La formulation de ces clés n'engage que leur auteur, qui puise tant dans ses recherches et sources d'information que dans son imaginaire leurs révélation et libre mise à disposition suivant la forme et la rédaction retenues.

Il n'y a de ce fait rien à prendre pour argent comptant, seulement à laisser faire en soi le processus d'ouverture de conscience par le discernement, soit le juste équilibre entre cœur et raison. Celui-ci conduira à les invalider, à les valider, à les compléter par d'autres ajouts et compléments.

C'est ainsi que procède le chercheur de vérité.

 

 

Le chemin alchimique

 

Comment l’or qu'est l’esprit de l’homme relié au grand champ de l'univers peut être transformé en or dans son cœur et dans ses mains ? C'est toute la raison d'être de la quête alchimique, vue par ses praticiens comme une philosophie, une science initiatique de la compréhension de la Création, autrement dit de Ce Qui Est. C'est pourquoi l’âme d’un " rustre ", sans le levain que représente la nécessité de s’élever et de sortir de sa gangue, ne peut prétendre à l’enseignement de ce Magistère. Cette recherche de Connaissance - la " Connaissance d’Or " (aurea apprehensio) - est extrêmement codifiée, présentant l’avantage d’une approche ésotérique de l’homme au sein de l’univers menée de façon expérimentale tant sur le plan mental (maîtrise de soi et de ses énergies) que sur le plan matériel. Car l’alchimiste opératif travaille concrètement des éléments de la matière, les métaux, en corrélation avec les caractéristiques et composantes de la nature humaine, persuadé qu’il existe un même moyen, une même substance, de les perfectionner et de les guérir de leurs aspects viciés respectifs. Il a pour objectif de sublimer les éléments les moins raffinés de la nature et de les rendre plus subtils, au point de les rendre invisibles tout en continuant à exister, permettant à nouveau de leur fournir leur substance matérielle.

Autrement dit, la quête alchimiste constitue l'art de renaître à soi éternellement.

 

Nature de la quête alchimique

Dans cette démarche se voulant sacrée en essence comme en substance, la recherche est plus importante que la récompense, puisque la connaissance, autrement dit la conscience de Soi, est la condition préalable à la liberté, qui est le but ultime de la quête alchimique. Si la chimie est incontestablement la science de l'étude des corps naturels et des faits, s’appuyant sur l’expérience (science dite positive), l'alchimie, elle, est la science des causes, tentant de pénétrer le mystérieux dynamisme qui préside à leurs élaboration et transformation dans la Nature, la Materia Prima (la chimie spiritualiste). Remontant du concret à l'abstrait, du positivisme matériel au spiritualisme le plus pur, l'alchimie élargit le champ des connaissances humaines et réalise l'union intime du Principe Créateur et de la Nature, de Ce Qui Est et de Ce Qui y Préside, de la Science et du Divin.

La materia prima

La materia prima sur laquelle travaillent les alchimistes n’est pas une matière chimiquement constatable, ni même un processus pensable en termes de chimie moderne. Il s’agit essentiellement d’un phénomène psychique. En effet, l’organe essentiel de l’opération alchimique, celui par lequel elle " se révèle à soi-même son phénomène ", était désigné par les alchimistes latins comme Imaginatio, nullement au sens vulgaire que le mot imagination a en français (fictif, irréel), mais précisément imaginatio vera et non phantastica. Cette Imagination au sens vrai est la capacité de produire un monde au sens même où toute la Création, Ce Qui Est, est une Imagination divine. Elle réalise les choses quae extra naturam sunt (qui sont en dehors de la nature), qui ne sont pas données dans notre monde empirique, dont il n’y a pas d’expérience sensible, ce pour quoi Jung lui reconnaît une nature d’archétype a priori.

Connue en Occident depuis le XIII° siècle (Cf. en Angleterre avec l'illustre moine Roger Bacon – 1214/1292), son nom vient du latin médiéval alchemia, emprunté à l’arabe el-kimyâ ou al-kimyâ (la chimie de Dieu), qui dériverait du grec hcmia (proche de huma, " fusion "). Ses fondements sont toutefois incertains : Inde ? Chine ? Égypte (Khem ou kêm en égyptien ancien fait référence à la terre noire qui y correspond) ? Ce pays aurait été le berceau des arts chimiques et alchimiques, symbolisant la noirceur caractéristique de la décomposition de certains métaux.

De la paternité d'Hermès

L’Encyclopédie de l’Islam rappelle que le mot al-kimyâ est synonyme d’al-iksir, qui a donné le mot français " élixir ". Kimyâ peut être rapproché de kama, " tenir secret ". D’aucuns prêtent comme fondateur éponyme de l'alchimie le mythique Chymès (ou Chémès ou Chimès), qui aurait été un prophète juif. Mais selon un procédé fréquent dans la littérature hermétique, " on " voile une précieuse indication philosophique par un fait pseudo-historique. En hébreu Chemesch est le nom du Soleil, celui par lequel " tout s'accomplit ". Cet enseignement fondamental est confirmé par les derniers mots de la Tabula Smaragdina, la Table d'émeraude, célèbre " codex " alchimique attribué à Hermès Trismégiste (le " Trois fois grand"), à qui revient la paternité de l’alchimie. Ce personnage mythique de l'Antiquité gréco-égyptienne, auquel ont été attribués un ensemble de textes appelés Hermetica (les plus connus sont le Corpus Hermeticum et la Tabula Smaragdina, soit la Table d’Émeraude), a trois personnages, selon une légende accréditée par l'astrologue arabe Albumasar vers 850 dans son Introductorium Majus. Le premier Hermès est petit-fils d'Adam, Thot. Il a vécu dans l’Égypte Ancienne avant le déluge, et c'est l'inventeur de l'écriture, de l'astronomie, de la lyre, de la culture de l'olivier (arbre consacré à Apollon dont émane une énergie idéale et salutaire, son huile via les olives étant particulièrement bénéfique). Le deuxième Hermès a vécu après le déluge de Babylone. Il connaissait la philosophie, la médecine et l'arithmétique, et fut le maître de Pythagore. Le troisième Hermès a vécu également en Égypte. Il pratiquait la philosophie naturelle et la médecine, et a inventé l'alchimie. Celui-ci enseigna aux Égyptiens la navigation, les grues pour élever des pierres, les armes, les pompes à eau, les machines de guerre, la philosophie. C’est la raison qui amena Roger Bacon, traducteur et commentateur du Secretum Secretorum (qui comprend la Table d'émeraude), à dire qu’Hermès est triple, " parce qu'il a fait [la philosophie triple], à savoir naturelle, morale et métaphysique ; et l'alchimie rentre sous la philosophie naturelle ". Il peut se traduire par " TOUT ".

Cette science dite du " Grand Œuvre ", qualifiée d’Art royal (Ars regia), porte sur la transmutation du plomb en Or : le plomb, métal lourd, représente la matière, le corps humain ; tandis que l’Or est associé au subtil, au spirituel, l’esprit. Autrement dit, il s’agit pour l’homme de chercher à s’unir étroitement à la source permanente de toutes choses au sein de l’univers, en transformant (l’alchimie parle de transmutation) par la voie intérieure son corps matériel en un corps spirituel, réunissant en un seul " tout " corps, âme et esprit *. " Un est dans tout et tout est dans un ". L’esprit, comme les métaux et éléments, peut passer d’un état à un état différent, d’un degré à un autre, d’un pôle à un autre pôle, d’une vibration à une autre vibration. Si la rose comme la ronce cherchent dans la lumière ce qui leur convient comme nourriture, il en est de même pour l’âme et l’esprit, sur un registre plus élevé et subtil.

* Cf. Qu'est-ce que l'Homme ?

Illustration du travail alchimique : le fer

Le fer est un composant de l'hémoglobine, une protéine présente dans les globules rouges du sang. Cette protéine permet de transporter l'oxygène des poumons vers tous les autres organes. Sans fer, le corps humain ne peut plus former d'hémoglobine et n'est donc plus capable d'assurer cette fonction de transport vitale.

Cependant, le sang est également l'agent contributeur à l'expression des émotions * (hémo, du grec ancien haîma, le sang qui coule en nous). Mal assimilé, soit par carence, soit par excès non maîtrisé, le fer participe de notre déséquilibre, pouvant conduire en extrême à le faire couler par nos batailles extérieures lorsque l'égo-mental, manipulé et leurré par la prédation, préside *². C'est pourquoi nous sommes dans cette 3ème dimension de réalité à l'Age de Fer, l'Age d'Or se situant dans une autre dimension de réalité uniquement accessible par un autre état de conscience. En comprenant le rôle de ce métal, au propre comme au figuré (plans matériel et spirituel), l'alchimiste de sa vie va pouvoir en assurer la nécessaire transmutation purificatrice *³ ...

* Cf. L'expérience émotionnelle.

Cf. Décryptage de l'égo.

*³ Cf. Libération émotionnelle.

L'art du forgeron de sa vie

Pour forger son épée enchantée, le forgeron de sa vie va prendre le métal, la lame - " l'âme " - et la rendre droite en tapant avec son marteau non sur elle mais sur l'enclume. C'est en effet la vibration de l'enclume - le corps associé à l'esprit -, sa résonance, qui va aligner la lame.

Ainsi parfaitement aligné dans son axe, il pourra user de sa lame acérée et puissante pour percer afin de voir, - " percevoir " -. C'est cet alignement que symbolisent le vesica piscis (image 3) et les lames Un d'épée et Le Monde dans le jeu du Tarot (images 4 et 5).

C'est de cette manière que Arthur, roi juste parfaitement aligné, parvint à retirer l'épée Excalibur de son rocher ...

 


Mode opératoire

Les étapes

Le mode opératoire alchimique distingue généralement sept étapes réparties en trois Œuvres associées à une couleur : distillation, calcination, putréfaction, dissolution, ces quatre étapes formant l’Œuvre au Noir ou Nigredo ; puis coagulation, vivification qui forment l’Œuvre au Blanc ou Albedo ; puis multiplication ou projection, ultime étape dite Œuvre au Rouge ou Rubedo.

Toutefois se rajoute à ces trois œuvres une quatrième *, dite Œuvre au Jaune ou Citrinitas, portant sur la prise de connaissance des archétypes constitutifs de l'inconscient collectif. Elle est l'apport du psychiatre suisse Carl Gustav Jung (1875/1961).

* Le ternaire est un procédé symbolique propre au mode de fonctionnement patriarcal de la Matrice asservissante. Aussi est-il plus juste et plus dans l'ordre naturel que de caler l’œuvre alchimique de transformation intérieure sur le quaternaire propre au féminin sacré (Cf. Symbolisme des nombres (1) Les neuf premiers nombres). Les quatre couleurs correspondent aux quatre grands peuples de la Terre.

Il va sans dire que la réalisation d’une semblable union dans son intimité dépend du degré de pureté constaté. Le corps spirituel étant le corps causal du corps physique, il faut par épurations successives permettre au corps physique de se dissoudre de plus en plus dans le corps spirituel. Pour ce faire, c’est en regardant au plus profond de soi que l’on reconnaît la Lumière, l’Énergie de vie et la Conscience - le champ de Conscience universelle - qui caractérisent cette dimension spirituelle siégeant en chacun de nous. Sa manifestation est nommée la " Pierre philosophale " ou Fontaine de vie, ce qui signifie l’Énergie universelle, celle qui crée, préserve et transforme toute chose. Elle est toute puissante, omniprésente (en tout temps), omnipénétrante (en tous lieux). Elle ne connaît aucun obstacle. Sa toute-puissance peut transformer un corps physique lourd et limité en un corps spirituel, subtil et puissant. Il s’agit pour l’alchimiste (soit chaque être humain en quête de vérité) de trouver au plus profond de lui-même ce qui est capable de l’animer de l’intérieur, ce qui le relie à lui-même, prenant à ce titre un aspect sacré, religieux (relier vient du latin religare, constitutif comme relegere, " relire ", de l’étymologie du mot religion).

 

De la Pierre Philosophale

Les alchimistes médiévaux voyaient dans le liquide biologique qu'est le sperme le " VITRIOL ". Dans son acception courante, vitriol est le nom populaire donné à l'acide sulfurique (H2SO4), agent corrosif puissant, dérivé du soufre. Pour les alchimistes, ce mot se décompose de la façon suivante : Visita Interiora Terrae, Rectificando Invenies Occultum Lapidem soit " Visite l’intérieur de la terre et par des rectifications tu trouveras la pierre cachée (soit la véritable médecine) ". Ils se référaient à la pierre philosophale qu’il nous faut fabriquer à partir de la matière première (semen) dont la nature nous a dotés, c'est-à-dire par la maîtrise éclairée de notre propre énergie sexuelle, maîtrise qui permet de forcer la matière comme la pensée à la dissolution. Le temps, ce liquide qu'on ne peut tenir en nos mains, permet de Visiter l'Intérieur de notre Terre (la base), en Rectifiant nos attitudes, afin de Trouver la certitude (aussi solide qu'une Pierre) qui s'y cache. C'est un travail sur l’opposition entre deux lois, deux principes de philosophie antinomiques, ce qui est caché et ce qui est montré. Grâce à l’antimoine * - " anti…moine " -, métal utilisé par le chercheur alchimiste, ce qui en découle s’appelle sublimation : le corps est spiritualisé, l’esprit corporifié, et le Ciel peut alors descendre en Terre, à l’intérieur d’un soi devenu brillant et radieux, ce qui nous mène à la joie, de tous comme de nous-même. Aussi cette force créatrice ne doit être gaspillée ni en excès, ni refoulée en mortifications ou ascèse, car elle est porteuse d’une énergie-or aux extraordinaires capacités de guérison.

* L'antimoine, élément connu depuis le IV° millénaire avant J.-C. est un métal blanc argenté cassant très toxique. Il possède des caractéristiques qui le placent entre les métaux et les non-métaux. C'est un mauvais conducteur de chaleur et d'électricité et il ne se ternit pas en présence d'air. Allié au plomb, on retrouve souvent ses oxydes ou ses sulfures dans des minéraux. Le sulfure d'antimoine, ou stibine, a été utilisé comme cosmétique dans l'Antiquité, possédant des propriétés émétiques (vomitives) et purgatives. De par sa toxicité, cet élément a également connu d'autres applications notamment en tant que poison, la stibine, de formule SbH3, étant connue pour détruire les globules rouges. De manière générale, les composés trivalents de l'antimoine bloquent l'activité de certaines biomolécules.

Franc-Maçonnerie et Alchimie

Il est peu dire que le symbolisme de la Franc-Maçonnerie a puisé considérablement dans le référentiel alchimique, avec pour ses adeptes les deux voies initiatiques, conformément à la loi de la dualité prévalant en 3ème dimension *.

La première, de nature évolutive (polarité +), est présentée à l'entrée de l'impétrant, servant de caution humaniste tout au long de son parcours en loge. Elle met en avant la quête de la Pierre Philosophale, élément indispensable de transformation de soi, au service de sa relation éclairée aux autres, à la société, à la planète (la Nature) comme au cosmos. Elle est le vernis luciférien, la " fausse lumière ", susceptible de conduire à la Vraie par l'exercice du discernement épuré de toute naïveté mystique, qualité rare chez la plupart des êtres humains manipulés par leur subconscient.

La seconde, de nature entropique (polarité -), est réservée à celles (loges féminines) et ceux sélectionnés pour leurs aptitudes aux " hauts grades ", afin de servir le corpus prédateur dans la réalisation de son agenda occulte. Elle est de ce fait étroitement liée aux secrets et mystères de la pyramide (image 1) et du " mythe " Osiris/Isis/Horus. C'est cette voie qui livre la maîtrise du compas et de l'équerre nécessaires à l'exercice de la domination terrestre asservissante, LA *² Pierre Philosophale constituant le vortex énergétique établi entre la conduite des affaires terrestres et la force de prédation extra-dimensionnelle de 4ème densité qui la nourrit *³. Cette voie est l'autre face du démon terrestre, en l'occurrence Satan selon notre référentiel latin, expliquant que les humains s'y trouvant piégés et dans l'incapacité d'y renoncer sont lourdement chargés sur un plan karmique * ...

* Cf. La dualité décodée.

L pour l'équerre, A pour le compas (image 2). Tous deux sont nécessaires à l'établissement de la quadrature du cercle de la Grande Pyramide (base carrée), ses proportions liées au nombre d'or assurant toute sa puissance pour recevoir l'énergie " céleste " (Cf. Le modèle pyramidal décodé).

*³ Cf. Mécanisme explicatif dans Fonctionnement de l'architecture du Vivant.

*⁴ Cf. Le cheminement de l’Âme.

Pour de nombreuses raisons *, la France joue un rôle d'importance dans l'agenda occulte du Gouvernement de l'Ombre. Amorcée par l'instauration de la Révolution maçonnique des Lumières au XVIII° siècle, la construction de la pyramide du Louvre par François Mitterrand, lieu de consécration du dernier monarque républicain élu en 2017, livre une clé de compréhension du scénario en cours pour celui/celle décidé à se réveiller *² ...

* Cf. Le féminin séquestré.

Cf. Prophétie du changement.


Regarder différemment le Monde

En alchimie, on ne cherche pas l’endroit mais l’envers du Monde apparent, celui des formes, le " démon ". Le Monde illusoire, dans le tarot symbolique, c’est l'arcane 21. Et ce qui est " en vert " est la connaissance des choses cachées. Ainsi le lion vert (ou l’ion vert) de l’alchimie ne désigne pas que l’acide sulfurique, mais aussi le dissolvant universel, le VITRIOL.

21 à l’envers donne 12, la position des jambes de la danseuse du Monde donnant Le Pendu à l’envers. Le Pendu, c’est le Monde illusoire à l’envers, soit le Monde à l'endroit. Ce qui est " en vers " est aussi un corps en décomposition, dévoré et digéré par les vers, soit un corps qui meurt à l'égo, son prédateur. Ce qui est " en vers ", c’est aussi la poésie, qui permet d'enchanter sa vie.

Si quelque chose se cache dans le tarot, c’est Le Pendu qui dira où. Parce qu’on dit que le Monde, le 21, est le symbole de la totalité, mais la totalité sans son envers n’est pas complète. Alors la somme théologique du Pendu, soit 12, c’est : 1+2+3+4+5+6+7+8+9+10+11+12 = 78. Comme il y a 78 arcanes dans le tarot, Le Pendu est donc la totalité cachée du tarot. Et la réduction théologique de 12 est 1+2=3, qui rappelle la trinité du corps/âme/esprit, du sel/mercure/soufre, du minéral/végétal/animal, du père/fils/saint-esprit, de la mère/fille/sainte-âme. 78 divisé par 3 est égal à 26, chiffre de Dieu dans la Kabbale. Aussi le tarot est l’expression des trois grands monothéismes - judaïsme, christianisme et islam - qui, par-delà leurs dogmes spécifiques manipulés car propres à l'illusion de la matière, cachent les clés universelles du Vivant pour qui sait regarder à l'envers...

Cf. Le sens caché du Tarot initiatique.

Le talon vulnérable

Le Pendu suspendu par une corde qui le tient à l'envers pour lui permettre de regarder la réalité du Monde tel qu'Il Est rappelle que l'être humain demeure vulnérable à la force prédatrice qui l'asservit dans la 3ème densité de réalité. Il est mortel, au sens propre comme figuré, par un talon d'Achille * qui exprime sa faiblesse fatale en dépit d'une grande force générale, pouvant le mener à sa perte. C'est ce que rappelle le serpent rampant - l'énergie luciférienne -, qui à défaut d'être fermement contenu par le féminin sacré (ainsi le pied de Marie chez les chrétiens - image 2), peut à tout moment par la fausse lumière (les tentations de ce bas monde) le mordre " mortellement " pour le maintenir dans la cyclicité entropique des temps.

* Dans l'Achilléide du poète latin Stace (40/96), la mère d'Achille, la nymphe Thétis, avait plongé Achille enfant dans le fleuve Styx, le tenant par le talon (image 1). Il devint ainsi invulnérable partout où l'eau avait été en contact avec sa peau, c’est-à-dire partout sauf au talon qui devint son point faible. C'est là que toucha la flèche de Pâris qui tua Achille, dans une des versions du récit de cette mort.

 


Les éléments

Le travail alchimique, opératif comme spirituel, est basé sur les quatre éléments constitutifs de notre dimension de réalité - feu, air, eau, terre - qui découlent du champ éthérique de l'univers, autrement dit la quintessence de Ce Qui Est. Ils se retrouvent dans la " monade ", soit le concept corps-âme-esprit constitutif de l'être humain, ces trois états correspondant à l'univers physique et sa nature d’espace tridimensionnel (longueur, largeur, hauteur), quadridimensionnelle avec le temps * :

1. Le corps est la matière dure, solide, celle du contenant. Il est assimilé à l’espace, qui retient. Sa nature est masculine.

2. L'âme est la matière molle, liquide, celle du contenu. Elle est assimilée au temps, qui s’écoule. Sa nature est féminine, par la vibration qu’elle émet.

3. L’esprit est la matière subtile, gazeuse, éthérique. Il est assimilé à l'éther, la vapeur, la quintessence, qui s’apprécie. Sa nature est double, masculine et féminine.

La trinité Corps–Âme–Esprit est ainsi une matrice espace-temps qui permet à l’Esprit de pouvoir prendre conscience de sa quintessence.

* Cf. Univers en partage.

Le travail alchimique opératif, dans le creuset du laboratoire (labor pour le travail, oratoire pour le caractère sacré de l'atelier) dit athanor, utilise des éléments physiques aux propriétés adéquates de la monade constitutive de l'être humain.

L'Esprit / Le Mercure

Il est l’élément volatil, la substance de nature humide, fluide, subtile, l'aspect féminin et lunaire. Il se présente sous forme aqueuse ou vaporeuse. Il est passif dans la génération et par rapport au Soufre, mais il est actif par sa mobilité, allant de l'extérieur vers l'intérieur. Le Mercure, de nature instable, confère la volatilité. Il est sujet à la sublimation. Il assure la liaison Soufre-Sel. On le rapproche de l’âme (psyché), que l’esprit peut informer. Tous les fluides présents dans l’univers (pluie, rosée), y compris les fluides vitaux de l’organisme humain, en sont une expression.

L’Âme / Le Soufre

Il est l'élément feu, qui ensemence, l'aspect masculin, solaire et sanguin. Il est actif dans la génération, allant de l'intérieur vers l'extérieur. Il réside dans le Sel, le corps, qui le retient et l’épaissit plus ou moins. La graine spirituelle du Soufre est une information qui pénètre les formes solides. C’est un feu qui imprègne même les minéraux les plus durs. Il est le rayon créateur, l’information en action. On le rapproche de l’esprit (pneuma), la matrice structurante. C’est une chaleur fixée et latente qui ne consume pas, mais échauffe doucement. C’est l’agent dynamique de la fermentation, substance oléagineuse et grasse qui s’enflamme facilement, de nature combustible.

Le Corps / Le Sel

Il est une conséquence de l’union du Soufre et du Mercure qui se neutralisent, soit un matériau solide qui soutient, qui donne la fixité au volatil. C’est le principe dans lequel la sécheresse et l’aridité dominent. Il se présente en corps sec et friable qu’il est aisé de mettre en poudre, ce qui témoigne de sa sécheresse extérieure. Mais il est doué d’une humidité, d’une fluidité intérieure, comme cela se prouve par sa fonte. Il épaissit le Mercure qui le dissout et il fixe le Soufre. On le rapproche du corps (soma), ce composé physico-chimique dont les tissus organiques s’élaborent à partir des sels inorganiques. Il est fixe et incombustible, c’est-à-dire qu’il résiste au feu dans lequel il se purifie. Il ne souffre point de putréfaction et peut être conservé sans être altéré. Il est principe de conservation et s’oppose à la corruption.


Par ailleurs, les alchimistes distinguent sept métaux, en relation chacun avec un astre : le Plomb (Saturne), l'Étain (Jupiter), le Fer (Mars), le Mercure (Mercure), le Cuivre (Vénus), l'Argent (Lune) et l'Or (Soleil). Dans la nature, ces métaux évoluent sur des millénaires vers l'or, qui représente la perfection. De même qu'il cherche à atteindre la totale maturité des métaux, l'alchimiste cherche à atteindre sa propre maturité, sa propre perfection, en se rapprochant de l'Unité, et passant pour ce faire par sept étapes de maîtrise : de la peur ; de l’écoute ; de la relation aux autres ; de la perception, de la reliance et de l’unité ; de la force (rejet de la colère et de la violence) ; de la puissance (sans succomber au pouvoir et à la vengeance) ; de rassembler ce qui est divisé (pour éviter le chaos).

De l’équilibre humain et civilisationnel à travers les quatre éléments

Le principe des polarités constitutif du Vivant permet de subtiles combinaisons nécessaires à l'harmonie générale de l'univers et de toutes ses composantes. Ainsi ses quatre éléments fondamentaux constitutifs, correspondant aux quatre peuples de la Terre (blanc, jaune, noir, rouge), sont mêlés du plus (+) et du moins (-), possédant de ce fait plusieurs qualités et oppositions se traduisant dans leur capacité de convertissement physique entre eux.

Chaque élément a deux qualités spécifiques dont la première lui est propre et inséparable. La seconde, moyenne entre deux, convient avec la suivante : le feu est chaud et sec, la terre est sèche et froide, l'eau est froide et humide, l'air est humide et chaud. C'est par deux qualités opposées que les éléments sont contraires entre eux, comme le feu à l'eau et la terre à l'air.

Ils possèdent une autre forme d'opposition entre eux : quelques-uns sont pesants comme la terre et l'eau, d'autres sont légers comme l'air et le feu. Les premiers sont appelés les éléments passifs - polarité féminine -, les autres actifs - polarité masculine -.

Les diverses opérations possibles de leurs qualités naturelles permettent l'accomplissement de leurs vertus, comme chauffer, refroidir, rendre humide, sécher...

Nous avons tous un élément interne dominant, chacun correspondant à une direction cardinale ainsi qu’à un type de peuple sur Terre. En effet, les lois d'évolution sont personnelles à chaque peuple attaché à un continent dont il suit les phases de vie et de sommeil. Nous en retrouvons tout naturellement les correspondances dans les quatre éléments du travail alchimique, soit les quatre plans de conscience de l'humanité qui sont à unifier.

Le Feu exprime l’esprit, la puissance de vie, le feu vital, la détermination, la passion, la transformation active, l’intensité, l’intuition et l’éclair créatif. Il correspond au Nord, soit symboliquement le haut de la planète telle que l’indique l’aiguille de la boussole. Il est associé au plasma, matière constitutive unique du Soleil, que l’on retrouve également pour partie dans Jupiter et Saturne (trois planètes vénérées par les Anciens).

Il est lié au peuple de peau blanche, dont le défi constitue à faire face à l’électricité de tension qui le caractérise (caractère belliqueux, réactif, passionné…).

Les animaux qui lui sont rattachés sont les reptiles.

L'Air signifie l’intelligence, le respire des êtres, l’expansion, la légèreté, l’ascension, la sublimation, la prise de conscience, la prise de recul. Il permet d’occuper notre espace, de donner du champ à nos intuitions et à nos rêves. Il correspond à l’Est, soit le Soleil levant de notre conscience. Il est associé à l’état gazeux.

Il est lié au peuple de peau jaune, dont le défi constitue à être moins dans le mental et plus dans l’ancrage à la terre.Les animaux qui lui sont rattachés sont les volatiles.

L'Eau signifie l’émotion, l’adaptation, la fluidité, la création de solutions permettant de contourner les obstacles et de les transformer en tremplins. Elle calme et purifie. Elle correspond au Sud, et donc est opposée au Nord, ce qui explique le clivage entre ces deux éléments, et pas seulement d’ordre géopolitique… Elle est associée à l’état liquide.

Cet élément est lié au peuple de peau noire, dont le défi constitue à faire face à son manque.Les animaux qui lui sont rattachés sont les animaux marins.

La Terre, essentiellement de nature cristalline (l’un de ses composants de base est le silicate sous forme de quartz) exprime le concret des choses, l’enracinement, la stabilité, le réalisme, notre ancrage au monde et au rythme de notre environnement. Elle est la nourriture de ce que nous ensemençons, le terrain fertile ou non du quotidien, traduisant la capacité de nous mettre en action, d'être acteur et créateur de notre vie. Elle correspond à l’Ouest, là où l’astre solaire se couche pour laisser place à son pendant lunaire (si le lunaire bien intégré est marqué par beaucoup de réceptivité, la Lune mal intégrée donne instabilité et états capricieux, ce qui là encore ouvre réflexion quant à la situation géopolitique actuelle). Elle est associée à l’état solide.

Elle est liée au peuple de peau rouge, dont le défi constitue à faire face aux tentatives par autrui de s’en emparer.Les animaux qui lui sont rattachés sont les mammifères.

 


La dynamique du processus

La formule alchimique solve & coagula * contient d’une certaine façon tout le secret du "Grand Œuvre ", soit le processus de la manifestation universelle à partir de deux phases inverses que l’on peut résumer à expansion (l’expir) et contraction (l’aspir), tel le double mouvement du cœur. Pour ce qui concerne le champ d’application propre à notre dimension d’appartenance - la galaxie solaire de La Voie lactée -, ce processus met en œuvre ce qui est dénommé le Ciel (l’invisible) et son pendant matérialisé, densifié, la Terre. C’est pourquoi le terme solve est parfois représenté par un signe qui montre le Ciel, et le terme coagula par un signe qui montre la Terre. Ils s’assimilent ainsi aux actions du courant ascendant et du courant descendant de l’énergie cosmique, en d’autres termes aux actions respectives du Yang - force d’expansion à caractère masculin -, et du Yin - force de contraction à caractère féminin -.

Il en découle que les " condensations " (ou cristallisations) de l’énergie, qui donnent naissance aux composés individuels (choses et créatures), procèdent des influences terrestres, et les " dissipations ", qui ramènent les éléments de ces composés à leurs principes originels, procèdent des influences célestes. L’ordre des deux termes dépend du point de vue comme de départ auquel on se place, les deux phases complémentaires auxquelles ils correspondent étant à la fois alternantes et simultanées.

Toutefois, le passage de l’état de non-manifestation au manifesté voit la matrice réceptive (la Terre), de source magnétique, être engendrée par le principe fécondant du feu solaire, de nature électrique. La " condensation " ou " coagulation " se présente naturellement en premier lieu. Le Yin, de couleur noire, évoquant la gestation dans les ténèbres, précède le Yang, de couleur blanche, son éclosion à la vie, soit la " dissipation " ou " solution ". Autrement dit, la coagulation porte sur la substance du cosmos, l’énergie primordiale (la matière noire en astrophysique), qui retourne par dissipation à l’essence du cosmos, enrichie de l’expérience. C’est de cette façon que Ce Qui Est, La Source, " joue " à se connaître, faisant semblant d’oublier - le " voile de l’oubli " des êtres humains pendant leur incarnation terrestre - Ce qu’Elle EST. La transmutation alchimique qui est " demandée" à l’être humain consiste, en toute conscience, à " dissoudre " ce qui est " coagulé " et, simultanément, à " coaguler " ce qui est "dissous ". Ces deux opérations apparemment inverses ne sont en réalité que les deux aspects complémentaires d’une seule et même opération. C’est la clé majeure du Jeu de la Vie.

* En spagyrie, science médicale consistant à réunir le potentiel de toutes les thérapies en un système thérapeutique cohérent en lui-même et fondé avant tout sur la recherche de la cause profonde des maladies, ce processus se nomme Spao & Ageiro.

 

Les Œuvres

Dans sa conception spirituelle " Aide à la transformation personnelle ", la quête alchimiste autrement dite Allégorie du Grand Art Mental se caractérise par la réalisation successive et progressive de quatre œuvres, associées à une couleur.

 

Œuvre au noir : Conscientisation.

Elle s’établit à partir de trois matériaux associés aux trois qualités et dimensions de l’être humain : le Sel pour le corps (cristallisation bonne ou mauvaise de l’énergie dans la matière) ; le Soufre pour l’âme, énergie expansive qui n’est ni différenciée ni orientée (le mouvement du corps dans la matière est source de souffrance, physique comme psychique) ; le Mercure pour l’esprit, source d’information qui va orienter, ordonner et structurer (volatilité du corps par la pensée, une sensation ou un défaut). L’alliance Sel/Soufre donne la matière animée, mais qui est totalement chaotique. C’est le Mercure qui apporte l’ordonnancement de la matière. Indissociablement liés, aucun de ces trois principes ne peut s’exprimer seul.

À travers ces matériaux, deux énergies caractéristiques du tempérament humain sont travaillées pour être dissoutes, associées chacune à un élément de la matière : la Pierre, synonyme de dureté, est longue à transformer car résistante, mais c’est sur elle que nous sommes appelés à bâtir notre " Église ", la supraconscience ; le Feu *, synonyme d’intensité, est plus rapide dans sa transformation, même s’il peut à tout instant repartir violemment.

* Aux origines de l’humanité, pendant la nuit polaire, le feu servait aussi bien à réchauffer, à donner de la lumière, et à être un élément de purification utilisé pour l’alimentation comme pour la crémation des défunts et les sacrifices aux dieux. C’est ainsi qu’on lui attribua une valeur sacrée, présente dans toutes les langues : en sanscrit, Agni signifie Feu sacré ; les Latins, leurs descendants indo-aryens, l’ont appelé Ignis, et Agnus est l’agneau du sacrifice. Certains peuples brûlent leurs morts pour emporter vers le haut l’âme des défunts ; d’autres les inhument, pour emporter dans la Terre Mère leurs restes mortels.

Le travail thérapeutique consiste à prendre conscience de sa propre confusion intérieure en confrontant le Moi à ce qu’il a rejeté dans l’inconscient personnel, son ombre. Celle-ci réside dans l’inconscient personnel, projetée par le persona (le paraître) qui nous permet de " briller " en société. Elle contient les désirs et pulsions qui n’ont pas pu s’adapter au monde. Cette contrepartie du moi conscient a une tendance naturelle à se projeter sur les autres. Le Moi ne supporte en général pas cette image que les autres nous renvoient de nous-même. Il refuse de voir que cette ombre est son alter-ego.

Il convient d’abord de comprendre ces éléments fondamentaux séparés mais complémentaires, leur combinaison pouvant soit favoriser l’alchimie libératrice, " l’élixir de longue vie ", c’est-à-dire la réunion avec la Source d’origine, soit perpétuer le mal-être, la douleur, la souffrance (le " soufre rance "). Puis il consiste à " dissoudre " ce qui était " coagulé " ou fixe dans le soufre vulgaire, l’Ego, et, simultanément, à " coaguler " ou fixer ce qui était " dissous ", c’est-à-dire ce qu’il y a de volatile dans le mercure ordinaire, soit notre essence Âme-Esprit. Ces deux opérations apparemment inverses ne sont en réalité que les deux aspects complémentaires d’une seule et même opération, jusqu’à obtention d’un mercure double dont le soufre, une fois purifié, constitue le principe vivant. La nécessaire dissolution du corps pour lui donner la teinture cachée en lui permet la fixation de l’esprit et inversement, esprit et corps n’étant en somme pas autre chose que l’aspect " essentiel " et l’aspect " substantiel " de l’être humain. C’est la " mort " à un état et la " naissance " à un autre état, considérées comme les deux faces opposées et inséparables d’une même modification de l’être. Elles sont nommées les " noces chymiques ", celles du Roi, le Soleil, et de la Reine, la Lune, appelés à une glorieuse apothéose sous la forme d’un " corps " double et imputrescible (Rebis).

Grand'place de Bruxelles
Grand'place de Bruxelles

Ce travail, cette longue et patiente cuisson du Rebis (le soufre et le mercure) dans l’Athanor (le fourneau ou creuset), est un chemin inconfortable, difficile, laborieux, source de doute et non délimité dans le temps, à l’image de ce que vit le pèlerin parti de la Grand ’place de Bruxelles sur la route de Chartres, puis du Mont Saint-Michel, jusqu’à Saint-Jacques de Compostelle sinon à l’inaccessible Jérusalem céleste, ou en référence à la traversée du désert du Christ. Parce que la lumière fait constamment pression sur la matière, l'homme est appelé à se transformer en descendant au plus profond de sa propre nature obscure, non encore éclairée, pour y affronter comme Michael son Dragon ou Thésée son Minotaure, soit son instinct encore animal sous contrôle du système prédateur de 4ème dimension *, et le maîtriser. C’est alors la mort symbolique de l’égo *², sa putréfaction (appelée le nigredo, soit " plus noir que le noir " !), préalable à sa résurrection christique. In Necis Renascor Integer ! (INRI : " Dans la mort, renaître intact et pur "). Cette maîtrise des émotions, au nombre de sept, est appelée la " Voie royale ".

Toutefois, pour vider sa coupe de tout ce qui n’en favorise la bonne digestion (peurs, blessures émotionnelles et psychiques, conditionnements, fausses croyances et illusions), nous pouvons choisir plutôt que le combat de retrouver notre âme d’enfant et de faire ce voyage comme un jeu (le " Je dans fend " l’armure), débarrassé des agitations intérieures et des illusions du temps.

* Cf. Comprendre et apprivoiser la prédation.

Cf. Décryptage de l'égo.

 

Les 7 émotions primaires

La joie La colère La tristesse Le dégoût  La surprise Le mépris La peur

 

 

Œuvre au blanc : Libération.

Après le chaos de la fragmentation de sa caverne enfermante, l'égo-mental, le rassemblement complémentaire (" complet en terre ") des trois matériaux - mercure, soufre et sel - réaligne le corps pour tendre vers sa pureté, en favorisant la fluidité de circulation de l’énergie de vie. C’est la transformation de l'instinct maîtrisé en intelligence, celle qui donne accès aux lois de la Nature. Cette libération se fait dans son propre laboratoire intérieur (au sens propre comme figuré), et surgit à un moment donné, par la prise de conscience, le lâcher-prise de ses résistances mentales ancrées, le non vouloir d’un chemin à tout prix. Il s’agit de ne plus faire résistance, pour la laisser passer.

Ainsi la rencontre assumée avec l’ombre du prédateur qui nous manipule et domine doit nous conduire à l’assimiler, sans la juger, en libérant les mémoires enfouies liées à des traumas psycho-émotionnels. Nous intégrons ce qui paraît comme négatif en soi, mais qui l’est en réalité tant qu’il n’a pas pu prendre place et sens dans notre champ de conscience. Intégrer l’ombre requiert une grande force morale et l’abandon de ses préjugés.

La première phase est donc indissociable de la deuxième, dont la couleur blanche est complémentaire, pour atteindre le premier but de l’œuvre alchimique, le " Petit Œuvre ", symbolisé par un métal moins corruptible, l’argent. C’est la phase où l’on fait un travail de différenciation et de purification. Cela correspond à la formation du caractère qui a pour but de canaliser les pulsions instinctives et de sortir des opinions toutes faites.

À la fin de cette étape, l'individu a beaucoup changé : il ne juge plus autrui, il devient plus compréhensif, plus fraternel. Il s'approfondit s'il était superficiel et devient plus impartial s'il était partisan. Son Moi s'est déplacé vers une position où le bien et le mal sont relativisés, et où le grave défaut de l'autre est vécu comme un défaut personnel. En clair, la personne a dépassé le dogmatisme moral ou antimoral, ce qui la rend moins corruptible.

L’âme - le Soi inférieur - commence à jouer son rôle de conduite du corps. De nouvelles priorités se font jour. Le sens de l’existence n’est plus conditionné par les exigences de la société du paraître et l’âme commence à graviter autour d’un nouveau centre qui reste encore à ce stade extérieur à la personne. Le Soi supérieur ou Esprit s’exprime à travers des archétypes qui sont encore projetés sur des personnes physiques et qui servent de référence.

La référence chrétienne pour cette étape est l'Ascension, celle de la Tradition juive est la traversée du désert pour la sortie d’Égypte du peuple hébreu.

 

Œuvre au jaune : Unification

La troisième phase se nomme Citrinitas, l'Oeuvre au Jaune. Elle permet de prendre conscience des archétypes qui sont encore dans l’inconscient collectif afin de restituer leur sens profond au conscient. En effet, les messagers du Soi sont toujours représentés par la polarité complémentaire au genre sexué de la personne. Ils exercent une fascination dont il faut prendre conscience pour élever progressivement l’amour, qui est le moteur fondamental de la quête, du plan biologique au plan spirituel.

Dans l’inconscient de l’homme et de la femme réside une image collective de la polarité opposée : l’animus pour l’homme et l’anima pour la femme. Ces deux figures désignent ce qui manque au Moi pour se vivre comme partie consciente d’une totalité englobante qui est le Soi. C'est l'état d'être androgyne. Le sexe perd alors son pouvoir de fascination * au profit d’aspirations artistiques, intellectuelles ou spirituelles. C’est la même énergie qui se transforme.

* Cf. Conscience et dépassement de la Matrice sexuelle.

Figures féminines de l'anima (l'homme)

. La femme primitive : l'image, fortement sexualisée, représente les relations purement instinctives et biologiques.

. La femme romantique : l'érotisme s'étend à toute l'image féminine ; l'image est chargée esthétiquement ; caresses et contemplation sont préférées aux enlacements orgasmiques.

. La femme vénérée : la sexualité est exclue, l'érotisme est sublimé jusqu'à la dévotion.

. Sapientia, la sagesse de l'éternel féminin (Déesse de la sagesse, Athéna).

Figures masculines de l'animus (la femme)

. L'homme sauvage : l'image est fortement sexualisée ; personnification du pouvoir physique.

. L'homme romantique, l'aventurier : la sexualité diminue et laisse la place à l'admiration devant la sensibilité ou la prouesse.

. Celui qui a la parole : la lumière éclairante de l'existence, le professeur, le leader politique ou religieux.

. Logos, le savoir masculin : l'anima est symbolisé par le sens ultime de l'existence et du cosmos, par un dépassement de ses propres limites ; les grands philosophes ou les gurus enseignant les sentiers secrets.

 


Œuvre au rouge : Guérison

La quatrième phase se nomme Rubedo, l'Oeuvre au Rouge. Lorsque le Moi s’est confronté à l'archétype sexuel, surgit alors un autre archétype, ni masculin, ni féminin. C'est l'archétype " lumière ", archétype du surnaturel, de l'au-delà. Ses symboles sont la luminosité et la force. Il révèle des forces ou pouvoirs qui ont une provenance différente des mondes spatio-temporels imaginables. Il est le tremblement et la fascination propre à l’irruption du Sacré. Les images apportent des signes de l'incommensurable : aigles géants, cétacés, volcans, soleils irradiants, apocalypses... toute image suggérant une omnipotence et une omniprésence. A ce stade, l'individu doit affronter le pouvoir en Soi. La première tentation est que le Moi tombe dans le piège de s'identifier à ce pouvoir transcendant. Il y a alors une alternative : le recul ou l'affrontement.

. Le recul voit le sujet, devant les présages menaçant de ces symboles, abandonner le processus d'individuation et libérer l'individualité de la psyché collective par un rétablissement de la persona, en se " cramponnant " au monde du dehors. Une nécessité externe va remplacer la nécessité interne.

. L'affrontement voit la personne céder à la tentation de s'identifier à l’archétype lumière. Elle se sentira détentrice du pouvoir. L’homme joue alors au prophète, au fondateur de secte ou de réseau (version contemporaine plus con-sensuelle), et la femme devient une mère toute puissante et indispensable qui contient et organise tout (" la thérapeute gourou ", des siens comme de ses patients ...). Plus grave, la personne peut aussi tomber dans la psychose en se prenant pour Dieu ou son prophète.

Ce sont des états d'" inflation psychique ", indiquant une extension de la personnalité au-delà des limites individuelles. La seule solution consiste à faire acte d'humilité, à avoir un travail utile qui l'accrochera à la terre (humilité provient du latin humus signifiant terre). Si cette humilité est acquise, et si ces archétypes sont intégrés comme de simples instances au service de la psyché, un mystérieux archétype latent s’active : le Soi.

Aussi il s’agit dans cette Œuvre d’assurer le " refroidissement " du corps, c’est-à-dire l’immobiliser pour qu’il ne soit plus agité par l’émotionnel et le mental. Ainsi la lumière pourra le pénétrer et l’illuminer au Verbe Divin Inné désormais sans résistance, au sens divin (" dit vin ", comme sa robe rouge, soit sa véritable teinture) comme cristallin (" Christ à l’Un ", soit le retour à l’unité). C’est l’obtention de la Pierre philosophale, la " Toison d’Or ", l’" Élixir rouge ", représentée par le phénix et le pélican, et évoquant la résurrection du Christ. C’est le résultat d’une grâce, une grâce de l’Esprit, tel l’a enseigné Jésus le Christ : " Il faut naître d’En-Haut ", car c’est de là que vient la Vie. Le plomb de l’égo a été transformé non en or, mais en lumière, source de transparence (Ignis et Azot tibi sufficiunt * disent les alchimistes). Pour densifier son âme et survivre spirituellement, l’homme doit être fécondé par le Ciel, tel l'enfant nourri naturellement au ventre de la mère par son sang menstruel. Aussi doit-il pour croître en quantité et qualités plus fortes être nourri de sa propre nature et substance (les Philosophes alchimistes l’appellent l’eau mercuriale ou l’eau divine). C’est ce qui accorde le don de soi au profit de l’humanité et permet la posture de la sagesse, insensible qu’il est désormais aux agitations extérieures et à la course au temps. C’est ce qui lui permet de regarder attentivement le coucher du soleil, soit la lumière pénétrant la matière, de continuer son chemin en acceptant ce qui s’y présente de façon apaisée et ouverte, et d’éclairer tous ceux qu’il y croise, sans vanité aucune, en toute humilité, la plus haute des vertus (" Qui s'élèvera sera abaissé, qui s'abaissera sera élevé " Matthieu XXIII – 1,12).

La référence chrétienne *² pour cette étape est la Pentecôte, celle de l’Ancien Testament la traversée de la Mer Rouge pour arriver en Terre promise et y trouver le Graal, l'Amour, soit " l’Âme hors de l'égo ", la mort de l'égo ...

* " Le corps est déjà en votre possession. Tout ce qu’il vous faut, c’est le Feu et l’Air ".

De la semaine sainte à la descente de l’Esprit saint sur les apôtres, nous avons un condensé de ces trois étapes (hors Œuvre au jaune), qui voit la mort du Christ, sa descente aux Enfers, sa résurrection, son ascension avant que de faire redescendre la Lumière comme grâce. Elle s’ouvre par la fête des Rameaux, prolongation du rameau d’Or qu’Énée, conduit par la Sybille, prophétesse nomade, cueille dans la forêt, comme du rameau porté par les invités du sanctuaire d’Éleusis.

 

Symbolisme alchimique

La puissance du symbole est la caractéristique du processus alchimique. Il permet tout naturellement de coder l'enseignement, réservé aux chercheurs " purs " de vérité qui, par un long travail de recherche tant extérieure qu'intérieure, peuvent pénétrer le cœur de l'enseignement et se l'approprier. En voici quelques éléments, parmi une multitude infinie...

 

Les planètes

Le Soleil représente le principe masculin, la polarité électrique. Il est appelé le Roi, et figuré par Apollon chez les Grecs et les Romains *, Horus chez les Égyptiens, Jésus-Christ chez les chrétiens, Huitzilopochtli chez les Aztèques.

* ou Phébus.

Leur fusion est appelée les " noces chymiques ", soit l’union de l’anima et de l’animus qui se représente par un rebis (de res-bina, qui signifie chose double), corps à deux têtes se partageant les attributs de l’homme autant que ceux de la femme. Cet être symbolise également l’union du Soufre et du Mercure, le mariage philosophique dans l’œuf cosmique voyant le roi rouge et la reine blanche mourir pour renaitre et s’unir l’un à l’autre. Les eaux mercurielles peuvent ainsi descendre dans les eaux salines ...

La Lune représente le principe féminin, la polarité magnétique. Elle est appelée la Reine, figurée par Artémis, Hécate ou Séléné chez les Grecs, Luna ou Diane chez les Romains, Isis chez les Égyptiens, la Vierge Marie chez les chrétiens, Coyolxauhqui chez les Aztèques.


L’anode et la cathode sont deux électrodes où se produisent des réactions électrochimiques: l’anode donne lieu à une émission d’électrons (oxydation) tandis que la cathode donne lieu à une absorption d’électrons (réduction). Pour retrouver la polarité de la cathode ou de l’anode dans un dispositif qui consomme de l’électricité, il suffit de mémoriser ce moyen mnémotechnique trivial: Anode => Anus => Plus Cathode => Catin => Moins Ou… MOKA => Moins / Cathode. En revanche, dans le cas d’un dispositif qui génère de l’électricité, comme les générateurs ou les piles, c’est pile l’inverse: la cathode est l’électrode positive et l’anode est l’électrode négative.

En savoir plus sur: https://jeretiens.net/polarite-de-lanode-et-de-la-cathode/

Le Soleil et la Lune sont en chimie l'anode et la cathode, les deux électrodes (polarités) où se produisent des réactions électrochimiques : l'anode donne lieu à une émission d'électrons appelée phénomène d'oxydation (polarité +), et la cathode à une absorption d'électrons appelée phénomène de réduction (polarité -).

C'est le contraire en processus de production d'électricité (générateurs ou piles), la cathode étant l'électrode positive et l'anode l'électrode négative.

Nous pouvons ainsi mieux comprendre leur lien indissociable dans le fonctionnement de l'architecture du Vivant *, ce qui bien entendu questionne quant à la notion scientifique d'héliocentrisme de notre galaxie et les croyances associées *², qui apparait comme la signature explicite du système prédateur patriarcal visant à dissimuler le double du Soleil, le féminin sacré lunaire, en le maintenant dans l'obscurité de la conscience ... La femme étant calée pour ses menstrues sur le cycle lunaire de 28 jours, ceci a entraîné la suppression d'un treizième mois dans le cycle annuel - le cycle du dieu sumérien An -, autrement dit le trésor (" treize ors ") que représente la parabole de Jésus-Christ et de ses douze apôtres (il y a 13 pleines lunes dans une année, soit 13x28 = 364 jours). Sans la réintégration du féminin dissimulé à notre conscience, nulle possibilité de s'extirper de la Matrice involutive et de son calendrier du temps manipulé !

* Cf. La dualité décodée & Fonctionnement de l'architecture du Vivant.

Ainsi la croyance que le phénomène des marées est lié à la gravité de l'activité lunaire, alors que le diamagnétisme du soleil, de la lune comme de l'eau contenue dans l'atmosphère (l'air) et dans la mer agissent concomitamment sur la production des 4 marées toutes les 6 heures sur les deux parties du globe terrestre (2 de 12 heures par hémisphère), celle qui est éclairée et celle qui ne l'est pas.

L'indispensable sortie de l'illusion

Dans le monde de la dualité de la 3ème dimension nourricier du système archontique prédateur, la quête alchimiste est la voie de l'indispensable transformation intérieure pour quitter les illusions destinées à voiler la Connaissance de Ce Qui Est *. C'est pourquoi l'alchimiste de sa vie doit questionner la " réalité " des archétypes qui façonnent sa vision du cosmos : pourquoi la déesse lunaire Isis est-elle voilée ? Pourquoi Lilith la pécheresse impure dans le judaïsme biblique est-elle associée à la Lune ? Pourquoi la diabolisation des cultes lunaires par les grandes religions monothéistes (sabbat des sorcières, loups-garous, vampires, agitations psychiques nocturnes ...) ? Pourquoi le programme de conquête de la Lune par la NASA a été nommé Apollo du nom du dieu solaire ? A quelle finalité répondent ces messages logés dans l'inconscient collectif  *² ? Peut-être alors comprendra-t-il que la Lune est une construction purement artificielle, comme d'autres planètes de notre référent astral, destinée à conditionner l'être humain par le dualisme des archétypes et symboles liés ... Et que, même s'il s'est cru sage pour avoir regardé la lune et non le doigt comme l'idiot, il est resté tout autant que ce dernier leurré et piégé dans la matrice de l'illusion asservissante !

* Cf. Fabrication de l'illusion et voie de sortie.

Cf. Le féminin séquestré.

Livre " Who Built the Moon ? " de Christopher Knight & Alan Butler (2007).


A l'image d'une bobine Tesla *, la Terre par son pôle Nord est bel et bien " énergétisée " tel un tore ou torus (image) par les deux astres sources de réflexion de lumière, contribuant à la manifestation matérialisée de l'éther (le Verbe/logos se fait chair).

Or, en regardant la forme du tore, nous pouvons y voir aussi celle de l'Ouroboros, le dragon/serpent du corpus prédateur archontique qui s'est enroulé autour d'elle pour asservir l'humanité à ses fins (faims) de survie *². Sans transformation de conscience et transcendance par l'accès au champ de l'Esprit divin, l'être humain demeure prisonnier de sa cyclicité entropique ...

* La bobine Tesla ou transformateur de Tesla est une machine électrique fonctionnant sous courant alternatif à haute fréquence et permettant d'atteindre de très hautes tensions.

Cf. Compréhension de la conspiration prédatrice.

 

Les animaux

L’utilisation de symboles animaux volatiles permet de comprendre également la subtile transmutation de " l’Âme-Esprit ", d’essence volatile, au détriment de l’égo, substance fixe de l’animal humain mortel : le chant du Coq est annonciateur de lumière; le Corbeau (" corps beau ") est associé au corps ; l’Aigle * bourreau du Titan Prométhée dévore sans cesse le foie, la foi dogmatique (le foie fabrique la bile, liquide amer), et combat le Lion, soit l’animalité ; le Phénix est cet oiseau qui renaît des cendres (du corps) quand l’Esprit (y) est descendu, nourriture spirituelle régénératrice. Il est tout comme le Sphinx la fusion de l’Aigle et du Lion, chacun apportant à l’autre ce qui lui manque (rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme…). Purifié par les apports bénéfiques du soufre et du mercure, l’homme peut enfin être le sel de la terre, dans toute sa lumière cristalline, et pardonner aux ténèbres, à sa part d’ombre qui le faisait souffrir, bien que de nature illusoire car il n'en comprend pas les origines *².

* L'aigle a traversé les siècles et millénaires, car il est le symbole universel des forces spirituelles qui ont engendré et maintiennent la vie dans le cosmos ainsi que du désir d'objectivation de l'esprit. Présent dans toutes les civilisations sans exception (avec Jupiter dans l’antiquité classique, Vishnu chez les Hindous), toutes les royautés, tous les empires, il est l’oiseau qui s’élève le plus haut dans le ciel pour redescendre le plus vite dans les profondeurs. Pouvant regarder impunément le soleil en face, il est un des symboles de la lumière, l’enfermant dans son regard pour en ramener ses rayons sur la terre. Il est aussi le symbole de l’âme, prenant son essor poussé par l’élan vital. L’aigle est le sang, la vie, l’élan vital, les pulsions vitales, et il est aussi l’union des contraires : la vie matérielle et l’âme. Dans la quête alchimiste, l'aigle réunit les deux composants, le conscient et l’inconscient, qui dans le processus d’individuation par la transcendance, aboutit à la création d'un nouveau centre de la personnalité, que Jung a nommé le Soi.

Cf. Comprendre et apprivoiser la prédation.

Le Coq

Symbole de la France, cet animal qui chante les pattes dans le fumier (Œuvre au Noir) au lever du Soleil est appelé à devenir phénix s'il réussit l'épreuve de transmutation de son égo de " Roi de la basse-cour " dressé sur ses ... ergots. Il symbolise l’œuvre alchimique de la trinité égyptienne Osiris-Isis-Horus *, le fils appelé à renaître de ses cendres (ressusciter) - celles du père assassiné (la mort de l'égo séparé) - grâce à l'amour (le féminin sacré de la mère). Nous retrouvons cette allégorie dans la légende de Jésus-Christ dans le christianisme, signifiant la désidentification aux mémoires qui nous attachent et nous lient, soit les maléfices (" le mal est fils ") lorsque nous ne savons pardonner à leur contenu qui nous empoisonne (le bagage génétique source de perversion - la " père-version " *²). Alors pouvons-nous être l'Horus, celui qui chante face à l'horizon (" Horus son ") illuminé par sa couronne solaire ...

* Horus est représenté par une tête de faucon, qui sera transposé à l'aigle.

Seth, le frère assassin du père, représente la part obscure de celui-ci. C'est cette part que nous avons à transmuter (Œuvre au Blanc) pour (re)devenir solaire (Œuvre au Rouge). C'est ce que raconte à sa manière George Lucas depuis 1977 dans son œuvre cinématographique " La Guerre des Étoiles " dans le combat entre Luke Skywalker et Dark Vador.

Le Chien Cerbère

Dans la Tradition la porte de l’Enfer (l'Hadès grec) était gardée par un chien, le Cerbère à trois-têtes, symbole de l'anti-moine qui brûle dans l'athanor (le creuset) alchimique. C'est Anubis l’Égyptien, le gardien des morts, avec sa tête de chacal. Il est l’image de l’ombre obscure de l’homme, qui, en son être Spirituel, est également triple. L’homme est corps, âme et esprit *, tandis que le chien de l’Hadès a trois têtes (Cf. image 1) *², avec la queue du serpent qui a conduit à la " chute " de l’Homme dans la matière. Ce n’est pas un hasard si la queue du serpent est tendue vers le bas, pointant toujours vers le centre de la Terre. Ce n’est pas un hasard si le dieu psychopompe qui guide les âmes des récents défunts en Enfer est dépeint avec une tête canine. Cette forme sombre à tête canine est le dieu égyptien Thot (Hermès chez les Grecs), le Trois-fois-grand, le gardien de toute la sagesse de l’initiation. Le véritable chercheur de connaissance n’aura pas à traiter avec le chien à trois-têtes qui garde le monde obscur.

* Qu'est-ce que l'Homme ?

Il est représenté avec les trois couleurs alchimiques (Noir Blanc Rouge).

L'initié Walt Elias Disney a utilisé l'archétype du chien Cerbère par la figure de Pluto, contraction de Ploutos, dieu dans la mythologie grecque (Plutus sous son nom romanisé) de la richesse et de l'abondance. Ces trésors sont bien évidemment les trésors spirituels dissimulés sous l'apparence des choses matérielles. 

 


La Licorne

Animal fantastique, la licorne porte sur elle le caractère " terrible " de la corne, qui éclate dans le terme grec keraunos, la foudre. Elle traduit le feu céleste, qui frappe les lieux les plus élevés, symbolisé par l’éclair, ce trait de lumière - le saint Esprit - qui illumine l’initié. C’est le verbe cosmique que capte la corne de licorne, afin de féconder l'esprit humain qui s'éveille à la conscience de Qui Il Est. Ainsi les innombrables " Annonciations à la Licorne " ont témoigné de la force de cette image durant tout le Moyen Âge.

L’analogie de la licorne est partout présente dans le fonctionnement du Vivant, entre la foudre, la lumière et la couronne, autrement dit la corne. C'est ce qu'enseigne l’arbre séphirothique de la Kabbale * : pour conquérir la couronne de la cime - Kéther -, il faut avoir maîtrisé Malkuth dans les abîmes ténébreux de l’être.

L’arme effilée de la licorne a parfois la forme d’une épée. La " licorne domptée " (image 1), peinture hermétique du château du Plessis-Bourré en Anjou (XVe siècle), est l’un des exemples les plus célèbres du genre. L’arme frontale, flèche spirituelle, symbolise le sel ou feu secret des alchimistes permettant les épousailles du soufre et du mercure que le philosophe aura préalablement su parfaire. Le même sens peut être attribué à la licorne des tapisseries de Cluny (image 3) : la blanche cavale jour alors le rôle du sel philosophal, entre le lion solaire et la dame lunaire.

Comment alors ne point songer à la mise en garde qu'est l'épée, la dague, la lance, la hache, tout ce qui transperce et déchire… Ainsi dans la quête du Graal, la légende associant la lance du centurion Cassius Longinus (Longin) au Graal (image 4). C'est pourquoi la licorne blessant de sa corne le côté droit du Christ remplace parfois l’arme de Longinus, sur des miniatures médiévales illustrant la Passion. Mais cette corne possède aussi la vertu de guérir de manière divine. Déjà, chez les Grecs, la lance d’Achille pouvait soigner les blessures qu’elle infligeait ... Dans Parzival, on tentera d’apaiser la souffrance du Roi Amfortas *² en appliquant sur sa plaie un cœur de licorne, puis un fer de lance enduit de poison brûlant. De même la corne de licorne avait la réputation d’attirer le mal hors du corps. Cette croyance se prolongea jusqu’au XVIIIe siècle, malgré les doutes de Paracelse et de quelques autres médecins…

* Cf. Le Judaïsme décodé.

Selon la légende du Graal, Joseph d'Arimathie recueillit dans une coupe - la coupe utilisée au cours de la Cène - le sang qui coulait du flanc transpercé de Jésus crucifié. Il récupéra également la lance ensanglantée qui avait causé cette blessure. Après bien des péripéties, ces objets furent confiés au roi Titurel, auquel succéda son fils Amfortas.

Le Dragon

Le mythe de Siegfried

Dans la saga mythologique nordique, Siegfried - Sigurd - tue le Dragon Fáfnir pour s’approprier, avec son sang, des pouvoirs nouveaux, et même l’immortalité *. Ce Dragon vert est en effet gardien du sang éternel, le fluide vital.

Certaines traditions rapportent qu'il est devenu invulnérable, notamment en se baignant dans le sang du monstre, sauf dans un endroit précis du dos qui n'était pas trempé, et qu'il est tué tragiquement à cause de cette faiblesse, ce qui lui a valu des comparaisons avec d'autres personnages mythiques, en particulier le héros grec Achille et son talon ... Avant de périr, Fáfnir lui explique que son or est maudit, provoquant la mort de chacun de ses détenteurs qui n'en comprennent la véritable signification, à savoir la transmutation intérieure de son plomb en or, seule voie d'accès à son immortalité *² !

* Ce héros légendaire apparait dans plusieurs poèmes héroïques de l'Edda poétique, compilée au XIIIe siècle, comme de l'Edda de Snorri et de la Völsunga saga, écrits en prose, qui deviendront la " Chanson des Nibelungen ", version continentale et christianisée du mythe, également composée au XIIIe siècle, et devenue épopée nationale allemande. Elle donnera la tétralogie du compositeur allemand Richard Wagner (1813/1883), " Der Ring des Nibelungen " (L'anneau du Nibelung), qui a largement contribué au regain d'intérêt de la légende de Siegfried auprès du grand public par la célèbre " Ritt der Walküren " (La Chevauchée des Walkyries), hymne à la puissance rédemptrice des Déesses-Mères (le féminin sacré). Francis Ford Coppola l'a utilisé dans son film " Apocalypse Now " (1979), pour dénoncer son détournement par les forces prédatrices patriarcales à des fins mortifères. 

Cf. Le cheminement de l’Âme.

La légende de George et le dragon

Nés en Palestine et en Égypte, le culte et la légende qui entourent la vie du saint se propagent en Europe avec les croisés (XI°-XII° siècle), qui le font apparaitre comme le symbole du courage. Saint Georges - George en anglais - est ainsi le représentant des vertus militaires et le protecteur des armées.

George(s) a pour racine geo - anagramme d'égo -, la terre, le terrien, soit celui qui a chuté pour expérimenter la réalité terrestre tridimensionnelle, et pour terminaison ge, la Déesse-Mère nourricière. Il est tout simplement la prolongation d'Adam, l'ange devenu humain. Son étymologie par ses concepteurs généticiens asservissants signifie " celui qui travaille la terre à la sueur de son front ". Aussi est-il associé à la tradition alchimique mystique et à l'acronyme V.I.T.R.I.O.L.Visita Interiora Terrae Rectificando Invenies Occultum Lapidem (" Visite l'intérieur de la terre et, en rectifiant, tu trouveras la pierre cachée ") signifiant le travail intérieur de son humus, soit la partie dans l'ombre (celle du subconscient nourricier du mental) sous l'emprise du prédateur, le serpent, le dragon. C'est un combat contre l'illusion du mal ancré en nous, une chimère, un leurre, le dragon n'étant que nous-même. George(s) est l'autre face d'Osiris (Lucifer), son frère Seth, et ses nombreuses déclinaisons archétypales postérieures : Saturne, Cronos, Baal, Caïn, Satan, le Sheitan (dans l'islam) ... Il est la partie ténèbres de l'être humain, sa partie qui, en la travaillant à la sueur de son front sous la coupe du temps qui le dévore * dans la 3ème dimension terrestre, peut lui permettre de retrouver la pierre précieuse - " près (des) cieux " - (la Pierre philosophale des alchimistes), soit le chemin d'ascension *² vers sa nature lumineuse première, le mode " Service d'Autrui ", l'Amour de Ce Qui Est, dans une dimension de réalité supérieure. En effet, l'or est caché au milieu de son nom ...

Le dragon représente les cinq éléments : son trésor (" treize ors ") est sous terre, où il s'éternise (" s'éthernise ") tant qu'il n'est pas trouvé ; il a des écailles, son côté amphibien étant associé à l'eau ; il a des ailes, ce qui l'associe à l'air ; il crache du feu. Le message est que l'être humain dans sa partie égotique (Georges) lutte contre les quatre éléments à la recherche du cinquième élément, le trésor qu'est l'éther. En se dégageant de l'emprise du dragon, en le comprenant et en le maîtrisant par la transcendance de l'égo, il se purifie, s'allège pour s'élever et quitter la densité terrestre qui l'oppresse.

* Cf. Fin de cycle (1) Fin du temps ou fin des temps ?

Cf. Le chemin de l'Ascension.


Le sang du Dragon alchimique

Dans son ouvrage Le Sang du Dragon, l’auteur Toni Ceron explique que l'alchimie opérative du " Sang du Dragon ", quels que soient les chemins empruntés par notre existence, nous conduit inexorablement à quelque chose d’insoluble qu’il est nécessaire d’accepter. En effet, si rechercher à tout va des solutions à nos conflits peut apparaître comme LE problème à guérir, se détourner d'un conflit, voire d'une maladie, peut constituer une approche étonnante mais efficace dans leur résolution. Autrement dit, plus on se polarise sur une énigme, et plus elle croît au milieu de peurs inconscientes. En acceptant avec humilité la relation complice entre la maladie et la guérison, relation éminemment thérapeutique, toute sa force opérative se révèle.

Ceci entend que la conscience qui nous permet d'avancer en ce monde terrestre reste pétrie de vieux schémas venant d'un passé que l'on spécule par conditionnement religieux glorieux, divin, immortel, soit le Jardin d’Éden immergé sous un ciel pur divin. Cette jouissance mentale et spéculative est le grand piège, la grande ruse du démiurge archontique, l'inversion qui fait qu'on ne peut s'en sortir malgré toutes nos bravoures. Nous sommes en effet des yeux asservis, exclusivement ouverts à des forces flegmatiques anciennes coagulées qui ont déjà opéré en nous, constitutives de nos mémoires toxiques, et qui continuent à se projeter de l'inconscient dans les couches du cerveau en le rendant froid de concepts, pétri de calculs mentaux " indigérables " en une vie. Nous ne vivons donc pas un renouvellement de conscience par ces forces prédatrices, car c'est plutôt ce céleste déjà tramé - le champ astral limité de la Matrice falsifiée - qui prophétise nos existences et vit de notre énergie d'attention présente. Et cela est arrangé pour durer, durer, durer, loi de cyclicité oblige à ce niveau de réalité comme de conscience limité.

Ce principe passif appelé " Flegmes " est associé au féminin lunaire (Ève), elle-même au service de Lucifer (le serpent biblique), puisqu'il l’a piégée. Lucifer, le porteur de (fausse) Lumière, la fixe et la fige en nous tant que nous ne changeons pas notre regard en répondant à l’appel du Soi supérieur par l’Âme. Il n'y a donc là rien de libérateur. Ce revirement de conscience est incontournable pour celui qui veut entrer dans son dragon intérieur pour en faire jaillir le feu libérateur, soit la rencontre avec la force prédatrice (l’Œuvre au Noir) par la force électrique du masculin sacré qui veut aller vers la Lumière. Il lui faut faire émerger une nouvelle " tête ", autrement dit un nouveau principe salin, un Sel bien plus Philosophique et par-là même libérateur…

La grande Clé est bien cet indispensable apport salin au départ, car sans Sel Philosophique préparé nous n'obtenons pas ce concentré capiteux insoluble en l'état qu'est le Sang du Dragon renouvelé (l’Œuvre au Rouge), et restons alors cloué par le sang impur en nous à la Roue sans fin des naissances et des morts sans véritable avenir. Sans retour du Fils prodigue et sa conscience de Feu solaire.

Il est à comprendre que, dans cette incontournable car indispensable phase de rencontre avec le Dragon oppresseur, l’être humain est seul, abandonné des forces lumineuses et de leurs lumières spirituelles. Nul recours à des anges, archanges, maîtres ascensionnés ou autres artifices illusoires suggérés par l'enseignement dévoyé ne lui est possible, les soi-disant archanges aidant vendus comme tels à son esprit fourvoyé n'étant que des archontes ... Il est campé dans tout ce qui le constitue dans cet état sans espoir, dans l'insoluble profond, loin de le faire s'en aller sous d'autres cieux ou de le faire porter par d'autres. C’est le prix du revirement de mentalité dans l'épreuve, afin qu'il accepte humblement de rassembler et de condenser les esprits flegmatiques jusque-là abandonnés aux faux esprits divins, à ses anciennes croyances manipulées et conditionnées par les maîtres-artificiers " babyloniens " pour le retenir par leurs artifices délétères injectés dans l'inconscient prisonnier de la Matrice involutive *. Alors peut-être, par la réussite de ce voyage de Héros de sa vie (devenir Héros passe par un renoncement, inévitablement douloureux, de tous ses placebos psycho-émotionnels), la matrice céleste " Ève " pourra réintégrer la matrice terrestre " Lilith ", permettant à la conscience d’accéder à toutes les mémoires toxiques et putrides cachées pour les transmuter et régénérer en purifiant le sang du Dragon archontique en soi.

La matrice terrestre est bel et bien la base secrète de la matrice céleste, les deux en chaque être étant appelées à fusionner. De ce brassage éprouvé et intense peut jaillir alors le Sang nouveau du Dragon, le Caput Mortuum (ou Tête noire), et dénouer par les limbes infra-terrestres les limbes supra-célestes, les " Eaux d'en haut et les Eaux d'en bas " *². C'est à ce chemin d'ascension que l’œuvre alchimique nous appelle, le temps étant désormais compté ...

* Cf. Prédation spirituelle et voie de sortie.

Explication de la circulation de la lumière dans Fonctionnement de l'architecture du Vivant.

Cf. Toni Ceron, " Le Sang du Dragon Un Insoluble Précieux ", Éditions Col du Feu ORCIER.

La réalité angélique du Démiurge archontique, ou les puissances angéliques du monde inférieur *

" Alors il s’accoupla avec la folie (aponoia) qui l’accompagne, et engendra les autorités qui lui sont inférieures, douze anges affectés chacun à son éon propre, conformément au modèle des éons impérissables.

Et il créa pour chacun (des douze anges) sept anges. Et pour ces anges, trois puissances, de sorte que le total de ceux qui lui sont inférieurs est de trois cent soixante êtres angéliques, auxquels s’ajoute sa triple puissance conçue à la ressemblance du premier modèle qui existe avant lui. "

Texte tiré du Codex de Nag Hammadi

* A " remettre " à tous les tartuffes guérisseurs, thérapeutes, canalisateurs, mages, tarologues, astrologues et autres soigneurs et enseignants spirituels soi-disant connectés aux anges, archanges et autres entités de (fausse) lumière - Métatron, Christ’achay, El Morya, Maitreya, Les Pléiadiens, Le Commandant Ashtar Sheran, la Confédération galactique des mondes libres, Sananda, Comte St Germain, La Flamme violette, Soria ... - pour leurs prestations tarifées au service de la Matrice involutive ...

 

La tradition chrétienne

La quête alchimiste et les trois Rois mages

Melchior

Gaspard

Balthazar


Dans la Tradition chrétienne, les Rois mages sont fêtés à l’épiphanie, jour de la galette, en forme de roue solaire ou de couronne et contenant une fève, que d’aucuns aimeraient en or. Outre dans le mot galette, la racine gal qui signifie en hébreu " la pierre qui roule " est source d’autres mots ou noms à forte portée symbolique : Galaxie, Galerie, Galilée, Golgotha (ou Mont du Calvaire), Gaule, Gallinacée (le coq annonce le soleil levant par son chant), Gaëlique (lande de pierre), Galice (province où se trouve Saint-Jacques de Compostelle).

Venus d’Orient, ces visiteurs dont parle Matthieu dans son récit de la Nativité sont Melchior au visage blanc, apporteur du présent Or (soit la lumière) ; Gaspard au visage jaune, apporteur de l’encens (" en sens ") ; Balthazar au visage noir, apporteur de la myrrhe (matière qui servait à embaumer les défunts). Quand on sait que le vin blanc, élément masculin, versé dans une coupe, un calice d’or (jaune), élément féminin, prend la couleur rouge, on se dit qu’il n’y a décidément jamais de coïncidences fortuites … C’est l’Esprit Divin qui envoie un Messager (le vin) dans et par le corps de Marie (la coupe) pour réveiller en chacun des hommes appartenant aux quatre peuples de couleur le désir de la Conscience christique. Tout le sens de la quête du Graal, soit la complémentarité des apparents opposés * …

* Cf. La dualité décodée.

D’autres liens étroits peuvent être établis avec la symbolique de l’Église chrétienne et catholique. Ainsi la Cathédrale, espace de transformation du profane en sacré, figurée par la Coupe du Graal, chaudron magique permettant d'obtenir l'élixir de longue vie, porté par trois Tables : une ronde pour l’esprit (représentée par le labyrinthe dans certaines cathédrales, comme celui de Chartres), une carrée pour le corps (à la croisée du transept) et une rectangulaire pour l’âme (l'autel). Porte spirituelle pour accéder à l'éternité, la Cathédrale en possède les trois clés.

L’allégorie de la sainte Trinité chrétienne et de la Pierre philosophale est que le père Créateur - Dieu - est le souffle Divin, un esprit qui apparaît cependant sous la forme d'un homme comme il est dit dans la Genèse. De même le mercure des philosophes est comme un corps esprit. De Dieu le Père est né Jésus-Christ son Fils, le verbe, qui est à la fois homme, Dieu et sans péché. Il n'a pas eu besoin de mourir, mais il est mort volontairement et ressuscité pour faire vivre éternellement avec lui ses frères et sœurs sans péché. Ainsi l'or est sans tache, fixe, glorieux, pouvant subir toutes les épreuves, mais il meurt à cause de ses frères et sœurs imparfaits et malades. Bientôt, ressuscitant glorieux, il les délivre et les teint pour la vie éternelle ; il les rend parfaits en l'état d'or pur (Cf. doctrine de Basile Valentin *).

* Basile Valentin aurait été moine bénédictin allemand et alchimiste au XVe siècle (1394-1450) sans que rien ne l’atteste de façon certaine. Il a fait une application de la chimie à l'organisme, cherchant à établir que le corps humain présentait en petit exactement les mêmes phénomènes que le monde présentait en grand. C'est ainsi qu'il a créé les dénominations de microcosme et de macrocosme, qu'il affecte, la première au corps humain, et l'autre au grand corps de la nature. Il est incontestable que la transmutation des métaux et que la recherche de la pierre philosophale ont été pour la pharmacie chimique, autant que pour la médecine, des sources de progrès.

Le saint Graal

Il est le " saint bol ", le symbole de l'être humain réunifié à l'issue de sa quête du trésor (" treize ors ") qui est en lui. Séparé de lui-même par l'identification à l'égo, il a réuni tout ce qui était épars - sa fragmentation en alter -, et par la fusion de ses polarités masculine et féminine, a accédé à sa supraconscience, le Soi supérieur. Il peut désormais poursuivre son expérimentation de Ce Qui Est dans une autre dimension de conscience.


Une fois la personnalité dissoute, c'est l'archétype de l’homme cosmique qui ré-ordonne les composantes de la psyché harmonieusement, comme le fait un cristal plongé dans une solution. C'est le Soi supérieur, le Soi " Dieu en nous ", une manière totalement nouvelle et différente de rencontrer son propre être. Le moi individué se sent désormais comme l'objet d'un sujet inconnu et super ordonné, comme le langage par rapport à l'intelligence, ou comme la relation entre le soleil et la terre. Il devient alors aussi rayonnant et incorruptible que l’Or.

L'homme individué ne s'émeut pas devant les événements. Il n'est affecté que sur des plans inférieurs de son être et peut demeurer impassible devant des incidents très agréables ou désagréables. Il est parfois poussé vers des tâches très difficiles ; il peut les réaliser car des forces surgissant du Soi lui permettent de nager à contre-courant des valeurs collectives. Sa position dans le cosmos a changé radicalement, son nouveau centre de gravité le fait vivre en fraternité mystérieuse avec les animaux, les dieux, les cristaux, les astres, sans admiration, ni réprobation, ni orgueil.

Les Quatre Cavaliers de l'Apocalypse

Ils sont mentionnés dans le Nouveau Testament, au sixième chapitre du livre de l'Apocalypse (6, 1-8), remaniement de deux visions de Zacharie, un prophète de l'Ancien Testament. Leur chevauchée inaugure le commencement de la fin du cycle civilisationnel, car ils apparaissent lorsque l'Agneau, figure de Jésus ressuscité, ouvre les quatre premiers sceaux. Bien qu'ils paraissent se succéder dans le temps, le dernier verset semble suggérer que leurs chevauchées sont simultanées : " Le pouvoir leur fut donné sur le quart de la terre, pour faire périr les hommes par le glaive, par la famine, par la mortalité, et par les bêtes sauvages de la terre. "

Chacune de leur couleur porte la spécificité de l'épuration terrestre : le Cavalier Blanc en assure la mise en œuvre par la Puissance ; le Cavalier Rouge Sang apporte le conflit entre les peuples par la Violence de sa Grande Épée ; le Cavalier Noir amène la stérilité des terres et l'amaigrissement des bêtes et des hommes par la Famine ; le Cavalier Blême amène la maladie par sa Faux, puis met fin à toute vie sur la Terre des hommes.  

Si l'ensemble de ce passage a reçu des interprétations très variées, il traduit sans conteste la nature du processus alchimique préalable à toute renaissance salvatrice, l'avènement de la conscience christique libératrice (Blanc) passant par la douloureuse épuration (Noir et Blême) avant que de couper la tête au dragon pour faire jaillir son sang et renaître au Feu de l'Esprit (Rouge).

 

Couleurs, pierres, animaux et autres symboles à Hollywood la magique

Symbole incontesté des débuts du cinéma, Mickey Mouse est le personnage de fiction clé (Mickey est prononcé en anglais My Key, " ma clé "...) qui lance par sa création en 1928 ce qui va devenir l'empire Disney, et qui en demeure depuis l'ambassadeur attitré. Sa célèbre silhouette, formée de trois cercles (image 2), évoque la dynamique du processus de création universelle nommée " Fleur de vie " * tout en rappelant la forme des anciennes clés (image 3)... Cette puissance constitutive originelle est renforcée par les quatre couleurs des Œuvres alchimiques - Noir, Blanc, Jaune, Rouge - qui colorent le personnage.

La connaissance de ces éléments initiatiques par Walt Elias Disney (qui était franc-maçon) lui a permis incontestablement de donner à l'industrie hollywoodienne *² émergente la puissance de feu indispensable à la domination de l'inconscient collectif mondial.
* Cf. Le processus création décodé.

Hollywood signifie le bois de houx, et non le bois saint (holy). Le houx est une plante, au même titre que le gui, toutes deux prisées par les druides (ou mages) anciens. L'une, la forêt de gui, célèbre la lumière ; l'autre, la forêt de houx, célèbre les ténèbres ...


Dans Dumbo, son compagnon rongeur s'appelle Timothée (image 3), qui signifie " celui qui honore Dieu ", soit l'éléphant puissant caché derrière ses apparentes innocence, candeur et balourdise ... C'est ainsi que les élites initiées hypnotisent le bon peuple endormi ...

La souris de référence, Mickey, va devenir incontournable des autres fictions. Par exemple, nous la retrouvons dans Dumbo l'éléphant (image 1), animation sortie en 1941. Elle est l'" âtman " protectrice de la divinité sacrée dans l’hindouisme Gaṇesh (ou Gaṇesha, Vinâyaka, Gaṇapati), le " seigneur des catégories ", dieu de la sagesse, de l’intelligence, de l’éducation et de la prudence, le patron des écoles et des travailleurs du savoir, celui qui supprime les obstacles. Reconnaissable à sa tête d'éléphant, il est sans doute le dieu le plus vénéré en Inde. L'âtman, signifiant " le souffle divin " en sanskrit, l'accompagne en toutes circonstances, représenté par une souris ou un rat (à ses pieds sur l'image 2). Il signifie que la divinité par rapport à l'être humain non initié a réussi à vaincre sa peur, à réaliser le Voyage du Héros * ...

* Cf. Le Jeu de la Vie.


Ce compagnon guide symbolisant le Soi supérieur, l'esprit divin guidant l'âme, va ainsi se retrouver dans nombre d'autres productions telles que Ratatouille (image 1), mais aussi sous d'autres figures, comme un criquet pour Pinocchio ou une fée pour Peter Pan * ... Sans cette guidance supérieure éclairée, l'homme " vulgaire " ne peut prétendre accéder à sa puissance créatrice. Reste à savoir pour quel dessein il l'utilise ...

* Sa signification en grec ancien Pán est la " pierre de tout ".


Blanche-Neige et les sept Nains

Blanche-Neige et les Sept Nains (Snow White and the Seven Dwarfs) est le premier long-métrage d'animation des studios Disney, sorti le 21 décembre 1937 à Hollywood. Il découle d’un conte allemand dont la version la plus connue est celle recueillie et mise en forme par Jacob et Wilhelm Grimm parue en 1812, inspiré par un mythe germanique. Plusieurs mythes européens peuvent correspondre à ce personnage caractérisé par les trois couleurs noir, blanc, rouge, tout particulièrement L'Histoire de Peredur fils d'Evrawc, un conte gallois (XIII° siècle), lui-même partiellement inspiré du roman arthurien de Perceval ou le Conte du Graal de Chrétien de Troyes. Cette belle endormie réveillée à la fin par le baiser du Prince charmant est une version " soft ", Charles Perrault ayant privilégié avec sa Belle au bois dormant (1697) un réveil bien plus brutal à la version des Frères Grimm de 1812.


Il s’agit d’un conte alchimique reprenant la codification se logeant dans tous les grands mythes civilisationnels, et dont seuls quelques initiés comme Walt Élias Disney (1901/1966) possèdent les clés des symboles métaphysiques usités. L’analyse exhaustive détaillée se révélant longue, retenons au-delà des trois couleurs principales alchimiques caractérisant Blanche-Neige (cheveux noir, peau blanche, lèvres rouge sang) le démarrage du film avec les sept nains figurant les sept grands centres énergétiques du corps biologique * (ou chakras). Ils travaillent dans la grotte (VITRIOL *²) - le laboratoire intérieur - pour trouver la pierre philosophale. Ils ont le choix : travailler dans la souffrance (labor, tripalium) ou en s’amusant (en chantant et en riant), ce qu'ils font avec entrain pour alléger le fardeau du travail (rencontre avec la prédation qui nous domine et les mémoires douloureuses associées). Ils cherchent au fond de la grotte les pierres précieuses (" près des cieux ") libératrices, dont la lithothérapie enseigne sur l’efficacité d’émission de fréquences, de vibrations (bio-résonance). C’est pourquoi les élites royales se parent toujours de couronnes et de diadèmes en or sur leur tête, et que les élites sont friandes de pierres précieuses… Ces pierres et métaux sont les cadeaux du Soi supérieur, soit la réunification de l’Âme de sa fragmentation constitutive d'" alter " libérant l'esprit divin, pour un changement de fréquence vibratoire intérieure préparatrice à notre changement de dimension de réalité...

* Cf. Fonctionnement du corps biologique.

Visita Interiora Terrae, Rectificando Invenies Occultum Lapidem (" Visite l’intérieur de la terre et par des rectifications tu trouveras la pierre cachée ").

Corrélation des 7 nains avec les 7 centres énergétiques (chakras)

Par la couleur de leur bonnet correspondant à un centre énergétique majeur * de l'être humain, chaque nain symbolise la partie nécessaire à l'indispensable union (alignement) énergétique permettant à l'être humain d'accéder à son Soi supérieur : Dormeur (racine) Grincheux (sacral) Atchoum (plexus solaire) Joyeux (cardiaque) Grincheux (laryngé) Prof (3° Œil) Simplet (coronal).

Simplet comme Dumbo précédemment indiquent que pour se laisser remplir de l'esprit divin, il vaut mieux que le seau (" sot ") soit plutôt vide que plein. La purification vise ainsi à redevenir une cruche, un enfant, et non à emmagasiner des savoirs qui vont gonfler et flatter l'égo-mental au détriment de la simplicité du cœur... 
* Cf. Fonctionnement du corps biologique.


Le message de Pinocchio

Pinocchio est le héros du roman " Les Aventures de Pinocchio " (Le avventure di Pinocchio - image 1), écrit en 1881 par le journaliste et écrivain italien Carlo Collodi. Il a été adapté plusieurs fois au cinéma ou à la télévision, notamment par les Studios Disney en 1940.

L’histoire voit Geppetto (image 2) - le Père -, un pauvre menuisier italien, fabriquer par accident dans un morceau de bois à brûler un pantin - le Fils - qui pleure, rit et parle comme un enfant, une marionnette qu’il nomme Pinocchio. Celui-ci, fantasque et désobéissant, lui fait des tours et il lui arrive tout naturellement de nombreuses aventures : il rencontre Mangefeu (Stromboli), le montreur de marionnettes (image 3) - Lucifer -, et ses comparses (image 4) le Chat (Gédéon) et le Renard (Grand Coquin) qui l’attaquent et le pendent, la Fée bleue (image 5) - la déesse Mère - le sauvant. Son nez s’allonge à chaque mensonge…


Pinocchio, dérivé de pinolo, signifie en toscan * " pignon ". C’est la graine comestible du pin parasol (ou " pin pignon " — Pinus pinea) dont l'amande protégée par une fine coquille se trouve à l'intérieur du cône ou pomme de pin. Il symbolise la glande pinéale, le 3ème œil, qui lorsqu’il n’est pas ouvert voit l’homme tel un pantin, une marionnette biologique. Le Toscan Fernando Tempesti, chercheur en littérature et un des meilleurs spécialistes de Pinocchio, précise que dans la langue de Geppetto, le toscan du XIX° siècle, pinocchio signifie " petit pignon " qui voudrait dire également dans la langue secrète de Collodi " petit crevard ", expression qui renvoie à l'Arlequin, le Polichinelle de la commedia dell'arte florentine qui se nomme Stenterello, tout aussi famélique que Pinocchio. Il correspond au statut populaire et pauvre que ce personnage incarne aux yeux des élites, fait non pas dans du bois " noble ", mais dans " une simple bûche prise dans le tas de bois à brûler, de celles que l'on met en hiver, dans le poêle ou dans la cheminée pour allumer un feu et réchauffer les chambres "...

Pour autant, la Fée bleue (la lignée matriarcale des planificateurs de vie) a doté Pinocchio d’une conscience, le Soi supérieur, à travers le grillon Jiminy Cricket (image 6), qui toujours à ses côtés se démène pour amener le garçon pantin inconscient à la raison, prisonnier qu'il est des illusions, tentations et pièges de la Matrice limitée de 3ème dimension, tel le poisson rouge Cléo tournant en rond dans son bocal (image 7). Pourtant les sens supérieurs du félin qu'est le chat Figaro (image 7) pourraient avec un peu d’attention lui transmettre les clés d’accès à la supraconscience. Mais le petit garçon encore de bois dans son intérieur préfère les artifices de l’Ile aux plaisirs, prenant plaisir à jouer de l'argent, fumer, boire de l'alcool jusqu'à être saoul et vandaliser des objets. Aussi la malédiction entropique de la Matrice cyber agit, transformant les humains dignes du bonnet d'âne en vrais ânes, vendus par ses sinistres relais (le cocher - image 8) dans des mines de sel (le travail asservissant) ou des cirques (le travail humiliant). La métamorphose de Pinocchio en baudet (le dieu sataniste Seth est représenté avec une tête d'âne ...) ayant été retardée par l’action de son âme, Jiminy Cricket, il réussit à s'enfuir à temps, rejoignant la boutique protectrice de Geppetto, le Père. Celui-ci, parti en mer (l'eau, le mercure, le sel) *² avec ses animaux à la recherche de son fils, a vu son embarcation avalée par Monstro (image 9), la redoutable baleine représentative de la Matrice dévoyée dans le zodiaque manipulé (Cetus - image 10), qui va également avaler Pinocchio et Jiminy. On ne quitte pas facilement la Matrice ! Seul l’appel à sa supraconscience permet d’en trouver le moyen, et ce en dépit des tentatives désespérées de la Matrice de l’empêcher. Au moment où tous pensent Pinocchio mort, celui-ci renaît par la grâce de la Fée bleue reconnaissant le lien d'amour sincère et authentique qui les unit. Le processus alchimique est réalisé : voyage dans les ténèbres, mort à l'égo par la purification intérieure, renaissance et ascension pour accéder à une nouvelle dimension de réalité...

* Ce mot toscan du XIX° siècle est tombé en désuétude et n'est plus utilisé de nos jours.

La traversée de la mer est toujours un passage incontournable de la transmutation alchimique intérieure. Ainsi le symbole de l'arche de Noé, qui passe du cataclysme diluvien à la nouvelle Terre salvatrice.

Tableau de correspondance des attributs des pierres et des métaux *

Cf. Chapitre Lithothérapie dans L'état de cohérence, voie de sa liberté.

Pierres précieuses

Diamant

 Améthyste

  Topaze

Jaspe

 Rubis

 Saphir

 Émeraude

 

 

Pierres semi-précieuses

 

 Cristal de roche

 Porphyre, violaine

 Citrine, stéatite

 Calcédoine, agate, serpentine

 Tourmaline, grenat, cornaline

 Lapis-lazuli, turquoise, sodalite

 Aigue-marine, jade, malachite

 

 

Métaux

 

 Or

Argent

 Cuivre

 Mercure (Vif-argent)

Fer

Étain

Plomb

 

 

Attributs

 

 Sobriété (sobrietas)

Chasteté (castitas)

Humilité (humilitas)

 Sainteté (sanctitas)

 Piété (pietas)

 Charité (caritas)

 Pureté (puritas)

 

 

Planète / Couleur

 

Soleil / Jaune

Lune / Blanc

Vénus /Vert

Mercure / Marron

Mars / Rouge

Jupiter / Bleu ou Orange *

Saturne / Gris ou Noir *

* Couleurs sujettes à divergence selon les auteurs.


Le Magicien d'Oz

The Wizard of Oz (Osiris) est un film musical américain de Victor Fleming sorti en 1939. Il est le film qui a été le plus vu dans le monde d'après la Bibliothèque du Congrès américain, classé au Registre international Mémoire du monde de l'UNESCO. Judy Garland y interprète le fameux Somewhere over the rainbow, blue birds fly (" Quelque part au-delà de l'arc-en-ciel les oiseaux bleus volent "), l'oiseau bleu représentant ce qui est au-delà des sens de la 3-D. C'est le champ de communication avec le Soi supérieur, une fois l’Âme réunifiée. Les mésanges étant de couleur bleue, elles sont nos messagers supérieurs, les " mes anges " qui nous envoient des informations lorsque nous avons ouvert le canal.

Des entreprises de communication comme la Poste ou Twitter (Cf. images 3 et 4) ont tout naturellement repris cette symbolique dans leur logo.


La purification de la matière (" l'âme à tiers ")

Le processus patriarcal (maçonnique) ternaire permet de construire avec efficacité le processus de maîtrise de la matière. C'est ainsi l'applicatif d'une entreprise de courrier comme La Poste :

- Une enveloppe (le corps, le contenant) ;

- Une lettre (l'âme, le contenu) ;

- Un message (l'esprit, la substance).

Il va de soi en l'occurrence que l'essence n'est pas divine, mais dédiée à Mammon, l'idole vénérée dans la matière...

Pour l'être humain désireux de s'extirper de la matrice involutive, le travail de purification de son corps et de son esprit doit lui permettre de recevoir les messages de son âme quant à la guidance éclairée de sa vie *.

* Cf. Fin de cycle (2) La guidance éclairée de sa vie.

 


Le tribunal d'Osiris

A la source de l'école initiatique

L'Afrique est le berceau de l'humanité, tous nos lointains ancêtres étant Noirs et Africains. Thot, le dieu de la Connaissance égyptien, a pour vrai nom Djeouty. Il est à ce titre le patron des Initiés. La Grèce ancienne a emprunté cette divinité à l’Égypte et lui a donné le nom de Hermès. C’est de cette façon que les enseignements initiatiques de l’Égypte pharaonique - autrement dit la tradition Kamite - sont passés en Occident, et sont aujourd’hui enseignés dans des facultés sous le nom d’" hermétisme ". La doctrine de la Maat égyptienne - la Justice (principe d'équilibre) divine - est une idéologie africaine, avec pour clé et outil sa propre réalisation - sublimation - spirituelle.

Dans le mot Initiation, il y a l’idée d’apprentissage, au niveau le plus élémentaire. C'est apprendre à se connaître, soi-même, puis agir sur soi-même en vue de se transformer et de s’améliorer *. Autrement dit connaître l’être humain puis procéder à son perfectionnement. La science initiatique découle de la conception africaine du monde, qui affirme que Dieu existe sous la forme d’une Force Vitale qui habite tout ce qui existe dans la Création, Ce Qui Est. Cette conception du monde est à l’opposé de la conception abrahamique *² dans laquelle Dieu, après avoir créé le monde, s’en est séparé, et se tient hors du temps et de l’espace. Au contraire, en affirmant que Dieu n’est pas séparé de Sa propre Création, et qu’Il continue à l’habiter, sous forme de Force Vitale (le fameux KA des anciens Égyptiens ou le KI asiatique), les Africains ont créé la possibilité d’inventer l’Initiation. En effet, cette cohabitation entre le Créateur et sa Création (dualité de séparation) provoque une tension au sein de la Création, qui débouche sur le désir de fusionner avec le Créateur (réintégration). C’est ainsi que la volonté de manipuler (magie noire) ou de domestiquer la Force Vitale (magie blanche), conformément à la loi physique (et de ce fait spirituelle) de fonctionnement du Vivant qu'est la dualité *³, a conduit les Africains à inventer différentes techniques : la sorcellerie, la magie, le fétichisme, le mythe, le totémisme, d’innombrables pratiques magico-religieuses, et enfin l’Initiation. Toutes ces pratiques ont pour fin d’essayer de domestiquer la Force Vitale qui réside dans le psychisme de l’Homme, et est Dieu Lui-même. Seule l’Initiation permet à l’être humain de retrouver son état de pureté initiale, d’avant la Création, en fusionnant avec Dieu, ce qui lui permet de retrouver des qualités et des capacités hors du commun des mortels. C'est la " mentalité pharaonique ", celle des premiers pharaons noirs, avant son dévoiement par la prêtrise dévoyée au service des pharaons " blancs ".

Le savoir qui change, qui a besoin d’être complété, vérifié et dépassé, est celui de la science positive, fondé sur les relations entre les faits. Il relève du seul usage de la Raison humaine, laquelle est prisonnière de la Nature humaine, qui foncièrement égocentrique limite les capacités de perception de l’Homme. Ce qui handicape la science positive, c’est l’attitude de ses savants et leur idéologie fondamentalement matérialistes, qui ne laissent que très peu de place à la volonté de prendre en compte les autres dimensions de la réalité. Or si les structures sociales, le niveau d’éducation des Hommes et leur psychologie changent, ce qui demeure stable dans l’enseignement de la MAAT, c’est la MAAT. Elle ne change pas, car c’est la science divine.

Ce qui pousse un Homme ordinaire à rechercher les lumières de l’enseignement initiatique est un besoin vital et pressant, qui se déclare à un moment ou un autre de l’existence. Il ne s’agit pas de trouver quelqu’un qui veuille bien répondre aux questions classiques que l’on est conduit à se poser sur le sens de la vie, mais de répondre aux sollicitations de l’Esprit lui-même qui demande à s’exprimer. Mais hors le cas des individus où leur propre développement spirituel antérieur a préparé le terrain pour une éclosion soudaine d’une vie spirituelle intense, tous les êtres humains, tous les êtres qui aspirent à s’éveiller à la vie spirituelle, ont besoin des lumières d’un guide, ou d’un Maître en Initiation, qui lui-même a besoin d’avoir au-dessus de lui un Maître, qui lui évite de se laisser envahir par le sentiment de suffisance, et donc par l’orgueil, ceci ouvrant une porte à la nature inférieure de l’homme, et qui, en reprenant sa place, annulerait en même temps tous les gains obtenus par le travail initiatique accompli antérieurement.

Aussi l’attitude normale de l’adepte de l’Initiation doit être la réceptivité, autrement dit l’humilité. Une telle attitude lui permettra non seulement d’entrer en contact avec des êtres supérieurs, mais aussi d’attirer vers lui-même des ressources spirituelles dont il a besoin pour sa propre évolution spirituelle. Cette attitude fut la qualité de base de l’éducation dans la société pharaonique, ce qui prouve à quel point les Égyptiens anciens avaient socialisé l’enseignement et la pratique de l’Initiation.

* Tous les enseignements initiatiques de l’Afrique ancienne et précoloniale adhèrent sans la moindre ambiguïté à cet idéal.Qu’il s’agisse du PORO des Sénoufo, du KORE des Mandingue, du MBUITI des Fang, du KIMPASI des Kongo, etc.…

Cf. Le Judaïsme décodé.

*³ Cf. La dualité décodée.

Image : Art par Xavier Gaillot, activateur d'énergie à Nancy. Marque déposée.
Image : Art par Xavier Gaillot, activateur d'énergie à Nancy. Marque déposée.

La mort initiatique " traditionnelle ", ou deuxième naissance

La MAAT, pivot du processus initiatique appelé " Le Tribunal d'Osiris " (Cf. ci-après), est l’archétype même de l’Initiation africaine, la référence à laquelle il faut se reporter pour évaluer le degré de véracité de toute pratique initiatique observée tant dans la communauté africaine que par son extension dans le monde entier. Aux origines, comme encore de nos jours dans certaines tribus, la pédagogie initiatique consiste à éprouver l’individu dans son être, pour l’endurcir afin de le préparer à l’existence. C’est en effet par la souffrance physique que l’on espère atteindre la structure psychique de l’homme, tout commençant en général avec la circoncision. Ainsi l’être devient sur le plan de la méthodologie initiatique le terrain privilégié des enquêtes et de toutes les expériences, seul capable de fournir le critère de la vérité.

Les rites initiatiques sont considérés toujours comme des épreuves destinées à éprouver le courage personnel, se déroulant dans le silence opposé à la souffrance. C’est là que réside toute l’efficacité de la pédagogie, car une fois les épreuves passées, et toute souffrance oubliée, il subsiste toujours un " surplus " irrévocable : les traces que laissent le fouet ou la marque du couteau, destinées à vivifier la pensée en œuvrant à la réflexion afin de fortifier la personnalité. Ainsi est attribuée à la douleur une fonction pédagogique, qui participerait à la fragmentation puis à la destruction de l’ancienne personnalité pour imposer la nouvelle, et la fortifier dans son rôle. Cette souffrance physique administrée à l’individu ne se justifie que parce qu’elle est doublée d’un processus symbolique profond, celui de la " Mort Initiatique ", à l’issue de laquelle le postulant à l’Initiation se réveille à une autre personnalité, considérée comme une Nature Divine et Supérieure. L’Initiation africaine se veut être une sorte de sacrement qui, après une mise à mort symbolique du novice, est susceptible de lui octroyer la résurrection et une nouvelle vie.

L’idée d’une Nature Divine s’impose ainsi comme le but suprême à atteindre par le travail initiatique, mobilisant de façon permanente l’attention sur la vie que l’on mène, sur les actes que l’on pose, sur les sentiments que l’on éprouve, et sur les idées que l’on produit dans la vie quotidienne.

La pédagogie initiatique est un processus sans fin de l’exercice de l’effort en conscience de Sa Nature Divine supérieure, sans rupture, pour atteindre un Haut Idéal permis par les qualités mentales supérieures, que l’on appelle vulgairement des " pouvoirs ". Ces transformations sont inévitables, puisque le travail initiatique agit sur la structure psychique profonde de l’être. En sachant qu'un vrai initié ne fait pas de l’acquisition de ces qualités sa préoccupation majeure. Tout son être doit être seulement tendu vers l’identification avec la Nature Divine, celle-ci étant amenée à se produire en raison inverse du niveau d’évolution spirituel atteint par chaque adepte de l’Initiation.

La mort et la résurrection du néophyte correspondent bel et bien à l’idée de renouvellement de l’être humain qui, grâce à ce traumatisme symbolique, dépouille le " vieil homme " qu’il était pour se muer en " nouvel homme " correspondant à son état spirituel d’initié. Et l’homme est considéré comme un être primitif et nuisible - quelle que soit sa position sur l'échiquier social, et tout particulièrement au plus haut - tant qu’il n’a pas fait par l’effort l’expérience directe de la divinité. Il ne s’agit donc pas d’adresser des prières intéressées à Dieu ou d’aller à la messe une fois par semaine, mais de mener une vie qui permette à la divinité qui habite l’Homme de s’éveiller et de s’imposer. Puis de prendre le contrôle total de son existence, afin de devenir un être responsable, excellent et parfait. Et c’est à de tels humains d’un mérite exceptionnel ayant atteint un haut niveau de développement spirituel que la société devrait confier l’autorité et le pouvoir, si elle n'était pas sous l'emprise d'une force prédatrice choisissant ses relais " suprêmes " tout à l'inverse, pour la plupart en tout cas * ...

* Cf. Les psychopathes qui nous gouvernent.

Le cheminement alchimique conduit à rechercher et à trouver l'équilibre intérieur, soit l'alignement du triptyque corps-âme-esprit par le cœur - l'Amour de Ce Qui Est -, afin de permettre l'ascension de conscience et le changement de réalité associé. Cet équilibre est symbolisé par le " tribunal d'Osiris ".

Le tribunal d'Osiris - Cliquer pour agrandir
Le tribunal d'Osiris - Cliquer pour agrandir

En Égypte antique, différentes conceptions découlaient du " jugement de l'âme ". Celle du Livre des Morts donne la clé de l'enseignement alchimique, qui voit un procès où le " défunt " - l'impétrant qui meurt à lui-même (la crucifixion de Jésus pour les chrétiens) - doit comparaître pour faire reconnaître ses droits à la vie éternelle (l'ascension de conscience), tout particulièrement à travers la pesée du cœur, dont la pureté d'intention et d'amour de l'UN - le mode " Service d'Autrui " - est déterminante. Confronté à un " accusateur " divin - le Soi supérieur lorsque l’Âme est unifiée de ses polarités masculine et féminine - l'impétrant est jugé à l'aune de la Maât, la déesse de la vérité et de la justice, devant rendre compte par l'intermédiaire du fils Horus à Osiris (ou à Rê) le Père de ses actions et de sa manière de vivre sur terre. Si la pesée des polarités opposées +/- est équilibrée - leur union a été réalisée pendant la traversée des ténèbres (les trois jours au royaume des morts ou des enfers pour les chrétiens) -, alors le " mort " à son égo ressuscite et ascensionne *, et par là-même peut quitter la Matrice involutive (dominée par Seth, Saturne, Satan ...) et les boucles cycliques du karma *² ...

* Cf. Le chemin de l'Ascension.

Cf. Le cheminement de l’Âme.

Oeil d'Horus
Oeil d'Horus

La corrélation des figures mythiques du Tribunal d'Osiris dans le christianisme voit l'archange Mikael avec son épée se substituer à Anubis (porteur de la croix du Ankh), l'archange Raphael à la déesse Maât, l'archange Gabriel à Thot (celui qui enseigne), et l'archange déchu Lucifer *, le plus important, à Horus. En effet, le 3ème Œil (la glande pinéale) dit l'Œil d'Horus - symbolisé par la pomme cueillie par Eve dans le conte biblique -, est la lumière qui permet à Lucifer d'éclairer la matière terrestre après avoir quitté l'UN. C'est la lumière artificielle, dégradée, qui illusionne l'être humain prisonnier de ses faux éclats (l'or, la gloire, le pouvoir, la sexualité animale...) et le conduit irrémédiablement à la mort dans les boucles involutives du temps cyclique, sauf à ce qu'il déchire le voile de l'illusion (l'éveil de conscience) et entreprenne le chemin d'ascension (le parcours alchimique) pour s'extirper de la Caverne asservissante en se dépouillant de tous ses artifices, et tout particulièrement la peur de les perdre... Aussi, contrairement à l'enseignement manipulé des sociétés secrètes comme la Franc-maçonnerie à leurs adeptes illusionnés, la clé d'extraction n'est pas le 3ème œil, la fausse lumière luciférienne, mais bel et bien la voie du cœur, siège de l’Âme...

* L'archange Lucifer est représenté enchaîné dans nombre d'iconographies ou de sculptures. Il signifie notre propre chaînage à la matière, à la densité de la 3-D, qui sans ouverture de conscience ne peut nous permettre de déchirer le voile de l'oubli de Qui Nous Sommes vraiment. Le tour de passe-passe des concepteurs faussaires du christianisme (Cf. L’Église romaine décodée) a été de remplacer la figure de Lucifer par celle de Jésus-Christ. Si effectivement l'être humain accède au Soi supérieur par la conscience christique, ce n'est que parce qu'il a compris l'enseignement de Lucifer, soit la fausse lumière - les illusions - de la vie terrestre. Or, présenter Lucifer comme un démon, c'est amener l'être humain à le rejeter pour " adorer " le Christ. Mais c'est en même temps le priver du travail intérieur - la rencontre avec le système prédateur qui l'asservit - en le maintenant dans la dualité mortifère : pour/contre, bien/mal. Il est ainsi illusionné et, quoi qu'il se persuade de ses bonnes actions (prière, adoration, vie en église ...), il ne pourra réaliser l'ascension de conscience, restant prisonnier de la Matrice entropique.

Corrélation archétypale

Mikael / Annubis

Centres énergétiques * racine et sacral (énergie sexuelle).

Il signifie dominer les pulsions de la matière et se couper de ses illusions.

Raphaël / La Maât

Centres énergétiques cardiaque et solaire.

Porteur du Caducée (le bâton d'Hermès et de Mercure), il signifie l'équilibre en soi des énergies masculine et féminine pour ouvrir la voie du cœur.

Gabriel / Thot

Centre énergétique laryngé.

Également porteur du Caducée, il signifie le développement de l'intelligence par la connaissance, et sa communication (mise en œuvre) dans sa relation au Vivant.

Lucifer / Horus

Centres énergétiques frontal et coronal.

Il signifie l'indispensable éveil de conscience par sa connexion au Soi supérieur par l'unification de l’Âme pour se libérer des chaînes de la matière.


La clé majeure est de comprendre que Raphaël (le cœur), qui tient dans sa main le Caducée - le bâton autour duquel sont enroulés les deux serpents (les deux polarités énergétiques) -, tient en réalité dans sa main Lucifer (le serpent biblique). Il en découle pour l'être humain l'accès à son immortalité, par la maîtrise de ses énergies (leur fusion) qui lui permet de s'extraire de la fausse lumière de la Matrice de 3ème dimension.

* Cf. Présentation des centres énergétiques dans Fonctionnement du corps biologique & Le moteur biologique de la co-création.

 

L'alchimie des baladins du cœur

Chanson alchimique
Ne me quitte pas Il faut oublier Tout peut s'oublier Qui s'enfuit déjà Oublier le temps Des malentendus et le temps perdu À savoir comment Oublier ces heures Qui tuaient parfois à coups de pourquoi Le cœur du bonheur Ne me quitte pas Ne me quitte pas Ne me quitte pas Ne me quitte pas
Moi je t'offrirai Des perles de pluie Venues de pays où il ne pleut pas Je creuserai la terre jusqu'après ma mort Pour couvrir ton corps d'or et de lumière Je ferai un domaine Où l'amour sera roi, où l'amour sera loi Où tu seras reine Ne me quitte pas Ne me quitte pas Ne me quitte pas Ne me quitte pas
Ne me quitte pas Je t'inventerai Des mots insensés Que tu comprendras Je te parlerai De ces amants-la Qui ont vu deux fois leurs cœurs s'embraser Je te raconterai l'histoire de ce roi mort De n'avoir pas pu te rencontrer Ne me quitte pas Ne me quitte pas Ne me quitte pas Ne me quitte pas
On a vu souvent Rejaillir le feu D'un ancien volcan Qu'on croyait trop vieux Il est, paraît-il Des terres brûlées Donnant plus de blé Qu'un meilleur avril Et quand vient le soir Pour qu'un ciel flamboie Le rouge et le noir ne s'épousent-ils pas ? Ne me quitte pas Ne me quitte pas Ne me quitte pas Ne me quitte pas
Ne me quitte pas Je ne vais plus pleurer Je ne vais plus parler Je me cacherai là À te regarder danser et sourire et À t'écouter chanter et puis rire Laisse-moi devenir l'ombre de ton ombre L'ombre de ta main L'ombre de ton chien Ne me quitte pas Ne me quitte pas Ne me quitte pas Ne me quitte pas
Jacques Brel (1929/1978)

L’œuvre au Noir du masculin éparpillé

Qui mieux que Claude Nougaro (1924/2004), tout de noir vêtu, pouvait interpréter avec toute sa verve poétique la supplique de l'être humain égaré par les artifices de la Matrice et son inconséquence en découlant, appelant le féminin intérieur (Marie) à l'indispensable travail de compassion, de pardon et de réconciliation par la conscience christique (Christine) ...

Cf. Album et Chanson " Je suis sous " (1964).


L'appel à unifier Arlequin et Colombine

A sa manière, la chanteuse Marie Laforet dans sa chanson Arlequin (1973) raconte l'éveil de l'homme pantin, soit le masculin illusionné, lorsque l'appel du féminin intérieur se fait et qu'il y répond. Si tel est le cas, alors le destin réunira Colombine et Arlequin pour qu'il ne fasse plus qu'UN, et le carnaval de l'illusion pourra prendre fin ...

Mardi gras, carnaval Par les rues, j'allais seule Malheureuse Tu m'as vue Je pleurais
Ignorant mon nom, t'as pris ma main Mon chagrin
Oh ! Oh ! Oh ! Arlequin Tu joues à Arlequin Un clown un peu fou Et même un pantin in in
Arlequin, tu joues à Arlequin Jusqu'au matin où ton destin Te reprendra
Colombine, Colombine Oh ! Arlequin Tu joues à Arlequin Jusqu'au matin où ton destin Te reprendra
Mardi gras, carnaval Dans les rues, on est deux Presque heureux Contre moi, j'ai ton bras
Oublions le mal qu'on nous a fait Nos regrets
Oh ! Oh ! Oh ! Arlequin Tu joues à Arlequin Un clown un peu fou Et même un pantin in in
Arlequin, tu joues à Arlequin Jusqu'au matin où ton destin Te reprendra
Oh ! Oh ! Oh ! Arlequin Tu joues à Arlequin Un clown un peu fou Et même un pantin in in
Arlequin, tu joues à Arlequin
Jusqu'au matin où ton destin Te reprendra
Colombine, Colombine Oh ! Arlequin Tu joues à Arlequin Et je rirai, moi qui n'ai pas le cœur à ça

L'appel de l’Âme

La chanteuse Marie Laforet livre également dans son album Pourquoi Les Hommes Pleurent ? (1973) l'appel de l'âme à la transmutation alchimique dans la chanson " Viens, Viens ", en l'occurrence s'adressant à un homme. Le féminin sacré symbolisé par la mère (la Mère Divine) appelle le masculin sacré géniteur à leur indispensable réunification pour s'extirper du piège de la Matrice involutive, de ses artifices émotionnels sources de séduction extérieure et par-là même d'égarement *. Seul l'Amour de Ce Qui Est en permet la réalisation, la réunification des polarités constitutives de l’Âme permettant l'accueil de l'Esprit supérieur, la supraconscience, et la guidance éclairée de sa vie sur un chemin d'ascension de conscience et de changement de réalité d'appartenance.

Ainsi la référence à Jean *², le dieu Janus, gardien des clés des portes de l'espace-temps, qui connaît l'alphabet de l'Univers, de l'Alpha à l'Oméga ...

* Cf. Symbolisme et artifices de la Matrice.

Cf. L’Église romaine décodée.


 

L'appel de l'Esprit à la transmutation alchimique

Dans sa chanson L'Aigle Noir (1970), la chanteuse Barbara - Monique Andrée Serf (1930/1997) évoque l'appel de l'aigle, symbole des forces spirituelles, à sa transmutation en phénix, pour permettre à l'être humain prisonnier de la matière de redevenir L'oiseau roi couronné ...


Dracula, la guérison par l'Amour

Le sujet d'inspiration de l'écrivain irlandais Bram Stoker (1847/1912) dans son roman Dracula de 1897 est l'amour. Le comte Dracula (Draculea signifie fils du démon ou du dragon) devient un monstre reniant le divin à la mort de son épouse Elizabeth, une dissociation se créant alors entre le masculin et le féminin réunis jusqu'alors dans un couple fusionnel symbolisant l'androgynie de l'ange animé par le Soi supérieur divin. Immortel comme l'âme, Dracula erre inconsolable de son chagrin, à la recherche désespérée de sa moitié amputée dans le monde terrestre *. Reniant la lumière, il se nourrit du sang (la force vitale) de ses proies féminines pour ne pas retourner dans l'éther. A la fin, lorsqu'il meurt décapité - le sang nouveau du dragon qui jaillit -, il regarde le ciel où il enlace son épouse qu'il est en train de retrouver. Le processus de transmutation est réalisé par le retour à l'unité première, les " noces chymiques " étant ainsi célébrées par le choix de la voie du cœur ...

* Nous retrouvons ici le symbolisme d'Isis, la veuve éplorée de son époux Osiris, tentant de retrouver les quinze morceaux découpés de son corps qui ont été éparpillés.

L’Imam An-Nasafi (1067/1142), spécialiste perse dans de nombreuses sciences islamiques qui a écrit une centaine de livres dans différents domaines, était surnommé Nadjmuddin, l’étoile de la religion. Dans son livre L'Homme parfait, il donne les clés de transmutation des énergies par l’esprit humain au corps pour y parvenir.

Si l’Homme possède en commun avec les autres animaux l’esprit végétal, l’esprit vital et l’esprit psychique, c’est par l’esprit humain qu’il s’en distingue. L’esprit humain ne relève pas de cette triade : il appartient au monde supérieur, alors que ceux-là appartiennent au monde inférieur. Si des différends se sont élevés à son sujet - l’esprit humain est-il à l’intérieur du corps ou ne l’est-il pas ? - entre scientifiques et philosophes, tous s’accordent pour dire que l’esprit végétal, l’esprit vital et l’esprit psychique sont à l’intérieur du corps, étant le substrat et la quintessence des aliments. De ce fait, c’est la nourriture qui, par l’intervention de l'énergie qui la compose, fait ascension, se transforme graduellement, et devient source de connaissance. C'est la raison pour laquelle toutes les ascèses et disciplines des Hindous reposent sur elle.

Les quatre éléments - la terre, l’eau, l’air, le feu -, les animaux, les végétaux, les astres, les étoiles, soit tout ce qui compose Ce Qui Est, sont remplis de lumière. L’univers est bondé à ras bord de lumière, et c’est cette lumière qui est l’âme du monde.  Encore faut-il que l’homme parvienne par sa vision à en capter l’arôme... Car le monde est à la fois lumière et ténèbres, ces deux océans étant l’un à l’autre intimement mêlés. Aussi, pour qu’apparaissent les attributs de la lumière, il faut séparer la lumière des ténèbres. C'est ce que fait naturellement l’animal, sans relâche, en plaçant d’abord la nourriture dans la bouche pour qu'elle accomplisse son travail et transmette la nourriture à l’estomac. La nourriture passe ainsi de l’estomac au foie ; du foie au cœur ; du cœur au cerveau. Le travail du cerveau étant accompli, l’ascension effectuée, la lumière séparée des ténèbres et les attributs de la lumière manifestés, l’animal devient connaissant, entendant, voyant. C’est là de l’alchimie.

L’homme porte cette alchimie à l’extrême : il pratique l’alchimie de cette alchimie. Il s’empare de l’âme de tout ce qu’il mange *, et en extrait le substrat, la quintessence. En d’autres termes, il sépare la lumière des ténèbres, en sorte que la lumière connaisse et voit sa propre réité. Ceci en fait l’Homme Parfait, de lui seul.

* Cf. Conscience nutritionnelle.

La lumière toutefois ne peut être entièrement séparée des ténèbres car la lumière, sans les ténèbres, ne serait pas et inversement. La lumière est en un sens garante des ténèbres, et les ténèbres sont garants de la lumière. Lumière et ténèbres vont de pair. Vont, ont été et iront de pair.

La lumière étant unie indissociablement aux ténèbres, ses attributs ne sont pas apparents. Pour qu’ils le deviennent, elle doit s'élever par étapes, ce qui est la tâche de l'être humain pour lui permettre de parvenir au réceptacle de l'esprit, le cerveau, lampe constitutive de l’essence de l’homme. Et c’est cette " lampe ", qui après avoir gagné le cerveau, fait encore ascension. Jusqu’au cerveau l’ascension est selon la forme et le sens. A partir du cerveau, l’ascension est selon le sens seulement. Autrement dit, l’ascension de la lampe est ce qui rend la lumière plus transparente et ses attributs sont manifestes.

Si tous les humains pourvus d'âme possèdent la lampe, celle de certains est faible et intermittente. C'est la raison pour laquelle il leur faut rendre la lampe forte et pure pour que devienne manifeste la science première et dernière cachée en son essence. Sa force dépend de deux choses : manger légèrement des aliments sains, aptes à procurer un sang abondant et léger ; vivre toute chose avec parcimonie (peu parler, peu manger, peu dormir ...).

Ainsi peut être assurée la force des esprits : l’esprit végétal - situé dans le foie - est une substance complémentaire et motrice du corps par nature ; l’esprit vital - situé dans le cœur - est une substance complémentaire et motrice du corps par volonté ; l’esprit humain - situé dans le cerveau - est une substance simple, complémentaire et motrice du corps par volonté et intelligence. Autrement dit, l’esprit vital perçoit le spécifique ; l’esprit humain, le spécifique et le générique. L’esprit vital appréhende l’utile et le nuisible ; l’esprit humain, l’utile et le nuisible ainsi que le plus utile et le plus nuisible.

L’esprit humain est vivant, connaissant, voulant, pouvant, entendant, voyant, parlant. Il est indivisible : au moment de connaître, il est tout entier connaissant ; au moment de voir, il est tout entier voyant ; au moment d’entendre, il est tout entier entendant ; au moment de parler, il est tout entier parlant. 

L'homme parfait est celui qui parvient à en tirer toute la puissance qui, à partir de l'esprit psychique subtil et pur, connaît et voit la réité des choses et la sagesse de cette réité avant que le feu ne l’embrase. Et quand la lumière divine se joint à l’esprit humain, c’est alors " lumière sur lumière sur lumière ".

Telle est l’essence de la constitution : réalité corporelle et réalité spirituelle. Le corps appartient au monde sensible ; l’esprit au monde intelligible. Le corps appartient au monde de la création ; l’esprit au monde de l’Impératif divin. Une fois posé qu’il n’est qu’un seul esprit, l’esprit est une substance, qui est complémentaire et motrice du corps par nature au plan végétal ; par volonté au plan animal ; par volonté et intelligence au plan humain.

Pour en permettre la pleine manifestation, il est nécessaire de ne pas s'attacher au monde et à ses richesses, ni de se fier à la vie, à la santé, aux biens, à la position. Car tout ce qui est dans le monde sublunaire et au-dessus duquel les astres sont en circonvolution n’est qu’un change continuel. Le monde est inconstant ; il tourne sans cesse. A chaque instant il prend une forme nouvelle, offre une autre image. La forme première n’est pas encore achevée, pas encore fixée, qu’une autre surgit venant l’effacer. L’affaire du monde est telle la vague sur la mer, plus exactement la vague même. Le sage, sur les vagues, quand bâtirait-il sa demeure ?

C'est pourquoi le sage choisit " l'infortune ", sachant que sous chaque désir sont cachés dix, ou plutôt cent désappointements. Le sage, pour un plaisir, quand souffrirait-il cent désappointements ? Il sait que nous sommes des voyageurs, que d’un instant à l’autre nous partirons, que l’état de chacun d’entre nous aussi est passager, que d’un instant à l’autre, il changera. Heur et malheur viennent et passent. Donc, si tu détiens la fortune, ne t’y fie pas ; qu’en sera-t-il dans un instant ? Si tu es dans le malheur, ne t’afflige pas ; qu’en sera-t-il dans un instant ? A ceci plutôt attache-toi : de tort à autrui ne sois jamais cause. Autant que tu le peux, répands la quiétude ...

 

 

" Certes, je suis d'avis que la psychologie peut ôter à l'alchimie son vêtement de mystère, mais elle ne déchiffre pas le secret du secret. C'est pourquoi l'on doit s'attendre qu'une époque à venir considérera également notre recherche comme métaphorique et symbolique, de même que nous l'avons fait pour l'alchimie. On verra alors le mystère du Soi développer un aspect qui est aujourd'hui encore inconscient pour nous, quoiqu'il se trouve impliqué dans nos formulations, mais d'une façon si voilée que le chercheur de demain se demandera à son tour si nous savions ce que signifiaient les mots que nous employions. "

Carl Gustav Jung (Mysterium conjunctionis, tome 1, Albin Michel, 1980)

 

" Si tu es d’argile, tu resteras d’argile. Si tu as placé ton idéal dans la fange, tu ne peux songer à la sublimation, à la transmutation définitive. La noblesse de l’œuvre requiert la noblesse de l’œuvrant ".

Émile-Jules Grillot de Givry – Homme de lettres français (1874-1929)

 

" Si tu veux chercher notre pierre, sois sans péché, persévère dans la vertu, que ton esprit soit éclairé de l'amour de la lumière et de la vérité. Prends la résolution, après avoir acquis le don divin que tu souhaites, de tendre la main aux pauvres embourbés, d'aider et de relever ceux qui sont dans le malheur ".

 Basile Valentin - Moine bénédictin allemand et alchimiste au XVe siècle (1394-1450)

 

 

La vraie thérapie, c'est à tout moment, en toutes conditions, et certainement pas guidée par quelqu'un que nous payons, mais par sa propre guidance supérieure qui place les expériences dont nous avons précisément besoin sur notre chemin.

 

 

Vous avez aimé cet article ?
Alors partagez-le avec vos connaissances en cliquant sur le bouton de votre choix.