les progressistes, ces derniers ont imposé leur vision lors de la grande réforme de Vatican II. Pour ces partisans, il s’agissait d’adapter l’Église aux multiples innovations politiques, techniques et sociales marquant l’évolution du monde. Pour les défenseurs de la Tradition, c’est tout l’inverse. Cette humanisation de l’Église aux "réalités" du monde moderne, tout particulièrement scientifiques et techniques, passe par la promotion des droits de l’homme, sa collaboration avec les instances internationales étant clairement affichées en 1963 dans l’encyclique du pape Jean XXIII, Pacem in terris. Ce document ajoute, dans cette logique, que "De nos jours, le bien commun universel pose des problèmes de dimensions mondiales. Ils ne peuvent être résolus que par une autorité publique dont le pouvoir, la constitution et les moyens d’action prennent eux aussi des dimensions mondiales et qui puisse exercer son action sur toute l’étendue de la terre. C’est donc l’ordre moral lui-même qui exige la constitution d’une autorité publique de compétence universelle ". Souhaitant que ce "pouvoir supranational ou mondial" ne soit pas instauré de force, l’encyclique approuve la Déclaration des droits de l’homme signées en décembre 1948 par les 58 pays membres constituant alors l’Assemblée générale des Nations unies, en dehors de quelques objections. Elle ajoute que " Nous considérons cette Déclaration comme un pas vers l’établissement d’une organisation juridico-politique de la communauté mondiale ". Ce changement de direction de l’Église catholique est depuis la ligne directrice de tous les papes, Benoît XVI encourageant lors de son message de Noël en 2005 les hommes à s’engager " dans l’édification d’un nouvel ordre mondial ". Il avait de même appelé à l’instauration d’une " autorité politique mondiale " dans son encyclique Veritas in caritate en juillet 2009. Rappelant l’interdépendance mondiale, il soulignait " l’urgence de la réforme de l’Organisation des Nations Unies comme celle de l’architecture économique et financière internationale en vue de donner une réalité concrète au concept de famille des nations (…) " ...

S'il y a un impératif pour une institution au service du peuple, c'est d'instruire celui-ci sur la chose monétaire, sur la chose financière, en lui montrant en quoi l'activité monétaire est au centre du système et constitue un enjeu politique de degré supérieur comme vrai nerf de la guerre. En effet, l'argent, la monnaie, la finance représentent l'outil suprême de toute politique, soit pour contribuer à l'ordre social, soit pour le dégrader et le pourrir. C'est de tout temps ce qui a autorisé l'exercice de la souveraineté nationale, aussi bien vis-à-vis de l'intérieur que de l'extérieur, déclinée sous les angles politique, social, culturel, militaire, géopolitique. C'est pourquoi les gouvernements élus, soucieux de respecter le mandat conféré par la souveraineté populaire, devraient veiller à ce que les banques centrales mènent des politiques neutres, et non commettent des abus de pouvoirs. Autrement dit, la monnaie est moins une affaire de technicité que de sagesse, d'intégrité et de probité. C'est la raison pour laquelle a été établie depuis longtemps une monnaie objective, l'or, comme étalon général universel du couple marchandises et travail.

La réalité est que les relations entre les banques centrales et leur environnement sont fondées sur un mythe, lequel repose sur des mensonges destinés à obscurcir, non à clarifier. C'est ainsi que pour devenir maîtres du monde, les banquiers centraux se sont protégés par tout un paravent de vocabulaire, techniques et codes secrets mathématiques, qui constituent autant de camps retranchés qui les protègent du public et de ses représentants. Diaboliquement " sacralisé ", ce paravent se nomme domaine réservé. Il en découle tout naturellement une dérive flagrante, qui voit la Banque centrale européenne lever l'impôt, distribuer des subventions, punir les gouvernements et par-là même les citoyens qui ne marchent pas droit. Et, tout aussi logiquement, les gouvernements sont complices des dérives des banquiers centraux, n'exerçant pas le droit de contrôle que la souveraineté nationale devrait leur imposer d'exercer. Soit par incompétence et ignorance de la chose monétaire. Soit par dépendance aux banques centrales qui financent leurs dépenses excessives et leurs déficits. Soit parce qu'ils sont les laquais des dominants, lesquels contrôlent les banques centrales.

Tout le contraire d'une démocratie, qui ne peut accepter que les banquiers centraux s'affranchissent des règles de l'orthodoxie monétaire sans mandat explicite et sans engager leur responsabilité. En d'autres termes, de contribuer à une politique monétaire qui n'a aucun effet dans monde réel, l'argent restant dans l'imaginaire que constituent la finance et les marchés financiers fonctionnant sur la base de théories économiques idéologiques fondées sur la demande et des anticipations soi-disant rationnelles, autrement dit constitutives du refuge de leur logique prédatrice... Il en résulte par cette disjonction que la sphère de la finance est beaucoup trop grosse par rapport à la sphère réelle. Elle s'en est détachée, elle a pris son autonomie, elle est maintenant un monde imaginaire. La réconciliation est devenue impossible, sauf à courir le risque d'une crise encore plus importante que celle que l'on cherche à éviter.

Cf. en complément le livre de l'investisseur, écrivain, économiste américain George Franklin Gilder The Scandal of Money (" Le scandale de la monnaie ").

 

La centralisation européenne des banques centrales

L'organisation démocratique du système de régulation monétaire et financière de l'Union euroépenne, de type parlementaire, est purement formelle. Il est sous contrôle du groupe économique dominant, l'oligarchie ou ploutocratie financière, qui a organisé le système des banques centrales sur le modèle de la Réserve fédérale américaine. C'est ainsi que le Système européen de banques centrales (SEBC) est composé de la Banque centrale européenne (BCE) et du réseau des 28 banques centrales nationales (BCN) des États membres de l'Union européenne (UE). Structurellement indépendant des gouvernements politiques des Etats, il obéit au contrôle capitalistique bancaire. Dominé par la Bundesbank (Buba), la banque centrale allemande, celle-ci représente dans une large mesure les mêmes intérêts que ceux de la Fed américaine, servant  d'intermédiaire aux volontés oligarchiques en matière financière au même titre que le gouvernement allemand * sert, en Union européenne, de courroie de transmission pour les directives oligarchiques lorsque celles-ci nécessitent la mise en œuvre d'un processus législatif.

Quant aux statuts de la BRI (Cf. précédemment), ils ont servi de modèle à la création du Mécanisme européen de stabilité (MES), apparu en 2012, héritier de ce fait dans son rôle de négation de l'aspect politique et organisationnel du rôle de l'Etat.

* Le rôle fondamental joué par l'Allemagne dans le processus oligarchique s'explique par le poids de l'histoire et les imbrications capitalistiques germano-anglo-saxonnes du début du XXème siècle. Il s'explique également depuis la Deuxième guerre mondiale tant par la récupération des élites militaires nazies par le système financiaro-politique américain (CIA, NASA) que par la domination militaire du territoire allemand par les armées américaines.

Filiation et accointances bancaires

Des responsables de la Banque Centrale Européenne (BCE), principale institution monétaire de l'Union, dont son président l'italien Mario Draghi (photo), sont accusés d'être trop proches des banques par l’ONG bruxelloise Corporate Europe Observatory. Une enquête s’est ouverte en janvier 2017 pour en vérifier la teneur par la Médiatrice européenne, Emily O'Reilly. Sa double casquette en tant que président de la BCE et son appartenance au Groupe des Trente (G30), un forum international qui réunit quelques-uns des principaux dirigeants du secteur financier, pose problème. En l'occurrence, les informations transmises lors des rencontres du G30 échappent à tout contrôle, et ce de façon contraire à l'indispensable transparence démocratique d'institutions s'en prévalant. Ce G30 réunit les gouverneurs des banques centrales du Japon, de Chine, du Royaume-Uni, d’anciens banquiers centraux comme Ben Bernanke (Réserve fédérale américaine) ou Jean-Claude Trichet (Banque de France), des économistes de haut niveau, comme l’Américain Kenneth Rogoff, mais aussi des présidents d’établissements privés, tels que JP Morgan et UBS, ce dernier étant poursuivi pour avoir sollicité des grandes fortunes, françaises notamment, à travers la mise en place à grande échelle d'un système présumé d’évasion fiscale à leur intention. La banque états-unienne JP Morgan est quant à elle soupçonnée d'avoir développé des outils permettant à la Grèce, lors de son entrée dans la zone euro, d'emprunter tout en dissimulant l'ampleur de sa dette.

Le passé de Mario Draghi au sein de Goldman Sachs entre 2002 et 2005, à une époque où la banque américaine aidait elle aussi la Grèce à maquiller ses comptes, instille en effet le doute. Pourtant, à y regarder de près, les " maîtres de l’Europe" disposés aux quatre coins de son échiquier viennent tous de la même école, comme salariés ou consultants : le belge Karel van Miert, l’allemand Otmar Issing, l’irlandais Peter Sutherland, le portugais Antonio Borges (1949/2013), l’italien Mario Monti * (ex-commissaire européen au marché intérieur), les grecs Lucas Papademos (ex vice-président de la BCE) et Petros Christodoulou (ex responsable de l’agence de la dette grecque). Cette consanguinité ne peut en aucune façon garantir l’indépendance de l’Union dans la défense objective de ses intérêts. Qui plus est, elle ne fait qu'entretenir leur incompétence, Trichet comme Draghi n'ayant eu de cesse pendant leur gouvernance d'allumer l’incendie par le déversement inconséquent de tombereaux de liquidités. Leurs promesses de redressement économique masquent la réalité, celle d'un coup d’Etat, de prise de pouvoir politique, tout comme celle de leurs " ancêtres " des années 1920 avec la FED américaine... C'est ainsi que, l’acte final de Draghi ayant été de relancer le QE (Quantitative Easing) et de promettre des taux d’intérêt encore plus bas que ceux que nous avons déjà, il laisse à sa successeure Christine Lagarde un désastre total, avec probablement encore plus de taux négatifs, une BCE divisée, un corps social européen clivé, émietté, une situation politique calamiteuse et aucune perspective crédible. La vérité qui s’impose pour les élites est qu’il faut maintenant à tout prix lutter contre la propagation du populisme, et rétablir une certaine croissance et une certaine justice, un semblant de démocratie... Mais comment le faire quand les seules armes dont on dispose sont précisément celles qui ont produit ce contre quoi on veut lutter ? L’impasse est totale, et l’observer conduit à un jugement d’impossible.

* En septembre 2010, il a participé à la création du Groupe Spinelli, un groupe interparlementaire au sein du Parlement européen visant à relancer l'idée d'une Union européenne fédérale.

De la croissance négative aux taux négatifs, le mal monétaire

Christine Lagarde, ancienne ministre de l’économie française sous la présidence de Nicolas Sarkozy (2007-2011), et jusqu'alors en charge du Fonds Monétaire International, toute auréolée de son colossal bide/échec dans le redressement de l'économie argentine, est appelée à succèder à Mario Draghi fin octobre 2019 suite à sa désignation par les 28 Chefs d'Etat de l'Union européenne début juillet. Cette avocate de formation, qui n’est ni économiste ni banquière centrale, se retrouve ainsi au poste de grand argentier de la zone euro, sa véritable clé de voûte.

" Politique " et non technicienne, elle est le choix privilégié de l'influence anglo-saxonne d'une partie des élites européennes au détriment de celles privilégiant l'influence allemande, moins conciliantes avec le renflouement des nombreuses institutions financières européennes qui ont failli de leur gestion calamiteuse.

Elle est l'inventeuse du concept de " croissance négative ", qui depuis a essaimé avec les taux négatifs, ces derniers étant apparus dans les années 1970 en Suisse, au moment où la Banque nationale suisse a tenté de dévaluer le franc suisse alors que les investisseurs fuyaient le dollar américain et se précipitaient sur les dépôts des banques suisses (la Suisse a commencé " à faire payer " le privilège de détenir des francs suisses sous forme de taux négatifs). Autrement dit, elle va présider aux destinées monétaires de la zone euro et de ses taux négatifs censés permettre une croissance négative, dans le cadre d'une politique de relance d’un côté et d’austérité de l’autre ! Abracadabrantesque ? Certainement pas pour les investisseurs obligataires, qui se réjouissent de sa nomination, à même de prolonger l’ère de l’assouplissement de la politique monétaire. Et comment va-t-elle s'y prendre ? En monétisant, c'est-à-dire en créant de la monnaie destinée à racheter des obligations " pourries " émises par des États en faillite dans la continuité de son prédécesseur Mario Draghi *. Y-a-t'il un autre choix ? Non, et c'est bien ce qui conduit, doucement et sûrement, à l'effondrement à terme de ce système financier, plus exactement monétaire, totalement vicié, qui conduit inéluctablement à l'insolvabilité de nombre d’acteurs économiques. La dette à rendement négatif est bel et bien le vrai indicateur de stress du système, qui prouve que cela va mal en profondeur, dans les caves, dans les soutes, dans la tuyauterie. La bulle de crédit, la bulle des marchés, actions, obligations, fonds d'Etat... cette bulle n'est que le symptôme, la manifestation du mal fondamental, le mal monétaire. Il découle de la politique menée tant par la Réserve fédérale américaine que par la Banque centrale européenne, qui, par l'abandon du resserrement de leurs politiques monétaires, montre qu'elles ont échoué pendant 10 ans à essayer de remettre les économies sur les bons rails de la croissance saine, équilibrée, auto-entretenue. Car s'il faut baisser les taux, c'est que cela va mal, et que l'on craint que cela aille encore plus mal. La baisse des taux signifie clairement attention danger !

Les taux négatifs ne sont pas une donnée économique ou financière. Ils sont politiques, c'est-à-dire le fruit d'un rapport de forces continu qui a détruit la valeur de l'acte d'épargner, autrement dit qui a détruit le pouvoir des épargnants et des classes moyennes au profit des banquiers et des gouvernements inféodés *². On se retrouve en raccourci devant le problème de toute la stimulation de la période post-crise, à savoir que les cadeaux monétaires produisent un effet immédiat, puissant, haussier sur les prix des actifs financiers... mais un effet retardé, faible et de courte durée sur les économies réelles dans leurs fondements premiers, non virtuels. Autrement dit, l'érosion de la profitabilité du capital total a accru la tentative d'y pallier par la production de dettes et de crédit pour compenser l'insuffisance des cash-flows gagnés aussi bien par les entreprises que par les gouvernements et par les ménages consommateurs. Cela a pour conséquence d’ancrer la divergence entre d’une part l’évolution des marchés, en hausse rapide et cumulative, et d’autre part l’évolution de la sphère réelle, médiocre, peu vigoureuse.

Depuis la crise de 2007, il n'y a jamais eu de véritable reprise, rien que des illusions, créées par le voile monétaire. Quant à la hausse des bourses, elle est un leurre, qui pointe l'enfoncement dans la crise, non la sortie : il faut sans cesse baisser les taux, créer des liquidités afin de sauver les apparences, et c'est la baisse des taux et la production de liquidités qui, en se précipitant sur les marchés financiers, donnent l'impression de reprise. Démocratie imparfaite diriez-vous ? Non, ploutocratie prédatrice !

* Ses efforts pour préserver l'euro ont débouché sur un programme de " quantitative easing " (rachat massif des titres de dettes aux acteurs financiers, notamment des bons du trésor ou des obligations d'entreprise) gigantesque et une accumulation massive de dette souveraine dans le bilan de la BCE, qui ne trouve aucun acheteur aux taux actuels. Or l'assouplissement monétaire par achats de ces titres à long terme est en réalité un simple échange d'actifs (des titres du Trésor contre de la monnaie de base devant être conservée jusqu'à la vente des obligations et leur retrait du portefeuille mondial), dans lequel la monnaie est un actif financier à maturité zéro et à rendement nul... Autrement dit de l'argent zombie !

Les plus gros consommateurs de dettes, " victimes " des efforts des banques centrales pour leur faire avaler les actifs les plus risqués au monde, sont les fonds de pension du monde entier, nourris de force avec les vis sans fin des instruments idiots produits par les meilleures/pires théories universitaires des banques centrales.

 

La FED américaine, ou la médecine économique dévoyée

Les injonctions massives de liquidités journalières par la FED (presque 104 milliards de dollars en octobre 2019), sous l'impulsion de son actuel président l'avocat et banquier d'affaires Jerome Powel (depuis 2018), constituent une dose d’injection de morphine délivrée aux marchés, et ce pour couvrir le déficit budgétaire de l'Etat américain (1 200 milliards de dollars en 2019, soit globalement 7 % du PIB). Pour ce faire, le trésor américain émet des " obligations ", c’est-à-dire un titre de dettes que viennent acheter des investisseurs qui versent à l’Etat américain la somme correspondante. En échange, l’Etat américain donne 2 % pendant 30 ans tous les ans. Or ce principe général jusqu'alors usité ne fonctionne plus vraiment, les investisseurs habituels se faisant plus rares, comme la Chine compte-tenu des tensions commerciales avec l'Oncle Sam, le Japon dont la population vieillit, les Saoudiens et autres émirats compte-tenu de la concurrence avec les Etats-Unis devenus le plus gros producteur avec les gaz et pétrole de schiste. La FED se trouvant avec des fins de mois difficiles, elle n'a pas d'autre choix que d'injecter massivement des liquidités afin d'éviter que le prix de l’argent ne monte !

Le grand mythe qui soutient tout ce système est bel et bien celui de la toute-puissance et de l'omniscience des banquiers centraux, qui ne font que s'empêtrer dans les mystères qu'ils prétendent gérer. Et cela, jour après jour, fissure le socle de leur crédibilité, rompant la confiance jusqu'alors qui leur était accordée, et par-là même de la conviction sinon la certitude qu'ils maîtrisent de leur art. Il en est ainsi des assouplissements quantitatifs (dits QE - Quantitative Easing), qui ne consistent nullement en impression monétaire, mais en simple échange (swap) de liquidités qui ne rapportent rien dans la mesure où il s'agit de prendre, de retirer des bons du Trésor du système et de les échanger contre des réserves bancaires... On sait désormais que cela ne produit pas d'inflation, simplement un appétit pour le jeu des actifs financiers. Il en est ainsi de la " patte humaine " cachée derrière toute science, en l'occurrence économique. C'est pourquoi, comme on ne peut plus faire semblant de ne pas savoir, la vague de défiance et de scepticisme à l'encontre de la politique des banques centrales va continuer à grimper, ses " secrets " jusqu'alors cachés étant inéluctablement appelés à être révélés !

 

A la croisée des chemins

La subtilité de l'édifice pas à pas construit est que la " corporatocratie " établie ne veut pas d’Europe unie, simplement d'une Europe circonscrite dans un canevas sous contrôle. Si la monnaie unique facilite l'uniformisation structurelle et garantit l'ouverture libre-échangiste des marchés, il est pour autant nécessaire d'éviter des règles et des régulations standardisées. En effet, la diversité des lois fiscales, certaines beaucoup plus clémentes que d'autres, ainsi que la diversité des lois sociales et environnementales, certaines beaucoup plus indulgentes que d'autres, permettent de préserver l'apparence tant du jeu démocratique que celui de la division, soit l'art de la manipulation et de la dissimulation. L'intérêt est le maintien des paradis fiscaux, et c'est pourquoi une Europe trop forte serait également trop contraignante.

Le plan imaginé, en dépit de soubresauts divers, semblait parfaitement sur rails, jusqu’à la tragédie inattendue du référendum sur l'appartenance du Royaume-Uni à l'Union européenne ayant eu lieu le 23 juin 2016, 18,4 millions de britanniques (51,84 % des votants) se prononçant pour un " Brexit ". Il est suivi quelques mois plus tard par la désignation toute aussi inattendue du candidat républicain transgresseur et " anti-système " Donald Trump au scrutin de 8 novembre 2016 pour la présidence des États-Unis, qui se positionne vigoureusement contre la vision mondialiste de la gouvernance du monde et de son économie débridée, et en faveur d’une équité dans le libéralisme et le libre-échangisme *. Dans les deux cas de figure, et en dépit du carnage économique constaté, l’ensemble des médias " mainstream " et leurs experts mondialistes invités n’ont eu de cesse de contester ces deux résultats, rappelant par là-même à quelques courageuses exceptions leur quasi-silence " pudique " lors du vol des choix démocratiques français et néerlandais de 2005. Il n'y a visiblement pas matière à s’interroger sur le pourquoi de professions - politiciens et journalistes - apparaissant tant déconsidérées aux yeux de l’opinion. Il n'est pourtant pas inutile de rappeler que le libre-échange a été mis en cause par divers grands économistes, de John Keynes à Paul Krugman et Dani Rodrick. L’idée que le libre-échange produit un bien-être généralisé a été battue en brèche à de nombreuses reprises. En réalité, le libre-échange est la cause de bien des inégalités au sein des pays développés, mais aussi du chômage et de la destruction des droits économiques et sociaux acquis, souvent à la suite de difficiles luttes. Sans oublier que ce cocktail culturel artificiel est formulé pour faire fondre la diversité, richesse première du patrimoine de l'humanité.

* Dès sa prise de fonction en janvier 2017, il signe une ordonnance retirant son pays de l'accord de libre-échange TPP négocié pendant des années par l'ancien président Barak Obama qui liait les États-Unis à 11 pays de la région Asie-Pacifique, ainsi que de l'Aléna, l'accord de libre-échange entre les États-Unis, le Canada et le Mexique.

" Salutaire " transgression

La désignation de Donald Trump en novembre 2016 s'est accompagnée d'une vague d'indignation quasi planétaire sur un choix perçu comme catastrophique à bien des égards, faisant quasiment passer son adversaire démocrate Hillary Clinton pour sainte, ce qui ne manque pas de sel lorsque l'observateur avisé connaît l'affairisme maladif de cette famille élitiste et son dévoiement institutionnel comme moral. Le milliardaire Trump n'est un parangon ni de vertu, ni d'exemplarité dans la conduite de ses affaires. Là n'est pas l'essentiel. C'est un transgresseur d'un système à bout de souffle, miné par des turpitudes d'une telle ampleur que leur révélation progressive créera une onde de choc salutaire dans les consciences trop nombreuses endormies. A l'instar d'autres transgresseurs de l'histoire il est là pour contribuer à un changement profond dans le fonctionnement de la civilisation humaine. Alexandre le Grand, César, Napoléon, Lénine, Staline, Hitler, Mao, Castro ... n'étaient pas tous là pour le bienfait de l'humanité *, quoi qu'ils pussent le proclamer dans leurs discours enflammés. Ils étaient là pour accomplir leur part de destinée, conjuguant intérêt personnel - l'exercice du pouvoir - et la réalisation d'une vision collective, nécessaire à cet instant précis de l'Histoire, et raison d'être de leur mission de vie. Il n'y a que les incultes sceptiques qui s'imaginent que la vie est une succession de hasards traçant leur route de façon linéaire vers le futur.

Pas plus Trump que chacun d'eux n'a vocation à être le sauveur du monde. Celui-ci ne se bâtit qu'à travers la conscience présente des hommes et des femmes, effet miroir de son état. Nous avons les Donald, Hillary, Fidel, Adolphe, Napoléon et consorts qui correspondent à notre état intérieur, et le moins que l'on puisse dire c'est que nous avons encore à évoluer. Simplement un nouveau palier de l'histoire de la conscience humaine s'établit, passant comme à chaque fois par des secousses s'apparentant à une forme de chaos et préalables à une nouvelle page qui va s'écrire. Il y a toujours à cet égard un " transgresseur " qui l'incarne, et comme nous avons été incapables de retenir les leçons du plus grand transgresseur venu nous enseigner,  " Jésus le Christ ", quelle que soit la véracité de son histoire *², nous continuons à composer avec d'autres qui font en l'état de leurs possibilités.

Ils sont de ce fait les produits du système établi, du sérail. En l'occurrence, c'est un milliardaire, représentant la caste au pouvoir, qui l'incarne, son élection étant le fruit de l'appui octroyé en grande partie par l'industrie financière grâce à l'intermédiation de Cambridge Analytica, la société financée par l'homme d'affaires américain Robert Mercer, co-CEO du hedge fund Renaissance Technologies, et dirigée à l'époque par l'homme d’affaires, dirigeant de médias, réalisateur et producteur de cinéma Steve Bannon qui deviendra son conseiller en 2017. Il ne pouvait en être autrement, tellement le système est verrouillé pour empêcher son changement.

Alors, qu'il soit honni ou vilipendé n'a rien d'étonnant, aussi bien par les zélés thuriféraires institutionnels que par une opinion entretenue dans la peur et l'ignorance. A une autre échelle, la percée d'Emmanuel Macron dans l'échiquier politique français s'est inscrit dans la même trajectoire. Bien sûr que lui aussi est le fruit du système établi. Mais lui aussi va accompagner une incontournable transgression nécessaire au vu de l'usure du système et de ses élites " représentatives ".

* Jules César a été une exception.

Cf. Mythe, dogme et autres mystifications religieuses.

Comme exposé dans l'image ci-dessus, le système établi ne fait qu'utiliser les principes d'architecture du fonctionnement des éléments et de l'énergie créatrice au sein de l'univers *, connue et prisée dans tous les cercles ésotériques initiatiques. Il combine la forme triangulaire de la pyramide, le système patriarcal asservisseur qui diffuse par le haut de sa pointe (la tête du système) sa vision du monde vers le bas. Pour donner pleine force à cette structuration, un second triangle inversé s'entrecroise, ce qui aboutit à une architecture complète à 360 °, sous forme d'étoile dite Sceau de Salomon ou Étoile de David *². Par la force énergétique mise en œuvre, cette géométrie créatrice dans l'univers peut soit servir une vision lumineuse de l'humanité, soit à l'inverse contribuer à l'asservir *³.

Chacun(e) considérera en son âme et conscience à quelle finalité contribue le système pyramidal actuel qui se décline de la manière suivante du haut vers le bas :

. Élite financière globale, comprenant les membres et représentants des familles tenant des réunions échappant à tout contrôle démocratique au sein de groupes fermés comme le CFR, le groupe Bildelberg, la BRI..., dont les décisions et plans d'actions sont ensuite mis en œuvre via leur pénétration dans les instances décisionnelles gouvernementales, publiques et privées.

. Banque des règlements internationaux, banque centrale des banques centrales fonctionnant avec peu de transparence et sans être responsable devant les gouvernements nationaux.

. Banques centrales internationales (Fed, BCE, ...), utilisant la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI) pour faire plus d’argent à travers l'exploitation des ressources des pays notamment du tiers-monde auxquels ils accordent du crédit, les fragilisant dans le processus et permettant aux multinationales étrangères leurs pénétration et expansion.

. Banques centrales nationales (Banque de France, Banque d'Angleterre, Bundesbank ...) dont les banques commerciales sont membres, fixant les taux d’intérêt et déterminant le montant de l’argent en circulation. Elles prêtent également aux gouvernements à intérêt.

. Grandes banques, offrant des prêts aux entreprises à des taux spéciaux leur permettant de faire des affaires.

. " Corporatocratie " par le financement autorisé pour les sociétés privées des campagnes politiques, et la constitution d'influence auprès des politiciens par le lobbying.

. Gouvernements largement financés par l’argent des contribuables (impôt) et l'emprunt auprès de leur banque centrale.

. Individus et toutes autres choses vivantes au sein de la planète.

Cf. Évolution de civilisation 1 - Le mécanisme de l'univers & Fonctionnement de l'architecture du Vivant.

Cf. Symbolisme mathématique - Symbolisme des figures.

*³ Cf. Le modèle pyramidal décodé.

 

Le point de bascule

La fin de la Seconde guerre mondiale a enfanté du système de Bretton Woods, les années 70 de notre système monétaire international actuel, et la crise de 2007 est entrain d'enfanter d’un nouvel ordre monétaire mondial... Petit retour en arrière pour le comprendre.

En 2007 et 2008 c’est la crise dite des " supbrimes " aux Etats-Unis, découlant du fait qu'entre 2001 et 2008, le gouvernement fédéral américain a distribué de l'argent gratuit par la nouvelle idéologie monétaire en vogue, le " créditisme ", pour que des gens qui ne pouvaient pas acheter de l'immobilier puissent en acquérir. Cela devient une terrible crise financière puis boursière mondiale. Lehmann Brothers, la banque d'affaires de référence, s’effondre. C’est le chaos. La crise devient une terrible crise bancaire, qui se transforme en immense crise économique. En Europe, les choses vont de mal en pis. La Grèce, l’Italie, l’Espagne et le Portugal menacent de s’effondrer sous le poids de taux d’intérêts qui explosent à la hausse sous fond de craintes d’insolvabilité de ces États. Les marchés ne veulent plus prêter. Le crédit se grippe. L’économie s’éteint, et l’or, la valeur refuge, explose pour atteindre la barre des 2000 dollars l’once.

Mario Draghi arrive à l’été 2011 à la tête de la Banque centrale européenne et dit sa confiance en l’euro. En Europe et aux États-Unis, la BCE comme la FED font marcher les rotatives (numériques) à plein régime, inondant le monde d’argent et de liquidités, partant du principe qu'un Etat, en l'occurrence les Etats-Unis, ne peut pas faire faillite, puisque c'est lui qui émet l'argent factice. Les taux vont vers 0, puis deviennent même négatifs. L’or ne monte pas *, parce que les banques centrales disent qu’il n’y a pas d’inflation et qu’elles vont finir par normaliser les taux d'intérêt, sortir du non-conventionnel - les " Quantitative Easing " - et que tout redeviendra normal. Mais la montée des taux ne viendra plus. Si les cours de l'or ont pu depuis légèrement augmenter, ils ne peuvent pas exploser à la hausse tant que les marchés pensent que la banque centrale américaine va augmenter ses taux d’intérêt. Mais la FED n’est pas en mesure d’augmenter ses taux de façon significative, sans fracasser le peu de croissance économique actuelle et plonger le monde dans un chaos déflationniste à la 1929, l’insolvabilité généralisée ! Elle ne peut pas cesser sa création monétaire. C'est pourquoi Jerome Powell, l’actuel gouverneur de la FED en 2019, a fini par dire qu’il allait falloir s’habituer à ce que le non-conventionnel deviennent la nouvelle… norme ! Cette crise se terminera donc par une résolution monétaire, celle de la mise en œuvre de nouvelles monnaies, les crypto-monnaies. La seule question désormais est quand.

* Les banques centrales se sont depuis remises à stocker de l'or comme si elles se préparaient déjà à la fin de l'argent " gratuit ". L'or est en effet le seul actif triple A, n'étant la dette de personne. Il appartient au système monétaire international, possède de bonnes propriétés de diversification, et il est bon d'en posséder en cas de baisse du dollar, qui entraîne la hausse de son cours. La Chine, l'Inde et la Russie sont les plus gros acheteurs d'or pour leurs banques centrales.

 

De l'asphyxie des flux

Tout système finit par s'asphyxier lorsque les flux entrant-sortant cessent de fonctionner. Cette loi physique énergétique explique qu'en économie, les joueurs du casino boursier ne peuvent perpétuellement se payer les uns sur les autres. Il leur faut un apport de richesse réelle exogène ! Or lorsque les banques centrales multiplient leurs interventions pour injecter une masse de liquidités monétaires avec pour seul objectif de sauver les spéculateurs en continuant à leur assurer un flux de revenus réguliers et constants quelles que soient les conditions boursières, et faire en sorte que la hausse se prolonge encore un peu, autrement dit en adossant la croissance aux actifs et ceux-ci à la croissance, le système est condamné à s'asphyxier. Elles ne font que créer de la monnaie nationale qui ne rapporte rien, l'inflation du prix des actifs (comme l'immobilier ou les oeuvres d'art) étant considérée comme " une fortune " qui permet de créer encore plus de crédit puisque le pays est de plus en plus "solvable" ! Si jusque-là les stocks d'actifs " solvabilisent " les dettes, les flux eux ne progressent pas, si ce n'est par le refinancement des dettes. Cela marche tant que l'on peut baisser les taux et faire apparaître un intérêt au refinancement. Quand il n'y a plus d'intérêt, le mécanisme stoppe. C'est le grippage, avec toutes ses conséquences...

Nous sommes ainsi parvenus à un point de bascule, qui va ouvrir progressivement les yeux à une opinion anesthésiée par tant d'années de mensonges, manipulations et confiscation de la connaissance par les architectes, géomètres et factotums de cette farce totalitaire. Les contribuables commencent à réaliser que ce sont eux qui sont systématiquement les garants en dernier ressort. Eux et non pas, comme on l'entend trop souvent, leur État ou la Banque Centrale Européenne. Ainsi les contribuables paient pour que Mario Draghi hier, Christine Lagarde désormais, n'encaisse pas de pertes sur son portefeuille d'obligations qui serait mis à mal par les faillites. Si les manœuvres des banquiers centraux n'ont donné aucun résultat palpable dans l'économie réelle - pas d'augmentation du niveau de vie, pas de réduction significative du chômage dans les pays qui le connaissent -, les manœuvres des banquiers centraux ont en revanche fait gonfler des bulles financières et immobilières, et privé les épargnants de rendement. Petit à petit, électeurs, épargnants et contribuables commencent à réaliser qu'ils ont été bernés : l'euro leur a été politiquement imposé par en haut, par une élite qu'ils ont désormais prise en grippe. Les accords de Maastricht qui contenaient les critères de convergence économique ont été pris dans leur dos. La règle des 3% de déficit par rapport au PIB est un non-sens technocratique.

 

L'échec de la stratégie présumée gagnante des banques centrales

Suite à la grave crise des subprimes de 2007, la stratégie proposée par les banques centrales américaine comme européenne pour relancer de manière vertueuse l'économie était la suivante :

- stimulation monétaire, baisse des taux, baisse du coût du capital, investissement, effet de richesse ;

- hausse des prix des actifs en anticipation de la reprise de la croissance ;

- " jeunes pousses " de la croissance auto-entretenue ;

- croissance forte et en " V ", effet de ressort ;

- arrêt des stimulations monétaires ;

- remontée du taux de profit ;

- baisse du risque donc baisse des primes de risques ;

- afflux de capitaux domestiques et étrangers sur le marché financier ;

- soutien justifié, solide, des niveaux de valorisation boursière.

Autrement dit, pas de crise financière, pas de risque de fragilité de la pyramide financière, pas de creusement des inégalités, pas de spoliation de l'économie réelle au profit des marchés financiers. C’était un pari " gagnant-gagnant ", appelé à se rééquilibrer de lui-même. Il a hélas échoué, sur toute la ligne, à l'image de l'échec des politiques monétaires à relancer la croissance que l'économiste Keynes avait découvert lors de la Grande dépression des années 1930 (sa proposition de politique pour mettre fin à la dépression était d'abord articulée autour d'une réduction conventionnelle des taux d'intérêt, puis d'un QE - quantitative easing -, assouplissement quantitatif non-conventionnel), exprimé en 1936 dans son grand ouvrage " La Théorie générale ". Il n’y a pas eu de reprise auto-entretenue, nécessitant de poursuivre les dopages, e qui a fait se creuser un écart considérable, un gouffre entre les valorisations financières et les valorisations fondamentales. Le problème initial de la crise de 2007, qui était un problème d’excès de dettes, s’est trouvé ainsi décuplé ! Reste sur les bras une masse de résidus - capitalisations boursières, actions, obligations et crédit... - et un stock de promesses qu'on ne peut assumer !

 

Le règne du veau d'or

Les grands prêtres de l'ordre nouveau monétaire - les banquiers centraux - donnent le sentiment d'avoir perdu le contrôle de la situation. C'est le fétiche, le signe, le faux symbole, le veau d'or qui commande. Ils ne conduisent plus la situation, ils en sont otages. Ils croient piloter les marchés, passer la laisse à la bête sauvage, mais en pratique ils lui obéissent. La bête les tyrannise, leur impose ses caprices. Ils le font en le niant, en multipliant les récits, qui n'ont qu'un but, tromper, et un résultat, fausser tous les signaux indispensables au fonctionnement d'une vraie économie de marché. Il en résulte l'affolement des boussoles. Ils s'étonnent que les marchés, la réalité, n'obéissent pas à leurs incantations. Ils s'étonnent que la baisse des taux d'intérêts ne produise pas de croissance supplémentaire. Ils donnent l'impression qu'ils sont tout simplement incapables de comprendre que leurs baisses de taux enrichissent ceux qui ont du capital, ceux qui s'endettent, ceux qui ont accès au crédit, c'est-à-dire les riches... et qu'ils privent de revenus les petits, ceux qui économisent pour leurs enfants et leurs retraites. Ils refusent de voir que ce qui gouverne dans le vrai monde, c'est le poids des choses, les causes, et non pas les volontés et les discours.

C'est un problème philosophique, un problème théorique : on ne commande à la nature qu'en lui obéissant. Quand on utilise des théories fausses, on échoue... et quand on échoue, on ment, on accuse les autres, les peuples, les pays étrangers, les sceptiques, ces empêcheurs de tripatouiller en rond. En économie, le passé constitue toujours le prologue, la base sur laquelle le présent et le futur se construisent. En particulier sur les marchés. En dépit de la pensée imbécile de la " nouvelle ère " qui a toujours accompagné les excès de marché précédents, il n'y a presque jamais rien de " nouveau " sur les marchés financiers. Ils évoluent, mais les hommes restent ce qu'ils sont. Ils sont dominés par deux émotions primordiales : la cupidité et la peur, les " esprits animaux " de Keynes *. C'est ainsi que dans les périodes de folie boursière, la pure cupidité pousse les prudents à faire preuve d'imprudence dans l'espoir de tirer parti de l'élan irrésistible qui fait monter de plus en plus le prix des actifs. Ainsi la bulle des technologies (2000), du logement (2007), et la " bulle de tout " actuelle.

Comme la technologie informatique a considérablement accru la volatilité du marché, particulièrement aux extrêmes, les manipulations des démiurges et autres apprentis sorciers ont multiplié des spéculations et les cadeaux tombés du ciel pour la communauté spéculative. La mémoire de la spéculation oblige à sur-stimuler, à sans cesse réinjecter et à doper. Les taux deviennent des jouets dans les mains des apprentis sorciers. Ils s'annulent, deviennent négatifs, on rémunère l'argent... négativement ! Les mathématiques masquent le tout dans un délire de fausse rationalité dont on a perdu l'ancrage. Nous sommes dans l'ère folle des dérivés, moyen de décupler, de multiplier les leviers, les positions spéculatives et les endettements. C'est ainsi que la Deutsche Bank croule sous les dizaines de milliers de milliards de dérivés !

* " Les esprits animaux " est une formule choc que l'économiste anglais Keynes a utilisé dans son ouvrage la Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie paru en 1936. Il y explique pourquoi les marchés financiers ne sont pas efficients, la notion d’esprits animaux - le besoin spontané d'agir - étant pour lui liée à la question de l’investissement. Ceci va à l'encontre de la science économique qui, fondée sur l’hypothèse que les individus sont tout à fait rationnels et omniscients, considère qu’ils ne sont pas influencés par autre chose que les faits et que les probabilités peuvent être considérées elles-mêmes comme des faits...

 

De la stagnation

Les élites (politiques, banques, économistes des médias " mainstream ") essaient depuis quelques années de vendre l'idée qu'il faut se résigner à une stagnation de longue durée, la croissance économique étant durablement ralentie en vertu de causes - " la main invisible du marché " - qui seraient en dehors de toute possibilité d'action. En d'autres termes, la stagnation tomberait du ciel !

Bien évidemment, il ne s'agit que d'une tentative idéologique pour faire oublier les éléments suivants :

- Leur responsabilité de la crise de 2007, dont la stagnation économique est une conséquence, laquelle n'est pas terminée au regard des incessants dopages monétaires exceptionnels appliqués *.

- La cause évidente, soit le surendettement, lié à l'insolvabilité du système.

- La responsabilité des banques, qui ne veulent pas se recapitaliser ni déprécier leurs actifs douteux et leurs activités zombies.

- La responsabilité des politiques monétaires aventureuses, qui ont produit des bulles d'actifs grâce à l'argent trop facile. Si ces politiques étaient supprimées, cela engendrerait le chaos sur les marchés.

- Les bulles d'actifs craqueraient en cas de hausse des taux, en cas de hausse de l'inflation, en cas de vraie reprise économique tout simplement, parce que pour éviter le dérapage, il faudrait en catastrophe resserrer. Ceci oblige les régulateurs à naviguer à vue et à s'opposer à toute reprise franche de l'activité.

Les raisons organiques de la stagnation sont toutefois bien plus profondes que tout cela, liées à la démographie, la productivité, l'humeur sociale dépressive (Cf. le mouvement des Gilets jaunes en France). La stagnation a donc de multiples causes enchevêtrées qui relèvent de domaines différents, sociologie, politique, économie, etc. Autrement dit, elle découle d'un système entièrement vicié dans ses fondations, notamment par l'inflation des marchés financiers, qui est encore plus nocive que l'inflation des prix à la consommation. Elle trompe les entrepreneurs, qui se détournent du dur travail nécessaire pour construire de vraies entreprises et une réelle richesse de long terme pour se consacrer à des plans de richesse instantanée, des rachats d'actions et des arnaques de court terme. Combien d'entreprises feront faillite, combien de ménages perdront leur maison et leur voiture lorsque les taux bas qui les ont poussés à emprunter seront annulés par des taux artificiellement élevés ?

* Quand la situation économique se dégrade, les détenteurs de capitaux préfèrent avoir de l'argent, des liquidités. Non seulement ils n'emploient pas ces liquidités dans l'économie réelle, mais ils fuient le risque, donc les actions et le crédit risqué, considérant que les placements quasi-monétaires type fonds d'Etat sont plus désirables.

 

L'adoption de la règle d'or par chaque pays aurait dû être le préalable à l'euro et non pas des critères abscons, sournoisement distillés dans des traités incompréhensibles et d'ailleurs souvent rejetés. Cette règle énonce simplement que le déficit public n'est pas possible, et qu'il faut taxer avant de dépenser, qu'on redistribue ce que l'on a et non pas ce qu'on pense qu'on aura peut-être dans dix ans ou vingt ans si tout va bien. Ainsi, une fois adoptée, la concurrence fiscale aurait pu jouer au sein de la zone euro, les pays les mieux gérés attirant plus d'investissements que les autres. Les pays les moins bien gérés, plutôt que de continuer à massacrer leurs contribuables, se seraient naturellement réformés. Avec la règle d'or, personne au sein de la zone euro n'aurait pu être accusé de vivre au crochet des autres. Cette occasion historique a été ratée. Pour camoufler la mauvaise gestion et l'insolvabilité, des tombereaux de mauvais crédits ont été accordés. Ces dettes ne seront jamais remboursées, avec pour seul garant en dernier ressort le contribuable. Quant à la pyramide de mauvaises dettes, elle excède ses capacités.

Lors du rassemblement en janvier 2017 du World Economic Forum - WEF (le forum économique mondial), réunion annuelle des dirigeants de la planète et des élites économiques à Davos en Suisse, le ministre de l’Économie et des Finances italien d'alors Pier Carlo Padoan avait regretté le manque de stratégie de l’Union européenne, et taclé sévèrement le système de monnaie unique. Pour lui, il n’y a pas de vision ni de stratégie au sein de l’Union européenne, et la monnaie unique est un frein. "Le défi que posent (les défenseurs du) Brexit et Donald Trump, c’est qu’ils ont une vision, qu’on soit d’accord ou pas avec elle. Or, en Europe, on n’en a pas ", avait-t-il regretté.  "Je suis préoccupé parce que l’Europe n’a pas de stratégie pour faire face au nouveau visage de la mondialisation. Elle ne fait que réagir ", avait assuré Padoan, qui est allé plus loin encore en affirmant que le problème de l’Europe était l’euro. D'ailleurs et de façon très surprenante, Mario Draghi, le gouverneur de la BCE, a reconnu dans une lettre adressée à deux députés européens italiens que " tout pays qui souhaiterait quitter la zone euro devrait au préalable solder ses comptes avec le système de paiements commun ". Ce changement majeur d'attitude est comme le signe d'un début de panique, ou en tout cas de la fébrilité d'un système qui se pensait jusqu'à présent tout puissant et insubmersible.

L'euro, une impasse technique ?

L’euro est une monnaie unique pour des économies radicalement différentes. L'alternative est claire. Soit "nous" faisons une Europe fédérale avec une fiscalité unique et commune, des impôts communs, des dépenses mises dans un pot unique, et de ce fait une union de transfert fluide signifiant que les économies riches paient pour compenser les déséquilibres et, de ce fait, paient pour les économies " pauvres ". En clair et de manière caricaturale, l'Allemagne accepte de payer pour les " vilains " dépensiers latins, et devra convaincre ses habitants de le faire. Si ce saut fédéral est fait rapidement, alors techniquement l’euro peut éventuellement devenir viable. Si tel n'est pas le cas, les forces qui tiraillent l’euro deviendront tellement fortes que chaque pays finira, contraint ou forcé, tôt ou tard, par retourner à sa monnaie nationale, et contribuera à son effondrement. Les élections citoyennes en cours dans chaque pays démontrent la prise de conscience d'une partie du corps électoral, faisant le jeu de partis dits " populistes " qui, surfant sur le chômage et la pauvreté croissants, y trouvent une aubaine. Ce qui en découle, type Brexit, entraîne un ébranlement des institutions en place qui en paient le prix fort, tout particulièrement la social-démocratie pro-européenne. Les apprentis sorciers, illusionnés, veules et/ou corrompus, découvrent l'envers du décor, la corrosion politique et financière d'un système dévoyé depuis son origine. Le problème est que leur marge de manœuvre pour préserver la toute relative démocratie est faible, tellement les États sont étranglés par la dette et à la merci des pompiers pyromanes bancaires qui les ont attirés dans le filet ... Il faudra de toute façon payer la note, et elle sera forcément et fortement salée.

Dérégulation bancaire : l'eurocalypse !

L’autorité bancaire européenne mise en place en décembre 2013 annonçait le triomphe de l'Union européenne bancaire comme avancée politique majeure pour tous les peuples d’Europe, avec l’ambition de reprendre la main après trois décennies de dérégulation financière ayant mené l’Europe au bord de l’abîme. L’ensemble des composantes de l’union bancaire – la supervision européenne intégrée, les mécanismes de résolution des crises, la garantie des dépôts – étaient présentées comme autant de digues pour ramener la finance dans son lit et tourner définitivement la page de l’instabilité financière, à l’origine de la crise de 2008.

La réalité est toute autre puisque, en quelques mois à peine, tous les grands principes de l’union bancaire européenne censés nous sauver ont volé en éclat. Au départ, les banques ne devaient pas être sauvées. Finalement, l’Italie a sauvé les siennes sur fonds publics. Il devait y avoir un mécanisme de résolution… Il n’y a rien, et désormais, c’est la BCE, la Banque centrale européenne, qui a expliqué en 2017 que ce sera à chaque pays d’assumer ses propres pertes. Ceci entend que si les problèmes financiers sont gérés de façon nationale, les écarts entre chaque pays ne peuvent que se creuser encore plus, entraînant alors d'inévitables tensions. C’est bien le détricotage de l’euro qui a commencé, d'autant que la BCE a appelé à la création de structures de défaisance * (ou " bad banks ") pour contribuer à absorber les quelque 1.000 milliards d’euros de créances douteuses issues de la crise financière.

Tout naturellement, l'Allemagne s’y est opposée, notant que les prêts à risque étaient concentrés dans quelques pays comme l’Italie, Chypre et le Portugal.  Elle ne veut tout simplement pas payer pour d’autres. Et en mai 2018, elle a réitéré son opposition par l'intermédiaire de 154 de ses plus grands économistes qui ont signé une tribune dans le Frankfurter Allgemeine Zeitung, le grand quotidien allemand, mettant en garde contre la poursuite du développement de l’union monétaire et bancaire européenne en une union de responsabilité, appelée par le président français Macron et le président d'alors de la Commission européenne Juncker (remplacé depuis par l'allemande Ursula von der Leyen). De même, ils rejettent les éléments du MES (Mécanisme de stabilité européen) consistant selon eux au rachat des dettes (2 550 milliards d’euros d’obligations) par la BCE. Et, cerise sur le gâteau, ils demandent de prévoir immédiatement deux procédures : la sortie de l’euro et la faillite d’insolvabilité ordonnée pour les États …

Autrement dit, ils ne font que confirmer la réalité de l'Union européenne, l'état de faillite entre autres de la France, de l’Italie est en faillite, de la Grèce, de l’Espagne, du Portugal, seules l’Allemagne et les Pays-Bas échappant à ce consternant état des lieux.

* Création de sociétés de gestion d’actifs (asset-management companies - AMC) dans le respect de la réglementation sur le sauvetage des banques.

Dettes impayables et crise financière existentielle pour l’Europe

L'analyse du système de compensation des flux financiers entre pays européens est révélatrice de l'état de la situation, qui voit d'énormes dettes (en trillions d'euros) en train d’être transférées, en catimini et sans aucune décision démocratique, de banques privées et de fonds d’investissement vers les épaules des contribuables du sud de l’Europe. Cette variante du tragique épisode grec à bien plus grande échelle ne peut qu'avoir des conséquences systémiques mondiales.

Ce système appelé Target2, conçu pour ajuster automatiquement les comptes des branches de la famille des banques centrales de la BCE, est devenu un rideau de dissimulation de flux chroniques de capitaux à sens unique. Il voit les investisseurs privés vendre à la BCE les obligations italiennes ou portugaises qu’ils possèdent, en empochant un bénéfice, et redéployer le produit de la vente dans des fonds mutuels en Allemagne ou au Luxembourg. Cela montre que l’union monétaire est doucement en train de se désintégrer.   

Rien que la Banque centrale italienne doit désormais une somme record de 364 milliards d’euros à la BCE, 22 % du PIB italien, et le montant ne cesse de grimper. De son côté, les dettes de l’Espagne s’élèvent à 328 milliards de dollars, presque 30 % du PIB. Celles du Portugal et de la Grèce à 72 milliards chacune. Toutes les banques centrales de ces pays sont soit insolvables, ou dangereusement près de l’être si ces dettes se cristallisent. De l’autre côté du grand livre comptable, la Bundesbank a accumulé des crédits Target2 de 796 milliards d’euros, et le Luxembourg de 187 milliards, reflétant son statut de plate-forme financière. Cela représente environ 350 % du PIB du minuscule Duché, ainsi que 14 fois son budget annuel.

Que se passerait-t-il si l’euro éclatait ? On peut supposer qu’il y aurait un tsunami de flux de capitaux bien avant le moment fatidique, la BCE devant alors couper le robinet aux banques centrales " irrémédiablement insolvables " afin de se protéger. La réaction en chaîne commencerait alors, avec un défaut des pays du sud envers la BCE, qui en retour aurait du mal à assumer ses obligations envers le nord du bloc, si elle devait encore être une institution en état de fonctionnement arrivée à ce point, car ne disposant d’aucune entité souveraine pour la soutenir. Les banques centrales d’Allemagne, des Pays-Bas et du Luxembourg perdraient quant à elles une partie de leurs crédits Target2 tout en devant, en contrepartie, légalement rembourser des banques de leur juridiction. 

Vers la dé-globalisation ?

L’histoire comme toutes les composantes du vivant sont faites de cycles, d’expansion et de contraction. Aussi ce n'est pas être devin que de penser que l'’expansion de la mondialisation touche à sa fin, et qu'elle va se rééquilibrer dans le cadre d'un cycle de contraction de la mondialisation. Suffisamment de signes l'indiquent, le comportement du nouveau président états-unien n'étant pas le moindre cela va sans dire. Comme tout processus de transition, il s’accompagne de hauts et de bas, tant la résistance à l'inversion est naturelle dans les esprits et les habitudes programmés. Ainsi les turbulences constatées dans la remise en cause du Traité Trans-Pacifique (ou TPP), ou celui de l’Alena signé il y a plusieurs décennies avec le Mexique et le Canada.

L'explication réside dans la rationalisation du libre-échange, devenu au fil du temps une idéologie en dépit de ses incontestables dégâts. En effet la mondialisation n’est pas heureuse, si ce n'est pour quelques acteurs institutionnels et particuliers qui s'en gavent. A l'échelle européenne, le dogme européiste censé apporter le bien-être aux plus pauvres démontre tout le contraire, chiffres à l'appui. Il en est de même à l'échelle mondiale, qui plus est avec les conflits inter-nations. Si la globalisation tenait simplement à quelques imperfections pouvant être corrigées, les peuples s'en accommoderaient. Mais en raison même de sa nature et de sa forme de constitution, en plaçant fallacieusement l'économie au cœur du projet civilisationnel et non l'élévation de l'être humain, elle a provoqué la destruction du lien social dans un grand nombre de pays, la confrontation de masses innombrables au spectre de la guerre, le choc d’un individualisme forcené qui laisse présager d’autres régressions, et le décrochage des revenus des classes moyennes-inférieures et de la classe ouvrière.

Aux États-Unis, pays de référence du libre-échange, cette évolution a signifié la fin du rêve américain. Le constat est identique dans le cas de la France, en particulier à partir du " tournant de la rigueur " pris par François Mitterrand dès 1983 avec le " plan Delors ".

En fait, la globalisation n’est synonyme de croissance que lorsqu'elle peut s’appuyer sur un projet de développement national, l’économie ne pouvant être une fin, seulement un moyen. Seul un pays prospère par l'attention portée au respect du sacré qu'est la vie peut défendre son existence, son identité, et inspirer d'autres peuples par la lumière qu'il propage. La globalisation marchande ne donne des résultats que dans la mesure où l’on ne joue pas son jeu mais où d’autres acceptent de le jouer. Le cas de la Chine est ici exemplaire, car c’est bien à travers la combinaison d’une politique nationale extrêmement forte et de l’ouverture que s’est accompli le développement important des vingt-cinq dernières années. Mais, même dans ce cas, la montée des inégalités sociales et des destructions écologiques rend problématique la poursuite de ce modèle. Ceci est particulièrement vrai en Extrême-Orient, mais peut aussi se constater en Russie depuis 1999.

Ainsi, loin de conduire au dépassement de la nation, la globalisation s’avère être le nouveau cadre de l’expression de politiques nationales qui engendrent soit des effets de domination et de destruction de cadres nationaux au profit de nations plus fortes, soit des phénomènes de réactions et de développement national. Fondamentalement, l’idée que nous aurions, à partir de la fin du XX° siècle, retrouvé une tendance à une intégration par le commerce se révèle ainsi être un mythe *.  Il n’y a jamais eu un " âge d’or " de la globalisation, qui se serait terminé avec la Première Guerre mondiale et qui aurait été suivi d’une longue période de repli, avant de connaître un renouveau depuis les années 1970. La poussée vers une plus grande ouverture n’a pas été favorable au plus grand nombre.

Économiquement, le libre-échange comporte des risques de crises et d’accroissement des inégalités qui sont considérables. Il met en compétition différents territoires non pas sur la base des activités humaines qui s’y déploient mais sur celle de choix sociaux et fiscaux eux-mêmes très discutables. La libéralisation du commerce n’a pas profité aux pays les plus pauvres, comme le montrent les études les plus récentes. Politiquement, le libre-échange est dangereux. Il est attentatoire à la démocratie et à la liberté de choisir ses institutions sociales et économiques. En favorisant l’affaiblissement des structures étatiques, il encourage la montée des communautarismes et des fanatismes transfrontières, notamment à caractère religieux. Loin d’être une promesse de paix, l’internationalisme économique conduit en réalité à la guerre. Enfin, moralement, le libre-échange est indéfendable. Il n’a d’autres rivages que celui de la réduction de toute vie sociale à la marchandise. Il établit en valeur morale l’obscénité sociale de la nouvelle " classe de loisir " mondialisée. Aussi l’avenir semble bien au protectionnisme, sous des formes restant à trouver.

* Travaux de Paul Bairoch, historien économiste belge (1930/1999) et Richard Kozul-Wright, directeur de la Division de la mondialisation et des stratégies de développement à la Conférence des Nations Unies.

 

De la cryptomonnaie

L'économiste et philosophe britannique lauréat du prix Nobel d'économie Friedrich Hayek (1899/1992) était pour une vraie concurrence des monnaies, farouche partisan de l'investissement dans l'or et du rétablissement de l'étalon-or depuis son abandon au cours de la seconde partie du XXème siècle (accords de Bretton Woods de 1971). La raison est que pour le contrôle de la monnaie, une devise adossée à l'or est essentielle à la protection de notre liberté patrimoniale contre les politiques reposant sur l'inflation. Son analyse des principaux dysfonctionnements du système monétaire actuel identifiait deux facteurs à l'origine de la déstabilisation des relations économiques au niveau international : le système bancaire de réserves fractionnaires constituant la cause principale de la propagation des cycles économiques à l'échelle internationale, et les banques centrales nationales qui ont amplifié l'instabilité qui en résulte. Aussi défendait-il la revendication selon laquelle le monopole de l’État sur la monnaie devait être aboli.

Presque un demi-siècle plus tard, son rêve de voir la monnaie être dénationalisée semble être devenu une réelle possibilité par l'arrivée de la technologie blockchain et des cryptomonnaies *, ceci participant de la " tokenisation " de la société, autrement dit d'une nécessité de sécurisation de données informatiques voyant le remplacement d'une donnée critique par un élément équivalent sans qu'il n'ait de valeur intrinsèque ou une signification exploitable une fois sorti du système. C'est ainsi que sa figure vedette le " bitcoin " représente un exemple d'" or virtuel ", dont la valeur repose sur le fait qu'il n'existe qu'une quantité limitée de cette cryptomonnaie, et qu'il est nécessaire d'engager des dépenses importantes pour chaque unité supplémentaire, de façon similaire à l'or physique. La force des cryptomonnaies repose essentiellement sur le fait qu'elles peuvent être facilement achetées, vendues et échangées entre elles en toute confidentialité, le marché étant censé permettre de maintenir la valeur et la stabilité de telles devises, de manière beaucoup plus efficace qu'aucun système politique de devises à cours légal.

Nouvel arrivant, le mastodonte Facebook (deux milliards d'utilisateurs), qui a décidé de s'attaquer au marché des cryptomonnaies avec Libra, utilisable comme devise sur sa plateforme. Mais Libra n'est pas une monnaie dont la quantité est naturellement limitée, pouvant être contrairement au bitcoin multiplié à l'infini, et ce sans être adossé à un panier de matières premières afin d'en assurer la stabilité. Aussi la valeur d'un libra devrait rester relativement stable pour pouvoir être utilisé comme moyen d'échange faible (les commerçants auront l'assurance que les libras avec lesquels ils seront payés aujourd'hui auront la même valeur demain). Sa valeur est liée à un panier d'actifs monétaires sous la forme de dépôts bancaires et de bons du Trésor libellés dans une multitude de devises internationales historiquement stables, telles que le dollar, la livre sterling, l'euro, le franc suisse et le yen.

Comme la monnaie c’est le pouvoir, à l'image du dollar américain que les Etats-Unis n’hésitent pas à utiliser comme un instrument de domination et de punition, la révolution blockchain participe de la préparation à une nouvelle gouvernance mondialisée confiée à l'Intelligence Artificielle. En attendant d'être régulée comme monnaie officielle, la cryptomonnaie, quel que soit son label, est compte-tenu de l'absence de régulation source d’arnaques et d'escroqueries potentielles, en aucune façon une alternative patrimoniale sérieuse et crédible dans un secteur qui ressemble nettement plus au far-west qu’à une industrie civilisée !

* On dénombre plus d'un millier de cryptomonnaies en circulation d'après la liste établie par CoinMarketCap.com. Une part significative de ces cryptomonnaies correspond en fait à des ICOs – initial coin offerings –, moyen innovant de lever des fonds dans le cadre du financement d'un projet spécifique.

 

Les dés sont lancés

Le monde est bien trop disloqué dans ses composantes nourricières métaphysiques pour que ses acteurs étatiques et institutionnels supranationaux puissent se mettre d'accord sur un nouveau système d'orchestration économique efficace car équitable. Le " système ", quel qu'il soit, est appelé à demeurer un rapport de forces plus ou moins cristallisé, enraciné dans un mode de fonctionnement par nature instable et divergent en l'état de la conscience humaine pour le moins opaque, de ce fait viciée *.

Nous sommes toutefois en mutation, en transition vers quelque chose d'inconnu, et par là-même radicalement non-prévisible à nos sens présentement limités. Le système est grandement fissuré, de moins en moins caractérisé par la concertation internationale, l'intégration, l'ouverture, la fluidité. La coopération a laissé la place à la compétition stratégique entre les blocs, avec reconstitution des clivages de l'ancienne guerre froide appliqués pour partie à de nouveaux acteurs. Ils se traduisent par la lutte pour les ressources et l'emploi, de plus en plus rares, assortie de manipulations monétaires, pillage de la demande des voisins, tricheries, embargos. Il en résulte que la la confiance globale dans le système ancien du libéralisme marchand sous contrôle étatique a disparu, celui-ci ayant laissé place à la globalisation dans sa version financiarisée, multilatérale et coopérative selon le nouveau prisme géopolitique du rapport de forces. Et ce dernier n'est plus autant favorable à la puissante bannière étoilée états-unienne que jadis, que les gesticulations de son pantin institutionnel suprême tentent en vain de préserver (rang, privilèges et suprématie).

C'est pourquoi toutes les pièces du jeu mortifère de ce que la " Tradition " initiatique nomme " les tribulations de la Fin des Temps " s'agrègent, préalables au dernier acte à venir, clou final de la valse des pantins, les " morts-vivants " *².

* Cf. Le sens caché du jeu d'échecs.

Cf. Prophétie du changement.

L’Italie est un des pays fondateurs de l’Union européenne, et à ce titre signataire du Traité de Rome de 1957. Rome, comme un pied de nez de l'histoire. Sur cette terre impériale, symbole de la dernière grande civilisation gréco-latine occidentale dominante, l'histoire finit toujours où elle commence. La sacrilège Babel avait entraîné la chute de la grande Babylone. Les turpitudes européennes comme celles de l’Église romaine * semblent amorcer la même chute, qui a commencé avec la Grèce et son effondrement bancaire. C'est l'Alpha et l'Omega constitutif de l'univers, les cycles de l'histoire tournant en boucle avec, à chaque fois pour l'humanité, un possible changement salutaire d'état de conscience *², pour ceux à même de l'initier *³ ...

* Cf. L’Église romaine décodée.

Cf. Évolution de civilisation 2 - Les synchronicités de l'histoire.

*³ Cf. Fin de cycle (2) La guidance éclairée de sa vie & Processus de transformation de conscience.

Les élections italiennes de mai 2018

Le Mouvement populaire " 5 étoiles " - le M5S (Movimento 5 Stelle) - de Luigi Di Maio et le parti " fasciste, raciste et xénophobe " de Matteo Salvini, la " Ligue " (Liguria), ont formé une improbable coalition et remporté les élections générales italiennes constitutives de la XVIII° législature (députés et sénateurs), mettant à cette occasion tous les aimables mondialistes libre-échangistes dans un état de sidération, les européistes tendance europathes s’étranglant de rage et proférant des menaces au cas où  ce nouveau gouvernement prendrait le risque de ne pas respecter ses engagements sur la dette, le déficit, et l’assainissement des banques. Certains sont même allés jusqu'à considérer que les engagements pris précédemment par l’Italie valaient quel que soit le gouvernement, laissant transparaitre leur conception cynique de la démocratie et de la volonté des peuples à exprimer leur choix de modèle de société. Par ce faire, ils n'ont fait que confirmer que l’Europe ne peut pas se discuter, ce qui traduit évidemment la dérive autoritaire et dictatoriale des europathes à travers la machinerie érigée contre leurs propres peuples. Selon leur dogme évangélique, il est ainsi demandé aux peuples qui n'ont plus rien de souverain de voter en leur sens sans se poser de question ni remettre quoi que ce soit en cause, les engagements pris valant pour l’éternité et les siècles des siècles ... Pour ce faire, ils n'hésitent pas à proférer des menaces, le non-respect des engagements étant à même de menacer les économies de tous les épargnants européens !

Il est intéressant de noter, ce qui a été passé sous silence par l'establishment, la règle " éthique " inscrite dans le programme établi entre le Mouvement 5 Étoiles et la Ligue en vue de la formation d’un gouvernement, consistant à ce que des personnes appartenant à la Franc-Maçonnerie, au même titre que les personnes condamnées au pénal, ne puissent entrer au gouvernement. Les francs-maçons italiens ont immédiatement dénoncé une mesure " anticonstitutionnelle " rappelant " les lois fascistes ", quand toutes les Obédiences d’Italie et d’ailleurs rivalisent de communiqués dénonçant les heures les plus sombres.

Il faut y voir une mesure symbolique, destinée à être l'arbre qui cache la forêt, celle d'un système patriarcal prédateur à la manœuvre pour créer une pierre de plus à l'organisation du chaos en cours, passant par l'implosion de l'unité européenne aux fins d'accélérer la mise en place d'une nouvelle Gouvernance Mondiale, le précédent grec n'en ayant été qu'une sinistre répétition à petite échelle *. Qui plus est, le silence assourdissant allemand et les tensions persistantes dans le couple franco-allemand sont autant de signaux faibles annonciateurs d’un abandon par les Allemands des dogmes monétaires communs, avec toutes les conséquences de fortes turbulences en découlant ...

* Cf. La nouvelle religion universelle & Prophétie du changement.

 

2019 : réalité économique italienne comme d'autres

L’édifice commence à craquer sérieusement, l’Europe de la paix n'étant pas celle de la prospérité que ses promoteurs et laudateurs ont vendu. En Italie, le bilan de l’euro est que vingt ans après il y a 5 millions d’Italiens en plus sous le seuil de pauvreté (ce n’est pas mieux en Grèce, en Espagne, ou… en France). Selon Antonio Maria Rinaldi, professeur d’économie politique à Link Campus University de Rome, l’euro est un instrument d'une politique économique diamétralement opposée à celle qu’avait pratiquée auparavant l’Italie qui permettait l’ingérence de l’État dans l’économie. Comme son assistance est impossible au sein de l’Union européenne, il ne peut comme par le passé corriger son économie en cas de problème. C'est ainsi que l'Italie s’enfonce de plus en plus dans la crise, avec une croissance nulle (voire une récession), et un chômage en hausse.

Les pressions exercées sont comme à l'accoutumée violentes. Elles l'ont été à l'encontre de Varoufakis ou Tsipras en Grèce, elles l'ont été depuis à l'encontre du nouveau gouvernement italien. L’Europe ne veut pas mourir et n’hésitera pas à employer les grands moyens pour se maintenir. C'est ainsi que le Président de la République Sergio Mattarella a récusé en 2018 certains choix de membres du gouvernement proposé par le Premier Ministre envisagé, conduisant celui-ci à renoncer à l'exercice d'un mandat. Conformément à ses pouvoirs, le président italien a dans la logique de " protection " non pas de la Constitution italienne mais des institutions européennes demandé à l’ancien haut responsable du Fonds monétaire international (FMI) Carlo Cotarrelli de devenir le Premier ministre du pays par intérim et de former un gouvernement de transition, avant que de d'accepter au final Guiseppe Conte comme Premier Ministre. Toutes ces tergiversations comme cette provocation démocratique déniant le vote populaire démontrent que l’Union européenne est bel et bien devenue un monstre, un empire qui poursuit sa propre logique de toute puissance et qui, à ce titre, veut s’étendre. Or tous ces empires ont toujours été, à travers les âges et l’histoire de l’humanité, des systèmes finissant en dictature, raison d'être du système prédateur - le Nouvel Ordre Mondial - en cette fin de cycle civilisationnel. Et comme une dictature, par nature et par essence, engendre de la violence, nous sommes clairement entrés dans la décomposition de l’Empire européen, dans une période d’immenses troubles. Car plus la situation deviendra tendue et complexe, plus économiquement les choses seront intenables, et plus l’Europe qui ne veut pas mourir deviendra violente, répressive, autoritaire et dictatoriale, à l'image de la répression féroce des " gilets jaunes ", les gueux gaulois vomis de tout leur souffle pesticide par les thuriféraires illusionnés de l'ordre conservateur marchand.

Si l’Europe peut repousser l’échéance de son faire-part de décès, tel qu'indiqué par le résultat des élections européennes de mai 2019, elle a déjà perdu depuis bien longtemps la bataille des cœurs et des âmes européennes. L’Europe, comme l’American way of life, sont deux rêves idéologiques qui se sont transformés en cauchemars sous la pression terrible du totalitarisme marchand mondialisé dopé à la finance virtuelle.

 

De la TMM, nouvelle doctrine monétaire

Connue sous le nom de Modern Monetary Theory (MMT en anglais) ou TMM (" Théorie Monétaire Moderne ") en français, cette théorie sortie de l’imagination des démocrates de gauche américains offre aux banques centrales l’occasion de financer les moyens de lutter contre les inégalités économiques, considérant que les États peuvent emprunter sous forme d'émissions de titres de dettes et dépenser autant que souhaité afin d’atteindre le plein-emploi, car dans la mesure où le pays émet sa propre devise, il ne peut pas faire faillite ! Or faire croire que l’on peut agir de cette manière comme par magie est complètement faux, la création monétaire pure ne pouvant se faire tant que les dettes ne sont pas remboursées. Pour ses partisans, la monnaie est une fonction sociale et non une contingence à la rareté intrinsèque telle qu'établie par les théories du monétarisme. Aussi son usage doit concourir avant tout au bien public, et non pas être surdéterminé entièrement par les règles du secteur privé *, d’autant plus lorsque ce dernier a failli au rôle que la théorie dominante lui attribue.

En réalité, il n’y a rien de moderne dans cette théorie, qui ne cesse de resurgir lors des pannes prolongées de croissance que la politique continue de taux bas n'a pas su faire repartir. Ceci constitue un cercle vicieux, puisque la dette étant de moins en coûteuse, elle entraîne l’accumulation de toujours plus de dettes et l’augmentation des actifs que l’on peut financer par de la dette pas chère ! Ce cycle infernal rend évidemment illusoire toute augmentation significative des taux de rendement. De leur côté, les impôts augmentent pour payer une dette qui n’est plus finançable par la fiscalité. Et plus les impôts augmentent, plus l’économie souffre, et plus cela étouffe la croissance économique pour rembourser la dette tout en générant le mécontentement populaire, les revenus disponibles des acteurs économiques étant inévitablement limités à la fraction " supportable ".

Quant à l’histoire économique de l’humanité, elle nous a toujours enseigné que si l’on peut imprimer de la monnaie à volonté, cela ne crée pas pour autant de richesses à volonté *² ! La monnaie est un " simple " instrument de stockage de valeur, elle n’est pas la richesse. Mais si cette théorie devait finir par l'emporter, le message est clair : la valeur de la monnaie se dirigerait plutôt vers une dépréciation qu’une appréciation ! Et c'est ce que vers quoi se dirige la zone euro dans la mesure où, pour le moment, la monétisation y est impossible. Le risque d’explosion de l’euro sera en effet de plus en plus prégnant que les pays européens voudront appliquer la TMM et que le partenaire allemand s’arcboutera sur son idéologie monétariste. Alors se refermera le piège des taux bas et de la spirale de la dette, une dette devenue hors de contrôle.

* C'est ainsi que BlackRock, l’un des plus gros fonds mondiaux, a proposé pour que le bal puisse continuer que l’on confère aux banques centrales le pouvoir de financer directement l’économie ainsi que des " prêts perpétuels à taux zéro aux particuliers ". Ceci est une vaste fumisterie économique, qui n’a strictement aucun sens à long terme. Ce genre de propositions ne sert qu’à masquer l’insolvabilité généralisée du système.

Les empereurs romains faisaient à leur époque de l’impression monétaire avec leurs pièces d’or, en mettant de moins en moins d’or dans chaque pièce et en " frappant " de plus en plus pour la même quantité d’or globale. Du coup, les citoyens, pas totalement stupides, réclamaient plus de pièces romaines pour le même besoin...

 

L'Allemagne, un géant aux pieds d'airain

Dans un monde en totale recomposition économique, le modèle allemand est en cours de vacillement, révélant de grandes faiblesses économiques *, démographiques et financières. L’illusion de la croissance initiée par la reflation de 2016/2017 a été de courte durée. Non seulement le mythe de la croissance synchronisée s’est effondré, mais la rechute a maintenant gagné le pays phare, l’Allemagne. En fait, l'Allemagne est susceptible de s’effondrer comme un château de cartes, son savoir-faire industriel devenant un handicap devant les nouveaux comportements et attentes du consommateur. Ainsi les secteurs automobile et machines-outils, touchés par la robotisation (exemple voiture autonome électrique sans chauffeur, dont les batteries sont fabriquées en Asie) et les conséquences de la transition énergétique, tout comme par les capacités de la Chine, désormais capable de produire beaucoup moins cher des produits d’excellente qualité. Sa démographie est quant à elle fragilisée par un taux de fécondité stagnant depuis des décennies à 1,4 enfants par femme, là où le remplacement des générations se situe à 2,1, entraînant une baisse de 200.000 personnes par an. Effet corollaire, le vieillissement avec un nombre de retraités qui explose et la question du paiement de leur retraite qui repose sur des jeunes actifs insuffisamment nombreux. En conséquence, le risque d'augmentation drastique des impôts apparait incontournable, dissuasive pour tous les européens venus profiter jusqu'alors de la richesse allemande reposant sur sa capacité à dégager des excédents extérieurs par sa capacité à favoriser les exportations et à freiner les importations. Or dans un monde entré durablement en stagnation, et poussant de ce fait à la dé-globalisation, l’économie allemande ne peut qu'entrer en récession puisque consommation (les inactifs consomment moins que les actifs), exportations et investissements vont baisser structurellement.

Enfin, depuis les débuts de l’Euro, l’Allemagne a prêté d'immense sommes (près de 900 milliards d’euro) *² à tous ses voisins de la zone euro, destinées à ce qu’ils achètent des produits allemands (technique dite de crédit fournisseur). La réalité est que ces reconnaissances de dettes ne seront jamais honorées, ces voisins s'en montrant totalement incapables. Aussi les soi-disant profits faits par les entreprises allemandes sont purement illusoires, les condamnant à voir leurs cours de bourse progressivement s’écrouler.

Ceci rend la situation non-manœuvrable. L’Allemagne n’est plus en position de dicter sa loi, de montrer la route. La construction européenne se trouve donc sans boussole, personne n’ayant songé à creuser les alternatives aux orientations imposées jusqu’alors par les élites allemandes. Il y avait le modèle allemand, le refus du modèle allemand et puis... rien d‘autre ! Au final, le système financier allemand sautera ! La seule question qui vaille est l'intention prévalant à ce mistigri mortifère que les ordonnateurs roués successifs de la machinerie bruxelloise ont conçu... et dont la réponse se trouve dans l'ADN vicié même de l'Union européenne.

* 50% de l’excédent commercial allemand sont réalisés par l’industrie automobile et la consommation d’acier de l’Europe.

Leur comptabilité se fait dans un système appelé Target 2, outil technocratique compliqué à comprendre.

Le coup fatal, le " strike " du jeu de quilles, a été lancé par l'administration Trump, dont la démondialisation souhaitée vise à assurer le leadership américain au lieu de le partager. En effet, comme la Chine contribue à 47% au déficit commercial US et l’Union européenne à 19%, soit les 2/3 des déboires commerciaux américains (même si l'Union européenne rapporte beaucoup aux États-Unis, représentant une très grande partie des entrées nettes de capitaux), l'Union européenne n’est pas un allié suffisant pour l’endiguement de la Chine et l’isolement de la Russie. C'est pourquoi elle doit servir de zone de débouchés, en particulier pour l’énergie américaine. En étant divisée, éclatée plutôt qu'unie, elle faciliterait cette tutelle de l" ami " américain, hors menace d'y adjoindre la Russie, son ennemi viscéral, afin de peser de tout son poids dans le jeu mortifère des superpuissances.

Le " strike " a démarré par l'attaque frontale faite en juillet 2018 au premier ministre Theresa May lors de la visite de Donald Trump au Royaume-Uni, avec pour objectif de la faire chuter (son départ a été entériné par sa démission du 7 juin 2019) en la remplaçant par le fantasque conservateur pro-Brexit Boris Johnson, ce qui sera établi un an plus tard, le 24 juillet 2019, et avec lequel un accord de libre-échange déstabilisateur pour l'UE sera envisagé une fois le Royaume-Uni sorti de l'accord. Elle s'est poursuivie à travers son ancien conseiller Steve Bannon, qui après sa démission, a été parachuté en Europe pour sinon abattre en tout cas gravement perturber l’Union européenne. Il a créé à cet effet une organisation politique basée à Bruxelles, baptisée "Le Mouvement ", dont la vocation est de coordonner un mouvement populiste et nationaliste en Europe pour l'établissement d'une confédération d’États libres. Sa première grande bataille a porté sur les élections européennes de 2019, consistant à opposer les forces souverainistes à celles des mondialistes représentés par la chancelière allemande Merkel et le Président français Macron, l'objectif étant sinon de les faire tomber comme des quilles, en tout cas de les affaiblir dans leur influence au Parlement de Bruxelles.

La seconde bataille voit Rome, fort que l'Italie soit la deuxième puissance industrielle européenne (devant la France) et qui de ce fait ne manque pas d’atouts (elle paye 6 milliards de plus qu’elle n’en reçoit de l’Union Européenne), se tenir prête à contre-attaquer face à l’Union européenne, le parlement italien ayant voté fin mai 2019 une motion permettant d’envisager sérieusement l’émission d’une monnaie " parallèle " ou alternative à l’euro, consistant à introduire pour plusieurs milliards d'euros des bons du Trésor à court terme italiens (les " mini-BOTS "), sorte de reconnaissance sous forme de titres négociables de dettes émises par l’État afin de solder des arriérés à ses fournisseurs et créanciers, et que les usagers pourraient utiliser pour payer leurs impôts et acheter des services ou des biens fournis par l’État. La réplique à cette menace d'" Italiexit " ne s'est pas fait attendre, voyant sous " l’amicale " pression de Bruxelles les taux italiens monter. Et des taux qui montent pour un Etat qui est surendetté, c’est évidemment le plus court chemin pour la faillite, et pas seulement pour lui-même * !

 

La mondialisation étant un cadre politique, il est ainsi facile à comprendre qu'il est remis en cause par les Américains, parce qu’ils ne sont plus les vainqueurs de la mondialisation. Et c'est pourquoi, dans le cadre européen, l’Italie n’a aucun espoir de s’en sortir comme la Grèce, n’en terminant plus de s’effondrer économiquement et d'envoyer dans la misère sa population. Matteo Salvini, auréolé de sa victoire aux dernières élections européennes où son parti est devenu le premier de la Péninsule, est obligé de décider de changer le cadre européen pour retrouver sa souveraineté et ses leviers d’actions.

C’est une guerre, et comme disait François Mitterrand, " une guerre sans morts, mais une guerre à mort ", la succession de Mario Draghi à la tête de la Banque centrale européenne par la présidente du Fonds Monétaire International, la française Christine Lagarde - tout comme celles en juillet 2019 de Donald Tusk comme président du Parlement européen par son adjoint vice-président David Sassoli, et de Jean-Claude Juncker à la tête de la Commission européenne remplacé par l'allemande Ursula von der Leyen *² - étant déterminantes quant à la suite de la politique monétaire, au centre du jeu des dominos mortifères... Par son carcan monétaire empêchant les ajustements économiques (il ne reste plus que le levier budgétaire, qui par définition étouffe les économies concernées), l’euro est intenable, et par là-même l'Union Européenne est intenable. Si l’Italie va au bout de la logique de la monnaie alternative, les banques européennes et particulièrement françaises, très implantées en Italie, vont vaciller. Et tout peut alors recommencer, comme en 2008 !

* La Bundesbank (la banque centrale allemande) a averti qu’elle pourrait subir de lourdes pertes (les crédits à l’égard de l’Allemagne ont atteint 920 milliards d’euros, soit 27% du PIB allemand) si un grand pays quittait l’euro et faisait défaut sur ses dettes envers le système de la Banque centrale européenne, et que toute tentative de préparation à une telle crise pourrait se retourner contre elle en déclenchant une attaque spéculative. Autrement dit, le départ de l'Italie, dont les engagements débiteurs envers la Banque centrale européenne s'élèvent en l'état à 481 milliards d’euros compte-tenu du système de compensation des flux monétaires en zone euro, déclencherait une perte de confiance catastrophique menant à l’effondrement, ceci validant l’impression que les autorités monétaires n’ont pas de stratégie claire pour faire face à une telle crise.

Pour ce qui est de la Commission, le Conseil européen propose au Parlement un candidat à sa présidence de la Commission pour un mandat de cinq ans qui débute traditionnellement au mois de novembre (élection à la majorité absolue des eurodéputés), qui propose à son tour au Parlement européen un collège de 27 commissaires préalablement désigné par le Conseil.

 

 En marche vers... la répression !

Le système chinois est celui d'une dictature, qui voit le pouvoir faire tout pour rester en place. Pour cela, il a besoin de plus en plus de béquilles, d'emplâtres et de coercition. Il ne peut de ce fait échapper à ses contradictions, celles du surendettement, de sa répression comme de son économie. Il est fragile. C'est pourquoi toutes les valeurs chinoises, éthiques comme business, sont fausses, ne tenant que par les artifices, ceux d'un double système, social et politique dictatorial.

Pourtant, ce système n'est rien d'autre qu'une caricature maladroite, grossière, cynique, du nôtre. C'est pourquoi nous ne sommes pas l'avenir de la Chine. C'est la Chine qui est notre avenir, qui nous préfigure. La convergence se fait vers le bas, vers la régression, vers l'avilissement. Nous sommes en marche vers un monde de surveillance, de contrôle, de répression et de servitude. Il s'agit là d'un mouvement naturel, produit par la situation du système financier marchand - le système babylonien - et sa logique ultime : sa reproduction en tant que système d'accumulation au profit de quelques-uns. Si la dette a été depuis longtemps la marque d'un système ayant abandonné un tant soit peu de la tangibilité de sa monnaie par la parité avec l'or (accord de Bretton Woos de 1971), lui permettant de se prolonger malgré les difficultés à maintenir la profitabilité et la valeur du capital, comme la crise dite des " subprimes " de 2008 (investissement immobilier facilité par des taux d'intérêt bas), il a fini par buter sur ses limites. Nous sommes passés désormais en situation de surendettement permanent, contribuant ainsi à profondément à avilir la monnaie par l'inflation constante du bilan des banques centrales. Qui plus est, par la thèse idiote de l'excès d'épargne explicative de la déflation, nous avons compensé en créant de la monnaie pour remplacer celle qui est soi-disant stockée et thésaurisée en excès. Tout ceci a conduit à un nouveau système, voyant une masse énorme de capital fictif, c'est-à-dire non-productif, qui ne fait que refléter les dettes improductives. Le résultat est que pour accumuler toujours plus et ne pas courir le risque de la fragilité exacerbée, il faut que les dettes coûtent de moins en moins cher. Il faut en produire un maximum et pouvoir les rouler, les renouveler, sans qu'elles deviennent exigibles. Aussi, quand la baisse des taux ne suffit plus, il faut les mettre à zéro, puis quand on est à zéro, il faut inventer les taux négatifs. C'est ce qui est appelé la répression financière, destructrice des rémunérations de l'épargne normale et génératrice de la spéculation par la création des gages qui solvabilisent les dettes. Elle conduit à intensifier les pressions fiscales et lutter contre non seulement la fuite devant l'impôt, mais aussi la fuite devant la répression financière, la rébellion devant la destruction des petits fonds de commerce et des avantages acquis, comme les retraites et les protections sociales. Et fort logiquement, elle nécessite de contrôler les comptes bancaires, les patrimoines, les dépenses, et forcer à certains emplois considérés comme positifs, comme les dépenses climatiques et les dépenses militaires.

Alors peu à peu se met en place une société où le jeu des désirs, des préférences individuelles, des déterminations personnelles et des groupes sont considérés comme déviants. Et comme tout ceci voit la montée du populisme, on impute au peuple un penchant fasciste pour ainsi pouvoir lui appliquer des lois scélérates et liberticides. Fin de la liberté d'expression, fin de la liberté d'association, arrestations préventives, écoutes, fichage, lutte pour imposer le politiquement correct, la pseudo-justice sociale, l'ouverture aux migrants, la destruction de la famille, la fin de la préférence nationale et locale, etc. Tout cela devient monnaie courante, tout cela fait tache d'huile. Cela ne rappelle-t-il pas quelque chose ?

 

 

 

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