La formulation de ces clés n'engagent que leur auteur, qui puise tant dans ses recherches et sources d'information que dans son imaginaire leur révélation et libre mise à disposition suivant la forme et la rédaction retenues.

Il n'y a de ce fait rien à prendre pour argent comptant, seulement à laisser faire en soi le processus d'ouverture de conscience par le discernement, soit le juste équilibre entre cœur et raison. Celui-ci conduira à les invalider, à les valider, à les compléter par d'autres ajouts et compléments.

C'est ainsi que procède le chercheur de vérité.

 

 

Comment interpréter les mythes ?

Les mythes et les légendes du monde entier sont des métaphores culturelles à caractère psychologique (psychisme subjectif), qui parlent sous différentes formes des Lois constitutives du fonctionnement de l'Univers, la grande unité cosmique, et de ce dont l'homme a besoin pour se réaliser dans son chemin de vie. Ils expriment l’œuvre de la Nature. Ils montrent par les actions des dieux et des anges la voie et la manière pour les humains de les reproduire. On parle ainsi à travers eux du Voyage du héros, à travers la série d'épreuves plus ou moins prononcées que tout être humain traverse dans sa vie. Les mythes révèlent les grands schémas de l'inconscient et les étapes d'évolution de la conscience humaine, et en délivrent les clés de résolution.

Les créateurs de mythes sont des sages, qui essaient de transmettre quelques aspects de la Vérité à l’humanité sous forme de métaphores et de symboles - " saint bol ", autrement dit la coupe du Graal - compte-tenu des limites du langage courant, d'autant plus sur des aspects assez éloignés de nos préoccupations quotidiennes. Par leur simplification apparente, ces portails de l'inconscient collectif donnent des modèles de base qui peuvent être appliqués de différentes façons selon les degrés individuels d'appréhension des clés de fonctionnement de l'univers.

C'est pourquoi la tradition alchimiste veut que l'initiateur, l'enseignant, ne parle que par paraboles ou au moyen de fables

allégoriques, mais non pas de fables inventées à plaisir. Dans ce qu'elle appelle " grand œuvre ", il n'y a qu'un fait

majeur, la transmutation en soi du symbole qui se fait suivant ce qui est admis par le conscient. Il en découle que la description de ces paraboles va être abordée avec des sujets et éléments différents suivant le référentiel culturel de tel ou tel auteur. Les Indous racontent l'incarnation de Vichnou, les Égyptiens le voyage d'Osiris, les Grecs la navigation de Jason, les Druides les mystères de Thot, les chrétiens la passion de Jésus-Christ, les Arabes les péripéties d'Aladin et de la lampe merveilleuse...

Exemple de constitution d'un mythe religieux

A partir d'un fait présenté comme réel, en l'occurrence l'enseignement dispensé par Jésus le Christ et la singularité de sa vie comme de son physique, une interprétation de nature thaumaturgique, c'est-à-dire miraculeuse, s'établit dans le cadre de l'évolution historique du réseau social terrestre prévalant. Elle débouche sur un traité doctrinal, dogmatique, donnant forme à une nouvelle religion, en l'occurrence le christianisme, puis l'édification d'églises variées à partir des courants théologiques initiaux (catholicisme, protestantisme, orthodoxes...) selon les interprétations distinctes faites.

La réalité scientifique dégagée de tout mysticisme manipulateur car arrangé conduit de son côté à considérer que la mutation biologique continuelle de l'espèce humaine engendre un individu avec un génome distinct, et qui va dans un très long espace-temps de plusieurs millions d'années, entraîner une mutation biologico-physique de tous les cerveaux, suivant le principe de résonance des champs morphiques *. Ceci démontre que la foi en des textes sacrés, figés à jamais, empêche toute tentative de remise en question de leur origine et de leur contenu, sans aucune volonté d'investigation scientifique de leur téléonomie, soit leur évolution dirigée vers un but. Autrement dit, l'Homo Sapiens est-il la finalité de l'Homo Erectus, lui-même ayant succédé à l'Homo Habilis, ou est-il l'antichambre d'une nouvelle version améliorée à venir de la nature humaine ? Suivant la position que nous adoptons, nous permettons au mythe un enseignement totalement différent pour la conscience humaine.

* Cf. Évolution de civilisation 1.

Aussi leur interprétation est de trois natures.

On peut lire les mythes simplement comme de bonnes histoires, qui racontent comment les êtres humains s'adaptent et traitent diverses situations, et comment ils deviennent des héros.

On peut chercher à déterminer le sens de chaque symbole figuré dans les mythes. Cependant, tout comme les mots peuvent avoir plusieurs significations, les symboles peuvent avoir plusieurs correspondances possibles. La signification doit être utilisée selon le contexte. Par exemple, dans les mythes occidentaux, les dragons sont souvent cruels, voraces et méchants ; il en est tout autrement dans les mythes orientaux, où ils sont souvent gentils et utiles.

Enfin, la connaissance du mécanisme des Lois de l'Univers et de l’évolution permet de la rechercher dans les mythes et contribuer à leur interprétation.

Dans les mythes tous les personnages présentent des qualités intérieures présentes en chacun de nous. Nous retrouvons ainsi un peu ou beaucoup de nous en eux, qu'ils soient sous forme divine, humaine ou animale. Les qualités dans l'univers, celles du cosmos, sont nommées " anges " et " dieux ", et ces derniers les ont projetées sur nous. Un modèle mythologique typique représente un " Gardien du Seuil ", soit le passage de la conscience de soi (ou du Moi) à la conscience du Tout. Ce gardien garde un trésor comme de l’or, qui représente la conscience du Tout. Il doit être conquis par le héros, autrement dit la conscience du soi. Parfois le Gardien (un dragon par exemple) a détruit ou tient sous sa coupe la population d’une région. Le retour au calme requiert de temps en temps la présence d'une jeune fille, la conscience du Tout, que convoite le Gardien du Seuil.  Bien sûr, tout héros, la conscience du soi, qui secourt et délivre cette jeune fille, se marie avec elle. Cela symbolise l'union, le " Mariage Mystique " du soi avec le Tout. Quelquefois le Gardien est représenté comme une sorcière ou un magicien à qui une dette est en attente, et qui prend et cache un enfant " conscience du Tout " en paiement de cette dette.

Beaucoup de mythes constituèrent une partie de la tradition orale transmise avant d’être portés par écrit et imagés. Au fur et à mesure que les histoires étaient racontées, leur structure de base a pu avoir été maintenue, tout en étant enrichie par chaque conteur de différents détails contribuant à leur dramatisation. C'est pourquoi certains détails n’ont pas de grande signification pour la compréhension du mécanisme universel de la Vie.

 

" Connaître les mythes, c'est apprendre le secret de l’origine des choses. "

Mircea Eliade, historien et mythologue roumain (1907/1986), Aspects du mythe.

 

 

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